Hariri fait son retour en politique, soutient le Premier ministre Salam et prône l'unité

L'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri salue ses partisans après avoir rendu hommage sur la tombe de son père, l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, à l'occasion du 20e anniversaire de son assassinat à Beyrouth, le 14 février 2025. (AP)
L'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri salue ses partisans après avoir rendu hommage sur la tombe de son père, l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, à l'occasion du 20e anniversaire de son assassinat à Beyrouth, le 14 février 2025. (AP)
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Publié le Samedi 15 février 2025

Hariri fait son retour en politique, soutient le Premier ministre Salam et prône l'unité

  • Cette décision intervient après une suspension de trois ans de son engagement politique et de celui de son parti
  • M. Hariri a affirmé que le parti, fondé par son défunt père, "poursuivra ses activités, ancré dans l'adhésion à l’Accord de Taëf, à la construction de l'État, à la reconstruction et au développement institutionnel"

BEYROUTH : L'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé vendredi, à l'occasion du 20e anniversaire de l'assassinat de son père Rafic Hariri, également ancien Premier ministre, le "retour du Courant du futur à l'activité politique dans toutes les étapes et tous les événements à venir".

Cette décision intervient après une suspension de trois ans de son engagement politique et de celui de son parti.

M. Hariri a affirmé que le parti, fondé par son défunt père, « poursuivra ses activités, ancré dans l'adhésion à l’Accord de Taëf, à la construction de l'État, à la reconstruction et au développement institutionnel. Nous ne demandons rien d'autre qu'un État normal où aucune arme n'existe en dehors de l'autorité de l'État ».

S'exprimant devant des foules qui s'étaient rassemblées depuis le matin de Beyrouth, de la Bekaa et du nord, portant des drapeaux libanais sur la place des Martyrs dans le centre de Beyrouth et scandant son nom, M. Hariri a déclaré : « Les partisans de Rafic Hariri ne sont pas les seuls à se réjouir de l'arrivée de Rafic Hariri ».
« Les partisans de Rafic Hariri restent ici, et vos voix seront entendues à chaque étape nationale à venir. Chaque chose vient en son temps », a-t-il affirmé. 

Dans ce que les politiciens ont décrit comme un "discours responsable, non provocateur et unificateur", M. Hariri a insisté sur le fait que "nous avons maintenant un président de la République, un Premier ministre et un président de la Chambre des députés". 
« Nous avons maintenant un président, un gouvernement et un nouvel espoir, qui a été exprimé dans le discours d'investiture et la déclaration du Premier ministre Nawaf Salam. C'est une occasion en or, et notre décision est de la soutenir et de rejeter toute tentative de la contourner », s’est-il félicité. 
S'adressant aux habitants du sud, de la Bekaa et de la banlieue sud de Beyrouth - qui ont subi de plein fouet la guerre israélienne contre le Hezbollah - M. Hariri a déclaré : « Vous êtes les partenaires de cette opportunité, et sans vous, elle ne pourra pas se réaliser. Vous devez vous défaire de l'impression que vous êtes une force d'obstruction, de domination et d'armement. Vous êtes des partenaires dans la construction de ponts avec les frères arabes et dans la reconstruction. Vous êtes des partenaires clés dans la restauration de la légitimité de l'État, qui seul, à travers son armée, ses forces de sécurité et ses institutions, peut protéger tous les citoyens libanais », a ajouté M. Hariri.

« Exiger un État normal signifie un État où les armes sont exclusivement entre les mains de l'armée nationale et des forces de sécurité légitimes, où l'économie est libre, productive et fournit des emplois et une vie digne à tous les Libanais. Cela signifie un État où le système judiciaire est indépendant, où les lois sont respectées, où les libertés sont protégées et où la justice est rendue aux martyrs, aux blessés et aux personnes touchées par l'explosion du port de Beyrouth », a-t-il assuré.

M. Hariri a également rendu hommage aux citoyens qui ont ouvert leurs maisons aux personnes contraintes de fuir leurs communautés : « Du sud à la Bekaa, de Beyrouth à sa banlieue sud, nous rendons hommage à tous ceux que nous avons perdus. La même unité qui nous a permis de traverser le conflit doit maintenant guérir le corps libanais unifié et conduire notre reconstruction », a-t-il déclaré, appelant à un effort coordonné pour reconstruire les zones touchées.

"Nous soutenons pleinement la présidence et le gouvernement dans leurs efforts pour construire un État fonctionnel", a affirmé M. Hariri, soulignant l'importance de restaurer le rôle régional du Liban et de maintenir des relations saines avec les nations arabes et la communauté internationale.

