1987 - Première Intifada palestinienne

Des garçons palestiniens brandissent des drapeaux du Hamas et scandent des slogans anti-israéliens et américains lors d'un rassemblement à Gaza contre l'accord de Wye River. AFP
Des garçons palestiniens brandissent des drapeaux du Hamas et scandent des slogans anti-israéliens et américains lors d'un rassemblement à Gaza contre l'accord de Wye River. AFP
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Publié le Dimanche 27 avril 2025

1987 - Première Intifada palestinienne

  • La résistance non violente est au cœur du mouvement pour l'autodétermination.
  • L'Intifada a finalement pris fin lorsque le secrétaire d'État américain James Baker a demandé aux Palestiniens de participer à la conférence de paix de Madrid en 1991.

AMMAN : Intifada, un mot arabe qui signifie "secouer", a été introduit dans le lexique anglais par nombre d'entre nous, journalistes palestiniens travaillant avec les médias étrangers au Moyen-Orient. Ce qui était secoué, c'était le statu quo de la vie sous occupation.

Avant le début de l'Intifada, j'étais bien trop jeune pour accepter l'offre d'emploi qui m'avait été faite. Avec ma licence en commerce obtenue aux États-Unis, le propriétaire américano-palestinien d'Al-Fajr, Paul Ajlouny, pensait que je pourrais apporter un peu de sens des affaires à la gestion du journal familial basé à Jérusalem. Je ne l'ai pas fait et j'ai détesté ce travail.

Mais alors que j'étais occupé à joindre les deux bouts, une publication sœur en langue anglaise, Al-Fajr English, était lancée par Hanna Siniora, une parente de M. Ajlouny. À l'âge de 25 ans, encore célibataire, j'aimais relire les épreuves et j'étais fasciné par la mise sous presse hebdomadaire d'Al-Fajr. J'ai fini par écrire mon premier article et j'étais fasciné de voir ma signature imprimée.

Comment nous l'avons écrit 

La première page d'Arab News faisait état du nombre croissant de morts palestiniens au cours de la première Intifada.
La première page d'Arab News faisait état du nombre croissant de morts palestiniens au cours de la première Intifada.

Le message d'Awad a été rapidement assimilé et il recevait des appels de personnes venant de différentes parties de la Palestine qui avaient des problèmes avec les colons et l'armée israélienne. Des manifestations non violentes ont lieu deux fois par semaine, souvent avec des résultats importants.

Bien que le travail d'Awad ne soit pas encore devenu un courant dominant, les Israéliens n'ont pas tardé à se rendre compte de ce qui se passait et ont commencé à le traquer. Ils l'ont arrêté en dépit du fait qu'il possédait un passeport américain et des nombreuses manifestations organisées en son nom à Jérusalem.

Celui que l'on a surnommé le "Gandhi palestinien" a perdu son procès devant la Haute Cour d'Israël et a été expulsé, bien qu'il soit né à Jérusalem, sur ordre du Premier ministre de droite Yitzhak Shamir. Mais la littérature qu'il distribuait et ses idées sur la non-violence et les boycotts ont perduré.

La colère des Palestiniens a éclaté le 9 décembre 1987 dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans la bande de Gaza, le lendemain du jour où un camion militaire israélien est entré en collision avec une voiture civile, tuant quatre Palestiniens. Si beaucoup ont vu dans les affrontements avec les Israéliens une expression publique de la colère suscitée par cet incident, c'est en réalité le fait que les colons continuaient à construire sans aucune dissuasion qui a poussé les jeunes Palestiniens à se battre avec la seule arme dont ils disposaient librement, les pierres, qui abondent dans les villes et les villages palestiniens.

Si les images de l'Intifada sont celles de jeunes Palestiniens, souvent vêtus de keffiehs noirs et blancs, bombardant de pierres les colons et les soldats, ce sont les actions non violentes menées dans toute la Palestine qui m'ont fasciné.

