Joseph Aoun à la délégation iranienne: «Le Liban n'est pas le terrain de la guerre des autres» 

 Le président Joseph Aoun (4e à droite) rencontre une délégation comprenant le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi (3e à droite) et le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf (au centre) au palais présidentiel de Baabda, le 23 février 2025. (AFP)
Le président Joseph Aoun (4e à droite) rencontre une délégation comprenant le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi (3e à droite) et le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf (au centre) au palais présidentiel de Baabda, le 23 février 2025. (AFP)
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Publié le Lundi 24 février 2025

Joseph Aoun à la délégation iranienne: «Le Liban n'est pas le terrain de la guerre des autres» 

  •  Le président Aoun a déclaré que «le Liban a payé un lourd tribut en défendant la question palestinienne», espérant une «solution juste»
  • Des centaines de milliers de partisans du Hezbollah et de ses alliés ont participé aux funérailles retardées de Nasrallah et de Safieddine

BEYROUTH: Le Liban «n'en peut plus d'être le terrain de la guerre des autres», a déclaré son président Joseph Aoun devant une délégation iranienne à Beyrouth dimanche.

La délégation était au Liban pour assister aux funérailles des chefs du Hezbollah Hassan Nasrallah et Hachem Safieddine.

Les deux dirigeants ont été tués il y a environ cinq mois lors de frappes aériennes israéliennes dévastatrices visant le groupe.

Dimanche, des centaines de milliers de partisans du Hezbollah et de ses alliés, ainsi que des délégations d'Iran, d'Irak, du Yémen et d'autres pays, ont participé aux funérailles retardées de Nasrallah et de Safieddine.

La cérémonie funéraire s'est déroulée de 13 heures à 16 heures.

Le président du Parlement iranien, Mohammed Bagher Ghalibaf, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, y ont assisté, de même qu'une délégation iranienne arrivée à Beyrouth dans la matinée à bord d'un avion privé iranien.

Avant les funérailles, la délégation iranienne a rencontré M. Aoun au palais présidentiel.

M. Aoun a déclaré lors de cette rencontre: «Je suis d'accord avec vous. Les pays ne doivent pas se mêler des affaires intérieures des autres pays et la meilleure façon de faire face à toute perte ou agression est de s'appuyer sur l'unité des Libanais.»

Selon le bureau des médias de la présidence, M. Aoun a fait référence à la constitution iranienne, dont l'article 9 stipule que la liberté, l'indépendance, l'intégrité territoriale et la sécurité d'un pays sont inviolables.

Il a ajouté: «La constitution affirme que le gouvernement et tous les citoyens ont la responsabilité de les préserver, et qu'aucun individu, groupe ou fonctionnaire n'a le droit de porter atteinte à l'indépendance politique, culturelle, économique ou militaire du pays, ni de saper l'unité territoriale de la nation sous le prétexte d'exercer la liberté.»

M. Aoun a attiré l'attention sur les résultats du récent sommet de Riyad auquel l'Iran a participé, en particulier sur «la nécessité de la solution à deux États concernant la question palestinienne et sur le fait que l'Autorité palestinienne est le représentant légitime des Palestiniens».

Il a déclaré que «le Liban a payé un lourd tribut en défendant la question palestinienne», espérant une «solution juste».

M. Ghalibaf a insisté sur «l'unité du territoire libanais, son intégrité et la souveraineté de l'État sur ce territoire», exprimant la «volonté de son pays de collaborer avec les nations arabes et islamiques à la reconstruction de ce qui a été détruit par l'agression israélienne contre le Liban».

Il a souligné le «désir de son pays de voir le Liban devenir un pays stable, sûr et prospère», notant que l'Iran «soutient toute décision prise par le Liban loin de toute ingérence extérieure dans ses affaires».

La cérémonie funéraire s'est déroulée à la Cité des sports, près de l'entrée sud de Beyrouth.

Nasrallah a été enterré dans un sanctuaire construit pour lui sur un vaste terrain acheté par le Hezbollah sur l'ancienne route de l'aéroport, parallèlement à la banlieue sud de Beyrouth.

Ce terrain avait appartenu à l'American Life Insurance Co. avant la guerre civile au Liban dans les années 1970. Safieddine sera enterré lundi dans sa ville natale, dans le sud du Liban.

Après sa mort le 27 septembre, Nasrallah a été temporairement enterré à côté de son fils Hadi dans un cimetière de la banlieue sud de Beyrouth.

Hadi a également été tué lors d'une confrontation avec l'armée israélienne en 1997.

