France : Bruno Retailleau, nouvel espoir de la droite conservatrice

Des militants du parti de droite français Les Républicains (LR) fêtent devant le siège du parti après l'annonce de l'élection du ministre français de l'intérieur Bruno Retailleau en tant que président de LR, à Paris, le 18 mai 2025. (AFP)
Des militants du parti de droite français Les Républicains (LR) fêtent devant le siège du parti après l'annonce de l'élection du ministre français de l'intérieur Bruno Retailleau en tant que président de LR, à Paris, le 18 mai 2025. (AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 22 mai 2025

France : Bruno Retailleau, nouvel espoir de la droite conservatrice

  • L'ascension fulgurante de Bruno Retailleau, nouveau patron de la droite française et tenant d'une ligne conservatrice, a fait renaître l'espoir dans son camp
  • Ministre de l'Intérieur depuis septembre dans les gouvernements Barnier puis Bayrou, il a été élu dimanche président du parti Les Républicains (LR) avec un score écrasant (74,8%)

PARIS: L'ascension fulgurante de Bruno Retailleau, nouveau patron de la droite française et tenant d'une ligne conservatrice, a fait renaître l'espoir dans son camp, qui peine à exister entre une extrême droite puissante et le macronisme au pouvoir depuis huit ans.

Ce catholique de 64 ans, ministre de l'Intérieur depuis septembre dans les gouvernements Barnier puis Bayrou, a été élu dimanche président du parti Les Républicains (LR) avec un score écrasant (74,8%).

Ce sénateur jusqu'alors discret et peu connu du grand public dicte depuis huit mois le tempo politique avec sa rhétorique sécuritaire et provocatrice, affichée dès sa prise de fonction. "J'ai trois priorités", avait-il alors annoncé: "Rétablir l'ordre, rétablir l'ordre, rétablir l'ordre".

Depuis, il monopolise l'espace médiatique.

Quand Mayotte est frappée par le cyclone Chido, le ministre à la frêle silhouette est le premier sur place, avant le président ou le Premier ministre.

Face au narcotrafic, il appelle à la "mobilisation générale" pour éviter une "mexicanisation" de la France, en référence aux tout-puissants cartels de ce pays d'Amérique du Nord.

Il fait fi des polémiques lorsqu'il affirme que l'Etat de droit n'est ni "intangible" ni "sacré", ou que l'immigration "n'est pas une chance".

- Droite "orpheline" -

Son appel à un bras de fer pour que l'Algérie reprenne ses ressortissants visés par des arrêtés d'expulsion a alimenté une crise diplomatique d'une violence rare entre les deux pays.

Issu de la droite traditionaliste de l'Ouest de la France, Bruno Retaillleau affiche un grand conservatisme sur les sujets de société (contre le mariage homosexuel, contre l'inscription de l'avortement dans la Constitution, critique sur les dispositions permettant la fin de vie) qui le distingue des personnalités de centre-droit, mais également un certain libéralisme économique qui le démarque du parti d'extrême droite Rassemblement national (RN).

"Il se situe idéologiquement sur le même axe que l'électorat (du parti LR) qui s'est fortement droitisé au cours des dernières années", souligne Mathieu Gallard, directeur de recherche à l'institut de sondage Ipsos.

"Il coche un petit peu toutes les cases pour un électorat de droite qui est à la fois radicalisé, mais en même temps assez légitimiste. C'est un électorat plutôt âgé, plutôt socialement aisé, à qui une ligne plus populiste ne correspond pas vraiment".

Son succès à la tête de LR montre que son choix d'entrer dans un gouvernement d'Emmanuel Macron a trouvé un fort soutien chez un "peuple de droite orphelin du pouvoir depuis la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012", souligne le directeur de l'Ifop, Frédéric Dabi.

Avec un électorat siphonné d'une part par le Rassemblement national et d'autre part par le mouvement macroniste (centriste) créé en 2016, LR - parti héritier du RPR de Jacques Chirac et de l'UMP de Nicolas Sarkozy - a vu son influence décliner, entre claques électorales (8,5% aux européennes 2019, 4,78% à la présidentielle 2022, nombre de députés passé de 112 à 50 entre 2017 et 2024) et procès de ses leaders Nicolas Sarkozy et François Fillon, l'un pour corruption et trafic d'influence, l'autre pour emploi fictif de son épouse.

- Concurrence -

Certains militants imaginent déjà Retailleau en présidentiable, le comparant à Nicolas Sarkozy, qui avait fait de son passage au ministère de l'Intérieur un tremplin pour devenir président en 2007, avec un discours sécuritaire empruntant à l'extrême droite.

Toutefois, si Bruno Retailleau a vu sa cote de popularité s'envoler après son entrée au gouvernement, "depuis 2-3 mois, elle stagne, voire baisse", note Mathieu Gallard : "Il a eu une période où il a bénéficié d'une montée en notoriété, il était nouveau, il avait des propos forts qui marquaient. Maintenant, les Français et l'électorat de droite vont attendre des résultats".

Dans les projections, il ne rivalise pas encore avec l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron (2017-2020) Edouard Philippe, ex-LR, crédité de 21% d'intentions de vote (contre 12-13% pour lui) dans un sondage publié mardi. Et il reste toujours loin derrière le parti d'extrême droite RN, crédité de 30 à 31% d'intentions de vote, selon le même sondage.

Plus que côté RN, "sa marge de progression, c'est plutôt le bloc central", souligne Frédéric Dabi, rappelant que son discours s'apparente à la ligne de François Fillon, dont il a été un fidèle et "qui a fait 20% au premier tour (de la présidentielle) en 2017". "Ce n'est pas une ligne minoritaire".


Ormuz: la France va prendre «une initiative» à l'ONU sur sa proposition de mission «neutre», dit Macron

La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
Short Url
  • La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique"
  • "On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran"

NAIROBI: La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale.

"On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran", a dit le président français depuis Nairobi, à la fin d'un sommet franco-africain. Il a déploré "une escalade dans les déclarations" côtés américain et iranien.

 


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
Short Url
  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Short Url
  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.