Un diplomate chinois qualifie les droits de douane américains d’« abusifs »

Le ministre conseiller à l'ambassade de Chine Ma Jian s'exprimant lors d'une table ronde avec les médias à Riyad.  (Photo AN)
Le ministre conseiller à l'ambassade de Chine Ma Jian s'exprimant lors d'une table ronde avec les médias à Riyad. (Photo AN)
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Publié le Samedi 12 avril 2025

Un diplomate chinois qualifie les droits de douane américains d’« abusifs »

  • Le ministre conseiller de l'ambassade de Chine Ma Jian a déclaré que les droits de douane américains constituent une « intimidation économique ».
  • « Le gouvernement chinois exprime sa ferme condamnation et son rejet catégorique de cette mesure », a-t-il affirmé à Arab News

RIYAD : Les droits de douane américains imposés sur les produits chinois sont « abusifs » et nuisent aux chaînes d'approvisionnement mondiales, a déclaré un diplomate du pays asiatique en Arabie saoudite.

S'exprimant lors d'une table ronde avec les médias organisée à l'ambassade de Chine à Riyad, le ministre conseiller Ma Jian a déclaré que le gouvernement de son pays exprimait sa forte condamnation et son rejet ferme des mesures prises par le président Donald Trump.

Mercredi, le gouvernement américain a annoncé une pause de trois mois sur tous les droits de douane "réciproques" qui étaient entrés en vigueur - à l'exception de ceux affectant la Chine, qui ont été portés à 125%, quelques heures après que Pékin a augmenté les droits de douane sur les produits américains à 84%.

M. Jian a déclaré que ces mesures prises par la Maison Blanche "violent les règles économiques de base et les principes du marché, ne tiennent pas compte de l'équilibre des intérêts atteint lors des négociations commerciales multilatérales et ignorent le fait que les États-Unis ont depuis longtemps tiré des avantages considérables du commerce international".

« Le gouvernement chinois exprime sa ferme condamnation et son rejet catégorique de cette mesure », a-t-il affirmé à Arab News.

« Le comportement abusif des États-Unis, qui imposent des droits de douane, nuit gravement au système commercial et aux règles de l'Organisation mondiale du commerce, ainsi qu'à l'économie mondiale », a-t-il ajouté. 

« En outre, l'imposition abusive de droits de douane cause également des dommages aux chaînes d'approvisionnement mondiales et au système commercial multilatéral », a-t-il averti. 

M. Jian a également souligné que l'analyse des données de l'Organisation mondiale du commerce montre qu'avec cette politique américaine, le fossé entre les pays se creusera, les pays les moins développés subissant des conséquences plus graves.

"Nous demandons et espérons que les États-Unis mettent fin à ce comportement erroné et agissent en réponse aux appels des peuples du monde en faveur d'un bénéfice mutuel et d'un plus grand développement de l'économie mondiale", a précisé M. Jian à Arab News.

Interrogé sur les mesures la Chine comptait prendre, le cas échéant, pour atténuer les tensions dans le cadre de la guerre commerciale avec les États-Unis à la suite des récentes mesures de rétorsion tarifaire, le ministre conseiller a déclaré : "Nous suivrons la voie que le président (Xi Jinping) a affirmée - celle du respect mutuel, des délibérations pacifiques et de la coopération pour un bénéfice mutuel - en signe de développement des relations avec les États-Unis."

« Toutefois, nous prendrons quelques mesures pour sauvegarder nos droits et intérêts légitimes et raisonnables », a-t-il noté. 

« La nature de la coopération et des relations entre les pays est le bénéfice mutuel », a-t-il indiqué. 

M. Jian a également précisé que les États-Unis tirent avantage des droits de douane et les utilisent "comme une arme pour exercer une pression maximale et promouvoir des intérêts égoïstes", ajoutant qu’il "s'agit d'actes d'unilatéralisme, de protectionnisme et d'intimidation économique".

Il a souligné que le "jeu à somme nulle" auquel se livrent les États-Unis sous prétexte de "réciprocité" et de "parité" est, de par sa nature même, une poursuite de "l'Amérique d'abord" et de "l'exceptionnalisme américain".

