Les Soirées du Ramadan : Un mélange de tradition et d'élégance moderne

Les marchés traditionnels et les places publiques de la ville historique de Djeddah sont devenus des pôles d'attraction en ce début de Ramadan, attirant les habitants, les résidents et les touristes dans le quartier d'al-Balad pour effectuer leurs achats saisonniers (SPA).
Les marchés traditionnels et les places publiques de la ville historique de Djeddah sont devenus des pôles d'attraction en ce début de Ramadan, attirant les habitants, les résidents et les touristes dans le quartier d'al-Balad pour effectuer leurs achats saisonniers (SPA).
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Publié le Mardi 11 mars 2025

Les Soirées du Ramadan : Un mélange de tradition et d'élégance moderne

  • Le Ramadan transforme les nuits en spectacles vibrants de commerce et de communauté
  • Vous pouvez vous plonger dans l'animation des marchés nocturnes et des étals éphémères qui s’animent chaque soir pendant ce mois

RIYAD/DJEDDAH : Alors que le soleil se couche et que la journée de jeûne touche à sa fin, les villes du monde musulman s'éveillent, vibrantes d'énergie sous la douceur de la nuit.

Le mois sacré du Ramadan transforme les nuits en spectacles vibrants de commerce et de communauté, les bazars et les marchés nocturnes devenant des centres d'activité électrisants.

Vous pouvez vous plonger dans l'animation des marchés nocturnes et des étals éphémères qui s’animent chaque soir pendant ce mois, où le riche patrimoine et les traditions de l’Arabie saoudite brillent de mille feux.

Les visiteurs se faufilent entre les carrefours animés, ornés de souvenirs artisanaux, de vêtements traditionnels et de produits locaux uniques, et s'arrêtent pour savourer les délicieuses spécialités de l'iftar et du sahoor servies dans les magasins.

L'air résonne de rires, du tintement des tasses de café et de la chaleur des histoires partagées, incarnant véritablement l'esprit du Ramadan dans la ville.

Parmi les attractions de Riyad après la tombée de la nuit, la Caravane du Ramadan de Harvey Nichols se distingue comme un phare de la célébration culturelle et du luxe moderne.

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La Caravane du Ramadan de Harvey Nichols sera présente du 13 février au 4 avril au centre al-Faisaliah à al-Olaya (Photo fournie).

De retour cette année pour son 10e anniversaire, cet événement pop-up annuel se déroulera jusqu'au 4 avril au centre al-Faisaliah à al-Olaya, avec des horaires prolongés adaptés aux rythmes du Ramadan.

Inspiré par l'architecture Najdi, le design de la caravane rend hommage à l'héritage saoudien, mêlant des motifs géométriques et des arcs de terre à une esthétique contemporaine épurée.

Le thème de cette année, "Ramadan Reflections with HN", invite les visiteurs à célébrer ce mois.

« En proposant une collection aussi diversifiée, Harvey Nichols Riyad s'assure que les clients peuvent trouver des pièces qui correspondent à leurs origines culturelles et à leurs traditions », affirme un porte-parole de Harvey Nichols à Arab News.

Pour honorer l'esprit du Ramadan, la caravane propose des expériences immersives : « Nous nous concentrons sur des activités qui favorisent la connexion - comme des ateliers de senteurs avec des artisans locaux et des coins cadeaux sur mesure », ajoute le porte-parole. 

Ces éléments, ainsi que les collections couvrant les abayas, les kaftans et la décoration d'intérieur, reflètent les rituels de rassemblement et de générosité qui sont au cœur du mois.

Pour ajouter à l'attrait de Riyad après la tombée de la nuit, Beast House a annoncé son expérience Ramadan 2025 : une fusion vibrante de tradition, d'art et de célébration centrée sur la famille.

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(Photo: fournie)

Les hôtes peuvent découvrir des activités pratiques telles que l'arrangement floral et la fabrication de bougies, ou se détendre dans l'élégant Ramadan Majlis - un espace luxueusement aménagé avec des sièges en peluche et un éclairage doux, idéal pour les rassemblements du suhur.

L'excellence culinaire est à l'honneur avec un menu de suhur sur mesure élaboré par le chef Rawan al-Muslimani, mêlant les saveurs intemporelles du Ramadan à une touche contemporaine.

