Comment la réserve royale du prince Mohammed ben Salmane protège la biodiversité en Arabie saoudite

Faris Abdullah Ismail al-Juhani a passé son temps dans la ferme familiale de Duba, une ville côtière de la réserve royale du prince Mohammed ben Salmane, aidant son père à s'occuper des moutons et des chameaux. Aujourd'hui chef d'équipe de gardes forestiers, il met à profit cette expérience pour protéger le patrimoine sauvage de l'Arabie saoudite dans le cadre du programme de réensauvagement de la réserve (Photo PMSRR).
Faris Abdullah Ismail al-Juhani a passé son temps dans la ferme familiale de Duba, une ville côtière de la réserve royale du prince Mohammed ben Salmane, aidant son père à s'occuper des moutons et des chameaux. Aujourd'hui chef d'équipe de gardes forestiers, il met à profit cette expérience pour protéger le patrimoine sauvage de l'Arabie saoudite dans le cadre du programme de réensauvagement de la réserve (Photo PMSRR).
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Publié le Samedi 08 mars 2025

Comment la réserve royale du prince Mohammed ben Salmane protège la biodiversité en Arabie saoudite

  • Les tests génétiques sont essentiels pour s'assurer que les bonnes sous-espèces sont réintroduites
  • La réserve encourage également l'écotourisme durable et apporte des avantages socio-économiques aux communautés locales

RIYAD : Fondée il y a sept ans dans le cadre de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, la réserve royale du prince Mohammed ben Salmane illustre l'engagement du Royaume envers la conservation environnementale.

L'Arabie saoudite a accompli des progrès considérables dans la protection de ses écosystèmes et de sa faune, en étendant ses zones protégées de 19 à plus de 400, couvrant désormais 18% du territoire du Royaume.

"Lorsque j'ai été invité à découvrir l'Arabie saoudite, j'ai été fasciné par sa beauté sauvage et étendue, sa nature brute et sa biodiversité unique", a déclaré Andrew Zaloumis, directeur général de la réserve royale du prince Mohammed ben Salmane, à Arab News.

"J'ai été impressionné par la vision, le leadership et la direction en matière de conservation. La Vision 2030 met en place un cadre permettant de concrétiser les engagements du Royaume en matière d'environnement et de les rendre pertinents à l'échelle mondiale", s’est-il exclamé.

"Son potentiel à devenir un concurrent mondial sérieux était une opportunité que je ne pouvais pas laisser passer", a-t-il ajouté. 

Située dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, la réserve s'étend sur environ 24 500 kilomètres carrés, englobant 15 écosystèmes et abritant plus de 50 % des espèces marines et terrestres du Royaume, ce qui en fait l'une des zones protégées les plus riches en biodiversité du Moyen-Orient.

"La réserve abrite une biodiversité végétale et animale exceptionnelle", a déclaré M. Zaloumis, précisant qu'elle couvre 1% de la superficie terrestre de l'Arabie saoudite et 1,8% de sa superficie marine.
"Les 170 kilomètres de littoral de la réserve sont les plus longs à être gérés par une seule agence de conservation dans le Royaume", a-t-il noté. 

"Elle abrite 64% des espèces de coraux du Royaume, 22% des espèces de poissons, ainsi que des populations de tortues vertes et de tortues imbriquées, des dauphins à long bec, des dugongs, des requins-baleines et des écosystèmes de mangroves grises d'une importance cruciale", a-t-il détaillé. 

EN BREF

- La réserve abrite plus de 1 300 espèces et 2 000 sites historiques et archéologiques.

- Elle protège 50% des espèces du Royaume, ce qui en fait l'une des zones les plus riches en biodiversité de la région.

- Elle s'étend des plaines de lave de Harrat à la mer Rouge, reliant NEOM, le projet de la mer Rouge et AlUla.

Tous les terrains ne sont pas susceptibles d'obtenir le statut de réserve, a expliqué M. Zaloumis, car ces zones doivent présenter une importance écologique particulière.

"Pour être d'importance mondiale, une réserve doit avoir les valeurs de conservation qui le permettent", a-t-il déclaré. "Il ne s'agit pas de n'importe quel terrain, mais d'une zone conservée pour une raison de conservation très spécifique".

Une réserve naturelle préserve la biodiversité en protégeant les espèces végétales, en offrant un sanctuaire aux animaux menacés et en maintenant l'équilibre écologique.

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Le vétérinaire de la réserve supervise la réintroduction de l'oryx d'Arabie dans le cadre du programme de conservation (Photo PMSRR).