La plus visible de ces actions a sans doute été la décision des habitants de Beit Sahour d'adopter le slogan des révolutionnaires américains : pas de taxation sans représentation. Les Palestiniens vivant dans la ville ont décidé de ne plus payer d'impôts tant qu'ils n'auraient pas de pouvoir politique. Cette décision a rendu fous les militaires israéliens, qui ont assiégé Beit Sahour. 

Un garçon palestinien regarde entre des banderoles appelant à la lutte armée contre Israël à Gaza. AFP
Un garçon palestinien regarde entre des banderoles appelant à la lutte armée contre Israël à Gaza. AFP

Un signe emblématique de la résistance non violente a été la décision de ne pas suivre Israël lorsqu'il a changé ses horloges en avril pour marquer le début de l'heure d'été. Je me souviens avoir fait des reportages sur les soldats israéliens qui, devant la porte de Damas à Jérusalem, arrêtaient les jeunes Palestiniens et vérifiaient leur montre. Si l'heure n'avait pas été changée, les soldats utilisaient leurs matraques pour briser les montres alors qu'elles étaient encore au poignet des jeunes.

L'Intifada a finalement pris fin lorsque le secrétaire d'État américain James Baker a demandé aux Palestiniens de participer à la conférence de paix de Madrid en 1991. Les Israéliens y étaient représentés par Shamir, qui avait déporté Awad. Le porte-parole de la délégation israélienne était Benjamin Netanyahu, aujourd'hui Premier ministre. La porte-parole de la délégation palestinienne était Hanan Ashrawi.

Cette conférence n'a débouché sur rien, mais un accord secret élaboré à Oslo a permis une première avancée qui s'est traduite par la création de l'Autorité palestinienne et le retour de l'OLP dans les territoires palestiniens occupés.

Mais cette avancée, et les espoirs de paix pour lesquels tant de gens avaient souffert, ont été anéantis le 4 novembre 1995, lorsqu'un colon juif extrémiste a assassiné le premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, ouvrant la voie au premier mandat de M. Netanyahou en tant que premier ministre.

Comme l'ont montré les événements tragiques survenus à Gaza et en Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023, les droits et les aspirations des Palestiniens n'ont fait que régresser depuis lors.

Daoud Kuttab est chroniqueur pour Arab News, spécialisé dans les affaires du Moyen-Orient, et plus particulièrement dans les affaires palestiniennes. Il est l'auteur du livre "State of Palestine NOW : Arguments pratiques et logiques pour le meilleur moyen d'apporter la paix au Moyen-Orient".  

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com   


Gaza: 400 tonnes d'aide alimentaire envoyées par la France arrivent en Egypte

L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich. (AFP)
L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich. (AFP)
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  • L'aide a été accueillie à Port-Saïd par le gouverneur de cette ville, Mohab Habachi, l'ambassadeur de France au Caire, Eric Chevallier, et le directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM), Samer Abdeljaber
  • Elle a été réceptionnée par le PAM qui doit l'acheminer dans la bande de Gaza

PORT-SAID: Un porte-conteneur transportant près de 400 tonnes d'aide alimentaire envoyée par la France à Gaza est arrivé mercredi sur les côtes égyptiennes, ont annoncé le gouverneur de Port-Saïd et l'ambassade française en Egypte.

L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich, la ville la plus proche du territoire palestinien, dans le nord de l'Egypte.

L'aide a été accueillie à Port-Saïd par le gouverneur de cette ville, Mohab Habachi, l'ambassadeur de France au Caire, Eric Chevallier, et le directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM), Samer Abdeljaber.

Elle a été réceptionnée par le PAM qui doit l'acheminer dans la bande de Gaza.

L'aide est destinée à "plus de 42.000 enfants âgés de 6 mois à 2 ans", a indiqué l'ambassade française dans un communiqué, sans dire quand la marchandise devait arriver à Gaza.

