Lycée musulman Averroès: un avenir incertain malgré le rétablissement du contrat

L'horizon s'est éclairci fin avril pour le lycée Averroès de Lille dont la justice a rétabli le contrat avec l'Etat, mais à quelques jours du bac et en plein débat sur les Frères musulmans, de nombreuses incertitudes flottent sur son avenir. (AFP)
L'horizon s'est éclairci fin avril pour le lycée Averroès de Lille dont la justice a rétabli le contrat avec l'Etat, mais à quelques jours du bac et en plein débat sur les Frères musulmans, de nombreuses incertitudes flottent sur son avenir. (AFP)
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Publié le Mercredi 28 mai 2025

Lycée musulman Averroès: un avenir incertain malgré le rétablissement du contrat

  • L'établissement fondé en 2003, après l'interdiction du voile à l'école, et sous contrat depuis 2008, a dû augmenter drastiquement ses frais de scolarité et ses effectifs ont fondu
  • Pendant un an et demi, le principal lycée musulman de France a vécu au rythme des décisions de justice

LILLE: L'horizon s'est éclairci fin avril pour le lycée Averroès de Lille dont la justice a rétabli le contrat avec l'Etat, mais à quelques jours du bac et en plein débat sur les Frères musulmans, de nombreuses incertitudes flottent sur son avenir.

Pendant un an et demi, le principal lycée musulman de France a vécu au rythme des décisions de justice. Le 7 décembre 2023, le préfet du Nord a rompu son contrat d'association avec l'État, l'accusant de "manquements graves aux principes fondamentaux de la République".

Cette rupture privait le lycée de subventions publiques à partir de la rentrée 2024 et ses élèves de la prise en compte de leurs notes de contrôle continu pour le bac.

L'établissement fondé en 2003, après l'interdiction du voile à l'école, et sous contrat depuis 2008, a dû augmenter drastiquement ses frais de scolarité et ses effectifs ont fondu.

Deux décisions en référé, en février et juillet 2024, ont confirmé la rupture du contrat.

Mais le 23 avril, le tribunal administratif a annulé sur le fond la décision du préfet, estimant qu'il n'avait pas "suffisamment démontré" le "manque de pluralisme culturel de la documentation accessible aux lycéens", ni le "caractère contraire aux valeurs de la République du cours d'éthique musulmane". Pas de preuves non plus d'un "système de financement illicite" reproché à l'établissement.

Les manquements prouvés, comme le refus d'une inspection inopinée, ne sont pas suffisants pour dénoncer le contrat, a tranché le tribunal.

"Pression de dingue" 

Les élèves de terminale avaient déjà appris en janvier qu'exceptionnellement, leurs notes de contrôle continu seraient comptabilisées pour le bac. Mais ceux de première se préparaient, avant le rétablissement du contrat, à passer des examens centralisés pour chaque matière, comme des candidats libres.

Jusqu'à la semaine dernière, les conséquences du rétablissement du contrat restaient floues. "On se prépare aux épreuves s'il doit y en avoir, et on travaille en même temps à fond pour les notes, parce qu'il peut y avoir le contrôle continu", expliquait mi-mai Wyssam, élève de première.

La professeur de lettres et philosophie Michèle Battin, pointait "une pression de dingue" sur les élèves.

Il y a quelques jours, le rectorat a finalement opté pour une solution intermédiaire: des "épreuves sous le régime du contrôle continu", ont expliqué ses services à l'AFP, sans détail.

Dans chaque matière, la note d'un dernier devoir, réalisé dans le lycée Averroès mais sur un sujet validé par le rectorat, fera office de note de contrôle continu, selon la direction.

"J'ai réussi à rester sereine mais une grande partie de mes camarades a paniqué" à cause de ce climat d'incertitude, confiait lundi une autre élève de première, Hadjer.

Le proviseur du lycée, Eric Dufour, espère que l'Etat finisse par admettre que le rétablissement du contrat prend effet à la rentrée 2024 et non le 23 avril 2025, et prenne donc en compte les notes de l'ensemble de l'année.

"Climat bienveillant" 

L'incertitude prévaut également pour les bourses, interrompues par la rupture du contrat. Elles reprendront à la rentrée 2025 mais les modalités d'un rattrapage de l'année 2024-2025 ne sont pas encore connues, selon M. Dufour.

