Le PIF saoudien étend son réseau mondial avec une nouvelle implantation à Paris

Le président français Emmanuel Macron et le gouverneur du PIF, Yasir al-Rumayyan, seront les vedettes de la cérémonie d'ouverture du bureau parisien du fonds. (Reuters)
Le président français Emmanuel Macron et le gouverneur du PIF, Yasir al-Rumayyan, seront les vedettes de la cérémonie d'ouverture du bureau parisien du fonds. (Reuters)
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Publié le Mardi 20 mai 2025

Le PIF saoudien étend son réseau mondial avec une nouvelle implantation à Paris

  • Le PIF a investi 84,7 milliards de dollars en Europe entre 2017 et 2024
  • Le président français Emmanuel Macron et le gouverneur du PIF Yasir al-Rumayyan seront les têtes d'affiche de la cérémonie d'ouverture

RIYAD: Le fonds souverain saoudien renforce son ancrage international avec l’ouverture d’un bureau à Paris.

Le Fonds d’investissement public d’Arabie saoudite (PIF) poursuit son expansion mondiale en inaugurant une nouvelle antenne à Paris, marquant une étape clé dans le renforcement de ses liens économiques avec l’Europe. Ce bureau s’ajoute à ceux déjà établis à New York, Londres, Hong Kong et Pékin, illustrant la volonté du PIF de s’imposer durablement sur les principaux marchés internationaux.

Ce développement s’inscrit dans une stratégie d’investissement ambitieuse. Entre 2017 et 2024, le PIF a injecté 84,7 milliards de dollars (1 dollar = 0,89 euro) en Europe, contribuant à hauteur de 52 milliards de dollars au produit intérieur brut du continent et générant plus de 254 000 emplois, directs et indirects. En France, ses investissements ont atteint 8,6 milliards de dollars, avec un impact estimé à 4,8 milliards de dollars sur le PIB national et la création de 29 000 emplois.

«Le PIF est un investisseur actif et de long terme dans les secteurs, les entreprises et les marchés les plus innovants et transformationnels au monde. Ce nouveau bureau nous permettra de renforcer nos partenariats stratégiques dans la région», a déclaré le fonds dans un communiqué officiel.

L’ouverture du bureau parisien coïncide avec le sommet économique «Choose France», qui s’est ouvert le 19 mai à Paris. Le président Emmanuel Macron et le gouverneur du PIF, Yasir al-Rumayyan, prendront part à la cérémonie d’inauguration, aux côtés de hauts responsables politiques et économiques, confirmant l’importance stratégique des investissements saoudiens en France.

Selon Reuters, la 8e édition de «Choose France», qui se tient au château de Versailles, devrait générer près de 20 milliards d’euros (soit environ 22,47 milliards de dollars) de nouveaux engagements dans des secteurs clés comme la défense, l’énergie et l’industrie, surpassant les 15 milliards d’euros annoncés lors de l’édition précédente.

Avant même l’ouverture officielle du sommet 2025, des projets totalisant 17 milliards d’euros avaient déjà été annoncés, dont un centre de données de 6,4 milliards d’euros porté par l’américain Prologis, ainsi qu’un milliard d’euros d’investissements engagés par la fintech britannique Revolut. D’autres annonces majeures sont attendues de la part d’acteurs comme Amazon, le groupe émirati MGX, le spécialiste britannique des terres rares Less Common Metals, et le portugais Tekever, qui prévoit une usine de drones de 100 millions d’euros.

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La tour PIF, située dans le district financier du roi Abdallah à Riyad, est le bâtiment le plus haut. Prix international des gratte-ciel 2022/23

Selon UN Trade and Development, la France a conservé sa première place en 2024 pour la sixième année consécutive, attirant 1 025 projets malgré une baisse de 14%. Elle devance le Royaume-Uni avec 853 projets et l'Allemagne avec 608 projets. La France a capté 19% de tous les investissements étrangers en Europe, soit un peu plus que sa part de 18,7% en 2019. Cela souligne son attrait continu pour les investisseurs malgré l'incertitude économique mondiale.

«L'ajout de Paris s'aligne également sur la stratégie du PIF visant à stimuler les économies mondiales et à diriger la transformation économique de l'Arabie saoudite», a ajouté le fonds dans le communiqué.

