Réuni en Grèce, le CIO élira son nouveau président

Le CIO a rappelé mercredi que c'est la fédération internationale de chaque sport concerné aux JO qui a «seule autorité» en la matière (Photo, AFP).
Le CIO a rappelé mercredi que c'est la fédération internationale de chaque sport concerné aux JO qui a «seule autorité» en la matière (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 16 mars 2025

Réuni en Grèce, le CIO élira son nouveau président

  • Le Japonais Morinari Watanabe, patron de la Fédération internationale de gymnastique, présente de loin la proposition la plus radicale : des JO organisés simultanément dans cinq villes de cinq continents. Le prince jordanien Feisal Al-Hussein insiste sur
  • jamais, en 130 ans d'existence, le CIO n'avait vu autant de candidats s'affronter.

COSTA NAVARINO, GRECE : Entouré d'une discrétion digne du Vatican, le Comité international olympique se réunira à partir de mardi en Grèce pour choisir, jeudi, un successeur à son président, l'Allemand Thomas Bach, dans un scrutin plus ouvert que jamais.

Vaisseau amiral du monde sportif, l'instance de Lausanne n'avait plus changé de patron depuis douze ans, quand Thomas Bach avait succédé en 2013 au Belge Jacques Rogge, avant d'être reconduit sans opposition en 2021, à la quasi-unanimité.

Si le Bavarois de 71 ans passera officiellement la main le 23 juin, les cent membres du CIO éliront son remplaçant dès jeudi, à bulletins secrets, dans le complexe balnéaire grec de Costa Navarino, au bord de la mer Ionienne.

Et l'élection s'annonce aussi historique qu'indécise : jamais, en 130 ans d'existence, le CIO n'avait vu autant de candidats s'affronter.

Dans une campagne sans sondages, où tout débat et soutien public sont interdits par la commission d'éthique, désigner un favori est d'autant plus périlleux qu'aucun prétendant ne « connecte autant d'éléments de légitimité » que Thomas Bach en 2013, observe Emmanuel Bayle, professeur en gestion du sport à l'Université de Lausanne.

- L'ombre de Samaranch père

Seuls Sebastian Coe, patron de World Athletics et double champion olympique du 1 500 m, et la Zimbabwéenne Kirsty Coventry, septuple médaillée en natation (dont deux titres), partagent un glorieux passé sportif avec l'Allemand, sacré en fleuret par équipes aux JO de 1976 à Montréal.

Mais alors que Bach, avocat d'affaires entré au CIO dès 1991 pour en gravir tous les échelons, « avait construit très en amont son épaisseur » présidentielle, Juan Antonio Samaranch Jr est le seul à afficher une ascension comparable au sein de l'instance, ajoute M. Bayle.

Visage aussi familier du monde olympique que méconnu en dehors, « Juanito » avait rejoint le CIO au moment où son père s'apprêtait à en quitter la présidence, en 2001, après 21 ans d'un règne marqué par l'explosion des revenus des JO et la fin des boycotts, mais aussi par des scandales de corruption, laissant une image contrastée.

Les quatre autres candidats s'avancent en outsiders : David Lappartient, champion du cumul de casquettes, dirige à la fois l'Union cycliste internationale et le comité olympique français. Il est le principal artisan de la désignation des des Alpes françaises pour accueillir les JO-2030.

Le Japonais Morinari Watanabe, patron de la Fédération internationale de gymnastique, présente de loin la proposition la plus radicale : des JO organisés simultanément dans cinq villes de cinq continents. Le prince jordanien Feisal Al-Hussein insiste sur la « paix » au service du sport, et le Britanno-Suédois Johan Eliasch vante son expérience à la tête de l'équipementier Head pour réformer le modèle économique.

- Alliances géopolitiques -

Quelle stratégie fera la différence face à un cénacle aussi hétéroclite, mêlant têtes couronnées, anciens champions et figures de l'administration et de l'industrie sportives, traditionnellement réticents à la moindre prise de position publique ?