Le marché du ramadan de JAX est également prêt à rejoindre la liste des points forts saisonniers de Riyad.

Le Ramadan, moment de rassemblement, de réflexion et de célébration, est également marqué par la tradition précieuse des visites aux bazars et des événements nocturnes. C'est dans ce cadre que la saison du Ramadan se déroulera à al-Balad, le quartier historique de Djeddah.

Organisée par le ministère de la culture, la saison du Ramadan est célébrée dans toutes les villes du pays, mettant en valeur les traditions saoudiennes à travers des événements culturels et communautaires.

Sous le slogan "Nos soirées sont de retour", les rues et les espaces publics ont été ornés de lumières et d'installations décoratives, créant une atmosphère magique.

Dans des endroits clés tels que al-Ghadeer Walkway, al-Olaya Street et Djeddah Corniche, les zones brillent avec des affichages sur le thème du Ramadan tout au long du mois sacré.

Dans le quartier historique de Djeddah, les visiteurs peuvent vivre les soirées traditionnelles du Ramadan, goûter l'iftar et le suhur dans les restaurants et les cafés, et explorer les "Balad stalls", où les vendeurs de nourriture offrent un espace chaleureux et accueillant.

Pour une expérience grandiose du Ramadan, la promenade Ramadaniyat est ouverte jusqu'à la fin du Ramadan et l'entrée est gratuite.

Les Fawanees Nights à l'hôtel Galleria sur la rue Tahlia se déroulent tout au long du mois et offrent un cadre luxueux.

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L'expérience Beast House Ramadan 2025 : une fusion vibrante de tradition, d'art et de célébration familiale (Photo fournie).

Le Jibna Al-Eid Bazaar propose une variété de marques locales et de délicieux plats, tandis que l'exposition Balqees est une destination clé au centre commercial Ana Ghair.

Pour ceux qui recherchent un carnaval du Ramadan animé, le festival du Ramadan de Lammat se tiendra à l'hôtel Hilton du 13 au 17 mars.

Le Samra Bazaar, qui se tient jusqu'au 15 mars à Emaar Square, constitue un autre événement à ne pas manquer. On y trouve une tente du Ramadan, du folklore traditionnel, un championnat de jeux, des jeux physiques et électroniques, un espace pour les enfants, ainsi qu'un éventail d'arts, de cultures et de stands de nourriture.

Hajar Ben Rafe'a, fondatrice de Rafe'a Abayas et de Rafe'a Concept Store, a révélé à Arab News qu'elle apprécie beaucoup les bazars du Ramadan, en particulier Jibna Al-Eid et Qamra, qui sont réputés pour leur forte fréquentation, leur excellente organisation et l'expérience exceptionnelle qu'ils procurent en matière de shopping.

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L'expérience Beast House Ramadan 2025 : une fusion vibrante de tradition, d'art et de célébration centrée sur la famille (Photo fournie).

« Ces deux événements reçoivent une participation massive et se distinguent par leur organisation, leur chiffre d'affaires et l'engagement inégalé des clients. Ils sont devenus une partie intégrante de l'identité de Djeddah pendant le Ramadan », explique Rafe'a.

Rafe'a a également souligné que sa participation aux bazars n'est pas uniquement motivée par des raisons financières, mais qu'elle vise également à rappeler aux clients la présence et l'évolution des marques saoudiennes locales.

Par ailleurs, l'exposition Ahl Awal, qui se tient jusqu'au 26 mars au centre Basateen, accueille les visiteurs tous les jours de 17 heures à 23 heures.

Parallèlement, Ramadan with MC Bazaar, organisé par Monochrome Community, s'est déroulé sur deux jours, les 6 et 7 mars, au Diwan al-Hijaz, sur la Corniche. Cet événement a permis aux visiteurs de s'immerger dans la culture saoudienne pendant le Ramadan et de profiter de la compagnie de leurs proches dans un cadre inoubliable.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le décès de Loana pourrait être dû à une chute, selon le parquet

Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours. (AFP)
Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours. (AFP)
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  • Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à la police judiciaire, et le corps a été transporté à l'institut médico-légal en vue d'une autopsie et d'analyses toxicologiques et de recherches d'éventuelles pathologies
  • "A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d'envisager l'intervention d'un tiers en lien avec le décès", a ajouté le procureur

NICE: Le décès de Loana, première vedette de la télé-réalité en France, retrouvée morte mercredi à son domicile à Nice, pourrait être dû à une chute, sans intervention d'un tiers, a annoncé jeudi le procureur de Nice, Damien Martinelli.

Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours.

La porte de l'appartement étant fermée à clé de l'intérieur, les pompiers sont entrés par une fenêtre. Loana était "manifestement décédée depuis plusieurs jours", et son chien a également été retrouvé mort, selon le communiqué du procureur.

Une plaie à l'arrière du crâne et des ecchymoses dans la région lombaire laissent envisager que le décès puisse être lié à une chute en arrière.

Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à la police judiciaire, et le corps a été transporté à l'institut médico-légal en vue d'une autopsie et d'analyses toxicologiques et de recherches d'éventuelles pathologies.

"A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d'envisager l'intervention d'un tiers en lien avec le décès", a ajouté le procureur.

La France avait découvert Loana Petrucciani (de son nom complet) en avril 2001 lorsqu'elle a vécu avec d'autres anonymes dix semaines durant 24 heures sur 24 sous l'oeil des caméras de M6.

Le succès du "Loft" a été immédiat et phénoménal et l'émission, considérée comme culte, a inspiré une série pour la plateforme de streaming d'Amazon, Prime Video, en 2024.

Mais Loana a quitté peu à peu le monde du show business et entamé un long déclin personnel, entre violences subies, problèmes de santé, tentatives de suicide, overdoses et épisodes psychiatriques.

"On peut dire que nous avons vécu un conte de fées. Une vie que jamais nous n'aurions osé imaginer. Un rêve éveillé, intense. Et puis, je t'ai vue tomber, te redresser, te battre, lutter, céder... Tu as tout donné, jusqu'au bout", a témoigné sur Instagram le chroniqueur Steevy Boulay, autre "lofteur" de la première édition.

 

 


A Tyr, dans le sud du Liban, des joyaux de l'antiquité sous les bombes israéliennes

Fumée s’élevant après une frappe aérienne israélienne, en arrière-plan du site archéologique des ruines de l’ancien port phénicien à Tyr, dans le sud du Liban, le 23 mars 2026. Au site d’Al-Bass, seul un symbole de l’UNESCO rappelle la protection des vestiges antiques, désormais menacés par les frappes. (AFP)
Fumée s’élevant après une frappe aérienne israélienne, en arrière-plan du site archéologique des ruines de l’ancien port phénicien à Tyr, dans le sud du Liban, le 23 mars 2026. Au site d’Al-Bass, seul un symbole de l’UNESCO rappelle la protection des vestiges antiques, désormais menacés par les frappes. (AFP)
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  • Le site antique de Tyr, classé à l’UNESCO, est protégé symboliquement par l’initiative « Boucliers bleus », mais reste exposé aux frappes israéliennes dans le contexte du conflit avec le Hezbollah
  • Les attaques ont déjà causé des victimes civiles à proximité des vestiges, suscitant des inquiétudes sur la protection du patrimoine archéologique du sud du Liban en pleine guerre

TYR: Le "bouclier" pourra-t-il arrêter la foudre? Sur le site archéologique d'Al-Bass, dans le sud du Liban, aucune présence militaire mais un panneau symbolique de l'Unesco flanqué d'un écusson bleu et blanc, unique rempart pour protéger les ruines antiques des bombes israéliennes.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, a été la cible de plusieurs frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'initiative "Boucliers bleus", lancée par un comité lié à l'Unesco, concerne une trentaine de sites au Liban, dont celui de Tyr. C'est d'abord un message adressé à l'armée israélienne: la convention de la Haye de 1954 oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé.

Le 6 mars, une frappe israélienne s'est abattue à quelques mètres des poteries anciennes. Huit personnes, une famille entière, ont été tuées, selon les autorités. Leur maison, pulvérisée par l'explosion, n'est plus qu'un amas de gravats, à côté d'une voiture calcinée. 