« Ils visent à renverser l'ordre économique et commercial international existant par le biais des droits de douane », a expliqué le ministre. 

« Ils placent les intérêts américains au-dessus des intérêts généraux de la communauté internationale et servent l'hégémonie américaine aux dépens des intérêts légitimes des autres pays. Elles seront inévitablement largement rejetées par la communauté internationale », a-t-il confirmé. 

Les échanges de marchandises entre la Chine et les États-Unis ont connu une croissance rapide depuis l'établissement de leurs relations diplomatiques en 1979.

Les chiffres des Nations unies montrent qu'en 2024, le volume des échanges de marchandises entre les deux pays atteindra 688,28 milliards de dollars, soit 275 fois le volume des échanges en 1979 et plus de huit fois le volume des échanges en 2001, lorsque la Chine a rejoint l'Organisation mondiale du commerce.

Lors d'une conférence de presse régulière le 8 avril, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré que la Chine prendrait les mesures nécessaires pour sauvegarder fermement ses droits et intérêts légitimes et légaux.

« Si les États-Unis décident de ne pas se soucier des intérêts des États-Unis eux-mêmes, de la Chine et du reste du monde et sont déterminés à mener une guerre tarifaire et commerciale, la réponse de la Chine se poursuivra jusqu'au bout », a-t-il ajouté.

« La Chine ne cherche pas à s'attirer les faveurs de l'OMC, mais à éviter un conflit entre les deux pays. Elle ne cherche pas les ennuis, mais ne vous y trompez pas : lorsqu'elle sera mise au défi, elle ne reculera jamais. Les intimidations et les menaces ne fonctionnent jamais avec la Chine », a-t-il averti, dans un ton ferme. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com  


Avec la guerre au Moyen-Orient, la peur de l'inflation est de retour sur les marchés

La bourse coréenne le 3 mars 2026. (AFP)
La bourse coréenne le 3 mars 2026. (AFP)
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  • En Europe, la Bourse de Paris a perdu 3,46%, Londres 2,75% et Francfort 3,44%. Milan a reculé de 3,92%.
  • A Wall Street, vers 16H50 GMT, le Dow Jones cédait 1,38%, l'indice Nasdaq a pris 1,32% et l'indice élargi S&P 500 1,28%.

PARIS: Bourses qui vacillent, taux d'intérêt en hausse... avec la flambée du prix des hydrocarbures provoquée par la guerre au Moyen-Orient, la peur de l'inflation est de retour sur les marchés.

En Europe, la Bourse de Paris a perdu 3,46%, Londres 2,75% et Francfort 3,44%. Milan a reculé de 3,92%.

A Wall Street, vers 16H50 GMT, le Dow Jones cédait 1,38%, l'indice Nasdaq a pris 1,32% et l'indice élargi S&P 500 1,28%.

"Les investisseurs craignent un choc d'inflation, en raison de la flambée des prix des hydrocarbures provoquée par le conflit au Moyen-Orient", explique à l'AFP Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac.

En Europe, particulièrement dépendante de ses importations de gaz et de pétrole, le spectre de la crise inflationniste provoquée en 2022 par l'invasion de l'Ukraine par la Russie plane.

Le gaz s'enflamme

Au quatrième jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, Téhéran attaque mardi des sites liés aux Etats-Unis dans le Golfe, et Israël continue de bombarder "simultanément" l'Iran et le Liban.

Le conflit provoque depuis le début de la semaine une forte hausse du prix des hydrocarbures, en raison des perturbations de l'approvisionnement via le passage stratégique par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial.

Un général des Gardiens de la Révolution iraniens a d'ailleurs menacé lundi de "brûler tout navire" tentant de franchir le détroit.

Vers 16H50 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 7,07% à 83,24 dollars, après avoir dépassé les 85 dollars au cours de la séance, son niveau le plus élevé depuis juillet 2024. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate gagnait 7,34% à 76,46  dollars.

