Une startup saoudienne d’IA révolutionne le recrutement et soutient l’entrepreneuriat

Des visiteurs lors d'un salon de l'emploi à Riyad. (Fourni)
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Publié le Samedi 10 mai 2025

Une startup saoudienne d’IA révolutionne le recrutement et soutient l’entrepreneuriat

  • AIYAH offre un accès aux opportunités, aux idées et aux connexions pour les startups, les investisseurs et les professionnels du monde entier
  • La mission de l'entreprise s'aligne sur les objectifs de Vision 2030, en soutenant la saoudisation et en facilitant les opportunités d'investissement

RIYAD : L'intelligence artificielle stimule la croissance de l'entrepreneuriat en Arabie saoudite, les fondateurs de startups utilisant la technologie pour relever les défis locaux, accroître l'efficacité et faire progresser les objectifs économiques de la Vision 2030. Bénéficiant de politiques gouvernementales favorables et de talents émergents, ces startups positionnent le Royaume comme un pôle technologique mondial en plein essor.

L'une de ces entreprises est AIYAH, qui utilise l'IA pour combler le fossé entre les startups, les talents, les investisseurs et les universités. La mission de l'entreprise s'aligne sur les objectifs de Vision 2030, en soutenant la saoudisation et en offrant une passerelle vers une expérience saoudienne authentique.

"Accélérer la réalisation des objectifs de Vision 2030 doit être la priorité", a déclaré Sahiqa Bennett, cofondatrice et directrice générale d'AIYAH, à Arab News.

"C'est essentiellement pour cette raison qu'AIYAH a été créée, pour accélérer le processus. Ces objectifs sont liés à l'innovation, à l'arrivée de startups innovantes ou aux solutions qu'ils recherchent, ainsi qu'aux talents," a-t-elle révélé. 

Fondée en 2024 par Bennett et Naila Kiani, AIYAH sert de solution de talent alimentée par l'IA et de passerelle vers l'écosystème d'innovation du Royaume.

Avant de lancer la plateforme, Bennett a passé plus de deux ans à étudier le monde virtuel et les moyens de le relier à l'arène physique pour l'interaction humaine.

Mme Bennett explique que sa décision de cofonder AIYAH découle des questions fréquentes qu'elle recevait au sujet de sa fascination pour l'Arabie saoudite et sa scène technologique en plein essor.

« Pourquoi cherchez-vous à vous installer en Arabie saoudite ? Pourquoi venir autant en Arabie saoudite et que se passe-t-il au Moyen-Orient qui ne se passe pas ici ? "Les gens ne croyaient presque pas certaines des choses que je leur disais, » a-t-elle noté. 

Au cours de ses recherches, Mme Bennett a été surpris par le nombre de personnes qui ne comprenaient pas parfaitement Vision 2030, bien qu'elles soient familiarisées avec ses concepts généraux. Beaucoup ne savaient pas comment exploiter les opportunités qui se présentaient dans le Royaume.

Elle a également noté que son processus de recherche a consisté à "parler à des gens dans le Royaume et hors du Royaume, en leur demandant s'ils en connaissaient assez sur l'Arabie saoudite et la Vision 2030".

Plusieurs autres facteurs ont influencé la décision de Mme Bennett de cofonder AIYAH, l'un des plus urgents étant la difficulté de trouver et de placer les bons talents.

Elle a rencontré de nombreuses histoires de recruteurs tentant de pourvoir des milliers de postes - parfois jusqu'à 10 000 - mais s'efforçant d'identifier les candidats adéquats.

Parallèlement, elle a souvent entendu parler de demandeurs d'emploi qui tentaient d'entrer sur le marché saoudien par le biais de plateformes traditionnelles telles que LinkedIn, dont les candidatures restaient lettre morte, sans proposition d’entretien.

"Je me suis dit qu'il fallait que je construise une passerelle qui ouvre littéralement la porte et vous accueille, qui vous donne une chance de voir ce qui se passe et qui accélère la façon dont vous vous engagez et dont vous devenez visible, et qui vous donne au moins une chance", a-t-elle déclaré.

Ce décalage entre les recruteurs et les demandeurs d'emploi révèle une inefficacité plus large dans le processus d'embauche. Mme Bennett souligne combien il est difficile pour les candidats de se démarquer lorsqu'ils sont en concurrence avec des centaines, voire des milliers, d'autres personnes pour la même opportunité.

L'Arabie saoudite a connu un taux de chômage global de 3,7% au troisième trimestre 2024, en baisse de 0,5% par rapport à la même période en 2023, selon l'Autorité générale des statistiques.