M. Hariri a exprimé son soutien aux institutions de l'État et à l'armée libanaise, en particulier dans leurs efforts pour mettre en œuvre la résolution 1701 des Nations unies et assurer le retrait complet d'Israël des villages occupés.

"Il y a vingt ans, vous avez exigé la justice et, grâce à votre détermination, vous avez chassé du Liban le régime criminel de Bachar al-Assad. Aujourd'hui, après 20 ans, et avant cela, 30 ans de régime sectaire, de souffrance, d'injustice, de meurtre, d'emprisonnement, de torture et de brutalité, le peuple syrien héroïque s'est soulevé et a expulsé ce criminel de Syrie. Cela marque peut-être non seulement le début de la justice, mais aussi son triomphe ultime", s’est-il félicité.

" Nous soutenons fermement les aspirations du peuple syrien et son droit à l'autodétermination. Notre vision est claire : une Syrie stable et reconstruite s'engageant avec le Liban en tant que partenaire égal, où la souveraineté et l'indépendance des deux nations sont pleinement respectées", a expliqué M. Hariri.

Abordant les questions régionales, M. Hariri a réaffirmé son engagement en faveur des droits des Palestiniens et de la solution des deux États.
Il a critiqué l'approche du Premier ministre israélien Netanyahou en déclarant que "le problème avec Netanyahou est qu'il fuit la responsabilité et la paix au profit de la guerre".

Il a mis en garde contre les tentatives de résoudre le conflit aux dépens des États arabes voisins, notamment l'Égypte, la Jordanie et l'Arabie saoudite.

Le président Joseph Aoun a rendu hommage à Rafic Hariri, le qualifiant d'"homme d'État par excellence". Il a souligné que "sa position politique a joué un rôle crucial dans le renforcement de l'unité nationale, la sauvegarde de la paix civile et la mise en œuvre du document de réconciliation nationale approuvé par l’Accord de Taëf".

La cérémonie, qui s'est déroulée près de la tombe de Hariri, a attiré des dizaines de milliers de Libanais, dont des partisans du mouvement du futur.

L'événement a coïncidé avec le survol de Beyrouth et de sa banlieue sud par des avions de guerre israéliens.

Pendant ce temps, les ministères des affaires étrangères libanais et iranien se sont efforcés de faciliter le retour des passagers libanais en provenance de Téhéran, après que les autorités libanaises ont refusé à un avion en provenance de la capitale iranienne l'autorisation d'atterrir à l'aéroport de Beyrouth, sous la pression d'Israël.

Youssef Rajji, ministre libanais des Affaires étrangères, a déclaré vendredi que "les ministères libanais et iranien communiquent par l'intermédiaire de l'ambassadeur libanais à Téhéran pour assurer le retour des citoyens libanais à Beyrouth".

Le même jour, toutes les routes menant à l'aéroport de Beyrouth ont été rouvertes à la suite de l'intervention de l'armée, mettant fin à des heures de manifestations dans la nuit de jeudi à vendredi.

Des centaines de partisans du Hezbollah étaient descendus dans la rue, incendiant des pneus en signe de protestation et accusant "l'État libanais de céder aux exigences israéliennes et américaines".

Avichai Adraee, porte-parole de l'armée israélienne, a publié une déclaration selon laquelle "la Force Qods et le Hezbollah utilisent l'aéroport de Beyrouth pour faire passer des fonds destinés à l'armement du Hezbollah à bord d'avions civils".

Suite à une directive du ministère des Transports et des Travaux publics, la direction générale de l'aviation civile de l'aéroport de Beyrouth a informé l'aéroport de Téhéran qu'elle s'abstiendrait temporairement de permettre à l'avion iranien d’atterrir.
Dans un communiqué, la direction a expliqué que des mesures de sécurité supplémentaires seraient mises en œuvre pour assurer la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, de l'espace aérien libanais et des passagers, en coordination avec les autorités de sécurité de l'aéroport.

Ces mesures sont conformes aux normes internationales de l'aviation, mais leur mise en œuvre complète nécessiterait un délai supplémentaire pour certaines compagnies aériennes.

Par conséquent, les horaires des vols - y compris ceux en provenance d'Iran - ont été temporairement ajustés jusqu'au 18 février.

Une source politique a établi un lien entre l'incident et des renseignements suggérant que l'avion transportait des fonds pour le Hezbollah, ce qui a suscité des inquiétudes en matière de sécurité.

