La promotion des VE par l'Arabie saoudite, le signe d'une stratégie d'investissement à long terme

Le ministre de l'Industrie et des Ressources minérales, Bandar Alkhorayef, a déclaré que l'impulsion donnée par l'Arabie saoudite à la fabrication de VE démontrait l'engagement du Royaume à façonner une économie moderne et durable. (Capture d'écran/Forum économique du Qatar)
Le ministre de l'Industrie et des Ressources minérales, Bandar Alkhorayef, a déclaré que l'impulsion donnée par l'Arabie saoudite à la fabrication de VE démontrait l'engagement du Royaume à façonner une économie moderne et durable. (Capture d'écran/Forum économique du Qatar)
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Publié le Mercredi 21 mai 2025

La promotion des VE par l'Arabie saoudite, le signe d'une stratégie d'investissement à long terme

  • Le ministre de l'Industrie et des Ressources minérales s'est exprimé lors d'une table ronde au Forum économique du Qatar
  • Il a souligné que l'exploitation minière était un secteur stratégique et que le Royaume avait considérablement réformé son cadre réglementaire

RIYAD: L'investissement de l'Arabie saoudite dans les véhicules électriques reflète la manière dont le Royaume façonne son avenir par des paris stratégiques à long terme, selon un ministre de haut rang.  

S'exprimant lors d'une table ronde au Forum économique du Qatar à Doha, le ministre de l'Industrie et des Ressources minérales, Bandar Alkhorayef, a déclaré que l'élan de l'Arabie saoudite vers la fabrication de véhicules électriques démontrait l'engagement du Royaume à façonner une économie moderne et durable.

Ses propos interviennent alors que l'Arabie saoudite redouble d'efforts pour se positionner comme un centre régional pour la construction automobile, en particulier les véhicules électriques. Soutenu par le Fonds d'investissement public, le Royaume a investi dans des entreprises telles que l'entreprise américaine Lucid Motors, qui construit une usine de production dans la King Abdullah Economic City.  

Dans le cadre de sa politique de diversification, l'Arabie saoudite vise à produire plus de 300 000 véhicules par an d'ici à 2030.

«Parier sur les VE, c'est aussi montrer comment nous pensons en tant que pays. Nous investissons dans l'avenir», a-t-il déclaré.  

Il a déclaré:  L’automobile est un secteur que nous espérions attirer depuis de nombreuses années. Aujourd’hui, notre vision agit comme un véritable catalyseur qui a permis l’arrivée de cette industrie en Arabie saoudite. Nous étions jusqu’ici le premier exportateur de voitures sans production locale ; je suis convaincu que ce virage est le bon.»

M. Alkhorayef a souligné que la transformation économique du Royaume, dans le cadre de l'initiative Vision 2030, repose sur la diversification, avec un accent particulier sur le développement du secteur minier et industriel, moteurs clés de cette évolution.

«Dans notre Vision 2030, la diversification économique est primordiale. L’industrie et l’exploitation minière représentent, à nos yeux, deux axes porteurs de grandes opportunités», a-t-il affirmé.

Abordant les capacités d’exécution du Royaume, le ministre a affirmé que l’Arabie saoudite maîtrisait «l’art de la mise en œuvre», insistant sur le fait que ce sont les résultats concrets – bien plus que les stratégies formulées – qui inspirent la confiance des investisseurs.

Il a également souligné que le secteur minier constitue un pilier stratégique pour le pays, ajoutant que des réformes majeures ont été engagées pour moderniser et renforcer son cadre réglementaire.

«Nous avons été en mesure d'introduire, je dirais, l'une des meilleures – si ce n'est la meilleure – lois sur l'investissement minier au niveau mondial... Nous avons été en mesure de réduire le délai d'octroi des licences de trois à cinq ans, la moyenne mondiale, à six mois», a déclaré M. Alkhorayef.   

Abordant la question de la demande mondiale en minéraux, il a déclaré: «Nous sommes engagés dans une course contre la montre pour nous assurer que nous disposons des quantités adéquates de minéraux et de métaux pour répondre aux besoins mondiaux en matière de transition énergétique, d'automatisation, de technologie et de défense.»

Le ministre a indiqué que le Forum des minéraux du futur organisé par le Royaume était une plateforme essentielle pour relever ces défis, réunissant les gouvernements, les acteurs du secteur privé et les institutions financières afin d'améliorer l'exploration, le raffinage et la résilience de la chaîne d'approvisionnement.  

