Le Liban en contact avec Washington et Paris pour obtenir un retrait total d'Israël

Des habitants sont assis au milieu des décombres des bâtiments détruits alors qu'ils retournent dans le village de Meis al-Jabal, dans le sud du Liban, le 18 février 2025. L'armée libanaise a déclaré qu'elle s'était déployée dans les villages frontaliers du sud et dans les zones libérées par les troupes israéliennes le 18 février, à l'expiration du délai de retrait prévu par la trêve entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Des habitants sont assis au milieu des décombres des bâtiments détruits alors qu'ils retournent dans le village de Meis al-Jabal, dans le sud du Liban, le 18 février 2025. L'armée libanaise a déclaré qu'elle s'était déployée dans les villages frontaliers du sud et dans les zones libérées par les troupes israéliennes le 18 février, à l'expiration du délai de retrait prévu par la trêve entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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Publié le Mercredi 19 février 2025

Le Liban en contact avec Washington et Paris pour obtenir un retrait total d'Israël

  • Le Liban a annoncé mardi être en contact avec Washington et Paris pour qu'Israël se retire totalement du sud du pays, estimant que le maintien de son armée dans cinq positions qualifiées de "stratégiques" constituait une "occupation"
  • Dans le sud du Liban, où Israël avait retiré le gros de ses troupes conformément à l'accord de trêve, des habitants rentraient dans leurs villages dévastés par plus d'un an de conflit armé

Kfar Kila, Liban: Le Liban a annoncé mardi être en contact avec Washington et Paris pour qu'Israël se retire totalement du sud du pays, estimant que le maintien de son armée dans cinq positions qualifiées de "stratégiques" constituait une "occupation".

Dans le sud du Liban, où Israël avait retiré le gros de ses troupes conformément à l'accord de trêve, des habitants rentraient dans leurs villages dévastés par plus d'un an de conflit armé.

A Kfar Kila, près de la frontière avec le nord d'Israël, de nombreuses voitures étaient garées à l'entrée du village, les habitants revenant à pied après l'expiration de la date limite pour qu'Israël retire ses forces, dans le cadre d'un accord de cessez-le-feu avec le Hezbollah pro-iranien entré en vigueur le 27 novembre.

Mais beaucoup, dont Alaa al-Zein, découvraient des maisons détruites. Certains cherchaient à récupérer des corps, parmi les dépouilles de combattants laissées depuis des mois.

La défense civile a annoncé mardi avoir découvert 23 corps dans les localités frontalières, après le retrait israélien.

"Le village entier a été réduit en ruines. C'est une zone sinistrée, comme Hiroshima et Nagasaki", a assuré M. Zein, en affirmant que les villageois sont malgré tout déterminés à se réinstaller: "Nous installerons des tentes et nous nous assoirons par terre".

D'autres attendaient à l'entrée du village, accompagnés de l'armée libanaise qui a annoncé s'être déployée mardi dans une dizaine de villages frontaliers après le retrait israélien.

- "Temporaire" -

"L'armée israélienne s'est retirée de tous les villages frontaliers à l'exception de cinq points", a déclaré à l'AFP une source de sécurité libanaise. Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a confirmé le maintien de forces dans cinq postes de contrôle.

Israël avait prévenu lundi qu'il comptait "laisser temporairement un petit nombre de soldats déployés sur cinq points stratégiques le long de la frontière libanaise".

L'ONU a averti mardi que tout retard dans le retrait israélien violait la résolution 1701 du Conseil de sécurité, qui avait mis fin en 2006 à la précédente guerre entre Israël et le Hezbollah, et sur laquelle repose l'accord de trêve actuel.

Le Liban, qui a dénoncé une "occupation", a dit qu'il allait saisir le Conseil de sécurité pour "obliger Israël à un retrait immédiat", ajoutant que son armée était prête à remplir son rôle dans la zone frontalière.

La présidence libanaise a dit poursuivre ses contacts avec les Etats-Unis et la France pour sommer Israël de se retirer "totalement".

