Le Liban propose un plan de protection sociale

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam arrive à une session plénière pour un vote de confiance à Beyrouth, au Liban, le 26 février 2025. (Reuters)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam arrive à une session plénière pour un vote de confiance à Beyrouth, au Liban, le 26 février 2025. (Reuters)
Short Url
Publié le Samedi 15 mars 2025

Le Liban propose un plan de protection sociale

  • La protection des pauvres est essentielle à la stabilité civique, affirme le premier ministre libanais lors d'un dialogue majeur

BEYROUTH : Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré vendredi que la priorité du gouvernement était de restaurer la confiance dans le pays en privilégiant les politiques sociales et les réformes économiques.

Ces remarques ont été faites lors d'une réunion élargie au Grand Sérail, la résidence officielle de M. Salam, sur les filets de sécurité sociale au Liban, sous le thème "La prochaine phase de réforme".

L'événement, organisé par la ministre des Affaires sociales Hanine Al-Sayyed, a rassemblé un grand nombre de diplomates et de responsables d'agences affiliées aux Nations Unies.

EN BREF

Le ministre de la Santé, Rakan Nasreddine, a présenté le programme "Aqwa" en collaboration avec l'UNICEF. Ce programme apporte un soutien aux enfants qui ont été blessés lors de la récente guerre dans le sud du Liban.

M. Salam a souligné la profonde crise sociale que traverse le Liban, déclarant que la stabilité ne pouvait être maintenue sans traiter les questions sociales.

Il a indiqué que les taux de pauvreté étaient déjà élevés avant la récente guerre entre Israël et le Hezbollah, atteignant 44% au niveau national.

Les jeunes enfants sont les plus vulnérables, leur taux de pauvreté atteignant des niveaux sans précédent.

Le premier ministre a ajouté que l'insécurité alimentaire et l'accès limité aux soins de santé demeurent des risques importants.

Dans une déclaration, son gouvernement s'est engagé à mettre en place un système de protection sociale complet et à augmenter les dépenses sociales.

Selon les propositions, le gouvernement - par l'intermédiaire du ministère des Affaires sociales - mettra en œuvre la stratégie nationale de protection sociale. Il s'agit de renforcer les filets de sécurité sociale, notamment pour les personnes en situation de pauvreté et celles qui ont besoin de programmes d'aide aux personnes handicapées.

Le gouvernement a déclaré qu'il vise à assurer une couverture adéquate des soins de santé pour les plus vulnérables par l'intermédiaire des centres de soins de santé primaires, à garantir les exigences minimales en matière d'éducation pour les enfants et les adolescents dans les écoles publiques et les établissements professionnels, et à aider les pauvres à intégrer le marché du travail par l'intermédiaire de programmes d'inclusion économique.

M. Salam, qui avait déjà promis que son gouvernement s'engage à mettre en œuvre des réformes, a réitéré vendredi sa volonté de modifier en premier lieu la Caisse nationale de sécurité sociale.

"Nous nous engageons à garantir les plus hauts niveaux de transparence et de responsabilité dans nos programmes", a-t-il déclaré.

Actuellement, l'aide sociale ne couvre que 55% des pauvres au Liban.

Environ 800 000 Libanais, soit 166 000 familles, reçoivent une aide dans le cadre du programme Aman.

Environ 20 000 personnes handicapées bénéficient d'un programme d'allocations en espèces et environ 170 000 personnes reçoivent une aide financière d'urgence.

La ministre des Affaires sociales, Mme Al-Sayyed, a déclaré que son ministère vise à "étendre l'aide directe en espèces, à renforcer les liens avec les services sociaux, à développer les capacités institutionnelles et les infrastructures, et à améliorer la coordination et l'alignement des systèmes".

« En raison de l'augmentation des taux de pauvreté à la suite de la récente guerre, les pauvres sont confrontés à une grave insécurité alimentaire, à la malnutrition et à un accès limité aux soins de santé », a-t-elle averti. 

« Les enfants de moins de cinq ans sont les plus exposés, car ils souffrent de taux de pauvreté alarmants et sont les moins bien couverts par les filets de sécurité sociale », a-t-elle ajouté. 

Sous le slogan "L'engagement du gouvernement à augmenter les dépenses de protection sociale dans le budget de l'État", Mme Al-Sayyed a annoncé le lancement de l'atelier de réforme en collaboration avec le bureau du premier ministre.

Son ministère activera également le travail sur les filets de sécurité sociale afin de renforcer la collaboration entre les ministères et les partenaires, d'améliorer les systèmes internes et de moderniser les centres de services de développement.

Il proposera également une loi sur les filets de sécurité sociale afin de garantir la viabilité à long terme des efforts de réforme.

Dans le même ordre d'idées, le ministre de la Santé, Rakan Nasreddine, a introduit le programme "Aqwa" ("plus fort" en arabe) en collaboration avec l'UNICEF.

Ce programme vise à apporter un soutien et des soins aux enfants qui ont été blessés au cours de la récente guerre dans le sud du Liban.

Il sera mis en œuvre en partenariat avec le Réseau international d'aide, de secours et d'assistance et le Fonds pour l'enfance Ghassan Abu Sittah.

Selon le ministère de la Santé, environ 1 500 enfants ont subi des blessures graves ou modérées, et nombre d'entre eux ont besoin de chirurgies reconstructives et de soins de santé mentale continus.

M. Nasreddine a souligné l'immense souffrance de ces enfants, en insistant à la fois sur le nombre et la gravité de leurs blessures.

Il a souligné que le lancement du programme témoigne de l'engagement inébranlable du gouvernement à reconstruire tout ce que la guerre a détruit, tant en termes d'infrastructures que de vies humaines.

"Le programme va au-delà des interventions chirurgicales traditionnelles et englobe des services de santé mentale, de physiothérapie et de chirurgie reconstructive, entre autres soins essentiels pour les enfants de moins de 18 ans", a-t-il ajouté.

À la fin du mois de février dernier, l'UNICEF a publié un rapport mettant en lumière l'impact dévastateur de la récente guerre sur les enfants, affectant presque tous les aspects de leur vie. L'organisme des Nations Unies a souligné que de nombreux enfants nécessitent un soutien urgent pour guérir, reconstruire leur vie et surmonter les effets durables de ce conflit.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Short Url
  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

Short Url
  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Short Url
  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".