La France reconnaît «l'Etat de Palestine», «pour la paix» avec Israël, dit Macron à l'ONU

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Publié le Lundi 22 septembre 2025

La France reconnaît «l'Etat de Palestine», «pour la paix» avec Israël, dit Macron à l'ONU

  • "Le temps est venu de libérer les (...) otages détenus par le Hamas. Le temps est venu d'arrêter la guerre, les bombardements à Gaza, les massacres et les populations en fuite"
  • Il a demandé "à Israël de ne plus rien faire qui entrave" l'"aboutissement" des négociations en ce sens

NATIONS-UNIES: "La France reconnaît aujourd'hui l'Etat de Palestine", "pour la paix entre le peuple israélien et le peuple palestinien", a déclaré lundi solennellement Emmanuel Macron à la tribune des Nations unies.

"Le temps est venu", a estimé le président français dans un discours très attendu à New York lors d'une conférence sur la "solution à deux Etats", affirmant être ainsi "fidèle à l'engagement historique" de la France "au Proche-Orient".

 

Le discours d'Emmanuel Macron

 

Nous sommes là car le temps est venu. Le temps est venu de libérer les 48 otages détenus par  le Hamas. Le temps est venu d’arrêter la guerre, les bombardements à Gaza, les massacres et  les populations en fuite. Le temps est venu car l’urgence est partout. Le temps de la paix est  venu, car nous sommes à quelques instants de ne plus pouvoir la saisir. C’est pour cela que nous  nous retrouvons aujourd’hui ici. Certains diront trop tard, d’autres diront trop tôt. Une chose  est sûre nous ne pouvons plus attendre.  

En 1947, cette Assemblée décidait du partage de la Palestine mandataire entre deux Etats, l’un  juif et l’autre arabe, et reconnaissait ainsi le droit de chacun à l’autodétermination. La  communauté internationale consacrait là l’Etat d’Israël, accomplissant le destin de ce peuple,  enfin, après des millénaires d’errance et de persécution, et qui put fonder là une si belle  démocratie. La promesse d’un Etat arabe, elle, reste, jusqu’à ce jour, inachevée. 

Depuis lors, c’est un long chemin d’espérance et de désespoir mêlés qu’Israéliens et  Palestiniens ont parcouru chacun à leur manière. Et nous, nous avons cheminé avec eux, chacun  d’entre nous selon son histoire et sa sensibilité. Mais la vérité est que nous portons la  responsabilité collective d’avoir failli jusqu’ici à bâtir une paix juste et durable au Proche 

Orient.  

C’est l’évidence même qui s’est imposée à nous le 7 octobre 2023, lorsque le peuple israélien  a subi la pire attaque terroriste de son histoire. 1224 hommes, femmes et enfants tués. 4834  hommes, femmes et enfants blessés. 251 hommes, femmes et enfants enlevés. 

La barbarie du Hamas et de ceux qui ont collaboré à ce massacre a stupéfait Israël et le monde.  Le 7 octobre est une blessure encore vive pour l’âme israélienne comme pour la conscience  universelle. Nous la condamnons sans aucune nuance car rien, jamais, nulle part, ne peut  justifier de recourir au terrorisme. Nous pensons en ce jour, aux victimes et à leurs familles.  Nous disons notre compassion aux Israéliens et exigeons avant toute autre chose que tous les  otages encore détenus à Gaza soient libérés sans aucune condition. Nous Français avons rendu  un hommage national à nos 51 compatriotes assassinés ce jour-là, et à toutes les victimes du 7  octobre 2023. Nous ne les oublierons pas. Jamais. Comme jamais nous ne cesserons le combat  existentiel contre l’antisémitisme.  

Français, nous savons la morsure du terrorisme. Nous portons au cœur le souvenir du  témoignage de fraternité offert après les attentats commis à Paris le 7 janvier 2015, par des  dizaines de dirigeants étrangers manifestant avec eux, au premier rang desquels le premier  ministre israélien et le président de l’Autorité palestinienne.  

Nous savons qu’aucune faiblesse n’est possible face aux terroristes.  

Nous savons aussi le danger des guerres sans fin. Nous savons que le droit toujours doit l’emporter sur la force. Nous savons enfin de notre Histoire que l’attachement à l’universel et  à la paix est l’héritage des siècles passés comme la condition du salut. J’affirme cela au nom de  notre amitié avec Israël, à qui notre engagement n’a jamais fait défaut. Au nom de notre amitié aussi avec le peuple palestinien pour qui nous voulons que la promesse initiale des Nations  unies, celle de deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité devienne réalité.  

Or à cette heure, Israël étend encore ses opérations militaires à Gaza dans l’objectif déclaré de  détruire le Hamas. Mais ce sont les vies de centaines de milliers de personnes déplacées,  blessées, affamées, traumatisées qui continuent d’être détruites. Alors même que le Hamas a  été considérablement affaibli et que la négociation d’un cessez-le-feu durable reste le moyen le  plus sûr d’obtenir la libération des otages.  

