PARIS : L'action de Renault a lourdement chuté mercredi matin à la Bourse de Paris, après l'annonce, la veille, par le groupe, d'un abaissement de ses prévisions financières annuelles, l'entreprise pointant du doigt la « détérioration de la dynamique du marché automobile ».
Vers 9 h 30, le titre du constructeur automobile français dévissait de 17,28 %, à 34,12 euros. Depuis le début de l'année, la valeur de l'action avait déjà fondu de plus de 25 %.
« Renault a publié des résultats préliminaires pour le premier semestre 2025 inférieurs aux attentes du consensus, contraignant l'entreprise à abaisser ses prévisions annuelles », résument les analystes de Natixis dans une note.
Selon eux, c'est notamment en raison d'un mois de juin décevant en termes de volumes et de la performance des véhicules commerciaux (utilitaires) en Europe que Renault vise désormais une marge opérationnelle autour de 6,5 % de son chiffre d'affaires, contre une marge supérieure ou égale à 7 % précédemment ciblée.
Le flux de trésorerie disponible (free cash flow) devrait se situer entre 1 et 1,5 milliard d'euros, alors qu'il était prévu qu'il se situe entre 2 et 3 milliards d'euros.
« Tout l'enjeu pour le constructeur dans les prochaines semaines et les prochains mois sera de convaincre de la réalité de l'amélioration promise pour le second semestre », a souligné Marc Lavaud, analyste chez Oddo BHF.
« Si des éléments tangibles nous semblent indispensables (volumes, lancements, prises de commandes d'utilitaires, réduction des coûts, des stocks notamment), la nomination rapide d'un nouveau directeur général nous semble également un prérequis nécessaire (mais sans doute insuffisant), avec en ligne de mire une présentation du futur plan stratégique Futurama, toujours espérée en fin d'année », a-t-il poursuivi.
Le constructeur doit donner plus de précisions sur son plan de réduction des coûts le 30 août, lors de la présentation complète de ses résultats semestriels.
Mi-juin, la direction de Renault avait été prise de court par l'annonce du départ surprise de son patron, Luca de Meo, pour le groupe de luxe Kering. Elle avait immédiatement lancé le processus de désignation d’un nouveau directeur général.
Mardi soir, le constructeur automobile a nommé Duncan Minto, son directeur financier actuel, directeur général par intérim, le temps de trouver un remplaçant à Luca de Meo.
Écossais âgé de 50 ans, Duncan Minto a commencé sa carrière chez Renault en 1997 et est devenu directeur financier du groupe en mars de cette année.