Quand l'armée libanaise sera entièrement déployée dans tout le sud du Liban, Israël "devrait achever son retrait du Liban, à condition que le Hezbollah continue de respecter l'accord" de cessez-le-feu, a expliqué à l'AFP Jonathan Conricus, ancien porte-parole de l'armée israélienne et analyste.

Cet accord a mis fin à deux mois de guerre entre Israël et Hezbollah, pendant lesquels les troupes israéliennes ont pris position dans le sud du Liban.

L'accord prévoyait qu'Israël achève le 26 janvier - une échéance ensuite reportée au 18 février - son retrait du sud du Liban, où seuls l'armée libanaise et les Casques bleus de l'ONU devront être déployés.

Le Hezbollah devait pour sa part démanteler ses infrastructures et se retirer au nord du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière.

Le Hezbollah a dominé pendant des années la vie politique au Liban, mais plus d'un an d'échanges de tirs avec l'armée israélienne, "en soutien" au Hamas en guerre à Gaza, l'ont considérablement affaibli.

Depuis le début du cessez-le-feu, Israël a mené des frappes aériennes au Liban qui ont fait plus de 60 morts. Une vingtaine de personnes ont été tuées le 26 janvier, alors que des habitants tentaient de retourner dans les villages frontaliers.

Plus de 4.000 personnes ont été tuées au Liban depuis octobre 2023, selon le ministère de la Santé. Du côté israélien, plusieurs dizaines de soldats et civils ont péri, d'après les autorités.


Le Conseil des ministres saoudien souligne que le dialogue est essentiel à la désescalade régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
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  • Les ministres soulignent l’importance de déployer tous les efforts possibles pour parvenir à un apaisement.

RIYAD : Le gouvernement saoudien a réaffirmé que le dialogue demeure indispensable pour parvenir à une désescalade, alors que des informations faisant état de progrès dans les discussions ont été rapportées mardi, laissant entrevoir un possible accord visant à mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a présidé la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Djeddah, a souligné l’importance de tout mettre en œuvre pour instaurer un climat d’apaisement, ouvrant la voie à des solutions diplomatiques garantes de la sécurité et de la stabilité régionales.

Washington et Téhéran sont engagés dans une guerre régionale intense depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé des attaques contre l’Iran, entraînant l’assassinat du guide suprême du pays.

Un responsable américain a évoqué la possibilité qu’un accord avec l’Iran soit conclu dès mercredi, ce qui pourrait permettre la réouverture du détroit d’Ormuz.

Le détroit avait été fermé par l’Iran après l’effondrement d’un protocole d’accord signé entre Washington et Téhéran, qui avait brièvement permis la reprise du trafic maritime dans cette voie navigable stratégique.

Le prince héritier a également informé le Conseil des ministres de son entretien téléphonique, tenu durant le week-end, avec le président américain Donald Trump.

« Son Altesse Royale a souligné la nécessité de privilégier le dialogue pour réduire les tensions, ainsi que l’importance de déployer tous les efforts possibles afin de parvenir à une trêve ouvrant la voie à des solutions diplomatiques », a rapporté samedi l’Agence de presse saoudienne (SPA), peu après l’échange entre les deux dirigeants.

Le Conseil des ministres a par ailleurs salué le soutien international croissant et la participation accrue à la coalition multinationale de défense maritime lancée par l’Arabie saoudite.

Le Royaume et treize autres pays ont créé cette coalition jeudi afin de protéger la navigation dans les principales voies maritimes du Moyen-Orient.

Selon le ministère saoudien de la Défense, la Coalition multinationale de défense maritime s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité maritime, protéger les routes maritimes internationales et faire face aux menaces pesant sur la navigation et le commerce mondial.

Toujours selon la SPA, cette coalition reflète le rôle de premier plan du Royaume dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité aux niveaux régional et international.