Le prix du gaz européen s'enflamme aussi, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence du gaz naturel sur le Vieux Continent, bondissant de 20,69% à 53,71 euros. Depuis le début de l'année, il a grimpé de plus de 90%.

Cette flambée du prix de l'énergie ravive "la crainte que, même si cette guerre reste localisée, elle puisse avoir un fort impact sur la croissance européenne et raviver l'inflation", a relevé Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.

Les taux d'intérêt en hausse en Europe

"La question est: revenons-nous à un scénario similaire à 2022, où la flambée des prix de l'énergie avait déclenché une vague massive d'inflation frappant l'économie mondiale ?", s'interroge Kathleen Brooks, analyste de XTB.

En Europe, le risque de "stagflation", une hausse des prix avec une croissance faible, inquiète les investisseurs.

"Une hausse des prix de l'énergie exerce une pression à la hausse sur l'inflation, en particulier à court terme", a déjà déclaré Philip Lane, chef économiste de la BCE, dans une interview accordée au Financial Times.

Et "une potentielle hausse de l'inflation pourrait mettre en péril les baisses de taux des banques centrales", complète David Kruk, responsable du trading de La Financière de l'Échiquier, interrogé par l'AFP.

Résultat, les taux d'intérêt des dettes d'Etat, pourtant considérées traditionnellement comme des valeurs refuge en cas d'incertitude, grimpent, particulièrement sur le Vieux Continent.

Une inflation plus élevée réduit en effet la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.

Le taux d'intérêt à échéance dix ans de la dette allemande, référence en Europe, a bondi de près de 0,10 points de pourcentage durant la séance, avant de modérer ses gains à 0,03 point, à 2,74%.

Son équivalent français a lui grimpé de 0,08 point par rapport à la veille, atteignant un taux de 3,37%. Vendredi, avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%. L'obligation italienne, aussi à échéance dix ans, a bondi de 0,10 point de pourcentage, à 3,45%.

Hors zone euro, le taux d'intérêt britannique a atteint  4,46%, contre 4,37% lundi soir.

Les craintes des investisseurs sur l'économie européenne profitent en revanche au dollar, qui bondissait de 0,74% face à la monnaie unique européenne, à 1,1604 dollar pour un euro. D'ailleurs, aux États-Unis, plus autonome d'un point de vue énergétique, l'obligation à dix ans restait stable.

L'or est en revanche délaissé : l'once perdait 4,13% à 5.102,16 dollars.

 

 


Trump menace de «cesser tout commerce» avec l'Espagne, «très peu coopérative»

Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes. (AFP)
Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes. (AFP)
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  • "Nous allons cesser tout commerce avec l'Espagne. Nous ne voulons pas entendre parler de l'Espagne"
  • "C'est le seul pays de l'Otan qui n'a pas accepté de consacrer 5%" de son PIB à des dépenses en matière de Défense, comme le veut le nouvel objectif de l'Otan poussé par Washington

WASHINGTON: Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes.

"Nous allons cesser tout commerce avec l'Espagne. Nous ne voulons pas entendre parler de l'Espagne", a déclaré le président américain depuis la Maison Blanche, où il reçoit le dirigeant d'un autre pays européen, le chancelier allemand Friedrich Merz.

"L'Espagne a été terrible", a attaqué Donald Trump, en reprochant au gouvernement socialiste de Pedro Sanchez de refuser à l'aviation américaine l'accès à des bases militaires situées dans le sud du pays pour sa campagne militaire contre l'Iran.

"C'est le seul pays de l'Otan qui n'a pas accepté de consacrer 5%" de son PIB à des dépenses en matière de Défense, comme le veut le nouvel objectif de l'Otan poussé par Washington, a-t-il aussi rappelé.

"L'Espagne a été très, très peu coopérative", a encore regretté Donald Trump.

Dans une conférence de presse donnée plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares a déclaré n'avoir "eu aucune conversation avec aucun représentant nord-américain, ni aucune demande" au sujet des bases militaires de Rota et Moron.

"Nous n'avons reçu aucune plainte", a-t-il insisté.