Depuis 2017, PIF a soutenu environ 220 entreprises en portefeuille et a appuyé la création de 103 nouvelles entreprises, contribuant ainsi à l'activité économique et à l'emploi à l'échelle mondiale. Le fonds a généré plus de 1,1 million d'emplois dans le monde et maintient l'accent sur la formation de partenariats stratégiques avec des acteurs innovants dans tous les secteurs.  

En février, le PIF s'est classé au deuxième rang des investisseurs souverains les plus actifs au monde en termes de valeur des transactions, avec un engagement de 3 milliards de dollars dans des transactions mondiales.  

Global SWF, une plateforme de données qui suit l'activité du secteur, a indiqué que le PIF du Royaume est devenu le fonds souverain le plus actif, en réalisant trois transactions à l'étranger par l'intermédiaire de ses sociétés de portefeuille.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ameublement: Roche Bobois souffre d'un marché morose

 La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
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  • Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne
  • La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

PARIS: La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée.

Le chiffre d'affaires de l'enseigne d'ameublement haut de gamme résiste mieux mais s'affiche en repli de 2,8%, à 402,5 millions d'euros, selon un communiqué publié jeudi.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) - un indicateur de la rentabilité - diminue de 4,3%, à 71,2 millions d'euros, dans la fourchette annoncée par le groupe.

Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne.

La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

La France a également beaucoup souffert avec un Ebitda en baisse de 9,3%, à 16,8 millions d'euros, "en lien avec la baisse des volumes" des ventes.

Ces résultats en baisse sont compensés par la bonne tenue de la marque de canapés Cuir Center, également propriété du groupe, qui affiche une croissance de son Ebitda de 25%, à 7,7 millions d'euros, "grâce à sa bonne performance commerciale et à la fermeture de magasins non rentables en 2024".

Après ce nouvel exercice difficile, Roche Bobois proposera de verser un dividende de 0,80 euro par action lors de sa prochaine assemblée générale, contre 1,25 euros l'an dernier.

Le groupe dit aborder 2026 avec "prudence compte tenu du contexte géopolitique actuel qui pèse sur la vigueur de la consommation et des effets de change toujours peu favorables".

Roche Bobois détient actuellement un réseau de 339 magasins en propre ou franchisé dans 54 pays, ses principaux marchés étant l'Amérique du Nord, la France et le reste de l'Europe.

 


L'UE choisit Lille pour le siège de la future Autorité douanière européenne

Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
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  • Lille a été choisie pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne (EUCA) en 2028, après avoir battu Rome et huit autres villes, renforçant le rôle stratégique de la France dans le commerce et la logistique européens
  • La ville bénéficiera d’une implantation à Euralille, au cœur des axes logistiques européens, avec environ 250 emplois prévus d’ici 2034, dans le cadre de la réforme du système douanier de l’UE

BRUXELLES: Lille a été choisie mercredi pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne, face à huit autres villes candidates, prenant ainsi sa revanche après avoir vu lui échapper l'Autorité européenne du médicament en 2017.

La métropole du nord de la France, chef lieu de la région des Hauts-de-France, était en concurrence avec Rome, finaliste, ainsi que Varsovie, Zagreb, Bucarest, La Haye, Liège, Porto et Malaga.

"C'est le choix d'une métropole ouverte et pleinement européenne, une fierté pour la France. Nous serons au rendez-vous", a salué le président français Emmanuel Macron, sur le réseau X.

La décision a été prise conjointement par le Parlement européen et le Conseil de l'UE, l'instance qui représente les 27 États membres, via une procédure spéciale.

Le Conseil et le Parlement européen avaient chacun présélectionnés Lille et Rome, sans se concerter. Il a fallu ensuite trois tours de scrutin pour les départager.

L'Autorité douanière de l'Union européenne (également connue sous son acronyme anglais EUCA) doit voir le jour en 2028. Sa création est l'un des principaux éléments de la réforme du système douanier européen, avec une nouvelle plateforme des données douanières, qui centralisera les informations des 27 États membres.

- "Au carrefour de l'Europe" -

"Fier de cette victoire collective: élus, entreprises, universités, une mobilisation exemplaire de tout le territoire", s'est félicité le maire de Lille, Arnaud Deslandes, dans un message sur X.

"Ça montre aussi que la France n'est pas isolée en Europe, contrairement à ce que beaucoup disent ou souhaiteraient", a assuré à l'AFP Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France.