M. Habachi a assuré dans un communiqué de son bureau que "toutes les dispositions ont été prises pour garantir le passage fluide" du convoi humanitaire français vers Gaza.

"Il est impératif qu'Israël supprime tous les obstacles entravant la capacité de l'ONU et des ONG à acheminer l'aide humanitaire de manière indépendante et neutre dans l'ensemble de la bande de Gaza", a indiqué l'ambassade.

Affrété par la fondation de l'armateur français CMA CGM, le paquebot Tokyo qui transporte l'aide était parti du Havre mi-janvier, selon l'ambassade.

Le point de passage de Rafah --le seul entre Gaza et le monde extérieur qui ne passe pas par Israël-- a rouvert cette semaine au compte-gouttes.

Les autorités israéliennes, qui l'avaient fermé en mai 2024, n'ont pas accepté pour l'heure l'ouverture totale réclamée par les organisations humanitaires pour permettre une entrée massive de l'aide internationale.

Jusqu'à présent, quelques dizaines de Palestiniens l'ont emprunté dans les deux sens, essentiellement des malades ou des blessés évacués vers l'Egypte et accompagnés de leurs proches, ou des habitants de retour après avoir reçu des soins.

Israël et le Hamas s'accusent quotidiennement de violer les termes de l'accord de cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre.

Mercredi, des bombardements israéliens ont fait 23 morts dans le territoire palestinien, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Après le cessez-le-feu, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un organisme de l'ONU basé à Rome, avait déclaré que la famine était terminée à Gaza, mais avait alerté sur des niveaux élevés d'insécurité alimentaire.


Nouvelles frappes israéliennes meurtrières à Gaza

Des bombardements israéliens ont fait 24 morts mercredi à Gaza, selon les services de santé, tandis que l'armée a affirmé avoir riposté à des tirs et tué plusieurs combattants palestiniens, malgré le fragile cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre. (AFP)
Des bombardements israéliens ont fait 24 morts mercredi à Gaza, selon les services de santé, tandis que l'armée a affirmé avoir riposté à des tirs et tué plusieurs combattants palestiniens, malgré le fragile cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre. (AFP)
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  • Selon les services de santé de la bande de Gaza, 24 Palestiniens ont été tués et une quarantaine blessés mercredi par des frappes aériennes ou tirs d'artillerie israéliens
  • "Nous dormions quand soudain une pluie d'obus et de tirs s'est abattue sur nous", a raconté un survivant

GAZA: Des bombardements israéliens ont fait 24 morts mercredi à Gaza, selon les services de santé, tandis que l'armée a affirmé avoir riposté à des tirs et tué plusieurs combattants palestiniens, malgré le fragile cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre.

Le poste frontalier de Rafah avec l'Egypte, seul accès vers le monde extérieur pour les habitants du territoire assiégé par Israël, reste pendant ce temps entrouvert sous de très strictes conditions.

Selon les services de santé de la bande de Gaza, 24 Palestiniens ont été tués et une quarantaine blessés mercredi par des frappes aériennes ou tirs d'artillerie israéliens.

"Nous dormions quand soudain une pluie d'obus et de tirs s'est abattue sur nous", a raconté un survivant, Abou Mohammed Haboush, dont le fils a été tué à Gaza-ville, dans le nord. "De jeunes enfants ont été tués, mon fils et mon neveu sont parmi les morts", a-t-il ajouté.

Des images de l'AFP dans cette ville ont montré des proches de victimes priant dans l'enceinte de l'hôpital Al-Chifa, où étaient allongés des corps enveloppés de linceuls blancs.

Un secouriste tué 

Le directeur de l'hôpital, Mohammed Abu Salmiya, a déclaré que 14 morts et des dizaines de blessés y avaient été transportés. Il a dénoncé "une situation extrêmement difficile dans les hôpitaux du territoire, en raison des graves pénuries de médicaments et d'équipements".