Pour Jean-Loup Chappelet, spécialiste de l'olympisme à l'Université de Lausanne, « cette élection s'avère très géopolitique », à l'image d'un monde de plus en plus fracturé, « et il semblerait que trois blocs se dessinent ».

D'un côté, un soutien « des Russes, des Chinois et de leurs alliés » à Samaranch Jr, qui a plaidé a minima pour que les athlètes russes bénéficient aux JO-2026 de Milan du même dispositif sous drapeau neutre qu'aux JO-2024 de Paris, et avait présidé la commission de coordination des JO-2022 de Pékin.

De l'autre, un « bloc anglophone » derrière Sebastian Coe, « qui a fait une excellente campagne », alors que son âge (68 ans) l'empêche théoriquement de finir son premier mandat et que sa décision sans concertation d'attribuer des primes aux athlètes médaillés d'or à Paris a déclenché un tollé dans le monde olympique.

Enfin, une partie au moins des membres européens pourraient chercher en Lappartient un « candidat de compromis », estime M. Chappelet. Le Français compte aussi sur les voix africaines, sans garantie de les obtenir, lui qui a attribué au Rwanda l'organisation des Mondiaux de cyclisme 2025 et affirme que l'Afrique « mérite » enfin d'accueillir les Jeux.


Guerre en Iran: «les prochains jours seront décisifs», affirme le ministre américain de la Défense

Les prochains jours de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran seront "décisifs", a affirmé mardi le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, refusant d'écarter la possibilité de déployer des troupes sur le sol iranien. (AFP)
Les prochains jours de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran seront "décisifs", a affirmé mardi le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, refusant d'écarter la possibilité de déployer des troupes sur le sol iranien. (AFP)
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  • "Les prochains jours seront décisifs. L'Iran le sait, et ils ne peuvent quasiment rien faire militairement contre cela", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse au Pentagone
  • Le ministre, qui a révélé qu'il avait rendu visite récemment à des troupes américaines déployées dans ce conflit, a affirmé que "les dernières 24 heures ont vu le plus faible nombre de drones et missiles ennemis lancés par l'Iran"

WASHINGTON: Les prochains jours de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran seront "décisifs", a affirmé mardi le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, refusant d'écarter la possibilité de déployer des troupes sur le sol iranien.

"Les prochains jours seront décisifs. L'Iran le sait, et ils ne peuvent quasiment rien faire militairement contre cela", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse au Pentagone.

Le ministre, qui a révélé qu'il avait rendu visite récemment à des troupes américaines déployées dans ce conflit, a affirmé que "les dernières 24 heures ont vu le plus faible nombre de drones et missiles ennemis lancés par l'Iran".

Selon Pete Hegseth, les discussions avec l'Iran pour mettre un terme à la guerre sont en train de s'intensifier.

Ces discussions "sont bien réelles, elles sont en cours, elles sont actives et -- je pense -- se renforcent", a-t-il affirmé.

Les-Etats-Unis constatent un "va-et-vient" avec l'Iran sur les termes de ces négociations, un "fait nouveau productif", selon Pete Hegseth.

"Nous ne voulons pas avoir à faire plus militairement que ce qui est nécessaire. Mais je n'ai pas dit ça à la légère quand j'ai dit qu'en attendant, nous négocierons avec des bombes", a-t-il déclaré.

Pete Hegseth a également refusé à nouveau d'écarter la possibilité de déployer des troupes américaines sur le territoire iranien.

"Nous n'allons écarter aucune option. Vous ne pouvez pas mener et gagner une guerre si vous dites à votre adversaire ce que vous êtes prêts à faire, ou pas prêts à faire, y compris des troupes au sol", a déclaré le ministre.

"Notre adversaire pense actuellement qu'il existe 15 différentes manières avec lesquelles on pourrait s'en prendre à eux avec des troupes au sol. Et devinez quoi? C'est vrai", a-t-il ajouté.

A ses côtés, le général Dan Caine, chef d'état-major, a déclaré que les Etats-Unis avaient frappé "plus de 11.000 cibles" au cours des 30 jours passés.