Compte tenu de la surveillance accrue de l'aéroport, les autorités ont pris des mesures de précaution pour atténuer tout risque potentiel.

Le Hezbollah, par l'intermédiaire de son député Ibrahim al-Moussawi, a accusé Israël de violer à plusieurs reprises la souveraineté libanaise avec la complicité des États-Unis.
Il a exhorté l'État à rester ferme face aux menaces israéliennes, quelles que soient les circonstances.

Le 3 janvier, un avion iranien a été fouillé après qu'un diplomate iranien à bord a refusé de se conformer aux procédures de sécurité.

Toutefois, l'ambassade d'Iran a précisé par la suite que les fonds en possession du diplomate étaient destinés aux dépenses opérationnelles de l'ambassade.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Dans le Kordofan soudanais, une offensive paramilitaire se profile, la ville d'El-Obeid tremble

Après avoir brisé un siège prolongé en février de l'année dernière, l'armée a peiné à empêcher les paramilitaires de réimposer un blocus par le biais de frappes répétées de drones contre la ville, ses infrastructures et la principale route de sortie. (AFP)
Après avoir brisé un siège prolongé en février de l'année dernière, l'armée a peiné à empêcher les paramilitaires de réimposer un blocus par le biais de frappes répétées de drones contre la ville, ses infrastructures et la principale route de sortie. (AFP)
  • El-Obeid est un enjeu majeur dans la guerre qui oppose depuis trois ans l'armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR)
  • La ville d'un demi-million d'habitants accueille environ 100.000 réfugiés, déplacés par la violence ailleurs dans le pays

Al-Ubayyid: Dans un camp de déplacés près d'El-Obeid, dans la région soudanaise du Kordofan, Agsam Hamad brave péniblement la chaleur écrasante pour aller chercher de l'eau trouble dans un puits. Déjà assiégés, les habitants vivent dans la crainte d'un assaut des paramilitaires, qui serait le plus violent à ce jour contre cette grande ville stratégique.

"Nous faisons de longues distances pour cette eau et elle est imbuvable", dit à l'AFP cette femme de 35 ans, mère de sept enfants. "Notre situation est très difficile. Nous avons besoin de nourriture et d'eau" potable.

El-Obeid est un enjeu majeur dans la guerre qui oppose depuis trois ans l'armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

La ville d'un demi-million d'habitants accueille environ 100.000 réfugiés, déplacés par la violence ailleurs dans le pays.

Ces dernières semaines, elle a fait face à des attaques des FSR, les plus intenses jusqu'à présent.

Après avoir brisé un siège prolongé en février de l'année dernière, l'armée a peiné à empêcher les paramilitaires de réimposer un blocus par le biais de frappes répétées de drones contre la ville, ses infrastructures et la principale route de sortie.

De récentes attaques ont frappé la principale centrale électrique et les dépôts de carburant, plongeant des quartiers dans l'obscurité et mettant les pompes à eau hors service.

Les habitants doivent aujourd'hui s'en remettre à des camions-citernes, des puits et quelques points de distribution d'eau, ont-ils expliqué à l'AFP.

"Pouvoir et argent" 

L'ONU a alerté sur un renforcement de la présence des FSR autour de la ville avant un possible assaut terrestre, ce qui fait craindre une répétition des atrocités observées à El-Facher.

Cette ville du Darfour est tombée aux mains des paramilitaires en octobre dernier, lors d'une attaque présentant selon l'ONU les caractéristiques d'un "génocide".

D'après Nohad Eltayeb, de l'ONG basée aux Etats-Unis ACLED, des mouvements de troupes ont été observés au cours du mois passé à environ 60 kilomètres au nord, au sud et à l'ouest d'El-Obeid.

El-Obeid se trouve à un carrefour stratégique reliant des régions du centre et de l'est du Soudan contrôlées par l'armée, dont Khartoum, au Darfour sous contrôle des FSR à l'ouest.

Selon des analystes, sa prise consoliderait le contrôle des FSR sur l'ouest du Soudan et pourrait ouvrir la voie à une avancée vers la capitale.

El-Obeid abrite une division d'infanterie, une base aérienne, un oléoduc stratégique et un important marché de gomme arabique.

" La contrôler, c'est une question de pouvoir, de territoire et d'argent ", affirme l'analyste Kholood Khair.

Les combats et les restrictions ont pratiquement coupé tout accès à la ville, rendant de plus en plus difficile toute couverture indépendante.

De rares images obtenues par l'AFP dans le camp d'Al-Rahmaniyah montrent des femmes épuisées avançant sous un soleil accablant, des jerricans sur la tête après des heures passées à attendre de l'eau à un puits éloigné.