Cette amélioration s'est produite parallèlement à une augmentation de la participation globale de la main-d'œuvre - y compris les Saoudiens et les non-Saoudiens - qui a atteint 66,6%, reflétant une augmentation de 0,2% en glissement annuel et un gain de 0,4% par rapport au trimestre précédent.

Du côté des employeurs, Mme Bennett note que les recruteurs ont été débordés. Nombre d'entre eux n'ont tout simplement pas pu gérer le volume de candidatures, ce qui a rendu difficile l'identification des bons candidats parmi des boîtes de réception débordantes et des candidatures non filtrées.

"Il y a tellement d'aspects du processus de recrutement qui sont tout simplement décourageants", a-t-elle affirmé.

« Nous essayons de redonner de la dignité au processus. Il est en effet décourageant de postuler à un emploi, de ne pas recevoir de réponse et d'avoir l'impression de ne pas être à la hauteur », a-t-elle regretté. 

J'essaie de renverser la situation et de dire : « Laissez les opportunités venir à vous, que vous soyez fondateur d'une startup, investisseur ou talentueux. Laissez-vous convaincre, et ensuite vous choisirez parmi les candidats ». 

AIYAH s'appuie sur l'IA pour rationaliser les connexions entre les investisseurs, les employeurs et les demandeurs d'emploi. Plutôt que de demander aux utilisateurs de postuler à des centaines de postes - souvent aux côtés de milliers de concurrents - la plateforme propose une fonction d'entretien alimentée par l'IA.

Cet outil permet aux individus de se présenter par le biais d'une vidéo, offrant ainsi aux employeurs et aux investisseurs une présentation plus personnelle et plus directe. Cette innovation, explique Mme Bennett, a été inspirée par une lacune dans les plateformes existantes.

« Je vais combiner les meilleurs éléments de certaines plateformes. J'ai l'impression qu'il n'y a rien qui rassemble tout le monde en tant que communauté - mais avec l'intention, la communauté avec l'intention », a-t-elle noté. 

En développant ce qui différencie AIYAH des plateformes d'emploi traditionnelles telles que LinkedIn, Mme Bennett souligne son approche proactive.

« Ce qui nous différencie, c'est que nous garantissons que tout le monde peut passer un entretien. Il suffit de venir sur la plateforme, de s'inscrire et de passer un entretien. Vous n'avez même pas besoin d'attendre un emploi, présentez-vous et soyez proactif pour que l'on vous voie », a-t-elle expliqué. 

« Je pense que c'est là la plus grande différence », a-t-elle lancé. 

Mme Bennet reconnaît les atouts de LinkedIn, notamment en ce qui concerne l'établissement de relations humaines, mais il estime que sa fonctionnalité dans le domaine de l'embauche laisse à désirer.

"Je pense qu'il y a de bonnes choses sur LinkedIn, mais quand il s'agit de recrutement et d'embauche, je l'appelle un trou noir - je l'appelle l'endroit où les choses se perdent", a-t-elle affirmé.

Mme Bennet estime que si LinkedIn n'a pas beaucoup évolué en vingt ans, le monde - et ses besoins en matière de recrutement -, lui, a changé.

« Et c’est là toute la différence. J’ai l’impression que leurs modèles sont restés figés — LinkedIn est une entreprise vieille de vingt ans, et elle n’a pas besoin de se réinventer ou d’évoluer, puisqu’elle continue de générer des revenus, » a-t-elle confié.

« Pourtant, le monde a évolué… et avec lui, les attentes et les besoins des individus », a-t-elle souligné.

"Je pense que le modèle traditionnel est brisé depuis très longtemps. Je pense que l'aspect humain des choses doit vraiment rester présent", a-t-elle noté. 

Selon Mme Bennett, LinkedIn a toujours sa raison d'être en ce qui concerne la mise en réseau et la connectivité sociale. Mais, selon elle, dans le domaine du recrutement, les demandeurs d'emploi et les professionnels de l'embauche sont de plus en plus frustrés par ses limites.

Cet engagement en faveur de l'accessibilité est le fruit de plus de deux années de recherche sur l'évolution des besoins du marché. Depuis son lancement récent, AIYAH s'est efforcé de combler le fossé entre les startups, les talents et les opportunités grâce à une stratégie de déploiement progressif.

Dans sa première phase, la plateforme permet aux startups de s'inscrire et aux demandeurs d'emploi de se présenter et de postuler à des postes. La prochaine phase s'étendra aux investisseurs et aux employeurs, parallèlement à des partenariats avec des centres mondiaux et des universités locales et internationales.