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Un emblème de protection renforcée, symbole du droit international humanitaire, est affiché sur le site de l’hippodrome romain à Tyr, le 23 mars 2026. À Al-Bass, aucun dispositif militaire, seulement un signe censé protéger les ruines antiques, désormais touchées par les frappes. (AFP)

"C'était nos voisins, ils vivaient ici depuis des décennies (...) Ils pensaient que la proximité du site les protégerait parce qu'il est classé au patrimoine mondial de l'Unesco, qu'il ne serait pas touché", raconte Nader Saqlaoui, directeur des fouilles archéologiques dans le sud, rattaché au ministère de la Culture.

Détail macabre, l'équipe venue inspecter d'éventuels dégâts sur les monuments a, dit-il, "découvert des restes humains sur le toit du musée" encore en construction.

Celui-ci a subi quelques dommages, ses vitres ont volé en éclats, mais l'explosion n'a pas atteint la nécropole des IIe et IIIe siècles, ni l'arc de triomphe monumental, les aqueducs ou encore l'hippodrome qui s'élèvent sur le site, témoins d'une époque romaine prospère.

Beaucoup d'habitants de la ville ont fui, à la suite d'un appel à évacuer d'Israël, mais quelques milliers sont restés, avec des combattants du Hezbollah pro-iranien - et les précieux vestiges.

Durant l'Antiquité, la ville fut un important port phénicien, avant d'être conquise par Alexandre le Grand, puis l'Empire romain.

Le ministre de la Culture Ghassan Salamé a dénoncé une "agression" d'Israël.

"Il n'existe aucune présence militaire ou sécuritaire sur ces sites (archéologiques, NDLR) et un tel argument ne peut être utilisé pour les bombarder ou y porter atteinte", a-t-il fustigé dans un communiqué.

Interrogée par l'AFP, l'armée israélienne, qui dit viser le Hezbollah, n'a pas commenté dans un premier temps.

- Transport risqué -

Les archéologues doivent encore examiner les vieilles pierres pour détecter d'éventuelles fissures ou altérations qui pourraient avoir été provoquées par l'onde de choc.

"Le Liban est plein de richesses archéologiques (...) et les dépôts de Beyrouth n'ont pas la capacité d'accueillir tous ces objets" menacés, raconte David Sassine, expert de l'Alliance internationale pour la protection du patrimoine (Aliph), une fondation qui aide le gouvernement à aménager des lieux sécurisés pour les objets de valeur.

Le dilemme est double: rien ne garantit qu'ils seront davantage en sécurité dans la capitale, elle-même bombardée régulièrement par Israël, et le transport des objets depuis le sud du pays, même sous escorte militaire, "reste risqué", dit-il. 

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Caisses remplies de fragments de poteries antiques après une frappe israélienne près de l’hippodrome romain à Tyr, au sud du Liban, le 23 mars 2026. À Al-Bass, un simple emblème de protection marque un site archéologique désormais touché par les frappes. (AFP)

Lors du précédent conflit de 2023-2024, des pièces d'or, des amphores plurimillénaires et des sarcophages de grande valeur avaient ainsi été transférés à Beyrouth - où ils se trouvent encore.

Les environs immédiats de Tyr avaient déjà été touchés. Et la citadelle de Chamaa, une forteresse médiévale de la zone frontalière, a été à moitié détruite par l'armée israélienne.

Le directeur des fouilles ne se fait pas beaucoup d'illusion.

"Les Israéliens savent tout, même la pointure de vos chaussures (...) Ils savaient très bien où se trouvait le site", assure M. Saqlaoui. "Nous avons vécu au moins six guerres avec Israël (...) ça ne les a pas empêché d'attaquer des sites archéologiques". 

Mustafa Najdi, employé comme gardien, était présent à Al-Bass le jour du bombardement: "j'ai entendu un choc très violent et j'ai pris la fuite avant de prévenir les responsables", dit-il.

"Personne ne s'intéresse à nous", dénonce le trentenaire à la barbe épaisse, appelant "tous ceux qui le peuvent à faire pression pour mettre fin à cette barbarie".

"Cette civilisation représente l'histoire et elle nous représente tous, Libanais comme non Libanais".