Trop fatigués 

Dans le camp, près de 200 familles s'entassent dans des abris précaires.

Des enfants traînent dans l'étroite zone d'ombre projetée par les huttes . Certains sont trop fatigués pour jouer, d'autres suivent silencieusement leur mère.

" Nous n'avons rien. Ni eau, ni nourriture, ni matelas ", lâche Waseela Mohamed, une grand-mère de 70 ans.

Les livraisons d'aide qui avaient réussi à atteindre le camp il y a plusieurs semaines se sont raréfiées.

" Les organisations humanitaires font ce qu'elles peuvent, mais les besoins sont bien plus importants ", explique un bénévole qui a requis l'anonymat.

A l'intérieur d'El-Obeid, les drones bourdonnent presque en permanence, raconte Adam Hussein - un pseudonyme.

"Nous ne savons pas ce qui se passe vraiment. Tout est en crise. Les civils et les infrastructures sont constamment pris pour cible ", a-t-il confié à l'AFP.

Au moment où il parlait, un drone s'est écrasé tout près, sans faire de victimes.

Alors que le prix de l'eau a doublé, que celui de la nourriture a augmenté jusqu'à 300 % et que les tarifs des transports ont aussi grimpé en flèche, de nombreux habitants sont désormais, de fait, "encerclés ", selon Kholood Khair.

"Boucliers humains" 

Mohamed Refaat, de l'Organisation internationale pour les migrations, a averti que la ville se rapprochait d'un siège total, les civils pouvant bientôt "ne plus être capables de partir ni de revenir".

Sans aide immédiate, les conditions pourraient "en quelques semaines" ressembler à celles observées à El-Facher, où les civils ont survécu en se nourrissant d'aliments pour animaux pendant 18  mois de siège, a-t-il prévenu.

Selon l'ONU, plus de 6. 000 personnes ont été tuées durant les trois premiers jours de sa chute.

Une source gouvernementale a indiqué à l'AFP que l'armée avait tenté de ralentir l'avancée des paramilitaires.

Une source proche des FSR a elle accusé l'armée d'utiliser des civils comme " boucliers humains ", estimant qu'ils devraient être évacués.

Bien que la composition démographique de la ville diffère de celle d'El-Facher, où les violences ont suivi des lignes ethniques, Noha Eltayeb prévient que les civils "pourraient néanmoins être confrontés à des pillages, des violences sexuelles et des attaques contre ceux accusés de soutenir l'armée".


Liban: nouvelles frappes israéliennes, le chef du Parlement enterre déjà l'accord-cadre

Israël a mené dimanche de nouvelles frappes dans le sud du Liban, au surlendemain de la signature par les deux pays d'un accord-cadre visant une "paix durable", dont le chef du Parlement libanais affirme qu'il ne sera pas adopté. (AFP)
Israël a mené dimanche de nouvelles frappes dans le sud du Liban, au surlendemain de la signature par les deux pays d'un accord-cadre visant une "paix durable", dont le chef du Parlement libanais affirme qu'il ne sera pas adopté. (AFP)
  • "Cet accord ne sera pas adopté, et il ne sera pas mis en oeuvre dans sa forme actuelle", a dit Nabih Berri
  • Les bombardements rapportés par l'Agence libanaise d'information ANI (officielle) interviennent alors que la veille déjà, une série de raids israéliens avait fait un mort dans la région

BEYROUTH: Israël a mené dimanche de nouvelles frappes dans le sud du Liban, au surlendemain de la signature par les deux pays d'un accord-cadre visant une "paix durable", dont le chef du Parlement libanais affirme qu'il ne sera pas adopté.

"Cet accord ne sera pas adopté, et il ne sera pas mis en oeuvre dans sa forme actuelle", a dit Nabih Berri, allié du Hezbollah pro-Iran, dans un communiqué diffusé par son parti, le mouvement Amal, dénonçant un "accord de +diktats+, pas un accord qui préserve les droits du Liban".

Les bombardements rapportés par l'Agence libanaise d'information ANI (officielle) interviennent alors que la veille déjà, une série de raids israéliens avait fait un mort dans la région.

Le ministère de la Santé a en outre fait état dimanche de deux blessés après le lancement d'une grenade par "l'ennemi israélien" sur une localité du sud.

Dans un communiqué, le Hezbollah "réaffirme que ce qu'a fait l'ennemi est une violation flagrante du cessez-le-feu auquel il s'était tenu jusque-là, et qu'il surveille et recense ces violations, se réservant le droit de défendre sa patrie et son peuple".

