Les Bourses européennes tournées vers les droits de douane américains

Des courtiers travaillent sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), le 19 mars 2025. (Photo par ANGELA WEISS / AFP)
Des courtiers travaillent sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), le 19 mars 2025. (Photo par ANGELA WEISS / AFP)
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Publié le Lundi 24 mars 2025

Les Bourses européennes tournées vers les droits de douane américains

  • Les indices boursiers européens progressent lundi, portés par l'espoir que les droits de douane américains puissent être plus mesurés qu'escompté.
  • Sur le marché des changes, la monnaie unique européenne avançait de 0,35 % à 1,0855 dollar pour un euro.

PARIS : Les indices boursiers européens progressent lundi, portés par l'espoir que les droits de douane américains puissent être plus mesurés qu'escompté, et attendent la publication d'indicateurs pour prendre le pouls de l'économie en Europe et aux États-Unis.

Vers 8 h 30 GMT, la Bourse de Paris prenait 0,45 %, celle de Londres 0,46 %, celle de Francfort 0,61 % et celle de Milan 0,24 %.

« Cette semaine sera la dernière semaine complète avant l'annonce des droits de douane américains du 2 avril. Il faut s'attendre à une actualité abondante sur ce sujet », commente Jim Reid, économiste chez Deutsche Bank.

Donald Trump a déclaré vendredi devant des journalistes dans le Bureau ovale ne rien vouloir changer en matière de politique commerciale, tout en évoquant une éventuelle « flexibilité ».

« Je ne change rien, mais le mot flexibilité est un mot important (...) il y aura de la flexibilité, mais en principe, c'est réciproque », a-t-il déclaré.

« Les investisseurs espèrent que ces mesures cibleront des secteurs spécifiques », ce qui permettrait de ne pas toucher « l'ensemble de la chaîne de valeur du commerce mondial », commente Jochen Stanzl, analyste chez CMC Markets.

À l'agenda lundi, la publication d'indices d'activité (PMI) « en zone euro, en Grande-Bretagne et aux États-Unis » retiendra l'attention, souligne John Plassard, spécialiste de l'investissement pour Mirabaud.

« Les chiffres européens pourraient confirmer une amélioration portée par l'impact positif des dépenses publiques massives en Allemagne, tandis que les chiffres américains sont sous la menace d'une forte baisse de la croissance aux États-Unis », estime Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank.

« La prochaine mise à jour du PIB américain est attendue jeudi et devrait confirmer un ralentissement de la croissance économique des États-Unis, qui passerait de 3,1 % à 2,3 % au quatrième trimestre », a-t-elle ajouté.

Sur le marché des changes, la monnaie unique européenne avançait de 0,35 % à 1,0855 dollar pour un euro.

- Les marchés turcs chamboulés

« Au cours du week-end, le flot de nouvelles s'est intensifié en Turquie », souligne aussi l'économiste de Deutsche Bank.

Le maire d'opposition d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, accusé de « corruption », a été incarcéré dimanche après avoir été démis de ses fonctions. Son arrestation a déclenché une vague de protestation sans précédent en Turquie depuis le grand mouvement de contestation de Gezi, parti de la place Taksim en 2013.

Pour « tenter de stabiliser » la Bourse d'Istanbul, « le régulateur turc des marchés a élargi hier soir l'interdiction des ventes à découvert et a assoupli les règles de rachat d'actions par les entreprises », explique Jim Reid. L'indice BIST 100 de la place boursière turque prenait 3,47 % vers 8 h 30 GMT. La semaine dernière, l'indice a chuté de 16,57 %, son pire bilan hebdomadaire depuis octobre 2008.

La défense en hausse

Les actions des groupes de défense en Europe sont orientées à la hausse à la suite des discussions entre la Russie et les États-Unis, lundi en Arabie saoudite, en vue de négociations visant à instaurer une trêve partielle en Ukraine.

Parmi les valeurs de la défense, Thales prenait 2,21 % à Paris et Rheinmetall 2,22 % à Francfort ainsi que Hensoldt 2,59 % à Francfort. À Stockholm, Saab enregistrait une hausse de 3,13 %.

BYD en ligne de mire

Le champion chinois des véhicules électriques, BYD, qui dévoilera lundi ses résultats financiers pour 2024, pourrait avoir enregistré l'an dernier un chiffre d'affaires dépassant celui de l'Américain Tesla, jusqu'alors leader mondial du secteur, selon le consensus des analystes.

Vers 8 h 30 GMT, le titre BYD prenait 3,01 % à la Bourse de Hong Kong (+ 0,91 %).

Le pétrole stagne.

Le pétrole stagnait, pénalisé par les craintes persistantes des conséquences de la guerre commerciale sur la demande d'or noir et par la perspective d'une hausse de l'offre de brut de l'OPEP+.

Vers 8 h 30 GMT, le baril de WTI américain se stabilisait (+0,19 % à 68,41 dollars) tout comme celui de Brent de la mer du Nord (+0,09 % à 72,23 dollars).

Valeur refuge face aux incertitudes de la guerre commerciale, l'or s'échangeait à 3 023,24 dollars l'once (+0,04 %), restant proche du récent sommet historique (3 057 dollars).

Le bitcoin a grimpé de 2,36 % pour atteindre 87 418 dollars.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com