Leïla Slimani ausculte son rapport à la langue arabe avec son nouveau livre

L’écrivaine et journaliste franco-marocaine Leïla Slimani, lors d’une séance photo à Paris, le 17 mars 2026. (AFP)
L’écrivaine et journaliste franco-marocaine Leïla Slimani, lors d’une séance photo à Paris, le 17 mars 2026. (AFP)
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  • Leïla Slimani évoque une relation complexe à l’arabe, dont l’enseignement rigide et dévalorisé dans le système scolaire français a accentué son éloignement et son sentiment d’étrangeté culturelle
  • Aujourd’hui, elle adopte une vision plus apaisée et transmet une relation libérée à la langue à ses enfants, affirmant que l’identité et les liens linguistiques peuvent toujours se reconstruire

PARIS: Dans "Assaut contre la frontière", publié jeudi en France, Leïla Slimani interroge son rapport à la langue arabe, qu'elle déplore de ne pas parler, au point d'en "avoir honte" en tant que Franco-Marocaine "aux identités boiteuses".

L'autrice de 44 ans, prix Goncourt (le plus prestigieux en France) en 2016 pour "Chanson douce", explique dans un entretien à l'AFP avoir commencé à parler l'arabe dialectal, la darija, "toute petite avec (sa) grand-mère, (sa) nounou, dans la rue" au Maroc, mais pas avec ses parents, des bourgeois francophiles.

"Ils ne me parlaient qu'en français. Et je les entendais peu discuter en arabe", affirme cette mère de deux enfants qui vit désormais à Lisbonne, où elle s'est mise au portugais.

Elle découvre l'arabe classique en cours préparatoire, car "c'était obligatoire", et poursuit jusqu'en terminale. Mais l'enseignement ne lui plaît pas: "On y allait un peu à reculons" et "j'avais l'impression d'une sorte de langue qui était étrangère".

Et puis, à l'époque, "c'était très dévalorisé: à l'école française, les gens se moquaient des profs d'arabe", se remémore-t-elle. "Il y avait quelque chose de vraiment méchant, de condescendant à leur égard. Ils étaient beaucoup moins bien payés. Et donc, nous, les élèves, on les prenait moins au sérieux."

En arrivant à Paris, où elle est élève en classe préparatoire littéraire puis à Sciences Po, elle est "obligée d'expliquer à des Français pourquoi (elle) ne parle pas l'arabe", ce qu'elle vit comme une "humiliation".

"Parfois, je mens en leur disant que je parle très bien et ça me met dans des situations très inconfortables, parce qu'on commence à me demander de traduire des trucs, ce dont je suis incapable", raconte-t-elle.

- "Mal à l'aise" -

En même temps, "je me rends compte que les gens en France ont une vision très parcellaire, très caricaturale, à la fois de mon pays, de ces questions linguistiques, et je me sens très mal à l'aise vis-à-vis de ça", ajoute-t-elle.

C'est alors que la question de la langue se mêle à celle de son identité arabe, que jusqu'à présent elle ne s'était pas posée, car ses parents en "avaient une vision extrêmement ouverte, extrêmement plastique".

"Quand j'arrive en France, je me retrouve dans une identité qui vient beaucoup plus des autres que de moi-même", analyse la romancière. "Ça m'amène à beaucoup de contradictions, de chagrins aussi parfois et un sentiment de solitude."

Pour en sortir, elle se met à écrire car cela lui permet "de se détacher d'une identité qui (lui) serait assignée par les autres".

L'autrice de la trilogie "Le pays des autres" va plus loin: "Quand on écrit, on peut ajouter de la nuance, de la fêlure. Moi, mes identités, elles sont boiteuses, imparfaites, infirmes, pleines de maladresse."

D'ailleurs, poursuit-elle, "je pense que beaucoup de gens, en France ou ailleurs, sont très insatisfaits de la manière dont on veut nous vendre l'identité: comme une sorte de fierté, de bandoulière héroïque qu'il faudrait qu'on porte en étendard, qu'il faudrait mériter, prouver constamment".

Aujourd'hui, son rapport à l'arabe est "apaisé": il lui arrive toujours d'avoir "honte" de ne pas le parler mais, avec ce livre édité par Gallimard, elle veut dire à ceux qui seraient dans sa situation que "rien n'est jamais perdu".

La preuve: ses enfants apprennent l'arabe, "avec un grand plaisir, en étant détachés de toutes ces pressions, de toutes ces connotations".