Ce dernier y voit la preuve de "l'attractivité" de la région et des "atouts techniques clairs" de la candidature lilloise, laquelle avait tiré les leçons de 2017, lorsque la ville avait vu lui échapper l'Agence européenne du médicament, autrefois installée à Londres et transférée à Amsterdam après le Brexit.

Il salue aussi "un réel travail collectif" qui montre "l'influence et le rayonnement des Hauts-de-France".

"C'est un choix judicieux", a estimé aussi l'eurodéputé néerlandais Dirk Gotlink (PPE, droite), l'un des représentants du Parlement dans cette procédure.

"La France est l'un des principaux pays douaniers d'Europe, un colis sur trois entrant dans l'UE transite par son territoire. La situation stratégique de Lille, au carrefour de l'Europe, en fait le centre névralgique de cette autorité. Ce choix envoie un signal clair: la France jouera un rôle central dans l'avenir de notre union douanière", a-t-il souligné dans un communiqué.

Selon les propositions de la Commission européenne, la future agence devrait employer 250 personnes en équivalent temps plein d'ici 2034.

Elle aidera à moderniser les procédures de contrôle et de taxation des biens importés dans l'UE, alors que les services douaniers européens sont de plus en plus engorgés par l'afflux de colis de faible valeur en provenance de Chine.

Des auditions s'étaient déroulées fin janvier au Parlement européen pour aider à départager les candidatures.

Celle de Lille avait été défendue à cette occasion par l'ex-ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, et Xavier Bertrand.

L'Autorité sera installée dans un bâtiment du quartier d'affaires d'Euralille, à deux pas des gares de Lille-Flandres et Lille-Europe.

La France avait fait valoir la situation géographique privilégiée de la capitale des Hauts-de-France, située "au carrefour des grandes routes de la logistique et du commerce international européen", et à une demi-heure de Bruxelles, des institutions européennes et de l'Organisation mondiale des douanes.


Le dollar remonte avec la perspective de troupes américaines au Moyen-Orient

Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026.  (AFP)
Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz
  • Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies

LONDRES: Le dollar profite mardi de la remontée des cours de l'énergie, après des informations de presse selon lesquelles l'armée américaine va déployer des troupes supplémentaires au Moyen-Orient, douchant les espoirs de négociations évoquées la veille par Donald Trump.

Vers 10H30 GMT (11H30 à Paris), la devise américaine prenait 0,22% à l'euro, à 1,1587 dollar.

"L'optimisme prudent des marchés financiers, suscité par le report des frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes par le président Trump, s'est dissipé durant la séance asiatique après la publication d'informations pessimistes", et "le dollar s'est apprécié", résume Carol Kong, analyste chez CBA.

Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz.

Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies.

Par ailleurs, deux infrastructures énergétiques iraniennes ont finalement été visées par des frappes israélo-américaines, a affirmé tôt mardi l'agence de presse Fars, tandis que le ministère iranien des Affaires étrangères a nié lundi être en pourparlers avec les Etats-Unis.

Lundi, la livre sterling avait gagné jusqu'à 1% face au dollar, et le rendement obligataire britannique à 10 ans a connu un nouveau sommet depuis 2008, à 5,12%, avant de retomber de concert.

Depuis, la devise britannique relâchait mardi 0,26% au billet vert, à 1,3396 dollar, et les taux d'emprunt se sont apaisés.

Les marchés, qui anticipaient la veille quatre hausses de taux de la Banque d'Angleterre cette année, tablent désormais sur entre deux et trois, d'après Bloomberg.

"Les conditions sont exceptionnellement difficiles à remplir pour que la Banque d'Angleterre relève son taux directeur, déjà en territoire restrictif", et au vu de données économiques faibles, estime en effet Chris Turner, analyste chez ING.

L'indice d'activité PMI au Royaume-Uni a faiblit en mars, à 51, contre 53,7 en février, et moins que les 52,8 projetés par le consensus des analystes sondés par Bloomberg, selon les chiffres publiés mardi par S&P Global.

Mercredi, sera dévoilée l'inflation en février dans le pays, qui ne capturera cependant pas les effets de la guerre.

Le prix d'une once d'or progressait aussi de 0,27%, à 4.419,40 dollars.

La veille, les cours des métaux précieux s'étaient brièvement effondrés, les investisseurs préférant engranger leurs bénéfices sur l'or et l'argent pour récupérer des liquidités, plus facilement mobilisables et accessibles.