"Les bases que nous utilisons conjointement avec les États-Unis sont des bases sous souveraineté espagnole", a rappelé le ministre. "Et c'est dans le cadre de notre souveraineté et du traité signé avec les Etats-Unis qu'elles peuvent être utilisées."

 


L'ONU approuve le premier projet de crédit carbone lié à l'accord de Paris

"Les opportunités offertes par ce marché carbone des Nations Unies dans toutes les régions sont immenses, en particulier maintenant que des mesures de protection environnementale solides, des normes rigoureuses et un système de recours clair sont en place pour garantir l'intégrité, l'inclusivité et l'efficacité", s'est félicité le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell. (AFP)
"Les opportunités offertes par ce marché carbone des Nations Unies dans toutes les régions sont immenses, en particulier maintenant que des mesures de protection environnementale solides, des normes rigoureuses et un système de recours clair sont en place pour garantir l'intégrité, l'inclusivité et l'efficacité", s'est félicité le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell. (AFP)
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  • L'accord de Paris, moteur de la coopération climatique mondiale adopté en 2015, prévoit qu'un pays qui dépasserait ses objectifs de baisse des émissions de CO2 puisse vendre son excès de réductions à un pays en retard sur ses propres objectifs
  • Ce pays a désormais le droit, dans le cadre de l'accord de Paris, de réduire, sur le papier, le total de ses propres émissions de gaz à effet de serre, grâce à ces crédits carbone

PARIS: Le premier projet de crédit carbone dans le cadre de l'accord de Paris a reçu le feu vert de l'ONU jeudi, un mécanisme pour aider les pays riches à tenir leurs engagements climatiques mais critiqué pour les risques d'écoblanchiment.

L'accord de Paris, moteur de la coopération climatique mondiale adopté en 2015, prévoit qu'un pays qui dépasserait ses objectifs de baisse des émissions de CO2 puisse vendre son excès de réductions à un pays en retard sur ses propres objectifs, en général un pays riche.

Ce pays a désormais le droit, dans le cadre de l'accord de Paris, de réduire, sur le papier, le total de ses propres émissions de gaz à effet de serre, grâce à ces crédits carbone.

Concrètement, une entreprise sud-coréenne va financer un programme de remplacement de foyers de cuisson ouverts (bois, charbon de bois, etc.) par des foyers plus économes en combustibles en Birmanie, a annoncé l'ONU Climat jeudi.

De tels projets sont censés réduire les émissions de CO2 puisque moins d'énergie sera perdue et donc utilisée par les familles pour cuisiner, avec un bénéfice additionnel pour la qualité de l'air et pour protéger les forêts locales.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, environ un quart de la population mondiale cuisine avec des foyers ouverts qui polluent l'air intérieur et extérieur en brûlant des combustibles tels que kérosène, charbon de bois, bouses séchées et déchets agricoles.

Mais ces programmes ont historiquement échoué à tenir leurs promesses, les méthodologies ayant surestimé les réductions d'émissions, notamment dans le cas où les populations délaissent les nouveaux systèmes parce qu'ils les trouvent moins pratiques, ou s'ils se cassent.

La Corée du Sud va, en payant pour ce programme de remplacement, bénéficier de crédits carbone, qui aideront à réduire le total de son empreinte carbone. Le mécanisme onusien évite un double comptage de ces réductions dans les pays vendeurs et acheteurs des crédits.

"Les opportunités offertes par ce marché carbone des Nations Unies dans toutes les régions sont immenses, en particulier maintenant que des mesures de protection environnementale solides, des normes rigoureuses et un système de recours clair sont en place pour garantir l'intégrité, l'inclusivité et l'efficacité", s'est félicité le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell.

Au-delà des problèmes de comptage, les détracteurs du mécanisme de crédit carbone dénoncent un passe-droit donné à certains pour ne pas réduire leurs propres émissions, puisqu'il leur suffirait de payer pour se dire en ligne avec l'accord de Paris.

Ce nouveau mécanisme a été validé par les pays du monde entier à la COP29 en 2024, et des centaines d'autres projets attendent d'être approuvés.