« Nous procédons par étapes, en invitant des entreprises qui s'alignent sur la Vision 2030, à savoir les deep tech et les startups du monde entier. Les conversations que nous avons actuellement concernent plus de 5 000 startups du monde entier qui entrent dans le Royaume », a-t-elle précisé. 

« D'un autre côté, c'est très important. Nous nous intéressons à la saoudisation, aux programmes d'études supérieures et aux exigences de haut niveau pour certains projets », a-t-elle ajouté. 

La mission de l'entreprise repose sur cinq piliers fondamentaux : faire progresser les objectifs de Vision 2030, soutenir la saoudisation, favoriser un écosystème de startups plus fort, faciliter les opportunités de licences et d'investissements, et offrir un point de vue réaliste sur la transformation en cours de l'Arabie saoudite.

Elle cherche également à remettre en question les idées fausses sur le Royaume tout en donnant aux employeurs les moyens d'adopter l'IA de manière significative.

Grâce à son modèle d'embauche alimenté par l'IA, AIYAH vise à accélérer le développement du capital humain et à élargir le potentiel d'investissement et de recrutement dans le pays.

Mme Bennett souligne également l'importance de veiller à ce qu'aucun groupe démographique ne soit laissé pour compte à mesure que l'IA remodèle les industries. Au cours de l'entretien, elle a clairement indiqué que l'inclusivité était une priorité essentielle pour l'entreprise.

À l'avenir, AIYAH prévoit d'offrir une formation à l'IA et des compétences numériques aux personnes plus âgées ou moins à l'aise avec la technologie, en veillant à ce que la plateforme reste accessible et soutienne un avenir professionnel véritablement inclusif.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Flambée des prix de l'énergie: en France, "baisse des taxes pas envisagée" à ce stade

La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
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  • Le gouvernement français, via sa porte-parole Maud Bregeon, n’envisage pas de baisser les taxes sur les carburants malgré la hausse des prix liée aux tensions au Moyen-Orient
  • Le président Emmanuel Macron appelle à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et insiste sur la nécessité de maîtriser le déficit public

PARIS: Le gouvernement français n'envisage pas à ce stade de baisser les taxes sur les prix des carburants, a indiqué jeudi sa porte-parole, alors que les prix du gaz et du pétrole ont grimpé de nouveau après des attaques par l'Iran d'installations énergétiques au Qatar.

"Le scénario d'une baisse des taxes n'est pas envisagé à l'heure où on se parle. En revanche, on entend les difficultés par exemple sur la trésorerie" de différents secteurs comme les transporteurs ou les pêcheurs, a affirmé sur BFMTV la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon qui est également chargée du portefeuille de l'Energie.

Elle a expliqué que le gouvernement n'avait "plus les moyens du quoi qu'il en coûte" comme pendant l'épidémie de Covid et devait tenir le déficit public à 5% du Produit intérieur brut (PIB), en rappelant avoir fait "le choix" dans le budget 2026 de "ne pas augmenter l'impôt des Français".

Maud Bregeon a souligné aussi que la situation n'avait "rien à voir" avec 2022, quand les prix de l'énergie avaient augmenté après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Evoquant une réunion prévue sur l'énergie, jeudi en fin de matinée autour du Premier ministre Sébastien Lecornu, la porte-parole a indiqué que ce rendez-vous visait à faire "le point sur la situation pour envisager les différentes possibilités en fonction de la durée du conflit, en fonction de la difficulté que rencontrent les secteurs économiques".

"Toutes les options sont sur la table", a-t-elle dit.

"J'entends ceux qui voudraient qu'on débourse d'ores et déjà des milliards pour aider des gens dont j'entends les difficultés (...) mais il faut aussi porter ce discours de vérité" sur la "nécessité" de réduire le déficit, a-t-elle insisté.

La représentante du gouvernement a aussi rappelé les initiatives d'Emmanuel Macron en faveur du déblocage du détroit d'Ormuz.

Le président a en outre appelé jeudi à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles au Moyen-Orient, notamment énergétiques, et a dit avoir échangé avec le président américain Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.


Les marchés boursiers les yeux tournés vers les banques centrales plus que vers le Moyen-Orient

Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
  • Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre
  • Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones)

PARIS: Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole.

Dans ce contexte, Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre.

Symbole de ce rebond, l'action du constructeur automobile Stellantis a progressé de 2,89% à Paris.

A Francfort, les investisseurs ont privilégié les valeurs défensives, moins exposées à la conjoncture, comme l’énergéticien E.ON (+3,20%, 20,30 euros), les réassureurs Hannover Re (+4,03%, 273,80 euros) et Munich Re (+2,48%, 553,40 euros).

Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones).

"Comme hier (lundi), nous sommes dans une vague de reprise, peut-être technique", résume Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour la banque privée Mirabaud.