En ce qui concerne les chaînes d'approvisionnement et la résilience nationale, M. Alkhorayef a expliqué que la stratégie de localisation de l'Arabie saoudite va au-delà de la sécurité nationale.  

«Il s'agit en fait de capturer une nouvelle valeur. Aujourd'hui, dans l'industrie manufacturière, l'échelle devient moins importante en raison des nouvelles technologies qui sont introduites», a-t-il déclaré.

M. Alkhorayef a poursuivi: «Aujourd'hui, l'industrie manufacturière, l'industrie minière et de nombreux secteurs que nous avons l'intention de développer en Arabie saoudite reposent tous sur de nouvelles technologies. Comment pouvons-nous nous assurer qu'en même temps que nous développons notre économie, nous créons les emplois adéquats pour notre population?»

Abordant le rôle des gouvernements dans la stimulation de la croissance du secteur privé, M. Alkhorayef a souligné la nécessité d'une gouvernance proactive.  

«Si le gouvernement n'aide pas réellement le secteur privé à capturer différentes valeurs, il sera très difficile de voir la croissance du secteur privé», a-t-il déclaré, soulignant l'importance de l'infrastructure, de la réglementation et de la sécurité numérique pour encourager l'investissement.

Il a conclu en soulignant les réalisations du Royaume en matière d'exportation: «L'année dernière est une excellente démonstration de la croissance que nous avons réalisée. En 2024, l'Arabie saoudite a atteint un niveau d'exportation record. En ce qui concerne les exportations non pétrolières, nous sommes passés d'une contribution de 16% à une contribution de 25% à notre PIB. La croissance des exportations non pétrolières et non pétrochimiques a été de 9% l'année dernière», a-t-il déclaré.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Talc et cancer : Johnson & Johnson propose 5,5 milliards de dollars pour clore la bataille judiciaire

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  • J&J récuse que ses produits à base de talc aient pu être à l'origine de cancers, mais a cessé de vendre sa poudre pour bébé à base de talc aux Etats-Unis et au Canada en 2020
  • J&J a déjà réglé la majorité des litiges accusant sa poudre de talc de contenir des traces d’amiante, jugées responsables de cancers

NEW YORK: Johnson & Johnson (J&J) est prêt à payer 5,5 milliards de dollars pour régler des dizaines de milliers de procédures judiciaires liées à des produits à base de talc accusés de provoquer des cancers ovariens, a annoncé le géant pharmaceutique américain lundi.

La proposition d'accord vise à mettre un terme à des années de bataille judiciaire en couvrant 76.000 plaintes, soit presque tous les recours liés à ces produits qui pèsent encore sur le groupe basé dans le New Jersey, selon la même source.

J&J récuse que ses produits à base de talc aient pu être à l'origine de cancers, mais a cessé de vendre sa poudre pour bébé à base de talc aux Etats-Unis et au Canada en 2020.

Pour Erik Haas, vice-président du groupe chargé du contentieux, les plaintes "manquent de fondement scientifique".

La proposition sur la table "permet à l’entreprise de tourner la page de cette affaire et de rester concentrée sur sa mission: développer des médicaments et des dispositifs qui sauvent des vies", a-t-il déclaré dans un communiqué.

J&J a déjà réglé la majorité des litiges accusant sa poudre de talc de contenir des traces d’amiante, jugées responsables de cancers.

Le géant américain est également visé par une plainte au Royaume-Uni, déposée en 2025 sur la base d'accusations similaires.

Le cabinet qui a engagé cette procédure devant la Haute Cour de Londres dit représenter plus de 3.000 plaignants et estime que le montant du dédommagement réclamé pourrait s'élever "à plus d'un milliard de livres" (1,3 milliard d'euros).

Les plaignants affirment qu’eux-mêmes ou un membre de leur famille ont développé différents types de cancer de la plèvre, du péritoine ou des ovaires après avoir utilisé la poudre pour bébé de J&J.