Des violations de la souveraineté libanaise ont accompagné l'événement dimanche: des avions de guerre israéliens ont mené de multiples frappes aériennes dans le sud et la Békaa et ont survolé à deux reprises à très basse altitude les personnes endeuillées, réunies dans l'enceinte de la Cité des sports.

Dans la matinée et pendant les funérailles de Nasrallah, des avions israéliens ont effectué une série de frappes aériennes à la périphérie de Hermel et de Bouday dans le nord de la Békaa et sur des villages du sud dans le district de Tyr, blessant une jeune fille syrienne.

Ils ont également visé Jabal al-Rayhan à Jezzine, tandis que des avions de reconnaissance ont survolé Beyrouth et sa banlieue sud tout au long de la journée.

L'armée israélienne a affirmé avoir visé «des sites militaires contenant des roquettes et des armes à Baalbeck et dans le sud du Liban, où des activités du Hezbollah ont été détectées».

Elle a indiqué que les opérations du Hezbollah «constituent une violation de l'accord de cessez-le-feu et une menace pour Israël et ses citoyens. Nous continuerons à travailler pour éliminer toute menace».

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les survols de ces avions de guerre «envoient un message clair: quiconque menace et attaque Israël scellera son destin».

Le secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, qui est apparu à l'écran et n'a pas assisté aux funérailles en personne, a déclaré: «Aujourd'hui, nous sommes confrontés à une occupation et à une agression. Soyez assurés que la résistance est présente et forte en nombre, en ressources et en soutien populaire.»

«Nous ne permettrons pas aux États-Unis de dominer notre pays. Nous nous sommes réorganisés et nos combattants héroïques ont tenu bon le long des frontières.»

Kassem a ajouté: «Nous avons accepté le cessez-le-feu (avec Israël) en raison de l'absence de perspectives politiques.»

«Aujourd'hui, nous entrons dans une nouvelle phase avec des outils, des méthodes et des approches différents.»

«Nous participerons à la construction d'un État fort et juste dans le cadre de l'accord de Taëf, en nous appuyant sur trois piliers: la mise en œuvre rapide du plan de sauvetage, la garantie que l'État assume la responsabilité de libérer la terre et le suivi des mesures prises par l'État pour expulser l'occupation par des moyens diplomatiques, puis l'exploitation des résultats en conséquence.»

«Nous discutons de la stratégie de défense, car nous croyons au rôle crucial de l'armée dans la défense du Liban.»

M. Kassem a souligné le rôle de l'État dans «la libération des prisonniers et la reconstruction de ce qui a été détruit».

Il a déclaré: «Pour nous, le Liban est une patrie définitive pour tous ses enfants, et nous sommes ses enfants.»

«Au Liban, il n'y a ni vainqueur ni vaincu. Concourons pour le bien de notre peuple.»

Dès l'aube, les personnes en deuil ont afflué vers le stade par une température glaciale de moins de 7 degrés Celsius. Dès 6 heures du matin, les gradins étaient déjà remplis, alors que les funérailles étaient prévues à 13 heures.

Malgré la capacité du stade de 60 000 places, la foule a débordé du stade sportif et des hommes, des femmes et des enfants ont envahi les places environnantes, où 50 000 chaises supplémentaires ont été installées.

La foule s'est étendue aux autoroutes reliant la banlieue sud de Beyrouth à l'aéroport de la ville.

Lors de cet événement, le Hezbollah a rassuré ses partisans quant à la force du parti et à son refus d'accepter l'occupation, et s'est adressé aux partenaires nationaux sur la nécessité de reconstruire l'État.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Koweït dit avoir déjoué une tentative d'«infiltration» de Gardiens de la Révolution iraniens

Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
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  • Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan"
  • Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source

KOWEIT: Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran.

Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan", a indiqué le ministère de l'Intérieur du Koweït dans un communiqué publié par l'agence nationale Kuna.

Ils ont tenté d'atteindre cette île, la plus grande du Koweït, proche des côtes iraniennes, "le vendredi 1er mai à bord d'un bateau de pêche spécialement affrété pour mener des actions hostiles contre le Koweït", précise le communiqué.

Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a jugé de son côté "absolument infondées" les "allégations formulées par le Koweït, selon lesquelles l'Iran planifierait de mener des actions hostiles contre le Koweït". Et il a demandé dans un communiqué à pouvoir s'entretenir avec ses ressortissants détenus ainsi que "leur libération immédiate".

