Ensemble pour la protection des grands fonds marins

Un manifestant brandissant une pancarte sur laquelle on peut lire « Libérez les océans des microplastiques » participe à la Marche Bleue sur la Promenade des Anglais avant la Conférence des Nations Unies sur les océans (UNOC 3), dans la ville de Nice, sur la Côte d'Azur, dans le sud-est de la France, le 7 juin 2025. (Photo de Valery HACHE / AFP)
Un manifestant brandissant une pancarte sur laquelle on peut lire « Libérez les océans des microplastiques » participe à la Marche Bleue sur la Promenade des Anglais avant la Conférence des Nations Unies sur les océans (UNOC 3), dans la ville de Nice, sur la Côte d'Azur, dans le sud-est de la France, le 7 juin 2025. (Photo de Valery HACHE / AFP)
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Publié le Lundi 09 juin 2025

Ensemble pour la protection des grands fonds marins

  • Il est primordial de respecter le cadre juridique et environnemental international applicable à ces zones.
  • Toute activité minière conduite en dehors de ce cadre juridique international constituerait une violation du droit international.

NICE, France : Depuis 2022, 33 États d’Europe, des Amériques et du Pacifique se sont engagés à appliquer le principe de précaution et à soutenir, au minimum, une pause dans l’exploitation minière des grands fonds marins. Cette position s’appuie sur les nombreux rapports et analyses scientifiques publiés ces dernières années, qui montrent que les grands fonds abritent une biodiversité encore largement méconnue et qu’il est essentiel de la préserver.

Nous voulons réaffirmer un principe fondamental : protéger les écosystèmes des grands fonds marins est un impératif juridique, scientifique, environnemental et économique.

Il est primordial de respecter le cadre juridique et environnemental international applicable à ces zones. Les ressources minérales des grands fonds situés au-delà des juridictions nationales (la Zone) constituent le patrimoine commun de l’humanité, tel que défini par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM). Leur gestion doit être collective et responsable, assurée par l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM), seule détentrice d’un mandat réglementaire et administratif pour le compte de l’humanité tout entière.

Toute activité minière conduite en dehors de ce cadre juridique international constituerait une violation du droit international.

Les grands fonds marins représentent environ 54 % de la surface océanique, mais seuls 5 % de ces environnements ont été explorés à ce jour. Nous commençons tout juste à comprendre le rôle crucial que ces écosystèmes jouent dans les grands équilibres de l’océan, notamment dans l’atténuation du changement climatique, ainsi que dans le potentiel bénéfice qu'ils pourraient apporter à l’humanité.

Si les retombées économiques d’une éventuelle exploitation demeurent théoriques pour l'instant, plusieurs éléments d’alerte ont été mis en lumière par des recherches scientifiques récentes. Les abysses abritent des milliers d’espèces inconnues, dont beaucoup sont endémiques. Le potentiel génétique de ces organismes pourrait permettre des avancées scientifiques et technologiques majeures dans des domaines tels que la santé, la nutrition ou encore l’adaptation climatique.

Ces écosystèmes sont toutefois extrêmement fragiles. Les habitats profonds se régénèrent à un rythme extrêmement lent. Les nodules polymétalliques, qui contiennent de nombreux métaux rares, se forment à raison d'1 à 10 millimètres par million d’années. Leur exploitation menace donc des équilibres millénaires qui seront difficiles à rétablir.

Par ailleurs, les grands fonds océaniques jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial, notamment en participant au stockage du carbone. Les activités d’extraction minière risqueraient toutefois de perturber cet équilibre. Les panaches de sédiments générés par l’exploitation peuvent en effet se propager à grande échelle, affecter les espèces vivant dans la colonne d’eau et véhiculer des métaux lourds pouvant remonter jusqu’à la chaîne alimentaire humaine.

Nos connaissances scientifiques ne nous permettent pas aujourd’hui de comprendre pleinement l’ensemble des impacts directs et indirects de telles activités. C'est pourquoi le principe de précaution s'impose comme une nécessité.

Nous appelons l’ensemble de la communauté internationale à se mobiliser pour garantir la protection des grands fonds marins et de leurs ressources. Toute activité menée dans les zones au-delà des juridictions nationales doit s’appuyer sur un cadre juridique multilatéral pleinement opérationnel, ainsi que sur des évaluations scientifiques rigoureuses et indépendantes, et sur des principes de transparence, de coopération internationale et de prévention.

Nous nous engageons à contribuer activement aux négociations en cours sur les règles, règlements et procédures de l’Autorité internationale des fonds marins, dans le but de garantir une protection efficace de l’environnement et de faire respecter le principe du patrimoine commun de l’humanité.

Alors que débute aujourd’hui la Conférence des Nations unies sur l’Océan, qui se tient à Nice du 9 au 13 juin 2025, nous réaffirmons notre engagement à protéger les grands fonds marins. Nous appelons l’ensemble de nos partenaires à promouvoir le respect du droit international, à accélérer la recherche scientifique sur les grands fonds marins afin que l’humanité puisse en bénéficier tout en les préservant, et à joindre leur voix aux nôtres pour demander, à minima, une pause de précaution sur leur exploitation.