Le produit incriminé avait été retiré du marché britannique en 2023, trois ans après les Etats-Unis et le Canada

 

 


Devoir de vigilance : TotalEnergies fait appel de la décision lui enjoignant d'intégrer les émissions CO2 de ses clients

TotalEnergies a annoncé lundi dans un communiqué faire appel du jugement rendu le 25 juin dernier relatif au devoir de vigilance, qui lui ordonnait d'intégrer les émissions de CO2 de ses clients dans son plan de vigilance. (AFP)
TotalEnergies a annoncé lundi dans un communiqué faire appel du jugement rendu le 25 juin dernier relatif au devoir de vigilance, qui lui ordonnait d'intégrer les émissions de CO2 de ses clients dans son plan de vigilance. (AFP)
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  • Le tribunal judiciaire de Paris a estimé le 25 juin que le plan de vigilance actuel du géant pétrogazier était "incomplet", lui accordant six mois pour se mettre en conformité sous peine d'un nouveau contrôle judiciaire prévu début 2027
  • Le devoir de vigilance, introduit dans le droit français en 2017, impose aux grandes entreprises françaises de publier un document cartographiant les risques graves pour les droits humains, la santé et l'environnement

PARIS: TotalEnergies a annoncé lundi dans un communiqué faire appel du jugement rendu le 25 juin dernier relatif au devoir de vigilance, qui lui ordonnait d'intégrer les émissions de CO2 de ses clients dans son plan de vigilance.

"Imposer à des entreprises du secteur de l'énergie ou de la défense, de l'aéronautique ou de l'automobile… un contrôle des risques résultant de l'utilisation de leurs produits par leurs clients n'apparaît pas conforme aux objectifs de la loi, ni aux principes de sécurité juridique et de liberté d'entreprendre", fait valoir le géant français de l'énergie dans son communiqué.

Le tribunal judiciaire de Paris a estimé le 25 juin que le plan de vigilance actuel du géant pétrogazier était "incomplet", lui accordant six mois pour se mettre en conformité sous peine d'un nouveau contrôle judiciaire prévu début 2027.

Le devoir de vigilance, introduit dans le droit français en 2017, impose aux grandes entreprises françaises de publier un document cartographiant les risques graves pour les droits humains, la santé et l'environnement liés à leurs activités et à celles de leurs partenaires commerciaux, et de mettre en oeuvre des "mesures de vigilance raisonnable" pour les prévenir.

L'injonction du tribunal a été assortie de l'exécution provisoire, ce qui signifie que le groupe doit s'y conformer immédiatement, et que son appel ne suspend pas la décision.

TotalEnergies précise avoir décidé de faire appel "après délibération de son conseil d'administration".

Dans son communiqué, le groupe s'appuie sur la décision du ministère public, qui a "estimé que le changement climatique est un phénomène mondial qui est +l'affaire de tous mais essentiellement une responsabilité de la communauté internationale des Etats+".

TotalEnergies argue également que "la loi sur le devoir de vigilance vise à responsabiliser les entreprises sur les risques d'atteinte résultant de leurs activités, de celles de leurs filiales et de leurs fournisseurs et sous-traitants, mais ne vise pas les activités de leurs clients sur lesquelles l'entreprise ne dispose pas de contrôle".

"Ce n'est pas TotalEnergies qui décide si un automobiliste choisit de rouler à l'essence, au biodiesel ou avec un véhicule électrique", ajoute le géant pétrogazier.

Ce dossier s'inscrit dans une vague mondiale de contentieux climatiques visant les multinationales.

Dans une affaire similaire, la Cour suprême des Pays-Bas doit notamment se prononcer en dernière instance sur le groupe Shell, après l'annulation en appel d'un jugement historique de 2021 qui lui ordonnait de réduire ses émissions de 45% d'ici 2030.

 


TotalEnergies double son bénéfice, porté par les prix élevés liés à la guerre au Moyen-Orient

Le logo de TotalEnergies dans une station-service à Genech, dans le nord de la France, le 5 octobre 2022. (AFP)
Le logo de TotalEnergies dans une station-service à Genech, dans le nord de la France, le 5 octobre 2022. (AFP)
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  • TotalEnergies double son bénéfice net trimestriel à 5,4 milliards de dollars grâce aux prix élevés des hydrocarbures
  • Ces profits relancent le débat sur une taxe des superprofits pétroliers en France

PARIS: Après un début d'année euphorique, le géant français pétro-gazier TotalEnergies est de nouveau dans le viseur des partisans d'une surtaxe des superprofits pétroliers après avoir annoncé jeudi un doublement en un an de son bénéfice net du 2e trimestre, à 5,4 milliards de dollars, dopé par les prix élevés des hydrocarbures liés au conflit au Moyen-Orient.