Pour Latifa Aït Bella, dont la fille Soumaya était boursière, la maintenir à Averroès a représenté un gros effort financier familial. Cette assistante maternelle espère être remboursée, mais assure n'avoir "aucun regret" en raison de professeurs "exceptionnels" et du "climat bienveillant" du lycée.

Alors que les enseignants seront à nouveau rémunérés par l'Etat, M. Dufour se dit rassuré sur l'enveloppe d'heures de cours attribuée par l'Éducation nationale pour la rentrée. Le lycée, qui avait perdu 180 élèves, devrait pouvoir en accueillir à nouveau 475 en septembre, soit 15 classes.

A long terme, son sort est néanmoins loin d'être réglé. La ministre de l'Éducation Élisabeth Borne a fait appel de la décision du tribunal administratif. Le président LR du conseil régional Xavier Bertrand assure que la région ne versera pas le forfait d'externat, dû aux lycées privés sous contrat, tant qu'un jugement définitif ne serait pas intervenu.

Le collège Averroès n'est, lui, toujours pas sous contrat.

Le rapport sur les Frères musulmans commandé par Emmanuel Macron présente le collège-lycée comme une pièce majeure de l'écosystème "frériste" en France.

"Les fantasmes habituels ressortent", soupire M. Dufour. Il souligne que le rapport reprend des accusations pourtant écartées par la justice.

 


Au cœur du centre de crise du Quai d’Orsay: rapatrier mais également écouter et rassurer

Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
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  • Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés
  • Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités

PARIS: Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable.

Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par l’ambassadeur Louis L’alliot, a été immédiatement mobilisé. Ses équipes travaillent jour et nuit pour répondre aux appels des Français, organiser des évacuations et coordonner les actions diplomatiques et humanitaires.

Environ 400 000 Français vivent au Moyen-Orient, auxquels s’ajoutent de nombreux touristes. La fermeture des espaces aériens rend les départs très difficiles. Une plateforme téléphonique composée d’environ 30 répondants, dont une majorité de bénévoles de la Croix-Rouge, traite les appels de personnes inquiètes ou bloquées. Au total, plus de 50 agents peuvent répondre simultanément grâce à plusieurs centres d’appel.

Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés. Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités. Les personnes vulnérables (personnes âgées, malades, familles avec jeunes enfants) sont prioritaires pour les vols spéciaux affrétés par l’État, dont le coût est en partie pris en charge.

Jusqu’à présent, plus de 1 500 personnes ont été rapatriées par ces vols, tandis qu’environ 17 000 Français ont quitté la région par leurs propres moyens.

Le centre fonctionne grâce à plusieurs pôles spécialisés : gestion des ressources humaines, relations internationales, soutien médical, organisation des vols et le « pôle communauté » chargé de contacter les ressortissants prioritaires.

Les bénévoles de la Croix-Rouge jouent également un rôle important en apportant écoute et soutien psychologique aux appelants souvent stressés ou inquiets.

Créé en 2008, le Centre de crise et de soutien est aujourd’hui un outil essentiel de la diplomatie française, capable d’activer une cellule de crise en moins d’une heure et de fonctionner 24h/24 lors de situations internationales majeures.


Municipales en France: percée de la gauche radicale, l'extrême droite s'installe

Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
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  • Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au 2e tour
  • A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS)

PARIS: Au lendemain d'élections locales en France marquées par la percée de la gauche radicale et des scores favorables à l'extrême droite, des alliances délicates ont commencé à se nouer à gauche lundi en vue du second tour dimanche.

Les résultats ont placé en effet dimanche soir les forces politiques, et notamment la gauche, face à de nombreux dilemmes à treize mois de la prochaine présidentielle. Le scrutin a été marqué par une progression de l'abstention.

Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au second tour.

A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS), une "liste commune" a été annoncée dès lundi matin.

A Lille (nord), les discussions ont débuté entre les trois forces de gauche arrivées en tête, socialistes et insoumis cherchant une alliance avec les Écologistes.

A Besançon (est), la maire écologiste sortante, largement distancée par le candidat Les Républicains (LR, droite), a annoncé son ralliement à LFI pour "battre la droite".