Cette déclaration a été endossée par les États suivants : l’Allemagne, l’Autriche, le Chili, le Costa Rica, le Danemark, l’Équateur, l’Espagne, la Finlande, la France, la Grèce, le Guatemala, le Honduras, l’Irlande, la Lettonie, le Luxembourg, Malte, Monaco, les Palaos, le Panama, le Portugal, la Suède, la Suisse, le Vanuatu, ainsi que la République du Pérou, bien qu’elle ne soit pas Partie à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM).


L'Elysée a proposé un hommage pour Bardot, la famille n'a pas donné suite

 L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron. (AFP)
L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Eric Ciotti, président de l'UDR, allié au Rassemblement national dont était proche Brigitte Bardot, a demandé lundi à Emmanuel Macron d'organiser un hommage national, à l'image de celui rendu en 2017 au chanteur Johnny Hallyday
  • Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, tout en saluant "une actrice iconique", a en revanche estimé que les hommages nationaux étaient rendus pour "services exceptionnels à la Nation" et que l'artiste avait "tourné le dos aux valeurs républicaines"

PARIS: L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron à l'AFP.

"Il y a eu un échange avec la famille avec proposition qu’un hommage ait lieu sans que la famille ne donne suite", a déclaré ce proche, en rappelant qu'une telle démarche correspond à un "usage républicain" et que les hommages sont "systématiquement décidés d'un commun accord avec les proches du défunt".

Eric Ciotti, président de l'UDR, allié au Rassemblement national dont était proche Brigitte Bardot, a demandé lundi à Emmanuel Macron d'organiser un hommage national, à l'image de celui rendu en 2017 au chanteur Johnny Hallyday.

Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, tout en saluant "une actrice iconique", a en revanche estimé que les hommages nationaux étaient rendus pour "services exceptionnels à la Nation" et que l'artiste avait "tourné le dos aux valeurs républicaines".

Emmanuel Macron ne se rendra pas aux obsèques, qui se tiendront dans l’intimité le 7 janvier à Saint-Tropez, a également indiqué le proche du président.

En 2023, l'actrice avait adressé une lettre incendiaire au chef de l'Etat, lui reprochant son manque d'action contre la souffrance animale. "Je suis en colère face à votre inaction, votre lâcheté, votre mépris des Français, qui vous le rendent bien il est vrai", avait-elle notamment écrit.

Après une cérémonie à l'église retransmise sur grands écrans, l'inhumation privée de l'actrice et chanteuse au cimetière marin sera suivie d'"un hommage ouvert à tous les Tropéziens et à ses admirateurs", a précisé la Fondation de Brigitte Bardot, dédiée à la protection des animaux.

"À ce moment-là, tout le monde l'évoquera et partagera ses plus beaux souvenirs avec elle. Ce sera un grand moment de communion, simple, à son image", a précisé mardi la maire de Saint-Tropez, Sylvie Siri, dans une inteview au quotidien local Var-Matin.

"Mon rôle, c'est de lui organiser des obsèques dignes. Il faut tout mettre en œuvre pour que les Tropéziens et les admirateurs puissent se recueillir", a ajouté l'édile.

Interrogée sur le souhait exprimé il y a quelques années par Brigitte Bardot d’être enterrée à la Madrague, sa propriété en bord de mer, Sylvie Siri a affirmé avoir "respecté ses dernières volontés". "Seule la défunte avait décidé de son lieu d’enterrement", a souligné l'élue.

 


Agriculteurs: nouveaux rassemblements, bénédiction de tracteurs dans le Nord

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). (AFP)
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). (AFP)
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  • Les tracteurs ont ensuite quitté Cambrai à la nuit tombante, pour se rendre sur deux ronds points et les bloquer
  • Dans le Pas-de-Calais, quelques dizaines d'agriculteurs prévoient de bloquer à partir de lundi soir une base logistique de Leclerc près d'Arras, en réaction aux propos de Michel-Édouard Leclerc appelant à "promulguer le Mercosur

CAMBRAI: Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Mgr Vincent Dollmann et plusieurs prêtres ont célébré une messe sur un autel de paille en périphérie de Cambrai, en soutien aux agriculteurs "qui font face à des épreuves".

Il a salué la "dignité" des agriculteurs qui manifestent depuis plusieurs semaines contre l'accord de libre échange du Mercosur ou contre l'abattage systématique de troupeaux de bovins touchés par la DNC.

Une petite centaine de tracteurs ont été mobilisés, arborant des panneaux comme "Mercosur = mort de l'agriculture".

Jean Camier, 24 ans, jeune agriculteur d'Hermies qui doit reprendre l'exploitation familiale d'engraissement de bovins d'ici deux ans, se réjouit d'avoir fait bénir son tracteur et participé à la célébration qui selon lui "montre que tout le monde est avec [eux]".

Si les Hauts-de-France ne sont pas touchés par la DNC, il se dit "de tout cœur" avec les agriculteurs des régions concernées, soulignant avoir "un peu peur que la maladie remonte" vers le nord.