"Dans un environnement de prix élevé en lien avec le conflit au Moyen-Orient, TotalEnergies tire parti de son modèle intégré et de sa diversification pour afficher au deuxième trimestre un résultat net ajusté (indicateur suivi par les analystes) de 6 milliards de dollars", s'est félicité le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, dans un communiqué.

Avec un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars sur l'ensemble du premier semestre, en progression de 73% sur un an, TotalEnergies fait mieux que les 10,6 milliards de dollars enregistrés au premier semestre 2022, année du déclenchement de la guerre en Ukraine.

Son bénéfice net du 2e trimestre, en hausse de 100% (contre 2,7 milliards un an plus tôt), reste cependant en deçà des attentes des investisseurs. Le groupe a connu "une baisse significative" dans son secteur stratégique du gaz naturel liquéfié (GNL), "du fait d’une contreperformance" dans le négoce (achat-vente) dans un marché faible en Europe, a expliqué l'entreprise.

TotalEnergies avait déjà annoncé en avril un bond de 51% son bénéfice net pour les trois premiers mois de l'année, portés par l'envolée et la volatilité des prix du pétrole et du gaz, au début de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran.

Cette performance exceptionnelle avait relancé les appels à la taxation des "super-profits" pétroliers, alors que le groupe est souvent critiqué pour la faiblesse, voire l'absence, de son impôt sur les sociétés en France au regard de ses énormes bénéfices mondiaux.

"TotalEnergies n’aura jamais aussi bien +capturé+ les bénéfices de guerre sur le dos des consommateurs", a ironisé jeudi sur X le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, le député de gauche Eric Coquerel (LFI), tandis que la porte-parole du gouvernement français et ministre déléguée à l'Energie Maud Bregeon a répété qu'elle refuserait "toujours de rentrer dans le +Total bashing+".

"C'est une chance d'avoir en France un grand énergéticien mondial capable d'assurer l'approvisionnement des Français" et de "nous aider à tirer les prix vers le bas", a-t-elle dit sur RMC/BFMTV en référence au plafonnement des prix des carburants relancé mercredi par le groupe.

- "Faire payer les pollueurs" -

Au moment où "la France suffoque sous des canicules successives, causées par le changement climatique dont l’industrie du pétrole et du gaz est largement responsable, ces profits apparaissent particulièrement indécents", ont critiqué une coalition d'ONG (Greenpeace France, 350.org, CCFD-Terre Solidaire, Notre Affaire à Tous, Réseau Action Climat, Oxfam France), soulignant "l’urgence de taxer les profits des multinationales du pétrole et du gaz".

"Alors que les gouvernements se réuniront à New York en août pour négocier une Convention fiscale de l’ONU, ils ont une occasion historique de faire payer les pollueurs et de financer la protection dont les populations ont désespérément besoin", a commenté aussi Fanny Petitbon, directrice pays France de 350.org.

Entre avril et juin, la production de pétrole et de gaz de TotalEnergies a progressé de plus de 4% sur un an, grâce à la montée en puissance de projets au Brésil, aux Etats-Unis et en Libye, qui ont "compensé pour partie l’impact des pertes de production au Moyen-Orient" de l’ordre de 210.000 barils équivalent pétrole par jour, "en moyenne sur le trimestre".

Bien qu'une partie de cette production n'ait pas pu être expédiée, "compte tenu des difficultés d’accès au détroit d’Ormuz", la branche reine de l'exploration-production est restée en croissance, selon le groupe.

Son pôle de raffinage, pétrochimie et négoce a lui aussi profité de la hausse des prix des produits raffinés et des activités très rentables de négoce de brut, dans un contexte de forte instabilité des cours. Ce segment "aval" a ainsi dégagé un résultat opérationnel net ajusté à 2,3 milliards de dollars au 2e trimestre (+24%).

Le groupe a confirmé ses "priorités données au dividende et au désendettement de l’entreprise". Il distribuera à ses actionnaires un deuxième acompte sur le dividende de l'année 2026, d’un montant de 0,90 euro par action, en hausse de 5,9% par rapport à 2025.