Elle renforce la coopération multilatérale entre les États et établit un cadre destiné à protéger les voies maritimes internationales, les routes commerciales et les approvisionnements énergétiques face aux menaces croissantes en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Salam : ceux qui ont entraîné le Liban dans la guerre ne peuvent parler de souveraineté

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
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  • Salam a critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État

DUBAÏ : Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré mardi que ceux qui « ont entraîné le Liban dans des guerres inutiles » n’avaient aucun droit de donner des leçons de patriotisme ou de souveraineté nationale.

Dans une déclaration qui semblait viser le Hezbollah sans le nommer, Salam a rejeté les accusations selon lesquelles les dirigeants politiques du pays auraient soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban.

« Quelqu’un vient nous rendre visite et accuse les autorités politiques d’avoir soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban, puis appelle au dialogue et à l’unité comme si les Libanais n’avaient aucune mémoire », a déclaré Salam.

Selon lui, le plus grand service rendu à Israël a été celui de ceux qui ont entraîné le Liban dans ce qu’il a qualifié de « guerres de soutien inutiles », offrant à Israël un prétexte pour lancer des attaques portant atteinte à la souveraineté du pays, détruisant villes et villages, tuant des civils et déplaçant des centaines de milliers de personnes.

Salam a également critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État, les accusant d’avoir lié le Liban à des agendas régionaux au détriment des intérêts du peuple libanais.

« Il n’y a de souveraineté pour le Liban qu’à travers une décision unique et indépendante, prise par un État doté d’une seule armée exerçant son autorité sur l’ensemble du territoire », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a estimé qu’un véritable dialogue et une véritable unité nationale ne pouvaient être atteints qu’en reconnaissant les erreurs du passé et en assumant la responsabilité de décisions dont les Libanais continuent de subir les conséquences.

Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à mettre fin à l’occupation israélienne de territoires libanais, obtenir la libération des détenus libanais, permettre le retour en toute sécurité des déplacés dans leurs foyers et reconstruire les zones touchées par le conflit.

Salam a également appelé à mettre fin aux accusations de trahison dans le discours politique, estimant qu’un dialogue sincère et une solidarité nationale étaient indispensables pour permettre au Liban de faire face aux défis actuels.

Ces déclarations interviennent alors que le Liban et Israël poursuivent à Rome un nouveau cycle de négociations, sous médiation américaine, visant à mettre en œuvre l’accord-cadre conclu à Washington en juin.

Cet accord prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées par Israël ainsi que le désarmement progressif du Hezbollah.

Ces négociations, entamées mardi et prévues jusqu’à jeudi, constituent le septième cycle de discussions sous médiation américaine depuis que le Hezbollah a ouvert un front contre Israël en soutien à l’Iran après le début de la guerre à Gaza, déclenchant des mois d’affrontements transfrontaliers puis une offensive israélienne de plus grande ampleur au Liban.

Plus tôt dans la journée de mardi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté ces négociations, estimant qu’elles n’apporteraient au Liban « rien d’autre que la honte, l’humiliation et des compromis successifs ». Il a également critiqué le président Joseph Aoun, l’accusant d’avoir renoncé à son rôle de figure nationale neutre. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien et le président turc discutent de la sécurité régionale et des attaques en mer Rouge

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
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  • Les deux dirigeants abordent la sécurité régionale et la situation en mer Rouge, Ankara condamnant les attaques des Houthis contre les navires

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a eu lundi un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan afin d’évoquer les relations entre les deux pays et les récents développements régionaux, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de l’appel, les deux dirigeants ont passé en revue les liens entre l’Arabie saoudite et la Turquie et examiné les moyens de renforcer la coopération dans plusieurs domaines, a ajouté la SPA.

Ils ont également discuté de l’évolution de la situation régionale, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, ainsi que de la sécurité en mer Rouge.

Le président Erdogan a réaffirmé la condamnation de la Turquie des attaques menées par les Houthis, soutenus par l’Iran, contre des navires en mer Rouge, et a exprimé le plein soutien de son pays à l’Arabie saoudite.

Le dirigeant turc a également salué la mise en place de la coalition multinationale de défense maritime dirigée par le Royaume, exprimant l’espoir qu’elle réussira à protéger la navigation internationale et à atteindre ses objectifs. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com