De son côté, l'armée israélienne a affirmé cibler des combattants du Hezbollah près de ce qu'elle appelle sa "zone de sécurité".

Elle a aussi annoncé la mort d'un soldat lors de combats, portant à 38 ses pertes dans le pays voisin, où elle affronte le mouvement islamiste. L'auteur, un "terroriste du Hezbollah", a ensuite été localisé et "éliminé par les soldats", a précisé l'armée.

Tunnel détruit 

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense israéliens Israël Katz ont par ailleurs indiqué que l'armée avait détruit un long tunnel construit par le Hezbollah dans le sud du pays.

Celui-ci "s'étendait sur plus de 200 mètres et atteignait une profondeur de plus de 25 mètres, contenait des centaines d'armes ainsi que plusieurs puits de lancement destinés à frapper l'État d'Israël et ses civils", détaille un communiqué conjoint.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à l'Iran, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran.

Israël a lancé en représailles de vastes frappes aériennes et déployé des troupes dans le sud du pays, faisant plus de 4.200 morts selon Beyrouth.

Une trêve annoncée le 17 avril n'a jamais été respectée mais les affrontements ont largement diminué depuis la signature mi-juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran ayant exigé qu'une cessation des combats au Liban en fasse partie.

Parallèlement, Israël et le Liban ont entamé des discussions directes sous l'égide de Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays techniquement toujours en état de guerre. Et ils ont conclu vendredi un accord-cadre, qualifié d'"historique" par Benjamin Netanyahu.

Dans un entretien téléphonique avec Donald Trump, le président libanais Joseph Aoun a assuré que l'Etat "assumerait ses responsabilités" dans la mise en œuvre de l'accord, qui conditionne un retrait israélien du pays au désarmement du mouvement chiite. Une exigence de longue date que Beyrouth peine à mettre en oeuvre.

"Sédition" 

Le Hezbollah s'était déjà fermement opposé à l'accord, son député Hassan Fadlallah affirmant dès dimanche qu'il "ne serait pas appliqué".

Ce qu'ont fait les autorités "équivaut à une sédition" visant à passer "d'un conflit avec l'ennemi à un conflit interne", avait-t-il ajouté.

Dénonçant une "grave erreur", le chef du groupe Naïm Qassem avait fustigé samedi un texte "humiliant, honteux, qui représente un abandon de souveraineté", accusant les autorités libanaises de "légitimer la poursuite de l'occupation" israélienne.

Des partisans du Hezbollah ont manifesté vendredi soir et un correspondant de l'AFP a vu, sur la route de l'aéroport de Beyrouth longeant la banlieue sud, bastion du Hezbollah, des pancartes portant l'inscription "Le Liban d'abord" incendiées.

L'Iran a, lui, réitéré ses exigences d'un retrait total d'Israël.

"Notre objectif est de mettre fin à la guerre au Liban, permettre le retour des déplacés dans leurs foyers, mettre un terme à l'occupation et obtenir le retrait du régime sioniste du territoire libanais", a souligné le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, dans un appel avec son homologue libanais Nabih Berri.

 


L'accord sur le Liban est un "premier pas" vers la restauration de sa souveraineté, dit le président Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a salué un nouvel accord-cadre avec Israël. (Archive/AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a salué un nouvel accord-cadre avec Israël. (Archive/AFP)
  • Le président libanais Joseph Aoun a qualifié l'accord-cadre signé avec Israël de « première étape » vers le rétablissement de la pleine souveraineté du Liban
  • Il a affirmé son engagement à mettre fin à toute occupation, à obtenir la libération des prisonniers et à garantir un Liban sans subordination ni tutelle

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a déclaré vendredi que l'accord cadre signé avec Israël était "un premier pas" vers la restauration de la souveraineté de son pays sans "occupation", "subordination" ni "tutelle".

"L'accord-cadre signé aujourd'hui est une première étape" qui doit permettre aux Libanais "de revenir sur leurs terres entièrement libérées et dans leurs maisons qui seront assurément reconstruites (...) sous la souveraineté de l'Etat libanais, qui n'a aucun partenaire dans l'exercice de sa souveraineté sur sa terre et son peuple", a déclaré Joseph Aoun dans un communiqué de la présidence.

"Nous jurons de continuer à oeuvrer jusqu'à ce que cela soit accompli. Il n'y aura plus d'occupation, de prisonniers, de subordination ni de tutelle", a-t-il promis.