Le ministère des Affaires étrangères du Koweït a annoncé de son côté avoir convoqué l'ambassadeur iranien dans le pays, Mohammad Toutounji, "à qui une lettre de protestation a été remise à la suite de l'infiltration sur l'île de Bubiyan d'un groupe armé appartenant aux Gardiens de la Révolution et de son engagement dans des affrontements avec les forces armées koweïtiennes".

Le ministère, qui dénonce un "acte hostile" iranien et une "atteinte flagrante" à sa souveraineté, affirme que le Koweït se réserve pleinement "le droit de se défendre".

Il s'agit de la quatrième convocation de M. Toutounji depuis que l'Iran a commencé à viser les pétromonarchies du Golfe alliées des Etats-Unis en représailles à l'attaque israélo-américaine déclenchée le 28 février.

Le 3 mai, le ministère de la Défense du Koweït avait indiqué avoir appréhendé quatre personnes tentant de rejoindre le Koweït par la mer.

Depuis le début de la guerre, les autorités du Koweït ont multiplié les opérations contre des personnes ou organisations soupçonnées d'être liées à la République islamique ou de la soutenir.

Mi-avril, 24 personnes ont été arrêtées au Koweït pour financement d'entités "terroristes", selon le ministère de l'Intérieur de cette monarchie du Golfe, une source de sécurité précisant que cinq anciens parlementaires faisaient partie des mis en cause.

En mars, le Koweït avait arrêté six personnes soupçonnées de liens avec le Hezbollah libanais, dans le cadre d'une enquête sur des projets "d'assassinats" dans le pays.

Le mouvement islamiste pro-iranien a déjà démenti plusieurs fois toute présence au Koweït.


Tunisie: peine de trois ans et demi de prison confirmée contre deux journalistes 

La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
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  • La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus
  • En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale"

TUNIS: La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire".

"Nous sommes très déçus de ce verdict" qui confirme la peine de première instance, a réagi à l'AFP l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi.

En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale".

En début d'audience mardi, le juge a posé de nombreuses questions à MM. Zeghidi et Bsaies, sur leurs biens, leurs sources de revenus et les impôts versés, selon une journaliste de l'AFP.

"Zéro, niente, je n'ai ni biens immobiliers, ni bijoux, ni grosses voitures", a répondu Mourad Zeghidi.

Le magistrat l'a questionné à propos des rétributions tirées de chaque média et chaque émission (radio et télévision) où il apparaissait, sur la gestion de sa société, sur des virements reçus en Tunisie et depuis l'étranger.

Il a aussi demandé à M. Bsaies pourquoi il avait quitté son métier d'enseignant, la profession de son épouse et avec quels moyens elle avait lancé une école.

Dans sa plaidoirie, l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi, s'est demandé pourquoi "des déclarations fiscales (jugées) insuffisantes se sont transformées en (une accusation de) blanchiment d'argent".

Avant l'annonce du verdict, le défenseur et d'autres avocats avaient demandé le non-lieu et la libération des accusés.

Des diplomates représentant la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont assisté à l'audience.

"Acharnement judiciaire" 

Les deux chroniqueurs avaient été emprisonnés en mai 2024 pour des déclarations à la radio et à la télévision considérées comme critiques du président Kais Saied.

Alors qu'ils étaient libérables en janvier 2025 après avoir purgé huit mois de prison, de nouvelles poursuites avaient été lancées pour des malversations financières présumées.

A la veille du procès, le directeur régional de RSF Oussama Bouagila a affirmé dans un communiqué qu'"après 23 mois d'enquête, aucun élément sérieux n'a été établi: ni flux suspect, ni actif caché, ni preuve crédible".

"Cet acharnement judiciaire ne doit pas faire oublier l'essentiel: c'est leur travail journalistique qui est à l'origine de ces poursuites", a-t-il dit.

Un autre journaliste de renom, Zied el-Heni, a été condamné le 7 mai à un an de prison ferme, pour "atteinte à autrui", après de virulentes critiques contre des décisions judiciaires visant des collègues journalistes.

L'ONG Al Khatt, maison-mère du média indépendant d'investigation Inkyfada, risque de disparaître, sous le coup d'une demande de dissolution demandée par le gouvernement à la justice tunisienne.

Les opposants et défenseurs des droits tunisiens ainsi que plusieurs ONG internationales ont dénoncé un recul des droits fondamentaux en Tunisie depuis un coup de force du président Saied à l'été 2021, par lequel il s'est octroyé les pleins pouvoirs.

Dans un communiqué lundi, l'organisation Amnesty International, basée à Londres, a accusé le pouvoir tunisien de "tentatives d'utiliser les moyens judiciaires pour éliminer purement et simplement les ONG".