 


Trump n'entend pas «aider» les pays affectés par la fermeture du détroit d'Ormuz

Donald Trump a déclaré mardi que les Etats-Unis "ne seraient plus là pour aider" les pays dont l'approvisionnement en pétrole dépend du détroit d'Ormuz. (AP)
Donald Trump a déclaré mardi que les Etats-Unis "ne seraient plus là pour aider" les pays dont l'approvisionnement en pétrole dépend du détroit d'Ormuz. (AP)
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  • Le président américain, qui veut boucler en six semaines maximum l'opération militaire lancée contre l'Iran le 28 février, avait déjà indiqué auparavant que la réouverture de cette artère vitale pour le transport mondial de brut n'était pas un impératif
  • Il a jugé mardi que la France s'était montrée "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran, en la critiquant pour avoir interdit le survol de son territoire, sans que l'on ne sache dans l'immédiat à quoi il faisait référence

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré mardi que les Etats-Unis "ne seraient plus là pour aider" les pays dont l'approvisionnement en pétrole dépend du détroit d'Ormuz.

Le président américain, qui veut boucler en six semaines maximum l'opération militaire lancée contre l'Iran le 28 février, avait déjà indiqué auparavant que la réouverture de cette artère vitale pour le transport mondial de brut n'était pas un impératif pour lui.

"J'ai une suggestion pour tous ces pays qui n'ont plus de kérosène à cause du détroit d'Ormuz, comme le Royaume-Uni, qui a refusé de s'impliquer dans la décapitation de l'Iran: 1. achetez auprès des Etats-Unis, nous en avons plein, 2. trouvez du courage, avec retard, allez jusqu'au détroit et PRENEZ le tout simplement", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.

"Vous allez devoir apprendre à vous défendre vous-mêmes, les Etats-Unis ne seront plus là pour vous, de la même manière que vous n'avez pas été là pour nous. L'Iran a été, pour l'essentiel, décimé. Le plus dur est fait. Allez chercher votre propre pétrole!", a conclu le président américain.

Il a plusieurs fois affirmé que la première puissance mondiale, qui produit une bonne partie du pétrole qu'elle consomme et importe le reste essentiellement du Canada et du Mexique, n'était pas affectée par la fermeture par l'Iran du détroit d'Ormuz.

Ce n'est pas le cas de nombre de pays asiatiques désormais confrontés à une crise énergétique majeure.

Les Etats-Unis n'en subissent pas moins l'impact de la hausse des cours.


Guerre au Moyen-Orient: Trump menace d'«anéantir» des infrastructures énergétiques iraniennes

Donald Trump a haussé le ton vis-à-vis de l'Iran lundi, en menaçant d'"anéantir" ses centrales électriques, ses puits de pétrole ainsi que l'île de Kharg, point névralgique de son industrie pétrolière, si les discussions avec Téhéran n'aboutissent pas "rapidement". (AFP)
Donald Trump a haussé le ton vis-à-vis de l'Iran lundi, en menaçant d'"anéantir" ses centrales électriques, ses puits de pétrole ainsi que l'île de Kharg, point névralgique de son industrie pétrolière, si les discussions avec Téhéran n'aboutissent pas "rapidement". (AFP)
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  • Le conflit au Moyen-Orient, qui a fait des milliers de morts depuis son déclenchement le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, continue par ailleurs de souffler le chaud et le froid sur les marchés financiers
  • Le G7 Finances-Energie, réuni par la France lundi en visioconférence, s'est dit prêt "à prendre toutes les mesures nécessaires" pour assurer la stabilité du marché de l'énergie

WASHINGTON: Donald Trump a haussé le ton vis-à-vis de l'Iran lundi, en menaçant d'"anéantir" ses centrales électriques, ses puits de pétrole ainsi que l'île de Kharg, point névralgique de son industrie pétrolière, si les discussions avec Téhéran n'aboutissent pas "rapidement".

Le président américain avait déjà évoqué dimanche une possible opération terrestre pour s'emparer du terminal de Kharg, qui assure environ 90% des exportations de brut du pays, et "prendre le pétrole" iranien.