Rien, rien ne justifie plus la poursuite de la guerre à Gaza. Rien. Tout commande au contraire  d’y mettre un terme définitif maintenant, à défaut de l’avoir fait plus tôt. Pour sauver des vies.  Les vies des otages israéliens encore détenus dans des conditions atroces. Les vies des centaines  de milliers de civils palestiniens accablés par la faim, la souffrance, la peur de mourir, le deuil  de leurs proches. Sauver toutes les vies. Car depuis désormais près de deux ans, c’est bien la  négation de l’humanité de l’autre et le sacrifice de la vie humaine qui prévalent. Oui, depuis le  7 octobre, c’est bien la vie de l’autre qui est niée.  

Nous le disons depuis le premier jour de la guerre à Gaza : une vie vaut une vie. Je le sais pour  avoir pris dans mes bras les familles des otages rencontrées à Tel Aviv puis à Paris. Je pense à  cet instant à la mère d’Eyatar David, otage affamé et montré à la foule par ses bourreaux. Je  pense à Nimrod Cohen, otage de dix-neuf ans, dont je viens de saluer le père. Je le sais pour  être aussi allé au chevet des victimes palestiniennes des opérations militaires israéliennes, 

réfugiées à Al-Arish, des femmes, des enfants, dont je n’oublierai pas le regard. Je le sais, pour  avoir rencontré des jeunes de Gaza accueillis en France et je pense à Rita Baroud qui aurait dû  être avec nous aujourd’hui et qui continue de témoigner de la détresse de ses proches à Gaza. 

Une vie vaut une vie. Et notre devoir à tous est de protéger les uns et les autres, devoir indivisible, comme l’est notre humanité commune.  

Une solution existe pour briser le cycle de la guerre et de la destruction. C’est la reconnaissance  de l’autre, de sa légitimité, de son humanité et de sa dignité. Que les uns et les autres rouvrent  les yeux et voient des visages humains là où la guerre a placé le masque de l’ennemi ou les  traits d’une cible. C’est la reconnaissance qu’Israéliens et Palestiniens vivent dans une solitude  jumelle, solitude des Israéliens après le cauchemar historique du 7 octobre 2023, solitude des  Palestiniens à bout de force dans cette guerre sans fin.  

Le temps est venu. Car le pire peut advenir, qu’il s’agisse du sacrifice de tant d’autres civils, de  l’expulsion de la population de Gaza vers l’Egypte, de l’annexion de la Cisjordanie, de la mort des otages détenus par le Hamas, ou des faits accomplis qui changent de manière irréversible  la situation sur le terrain. C’est pour cela, c’est pour cela que nous devons aujourd’hui, ici même  ouvrir ce chemin de paix, car depuis juillet dernier, l’accélération des évènements est terrible.  Au point où nous en sommes, il est à craindre que les accords d’Abraham ou de Camp David  soient remis en cause par l’action d’Israël et que la paix devienne impossible pour longtemps  au Moyen-Orient. Il pèse donc sur nous une responsabilité historique. Nous devons tout faire  pour préserver la possibilité même d’une solution à deux Etats, Israël et la Palestine, vivant  côte-à-côte en paix et en sécurité.  

Le temps est venu. C’est pourquoi, fidèle à l’engagement historique de mon pays au Proche Orient, pour la paix entre le peuple israélien et le peuple palestinien, je déclare que la France  reconnaît aujourd’hui l’Etat de Palestine. 

Cette reconnaissance est une manière d’affirmer que le peuple palestinien n’est pas un peuple  en trop. Qu’il est au contraire ce peuple qui ne dit jamais adieu à rien, pour parler avec  Mahmoud Darwich. Un peuple fort de son Histoire, de son enracinement, de sa dignité.  

La reconnaissance des droits légitimes du peuple palestinien n’enlève rien aux droits du peuple  israélien, que la France a soutenus dès le premier jour et au respect desquels elle n’est pas moins  attachée. Précisément car nous sommes convaincus que cette reconnaissance est la solution qui  seule permettra la paix pour Israël. Jamais la France n’a manqué à Israël quand sa sécurité était  en jeu, y compris face aux frappes iraniennes. 

Cette reconnaissance de l’Etat de Palestine est une défaite pour le Hamas comme pour tous  ceux qui attisent la haine antisémite, nourrissent des obsessions antisionistes et veulent la  destruction de l’Etat d’Israël.  

Cette reconnaissance de la France est accompagnée par celles qui seront annoncées aujourd’hui  entre autres et je les en remercie, celles d’Andorre, de l’Australie, de la Belgique, du Canada,  du Luxembourg, de Malte, de Monaco, du Portugal, du Royaume-Uni, de Saint-Marin qui ont  attendu avec nous ce moment et saisissant l’appel de juillet dernier, ont fait le choix de la  responsabilité, de l’exigence et de la paix. Cela, après le choix fait par l’Espagne, l’Irlande, la  Norvège et la Slovénie en 2024, et tant d’autres auparavant. 