Jusqu'à présent, la réserve royale du prince Mohammed ben Salmane a réintroduit avec succès 11 de ses 23 espèces indigènes, dont la gazelle des sables, la gazelle de montagne, l'onagre et le hibou grand-duc pharaon.

"Les tests génétiques sont essentiels pour s'assurer que les bonnes sous-espèces sont réintroduites", a déclaré M. Zaloumis.

"L'une des réussites de la réserve en matière de conservation, reconnue à l'échelle mondiale, est le retour de l'onagre de Perse après 126 ans d'absence. Il en reste moins de 600 à l'état sauvage dans le monde", a-t-il confirmé.

"La stratégie globale consiste à créer une zone écologique ouverte où les espèces historiques peuvent se déplacer librement comme elles le faisaient il y a plus d'un siècle", a ajouté M. Zaloumis.

Cette stratégie porte déjà ses fruits. En décembre, la réserve a célébré la naissance de son 15e petit oryx d'Arabie depuis le lancement de son programme de réensauvagement en 2022.

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Andrew Zaloumis, PDG de la réserve royale du prince Mohammed ben Salmane, en train de nourrir au biberon un oryx orphelin dans la réserve (Photo PMSRR).

Le programme de réensauvagement fait partie du plan de gestion du développement intégré de la réserve, qui vise à protéger, conserver et restaurer ses atouts naturels et culturels, à promouvoir l'écotourisme et à fournir des avantages socio-économiques aux communautés locales.

Au-delà de la conservation, la réserve met également en valeur des sites historiques des périodes islamique et préislamique, notamment des sites construits par les Nabatéens.

M. Zaloumis a déclaré que l'obtention du statut de patrimoine mondial de l'UNESCO n'est pas une simple affaire, car un site doit répondre à des critères internationaux stricts.

"Pour être inscrit au patrimoine mondial, un site doit être exceptionnel à l'échelle mondiale, c'est-à-dire unique en son genre. Moins d'1% des quelque 262 000 réserves du monde possèdent les valeurs universelles exceptionnelles qui leur permettraient d'être reconnues par l'UNESCO en tant que site du patrimoine mondial", a-t-il précisé. 

Aujourd’hui, la réserve fait partie de deux sites culturels et de deux sites naturels inscrits sur la liste indicative du patrimoine mondial de l'UNESCO, ce qui la place parmi les quelques rares sites du monde à avoir reçu cette distinction.

La réserve a également eu un impact social important grâce à ses initiatives de développement communautaire.

M. Zaloumis a déclaré que le plus grand atout de la réserve est son personnel. Avec 85% de son personnel provenant des régions avoisinantes, le développement communautaire reste essentiel pour garantir que les populations locales bénéficient des efforts de conservation.

Une initiative clé a été la mise en place d'une équipe de gardes forestiers, dont une unité exclusivement féminine, la première du genre au Moyen-Orient.

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Des gardes forestiers de la réserve royale du prince Mohammed ben Salmane installent un piège photographique. La gestion et la protection d'une zone aussi vaste et au relief aussi varié constituent un défi, mais les pièges photographiques changent la façon dont les scientifiques de la réserve étudient la faune et la flore dans les zones reculées (Photo PMSRR).

"Nous avons créé de toutes pièces une équipe de 250 gardes forestiers très efficace, issus des villes et des villages de la réserve", a signalé M. Zaloumis.

"34% de nos gardes sont des femmes, alors que la moyenne mondiale est de 11 %", a-t-il révélé. 

"Il s'agit des premières unités de gardes forestiers féminins au Moyen-Orient. Globalement, les femmes ont un rôle important à jouer dans la conservation - elles offrent des perspectives différentes et sont en mesure d'accéder à différentes parties prenantes. Nous voulions être sûrs de commencer de cette manière dans la réserve", a-t-il affirmé. 

"Notre capacité à développer des carrières dans le domaine de la conservation pour les Saoudiens et les Saoudiennes est importante car, encore une fois, c'est l'avenir de la conservation - c'est la durabilité de la conservation dans le Royaume", a-t-il expliqué. 

Pour l'avenir, M. Zaloumis s'attache à doter la prochaine génération des compétences nécessaires pour mener à bien les efforts de conservation en Arabie saoudite.

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Des élèves d'écoles locales participent à des exercices de nettoyage de l'environnement côtier dans le cadre de la campagne de sensibilisation mettant l'accent sur la responsabilité collective dans la protection de l'environnement marin (Photo PMSRR).

"Notre objectif est de former une nouvelle génération de défenseurs de l'environnement pour faire progresser la réserve et contribuer à l'agenda vert du Royaume", a-t-il ajouté.