D'autres frappes ont visé le secteur d'Al-Mawasi à Khan Younès, dans le sud de Gaza, où des dizaines de milliers de déplacés vivent sous des abris de fortune.

Le Croissant-Rouge palestinien a annoncé la mort d'un de ses secouristes, Hassan Hussein Al-Samiri, durant une intervention pour évacuer des blessés dans cette zone.

L'armée a déclaré avoir tué mercredi dans une frappe dans le sud de Gaza un commandant du Hamas, Bilal Abou Assi, présenté comme le chef du commando auteur d'un assaut contre le kibboutz Nir Oz le 7 octobre 2023, lors des attaques qui ont déclenché la guerre.

Elle a indiqué avoir mené cette frappe en riposte à des tirs qui ont blessé un officier dans le nord de Gaza.

L'armée a aussi annoncé avoir tué un commandant du Jihad islamique, Ali Raziana, ainsi que le chef d'une "cellule terroriste" du Hamas, Muhammad Issam Hassan al-Habil, accusé d'être l'auteur du meurtre d'une soldate israélienne, Noa Marciano, prise en otage le 7 octobre 2023.

Elle a assuré avoir pris des mesures "afin de limiter autant que possible les dommages aux civils".

"Retrouver mon pays" 

Dans ce contexte de trêve très précaire, Israël avait accepté de rouvrir partiellement lundi le passage de Rafah, fermé depuis mai 2024.

Seuls quelques dizaines de Palestiniens de Gaza ont transité jusqu'à présent dans les deux sens, essentiellement des malades ou blessés évacués vers l'Egypte, accompagnés de leurs proches, ou des habitants de retour après avoir reçu des soins.

Pendant la nuit, un autocar transportant des Palestiniens de retour d'Egypte est arrivé à Khan Younès, selon des images de l'AFP. Des femmes et des enfants en sont descendus, accueillis par leurs proches impatients de les serrer dans leurs bras.

"Je ne peux décrire ce que je ressens", a confié une Palestinienne, Fariza Barabakh. "Je suis si heureuse de retrouver mon mari, mes enfants, ma famille, mes bien-aimés, et bien sûr, retrouver mon pays".

"Le sentiment d'appartenir à une terre est plus important que tout autre", a-t-elle ajouté.

Aux termes du plan de Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre, le passage de Rafah devait rouvrir une fois libérés les derniers otages retenus à Gaza.

Mais les autorités israéliennes n'ont pas accepté pour l'heure de rouvrir totalement la frontière, comme réclamé par les organisations humanitaires pour permettre un afflux de l'aide internationale.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, au moins 556 personnes ont été tuées par des frappes israéliennes depuis le 10 octobre, tandis que l'armée a annoncé avoir perdu quatre soldats.

 


Le ministre iranien des Affaires étrangères appelle son homologue saoudien avant les pourparlers nucléaires avec les États-Unis

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
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  • Ils ont discuté de l’importance de résoudre les différends par le dialogue et la diplomatie
  • Des puissances régionales ont œuvré en faveur de ces pourparlers, prévus vendredi à Oman, entre Téhéran et Washington

​​​​​​LONDRES : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à la veille de discussions nucléaires cruciales entre Téhéran et Washington.

Selon l’Agence de presse saoudienne, les deux responsables ont souligné l’importance de régler les différends par le dialogue et la diplomatie, ainsi que les efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité de la région.

Des puissances régionales ont encouragé la tenue de ces pourparlers, programmés vendredi à Oman, entre l’Iran et les États-Unis, dans le but de parvenir à un accord sur le programme nucléaire de Téhéran et d’éviter une nouvelle escalade dans la région.

Dans un message confirmant ces discussions, publié mercredi sur la plateforme X, Abbas Araghchi a écrit :
« Les négociations nucléaires avec les États-Unis doivent se tenir à Mascate vendredi vers 10 heures. Je remercie nos frères omanais pour avoir pris toutes les dispositions nécessaires. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com