Le Liban commémore l'assassinat il y a 20 ans de Rafic Hariri dans un nouveau paysage politique

Des voitures passent devant un panneau d'affichage géant portant le portrait de l'ancien premier ministre libanais assassiné Rafiq Hariri, dans le centre de Beyrouth, le 13 février 2025, à la veille du 20e anniversaire de son assassinat. (AFP)
Des voitures passent devant un panneau d'affichage géant portant le portrait de l'ancien premier ministre libanais assassiné Rafiq Hariri, dans le centre de Beyrouth, le 13 février 2025, à la veille du 20e anniversaire de son assassinat. (AFP)
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Publié le Vendredi 14 février 2025

Le Liban commémore l'assassinat il y a 20 ans de Rafic Hariri dans un nouveau paysage politique

  • Le Liban commémore vendredi l’assassinat, il y a 20 ans, de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, dans une nouvelle configuration interne et régionale qui ouvre la voie à un probable retour de son fils en politique
  • Sous le slogan "Pour les vingt ans, nous revenons sur notre place", l'évènement, au cours duquel il doit prononcer en discours, se tiendra près du mausolée Rafic Hariri, de 10H00 à 14H00 (08H00-12H00 GMT)

BEYROUTH: Le Liban commémore vendredi l’assassinat, il y a 20 ans, de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, dans une nouvelle configuration interne et régionale qui ouvre la voie à un probable retour de son fils en politique.

Premier ministre à deux reprises entre 1992 et 2004, Rafic Hariri avait été tué à Beyrouth le 14 février 2005, du temps de la domination syrienne sur le Liban, dans un attentat suicide à la camionnette piégée qui avait fait 21 autres morts.

En 2022, le Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban (TSL) a condamné par contumace deux membres du Hezbollah libanais pro-iranien à la prison à perpétuité pour cet attentat, à l'issue d'un long procès.

Saad Hariri, qui avait été propulsé sur la scène politique et à la tête du gouvernement après l'assassinat de son père, a appelé ses partisans à participer à la commémoration dans le centre-ville de Beyrouth.

Sous le slogan "Pour les vingt ans, nous revenons sur notre place", l'évènement, au cours duquel il doit prononcer en discours, se tiendra près du mausolée Rafic Hariri, de 10H00 à 14H00 (08H00-12H00 GMT).

Richissime homme d'affaires et architecte de la reconstruction du Liban, avec de solides amitiés dans les monarchies du Golfe et en Occident, Rafic Hariri était passé dans l'opposition en octobre 2004 à la suite de la reconduction du mandat du président Emile Lahoud, imposée par Damas.

- "Feuille de route pour l'avenir" -

Résidant aux Émirats arabes unis, Saad Hariri, 54 ans, est arrivé à Beyrouth mardi soir, dans la foulée de l'élection de Joseph Aoun à la présidence et de la formation d'un gouvernement dirigé par Nawaf Salam.

Ces avancées ont mis fin, sous pression internationale notamment de Washington et Ryad, à deux ans de gouvernance intérimaire.

Elles marquent un changement dans l’équilibre des forces au Liban, où le Hezbollah a été affaibli par un an de guerre avec Israël, qui lui a infligé de nombreux revers, et la chute de son allié Bachar al-Assad en Syrie voisine.

Selon une source proche de M. Hariri, qui souligne que ses partisans "lui demandent de reprendre son engagement politique", il entend s'exprimer vendredi sur "les évolutions récentes au Liban et dans la région".

Mais s'il doit "tracer une feuille de route pour l'avenir", cela "ne signifie pas nécessairement un retour immédiat en politique", précise la même source à l'AFP.

En octobre 2019, Saad Hariri avait démissionné sous pression populaire, quelques jours après le début du soulèvement de la société libanaise contre une classe politique accusée de corruption, en pleine crise économique.

- "Nouvelle opportunité" -

En 2022, il avait annoncé la suspension de son activité politique et de celle de son parti, le Courant du Futur, convaincu qu’"aucune opportunité n'était possible pour le Liban sous l’influence iranienne".

Il avait aussi justifié son retrait par le désintérêt international pour le Liban et les divisions internes.

Après une série d’échecs politiques et financiers, il avait quitté le Liban pour s'installer aux Émirats arabes unis.

Depuis son exil volontaire, la communauté sunnite, dont est issu le Premier ministre conformément au partage du pouvoir dans le pays, s'est retrouvée marginalisée et ses députés divisés entre des camps antagonistes.

Selon le membre de son entourage, les raisons qui avaient poussé Saad Hariri à suspendre son activité politique "ne sont plus d'actualité".

Au contraire selon cette source, une "nouvelle opportunité" se dégage: "l'influence iranienne a reculé, la communauté internationale manifeste un regain d'intérêt et le Liban est entré dans une nouvelle phase" politique.

Alors que Saad Hariri jouissait de l'appui saoudien, sa relation s'était détériorée au cours des dernières années avec le royaume, qui lui reprochait d'être trop accommodant avec le Hezbollah.

Mais selon le chercheur Imad Salamey, "l'Arabie saoudite cherche à restaurer un leadership sunnite fort et structuré. Si Hariri parvient à incarner ce rôle, son retour pourrait servir à la fois ses intérêts et ceux de Riyad".

Imad Salamey voit dans la commémoration de l'assassinat de Rafic Hariri une occasion pour son fils "d'évaluer sa capacité à mobiliser ses partisans et à affirmer son leadership".


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
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  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

 

 


Le Liban accuse Israël de violer le cessez-le-feu tout juste entré en vigueur

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  • Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump, l'armée libanaise dénonçant aussitôt des violations de la part d'Israël dans le sud du pays.

Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi). Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran. De nombreux tirs de célébration ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement, selon des journalistes de l'AFP.

Des images de l'AFPTV ont montré des personnes retournant dans la banlieue sud de la capitale libanaise, particulièrement ciblée ces dernières semaines, certaines agitant le drapeau jaune du Hezbollah ou portant des portraits de son ancien chef, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Nous sommes fatigués de la guerre et nous voulons la sécurité et la paix", a dit à l'AFP à Beyrouth Jamal Chehab, une femme au foyer de 61 ans, saluant l'accord de trêve.

Mais quelques heures plus tard, l'armée libanaise a évoqué "un certain nombre de violations de l'accord, plusieurs actes d'agression israéliens ayant été recensés, sans compter les bombardements sporadiques qui ont touché plusieurs villages". Elle a appelé les personnes déplacées par les combats à s'abstenir de retourner immédiatement dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a averti qu'elle maintenait son déploiement terrestre dans cette région, et a demandé à la population de ne pas revenir sur la rive sud du fleuve Litani.

Malgré ces mises en garde, des journalistes de l'AFP ont vu des embouteillages monstres se former au nord du Litani, motocyclistes et automobilistes patientant pendant des heures pour pouvoir franchir le dernier pont, lourdement endommagé par un bombardement israélien, reliant le sud du Liban au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir "bombardé un rassemblement de soldats israéliens près de la ville de Khiam", dans le sud-est du Liban, "en réponse à la violation du cessez-le-feu par l'armée d'occupation".

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a rapporté des bombardements contre cette localité et le village voisin de Debbine, ainsi que d'"intenses activités de drones" dans la même région.

Donald Trump a annoncé jeudi qu'Israël et le Liban s'étaient mis d'accord sur un cessez-le-feu de dix jours, ajoutant qu'il s'efforçait d'organiser la toute première rencontre à la Maison Blanche entre le président du Liban Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.