A Lyon (centre-est) également, la candidate LFI espère une fusion avec la liste de l'écologiste sortant Grégory Doucet contre le candidat de droite Jean-Michel Aulas, ancien patron de l'Olympique lyonnais.

Mais à Paris et Marseille, 2e ville de France, les négociations s'annoncent plus ardues après des campagnes extrêment tendues entre PS et LFI.

A Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a certes largement distancé sa concurrente de droite Rachida Dati, ex-ministre de la Culture, d'au moins dix points et semble en mesure de permettre à la gauche hors-LFI de conserver la capitale.

Mais la candidate Insoumise Sophia Chikirou, qui a passé le cap des 10%, risque de lui mettre des bâtons dans les roues.

Faute de fusion, elle se maintiendra, a-t-elle assuré. Le socialiste a toujours exclu la moindre alliance avec LFI.

"Tradition à gauche" 

En face, le candidat centriste Pierre-Yves Bournazel va lui aussi devoir décider s'il répond à l'appel au "rassemblement" lancé par Rachida Dati.

Pour la gauche, la situation est plus complexe encore à Marseille, où le sortant Benoît Payan est au coude-à-coude avec Franck Allisio (Rassemblement national, RN).

M. Payan a affirmé qu'il n'était "pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit". Une position jugée "irresponsable" par le LFI Sébastien Delogu, lui aussi qualifié.

Les choix pour le second tour du 22 mars devront être tranchés au plus tard mardi soir, date-butoir pour les têtes de liste ayant obtenu plus de 10% des voix dimanche qui devront dire si elles se maintiennent, fusionnent ou se désistent.

Lundi matin, les stratèges des partis ont développé leurs argumentaires.

Répétant qu'il n'y aurait pas d'"accord national", le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a demandé "solennellement" à LFI de se retirer à Marseille, tout en évoquant des alliances locales possibles, comme à Nantes (ouest).

Forte de ses bons résultats dans les grandes villes, de sa victoire à Saint-Denis (nord de Paris) et de son score très prometteur à Roubaix (nord), LFI continue de mettre la pression sur le reste de la gauche.

Son coordinateur Manuel Bompard a répété son souhait d'"une fusion entre les différentes listes (de gauche) pour battre la droite et l'extrême droite, comme d'ailleurs c'est la tradition à gauche depuis la nuit des temps".

A rebours, l'ancien président François Hollande ou le très probable candidat Place publique (gauche) à la présidentielle Raphaël Glucksmann semblent prêts à prendre le risque de voir des villes basculer à droite plutôt que de passer un accord avec le parti mélenchoniste.

Défendant le principe d'alliances locales, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier a, pour sa part, estimé que refuser tout accord avec LFI "a un coût pour les habitants (des) villes qui avaient besoin de politiques de gauche et écolos".

De son côté, le RN, qui revendique 24 communes remportées et est en tête dans 60 autres, selon son vice-président Sébastien Chenu, a appelé les électeurs LR au "vote utile" au second tour pour faire barrage à la gauche.

Le RN, qui cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, a vu plusieurs maires sortants être réélus comme Louis Aliot à Perpignan (sud).

A Nice (sud), son allié Eric Ciotti est très bien parti dans sa lutte fratricide contre Christian Estrosi, symbole d'un score en demi-teinte du bloc macroniste.

Seul l'ex-Premier ministre Édouard Philippe lui redonne quelques couleurs, avec une dizaine de points d'avance sur son concurrent communiste au Havre (nord-ouest).

 


Macron appelle Israël à des "discussions directes" avec le Liban, propose de les accueillir à Paris

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
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  • Emmanuel Macron appelle Israël à accepter des discussions directes avec l’exécutif libanais et toutes les composantes du Liban, se proposant de faciliter ces rencontres à Paris
  • Il exhorte le Hezbollah à stopper ses actions et Israël à renoncer à une offensive majeure afin d’éviter que le Liban ne sombre dans le chaos, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements

PARIS: Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris".

"Tout doit être fait pour empêcher que le Liban ne sombre dans le chaos. Le Hezbollah doit arrêter immédiatement sa fuite en avant. Israël doit renoncer à une offensive d’ampleur et cesser ses frappes massives, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements", a déclaré le président français sur X, rapportant s'être entretenu vendredi avec le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le président du Parlement libanais Nabih Berri.