M. Zaloumis estime que la clé réside dans l'autonomisation des personnes afin qu'elles prennent en main leur propre avenir et leurs communautés.

"Ce que nous faisons, c'est équiper la prochaine génération de conservationnistes avec l'ensemble des outils nécessaires, non seulement pour conserver la réserve, mais aussi pour contribuer aux efforts de conservation plus larges de l'Arabie saoudite, à la fois en termes de protection des paysages sauvages et des espèces de faune et de flore", a conclu M. Zaloumis. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Toute tentative des Houthis de cibler le Royaume se heurtera à une riposte d'une force sans précédent, affirme la coalition

Un soldat fidèle aux forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite monte la garde près de navires amarrés dans le port méridional d’Aden, au Yémen. (AFP/Archives)
Un soldat fidèle aux forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite monte la garde près de navires amarrés dans le port méridional d’Aden, au Yémen. (AFP/Archives)
  • Les menaces des Houthis visent à « détourner l’attention » des violations commises contre le peuple yéménite, affirme Al-Maliki, porte-parole de la coalition

RIYAD : Toute tentative des rebelles houthis du Yémen de cibler le Royaume se heurtera à une réponse marquée par une « détermination et une force sans précédent », a déclaré la coalition dirigée par l’Arabie saoudite tôt samedi dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux et relayé par l’Agence de presse saoudienne.

« Les déclarations des Houthis contre le Royaume hier ne sont qu’une tentative de détourner l’attention de leurs graves violations à l’encontre du peuple frère du Yémen », a déclaré le général de division Turki Al-Maliki, porte-parole de la coalition.

Il a qualifié les dernières menaces de la milice de tentatives visant à porter atteinte à la sécurité régionale et internationale.

« La coalition répondra avec une détermination et une force sans précédent à toute tentative de cibler le Royaume, ses citoyens, ses résidents et ses infrastructures nationales, ou à toute atteinte à la souveraineté de la République sœur du Yémen, conformément au droit international humanitaire coutumier », a-t-il déclaré.

Le groupe soutenu par l’Iran a menacé vendredi de prendre pour cible « les aéroports saoudiens ainsi que les intérêts vitaux sur terre et en mer », selon son porte-parole militaire.

Al-Maliki a accusé les Houthis d’être responsables des souffrances du peuple yéménite.

« Ils cherchent à exporter les catastrophes économiques et les souffrances qu’ils ont eux-mêmes provoquées au Yémen, tout en tentant de masquer le rejet auquel ils sont confrontés de la part des composantes tribales et sociales yéménites, en reportant ces tensions sur leur environnement régional et les pays voisins. »

Connue officiellement sous le nom de Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite affirme œuvrer au rétablissement du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, après la prise de la capitale, Sanaa, par les Houthis en 2014.

Le groupe, qui a reçu des armes de Téhéran, contrôle depuis lors la capitale ainsi que de vastes régions du pays.

« Le Royaume, avec la coalition et ses partenaires internationaux, a lancé des initiatives et des efforts visant à atténuer les souffrances du peuple yéménite causées par le coup d’État de la milice houthie », a déclaré Al-Maliki. « Ces efforts comprennent également la recherche d’une solution à la crise yéménite à travers une feuille de route approuvée par le gouvernement légitime du Yémen, mais rejetée par les Houthis, qui ont en outre refusé les initiatives en faveur d’une paix durable et attaqué les voies de communication maritimes ainsi que le commerce international dans le sud de la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb. »

Al-Maliki a ajouté : « Ces actions ont exposé les capacités et les infrastructures du peuple yéménite à des attaques et à des destructions massives dans les ports de Hodeïda, Ras Issa et Salif, ainsi qu’à l’aéroport international de Sanaa, aux centrales électriques, aux installations industrielles et à d’autres composantes économiques majeures appartenant au peuple yéménite. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président libanais affirme qu'il ne cèdera «pas un pouce» du territoire à Israël

 Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
  • Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun
  • Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire"

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré la veille que l'armée israélienne resterait "pour une durée indéterminée" dans ce qu'elle qualifie de "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Le Liban a signé le 26 juin sous l'égide de Washington un accord-cadre avec Israël en vue de parvenir à une "paix durable", un texte violemment contesté par le Hezbollah pro-iranien.

Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun, alors que la nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah a fait depuis le 2 mars plus de 4.200 morts au Liban, selon les autorités.

Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire".

"Nous ne cèderons pas un seul pouce du territoire libanais", a-t-il assuré.

L'accord-cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne, mais il ne fixe pas de calendrier.

Le processus doit être détaillé dans une annexe de sécurité, dont le contenu n'a pas été rendu public.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que persisterait la menace du Hezbollah.