Les tracteurs ont ensuite quitté Cambrai à la nuit tombante, pour se rendre sur deux ronds points et les bloquer.

Dans le Pas-de-Calais, quelques dizaines d'agriculteurs prévoient de bloquer à partir de lundi soir une base logistique de Leclerc près d'Arras, en réaction aux propos de Michel-Édouard Leclerc appelant à "promulguer le Mercosur", a expliqué à l'AFP Louis Lacheré, des Jeunes Agriculteurs.

En Occitanie, plusieurs barrages emblématiques, à Carbonne Haute-Garonne) sur l'A64, Sévérac (Aveyron) ou Le Buisson (Lozère) sur l'A75, tiennent toujours, tandis que d'autres agriculteurs se remobilisent.

Ainsi, à Foix, une douzaine de tracteurs bloquaient depuis lundi midi l'entrée sud du tunnel de contournement de la ville et commençaient à installer un campement, a constaté un correspondant de l'AFP.

"On veut montrer à l’État qu'on est toujours autant mobilisés", a déclaré sur place Sébastien Durand, président de la Coordination rurale (CR) en Ariège. "Il n'y a pas de Noël, il n'y a pas de Premier de l'An; on sera là".

Depuis le début de l'épidémie de DNC en Savoie cet été, l'État tente de contenir la propagation par un abattage systématique des troupeaux touchés, la vaccination et les restrictions de mouvements.

Cette gestion fortement contestée par certains agriculteurs, notamment de la CR (deuxième syndicat agricole, classé à droite, voire à l’extrême droite) et de la Confédération paysanne (troisième, classé à gauche).

 


Colère agricole en France: Macron reçoit les syndicats, des blocages persistent

Des tracteurs lors d'une manifestation organisée par le syndicat agricole Coordination Rurale près du Mont-Saint-Michel, dans le nord-ouest de la France, le 18 décembre 2025. (AFP)
Des tracteurs lors d'une manifestation organisée par le syndicat agricole Coordination Rurale près du Mont-Saint-Michel, dans le nord-ouest de la France, le 18 décembre 2025. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a reçu les syndicats agricoles, opposés à l’accord UE-Mercosur, dans un contexte de forte colère liée aux crises sanitaires, notamment la dermatose bovine
  • Les blocages routiers se poursuivent dans le Sud-Ouest, alors que de nouveaux cas de la maladie sont confirmés et que la mobilisation agricole se prolonge

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a reçu mardi les syndicats agricoles pour parler de l'accord UE-Mercosur, auquel ils sont opposés, tandis que des axes routiers sont toujours bloqués pour protester contre le traitement par les autorités de l'épizootie de dermatose bovine.

"L'objet du rendez-vous, c'était d'essayer d'éteindre un peu le feu qui est partout dans les campagnes", a souligné Stéphane Galais, porte-parole national de la Confédération paysanne - un syndicat classé à gauche -, à la sortie de la rencontre, ajoutant qu'il fallait pour cela "des mesures structurelles fortes".

Les syndicats disent avoir par ailleurs rappelé au chef de l'Etat "l'extrême tension" et la "colère" du monde agricole et que des réponses étaient attendues "dès les premiers jours de janvier" sur le Mercosur mais aussi sur les crises sanitaires, au premier rang desquelles la dermatose bovine et la grippe aviaire.

C'était la première rencontre entre le chef de l'Etat et les syndicats agricoles depuis début décembre et l'amorce de la crise qui secoue l'élevage français, face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

C'était aussi la première depuis l'annonce, jeudi dernier, du report a priori au 12 janvier de la signature du traité décrié entre l'UE et des pays du Mercosur.

Cet accord faciliterait l'entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui inquiète les filières concernées, lesquelles affirment que ces produits ne respectent pas les mêmes normes que les produits européens.

L'accord permettrait en revanche aux Européens d'exporter davantage de véhicules, machines, vins et spiritueux en Amérique du Sud.

Sur le terrain, la mobilisation a connu un léger regain mardi (53 actions mobilisant 1.600 personnes, selon le ministère de l'Intérieur) par rapport à lundi (35 actions mobilisant 1.200 personnes), mais elle reste nettement inférieure à celle de la semaine dernière (110 actions jeudi).

Certains agriculteurs sont mobilisés depuis plus de 10 jours, notamment contre l'abattage total des troupeaux dans lesquels des cas de DNC sont détectés dans le Sud-Ouest.

Mardi, le ministère de l'Agriculture a confirmé un nouveau cas de la maladie en Haute-Garonne, portant le bilan total à 115 foyers enregistrés depuis juin en France. Ce dernier troupeau concerné a été abattu.

Dans le Sud-Ouest, des blocages d'autoroute étaient notamment maintenus sur l'A63 près de Bordeaux ou sur l'A64 au sud de Toulouse ou près de Bayonne.

Au sud de Bordeaux, les manifestants de la branche locale du syndicat Coordination rurale - classé à droite - ont dit vouloir organiser un réveillon et une messe de Noël mercredi soir sur leur barrage, à l'instar des agriculteurs mobilisés près de Toulouse.