La feuille de route énergétique entame son marathon à l'Assemblée nationale

Une vue générale d'une éolienne semi-achevée du parc pilote EFGL (Eoliennes Flottantes du Golfe du Lion), en cours de construction à Port-la-Nouvelle, près de Perpignan dans le sud-ouest de la France, le 2 juin 2025. (AFP)
Une vue générale d'une éolienne semi-achevée du parc pilote EFGL (Eoliennes Flottantes du Golfe du Lion), en cours de construction à Port-la-Nouvelle, près de Perpignan dans le sud-ouest de la France, le 2 juin 2025. (AFP)
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Publié le Mardi 03 juin 2025

La feuille de route énergétique entame son marathon à l'Assemblée nationale

  • Un peu plus d'un mois après les menaces de censure, les députés ont commencé à débattre lundi en commission d'un texte fixant les objectifs énergétiques de la France
  • Cette proposition de loi venue du Sénat entend répondre à l'absence de loi de programmation énergétique, pourtant rendue obligatoire par la loi énergie-climat de 2019

PARIS: Un peu plus d'un mois après les menaces de censure, les députés ont commencé à débattre lundi en commission d'un texte fixant les objectifs énergétiques de la France qui acte notamment une relance massive du nucléaire.

"Nous commençons aujourd'hui un débat pour combler une lacune gouvernementale", a déclaré le rapporteur de la proposition de loi Gremillet, le député macroniste et ancien ministre Antoine Armand à l'orée des discussions en commission des Affaires économiques.

En effet, cette proposition de loi venue du Sénat entend répondre à l'absence de loi de programmation énergétique, pourtant rendue obligatoire par la loi énergie-climat de 2019. La chambre haute a adopté mi-octobre ce texte du sénateur LR Daniel Gremillet.

Le gouvernement avait un premier temps envisagé la publication au printemps d'un décret fixant cette feuille de route énergétique très attendue par les acteurs du secteur, donc sans vote à l'Assemblée, mais il a dû faire marche arrière.

Fin avril, les députés de l'opposition, en premier lieu du Rassemblement national, avaient agité le chiffon rouge de la censure. Ils avaient arraché au Premier ministre François Bayrou l'inscription du texte sénatorial à l'agenda de l'Assemblée avant la publication du décret. La discussion en séance publique doit se tenir à partir du 16 juin.

"Si ce débat a lieu aujourd'hui dans cette commission, s'il n'a pas été contourné par décret silencieux, c'est bien grâce à Marine Le Pen et à la mobilisation des députés du Rassemblement national", s'est félicité lundi le député RN Maxime Amblard. "Enfin, la représentation nationale va pouvoir un peu débattre de la politique énergétique de notre pays", s'est-il exclamé.

Le décret de programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) fixe la feuille de route énergétique de la France pour la période 2025-2035.

En préparation depuis plusieurs années, cette PPE doit mettre le pays sur la voie de la neutralité carbone en 2050 mais suscite de fortes divisions sur le partage entre le nucléaire et les renouvelables.

Le projet de planification prévoit à ce stade de ramener la part des énergies fossiles dans la consommation énergétique d'environ 60% en 2023 à 42% en 2030, puis 30% en 2035.

En rupture avec la précédente PPE, qui prévoyait de fermer des réacteurs, le nouveau texte acte une relance de l'atome, avec la construction de six nouveaux EPR2. L'ambition du rythme de déploiement des renouvelables est confirmée, en particulier pour l'éolien en mer.

- Orientation pro-nucléaire -

Début mai, François Bayrou avait assuré que cette PPE "n'est pas écrite à l'avance" et promis aux parlementaires de les "écouter attentivement" avant la publication du décret.

Le Premier ministre avait donné comme priorité "de réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées" et défendu un "mix électrique" associant une "orientation de base pro-nucléaire" à un "soutien raisonné aux énergies renouvelables".

Des orientations proches de celles défendues dans la proposition de loi qui prévoit notamment la construction de 14 réacteurs EPR2 d'ici 2050, le maintien d'une part du nucléaire dans la production d'électricité à plus de 60% à l'horizon 2030 ou encore un mix énergétique décarboné à plus de 50% en 2030.

Lors des débats en commission, le RN, partisan du nucléaire, a défendu vouloir réduire la part des énergies éolienne et solaire dans le mix énergétique de la France.

A l'inverse, la gauche a critiqué la part d'effort dévouée au nucléaire. La députée écologiste et ancienne ministre Dominique Voynet a dénoncé un texte "politico-religieux" avec pour "seul objectif" de "témoigner de la foi irrationnelle" dans le recours au nucléaire.

Elle a fustigé les "douze ans de retard", une facture d'une vingtaine de milliards d'euros et une "rentabilité médiocre" de l'EPR de Flamanville, avant d'interoger: "Est-ce raisonnable de privilégier la fuite en avant ?"

En milieu de soirée, les députés ont commencé à examiner les premiers articles. Contre l'avis du rapporteur, la commission a notamment adopté un article amendé par le groupe LFI, qui prévoit de revenir sur le statut d'EDF, société anonyme depuis 2004, pour rétablir sa première forme juridique, un établissement public industriel et commercial.

De même, un autre amendement du groupe LFI qui vise au rétablissement des tarifs réglementés de vente de gaz a été adopté, notamment avec les voix du RN, contre l'avis du rapporteur également.

Peu avant minuit, les députés ont voté pour la suppression de l'article 2. Il prévoyait d'abroger l'élargissement progressif de la composante carbone au sein de la fiscalité énergétique.

"La fiscalité carbone est un des leviers pour sortir de notre dépendance aux énergies fossiles", a défendu le député écologiste Charles Fournier pour la suppression. Comme le député MoDem Philippe Bolo, pour qui "se priver de cet outil", ce serait "ignorer le coût de l'inaction qui pesera sur nos enfants".

Les débats en commission doivent reprendre mardi à partir de 17H00. Il reste encore 417 amendements à étudier.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.

 

 


Hommage de l'IMA à Leïla Shahid

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  • La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026
  • L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct

PARIS: La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026. L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct.

Famille, amis, artistes et compagnons de route s’étaient réunis pour saluer la mémoire de cette figure majeure de la cause palestinienne. Tous avaient évoqué son parcours, son engagement constant en faveur de la Palestine, ainsi que sa curiosité intellectuelle et son attachement profond à la culture.

Plusieurs personnalités avaient pris part à cet hommage, parmi lesquelles Mohamed Berrada, Elias Sanbar, Karim Kattan, Wissam Joubran, Dominique Eddé, Farouk Mardam Bey, Brigitte Curmi et Majed Bamya.

 


Macron se rendra au Vatican les 9 et 10 avril pour rencontrer Léon XIV

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
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  • Les discussions porteront sur les défis liés à l’actualité internationale, en présence de Brigitte Macron

PARIS: Emmanuel Macron se rendra les 9 et 10 avril au Vatican où il rencontrera pour la première fois le pape Léon XIV, a annoncé mercredi la présidence française.

Le chef de l'Etat, accompagné de son épouse Brigitte, abordera notamment "les défis soulevés par l'actualité internationale", a souligné la présidence française.