Cette légère amélioration "ne constitue pas vraiment une lueur d’espoir", tempère Andreas Lipkow à Francfort.

Ralentissement de la hausse du pétrole 

Aucune amélioration géopolitique au Moyen-Orient n'explique la résilience des marchés boursiers.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué que la France n'était pas prête à s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel".

La compagnie aérienne British Airways a annoncé mardi suspendre jusqu'au 31 mai inclus ses vols vers Amman, Bahreïn, Dubaï et Tel-Aviv "en raison de l'incertitude persistante de la situation au Moyen-Orient".

Surtout, les prix du pétrole continuent à augmenter, moins fortement que la veille: vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 102,17 dollars (+1,96%) et son équivalent américain du WTI progressait de 1,82% à 95,20 dollars.

Passée la "stupéfaction" des premiers jours, "il y a une forme de normalisation (...) au bout de deux ou trois semaines de conflit (...) le marché se remet en mode économie de guerre", décrypte Frédéric Rozier.

Détente sur les taux d'emprunt des États 

De fait, les marchés boursiers semblent anticiper les décisions des banques centrales de ne pas relever leurs taux directeurs malgré des risques d'inflation liée à la hausse du pétrole.

"Le marché a envie de croire que les banques centrales vont considérer cette inflation comme temporaire et donc ne vont pas sur-réagir par une hausse des taux", commente Frédéric Rozier.

"Nous anticipons que la Fed laissera ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion de cette semaine", estime aussi Bénédicte Kukla, stratégiste en chef chez Indosuez Wealth Management

"Il est probable que l'inflation dépasse temporairement les 3% d'ici la fin 2026 (...) Malgré ces tensions, nous n'anticipons pas de modification des taux directeurs de la BCE cette semaine — trop tôt", ajoute Mme Kukla.

Dans ce contexte, les taux d'intérêt sur les emprunts émis par les États pour financer leurs dettes reculaient, après avoir bondi aux premiers jours du conflit.

Aux alentours de 17H00 GMT, le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, se maintenait à 2,90% contre 2,95% la veille. Il évoluait autour de 2,64% avant la guerre.

Son équivalent français affichait un rendement à 3,55% contre 3,61% lundi en clôture (et contre 3,22% avant le début du conflit).

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, l'échéance la plus scrutée, se maintenait à 4,19%.

La Banque centrale australienne (RBA) a de son côté relevé mardi son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, invoquant la "forte hausse des prix des carburants".

 


Commerce: la Chine envoie samedi son vice-Premier ministre en France pour des discussions avec Washington

Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se rendra en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec les États-Unis, avec des discussions prévues à Paris avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
  • Ces négociations interviennent sur fond de tensions commerciales persistantes entre Washington et Pékin, avant une possible visite du président américain Donald Trump en Chine fin mars

PEKIN: La Chine a confirmé vendredi que son vice-Premier ministre He Lifeng, chargé des questions économiques, effectuera à partir de samedi une visite en France, pour mener des discussions avec les Etats-Unis sur le commerce.

Ces négociations de haut niveau se dérouleront quelques semaines avant une possible visite à Pékin du président américain Donald Trump, lors de laquelle il rencontrerait son homologue Xi Jinping.

Le Trésor américain avait déjà indiqué jeudi que ces discussions commerciales bilatérales auraient lieu dimanche et lundi à Paris, entre He Lifeng et le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

Le dirigeant chinois "conduira une délégation en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec la partie américaine" sur des questions "d'intérêt mutuel", a indiqué vendredi le ministère chinois du Commerce.

Scott Bessent sera accompagné à Paris par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Le président américain prévoit de se rendre à Pékin du 31 mars au 2 avril, a indiqué la Maison Blanche. Les autorités chinoises n'ont pas confirmé cette visite ni ce calendrier, ce qui est habituel de leur part.

Les Etats-Unis et la Chine se sont livré l'an passé une âpre bataille aux retombées mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. Une trêve précaire a ensuite été conclue, sous l'égide, déjà, de Scott Bessent et He Lifeng.

Des points de friction subsistent toutefois.

La Maison Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les Etats-Unis. Elles visent une quinzaine de pays ou bloc (l'Union européenne), dont la Chine. Elles sont une première étape vers de potentiels nouveaux droits de douanes.

Cette initiative est un "exemple typique d'unilatéralisme" qui "porte gravement atteinte à l'ordre économique et commercial international", a dénoncé vendredi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué séparé.

"La Chine exhorte les Etats-Unis à revenir sur leurs pratiques contestables et à privilégier le dialogue et la consultation pour résoudre les différends", a-t-il souligné.