Dans un message sur son réseau Truth Social lundi, il a durci le ton vis-à-vis de l'Iran, affirmant que sans réouverture du détroit d'Ormuz, par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux, les Etats-Unis feraient "exploser" et anéantiraient "toutes leurs centrales électriques, leurs puits de pétrole et l'île de Kharg".

Cela pourrait aussi concerner "toutes les usines de dessalement", a affirmé le président américain.

Samedi, le commandement militaire américain avait annoncé l'arrivée la veille au Moyen-Orient d'un navire d'assaut amphibie, à la tête d'un groupe naval comprenant "quelque 3.500" marins et soldats du corps des Marines.

"Discussions sérieuses" 

Le conflit au Moyen-Orient, qui a fait des milliers de morts depuis son déclenchement le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, continue par ailleurs de souffler le chaud et le froid sur les marchés financiers.

Le G7 Finances-Energie, réuni par la France lundi en visioconférence, s'est dit prêt "à prendre toutes les mesures nécessaires" pour assurer la stabilité du marché de l'énergie.

Vers 14H50 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord montait de 2,55% à 115,44 dollars.

La poursuite des bombardements ce weekend et lundi en Iran, dans le Golfe et au Liban, et les déclarations inflexibles des belligérants alimentent la flambée des cours du pétrole, qui ont grimpé de plus de 50% depuis le début de la guerre.

La Bourse de New York évoluait elle en petite hausse lundi, les investisseurs voulant croire aux propos de Donald Trump qui a aussi évoqué dans son message "d'énormes progrès" réalisés lors de "discussions sérieuses" avec "un régime nouveau et plus raisonnable" en Iran -- sans toutefois préciser de quels interlocuteurs il s'agit.

"Le marché attend désespérément une issue à cette guerre", remarque auprès de l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a appelé lundi Donald Trump à "stopper la guerre", et souligné lors d'un discours au Caire les "conséquences graves" d'une poursuite du conflit.

Au Liban, trois membres du Hezbollah ont été tués et trois autres gravement blessés dans une frappe israélienne qui a visé lundi un immeuble résidentiel près de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du groupe pro-iranien, a indiqué une source de sécurité à l'AFP.

Plusieurs Casques bleus ont par ailleurs été blessés lors d'un "incident" dans une ville frontalière du sud du Liban, où des affrontements opposent le Hezbollah à l'armée israélienne, a annoncé lundi à l'AFP la porte-parole de la Finul, Kandice Ardiel.

Ces derniers jours, le Pakistan, voisin de l'Iran, s'est proposé pour "accueillir et faciliter" des "pourparlers significatifs" entre les deux pays.

De son côté l'armée israélienne a annoncé lundi avoir bombardé une université de Téhéran dirigée par les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, affirmant que "des activités de recherche et développement sur des armes de pointe" y étaient menées.

Elle avait indiqué un peu plus tôt avoir de nouveau frappé des sites militaires à Téhéran, en réponse à une attaque de missiles venus d'Iran.

"Vie d'avant-guerre" 

Après une accalmie la semaine dernière, les bombardements semblent s'être intensifiées ce weekend sur la capitale iranienne, provoquant notamment des coupures temporaires d'électricité, selon des journalistes de l'AFP sur place.

L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a dénombré au moins 360 attaques en 24 heures dans 18 provinces du pays ce weekend.

Pour des habitants de Téhéran, joints par l'AFP depuis Paris, plus rien n'est normal.

"Les jours ordinaires me manquent. Une vie où je n'avais pas à penser constamment aux explosions et à la mort", raconte Shahrzad, 39 ans, femme au foyer, qui dit "ne sortir que si c'est absolument nécessaire". "La seule chose qui me reste de ma vie d'avant-guerre et qui m'aide à garder le moral, c'est la cuisine" mais "parfois, je me surprends à pleurer en plein milieu", poursuit-elle.

L'ONG Acled, qui compile les données sur les conflits, a fait état lors du premier mois de guerre de près de 2.300 bombardements américains et israéliens, et de 1.160 frappes iraniennes en représailles.

Au total depuis le début du conflit, l'organisation HRANA a recensé près de 3.500 morts en Iran.