L'Iran écarte tout compromis après le rejet de sa proposition par Trump

L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle". (AFP)
L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle". (AFP)
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  • "Il n'y a pas d'autre choix que d'accepter les droits du peuple iranien, tels qu'établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse et ne mènerait qu'à une succession d'échecs"
  • Le contenu de la proposition américaine initiale n'a pas été rendu public

TEHERAN: L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle".

"Il n'y a pas d'autre choix que d'accepter les droits du peuple iranien, tels qu'établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse et ne mènerait qu'à une succession d'échecs", a écrit sur X le négociateur en chef de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf, plus d'un mois après l'instauration d'une trêve précaire.

Celui qui est aussi président du Parlement a interpellé les négociateurs américains, estimant que "plus ils traîneront les pieds, plus les contribuables américains en paieront le prix", au moment où les cours du pétrole évoluent à des niveaux toujours élevés.

Ces déclarations sonnent comme une réponse à Donald Trump qui avait dénigré la veille les propositions iraniennes et assimilé le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril à un malade "sous assistance respiratoire", avec "1% de chances" de survie.

"Donner une leçon" 

Le contenu de la proposition américaine initiale n'a pas été rendu public.

Selon certains médias, elle contient un protocole d'accord pour mettre fin aux combats, qui ont fait des milliers de morts depuis le début de la guerre le 28 février, et établir un cadre de négociations sur le dossier du nucléaire iranien.

Dans sa réponse, l'Iran appelle à une fin immédiate des hostilités dans la région, y compris au Liban où les tirs d'Israël et du Hezbollah pro-iranien ne cessent pas en dépit d'un autre cessez-le-feu. Mardi, deux secouristes sont morts dans une frappe israélienne dans le sud, selon la Défense civile libanaise.

Téhéran demande également l'arrêt du blocus de ses ports par la marine américaine et le dégel des avoirs iraniens détenus à l'étranger, selon le ministère des Affaires étrangères.

"Si l'ennemi ne se plie pas aux exigences légitimes et définitives de la nation iranienne sur le terrain diplomatique, il doit s'attendre à voir ses défaites se répéter sur le champ de bataille", a prévenu le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, cité par l'agence Irna.

Pression américaine sur Pékin 

Côté américain, Donald Trump a brandi la menace d'une relance de son opération de protection des navires pour franchir le détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran.

Une situation qui désespère Maryam, une peintre téhéranaise de 43 ans: elle raconte à une journaliste de l'AFP basée à Paris "vivre au jour le jour" car "le futur est très incertain".

Les regards sont désormais tournés vers la visite à Pékin prévue à partir de mercredi du président Trump, qui doit rencontrer son homologue Xi Jinping.

Selon l'administration américaine, il entend faire pression pour que la Chine, principal importateur du pétrole iranien, use de son influence sur l'Iran.

Donald Trump a dit s'attendre à une "longue conversation" avec Xi sur la guerre.

La quasi paralysie du détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, fait à nouveau grimper les cours de l'or noir mardi, à plus de 107 dollars le baril (+3,25%) pour le Brent de la mer du Nord, référence internationale, vers 14H00 GMT.

"L'Iran ne devrait pas utiliser le détroit comme une arme pour faire pression", a dénoncé cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre du Qatar, en première ligne face à ce blocage.

29 milliards de dollars 

"Le levier d'Ormuz est essentiel", analyse Thomas Juneau, professeur à l'Université d'Ottawa, pour qui Téhéran estime que Donald Trump perdra patience face à la hausse des prix à la pompe, avant les élections de mi-mandat en novembre. D'autant que le Pentagone vient de réévaluer à la hausse le coût de cette guerre à près de 29 milliards de dollars.

L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a par ailleurs révélé, au détour d'une conférence, qu'Israël avait envoyé aux Emirats arabes unis des systèmes de défense antiaérienne pendant cette guerre où les pays du Golfe ont été ciblés par l'Iran quasi-quotidiennement.

Au Liban, un nouveau bilan du ministère de la Santé libanais fait état de 380 morts dans des frappes israéliennes depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 17 avril.

De nouvelles discussions censées ouvrir la voie à des négociations de paix doivent se tenir jeudi et vendredi à Washington entre les deux pays.

Mais le chef du Hezbollah Naïm Qassem a affirmé mardi que la question du désarmement de sa formation, exigé par Israël, ne faisait pas partie des "négociations avec l'ennemi" auxquelles le mouvement chiite est opposé.