Cette reconnaissance ouvre le chemin d’une négociation utile aux Israéliens comme aux  Palestiniens. 

Ce chemin est celui du plan de paix et de sécurité pour tous que l’Arabie Saoudite et la France ont soumis au vote de cette assemblée, qui l’a adopté à une très large majorité. Il porte notre  ambition commune de briser l’engrenage de la violence et de changer la donne sur le terrain.  Nous avons su faire un pas les uns vers les autres, sortir de nos postures habituelles et nous  donner des objectifs concrets. Il nous appartient maintenant, ensemble, de déclencher une  mécanique de paix répondant aux besoins de chacun.  

Le premier temps ce plan de paix et de sécurité pour tous, est celui de l’urgence absolue, celle  de coupler la libération des 48 otages et la fin des opérations militaires sur tout le territoire de  Gaza. Je salue les efforts du Qatar, de l’Egypte et des Etats-Unis pour y parvenir et demande à  Israël de ne plus rien faire qui entrave leur aboutissement. Le Hamas a été vaincu sur le plan  militaire par la neutralisation de ses chefs et de ses décideurs. Il doit l’être sur le plan politique pour être véritablement démantelé. Dès lors que le cessez-le-feu aura été agréé, c’est un effort  massif que nous devrons produire collectivement pour porter secours à la population de Gaza.  Je remercie l’Egypte et la Jordanie de leur engagement ici et rappelle à Israël l’obligation  absolue qui est la sienne de faciliter l’accès humanitaire à Gaza pour aider une population  aujourd’hui démunie de tout.  

Le deuxième temps est celui de la stabilisation et de la reconstruction à Gaza. Une  administration de transition intégrant l’Autorité palestinienne, la jeunesse palestinienne accompagnée de forces de sécurité dont nous accélérerons la formation, aura le monopole de la  sécurité à Gaza. Elle mettra en œuvre le démantèlement et le désarmement du Hamas, avec le  soutien des partenaires internationaux et les moyens qui seront nécessaires à cette mission  difficile. La France est prête à contribuer à une mission internationale de stabilisation et à  soutenir, avec ses partenaires européens, la formation et l’équipement des forces de sécurité  palestiniennes. Dès lors que la négociation le permettra, le Conseil de sécurité pourra décider  le déploiement d’une mission de soutien civil et sécuritaire, en liaison avec les autorités  palestiniennes, avec le consentement des autorités israéliennes.  

Il reviendra aussi à l’Etat de Palestine de rendre espoir à sa population éprouvée par des années  de violence, d’occupation mais aussi de division et d’incurie. Il lui reviendra donc d’offrir à son  peuple un cadre d’expression démocratique, renouvelé et sécurisé. Le président Mahmoud  Abbas en a pris l’engagement auprès du prince Mohamed bin Salman et de moi-même. Il a  condamné avec force les attaques terroristes du 7 octobre 2023. Il a affirmé son soutien au  désarmement du Hamas et s’est engagé à l’exclure de la gouvernance à venir de Gaza comme  de l’ensemble du territoire palestinien. Il a affirmé son engagement à lutter contre les discours  de haine et a promis une rénovation en profondeur de la gouvernance palestinienne.  

La France sera attentive à la pleine mise en œuvre de chacun des engagements pris auprès d’elle.  Cette Autorité palestinienne renouvelée est une condition nécessaire à la réussite de  l’indispensable négociation qu’il faudra reprendre pour parvenir à un accord sur chacune des  questions relatives au statut final. C’est dans ce cadre, aussi, que je pourrai décider d’établir  une ambassade auprès de l’Etat de Palestine, dès lors que tous les otages détenus à Gaza auront  été libérés et qu’un cessez-le-feu aura été établi.

L’exigence de la France à l’égard d’Israël ne sera pas moins grande. Avec ses partenaires  européens, elle indexera le niveau de sa coopération avec lui sur les dispositions qu’il prendra  pour mettre fin à la guerre et négocier la paix.  

C’est bien grâce à ce chemin que nous obtiendrons un Etat de Palestine souverain, indépendant  et démilitarisé regroupant l’ensemble de ses territoires, reconnaissant Israël, et étant reconnu  par Israël, dans une région qui connaîtra enfin la paix.  

J’attends aussi de nos partenaires arabes et musulmans qui ne l’ont pas encore fait, qu’ils  tiennent leur engagement de reconnaître l’Etat d’Israël et d’avoir avec lui des relations normales  dès lors que l’Etat de Palestine aura été établi. Ainsi ferons-nous la démonstration d’une double  reconnaissance au bénéfice de la paix et de la sécurité de tous au Proche-Orient.  

Voici, Mesdames et Messieurs, quel est notre plan de paix. Il établit un engrenage exigeant pour  sortir de la guerre et entrer dans une phase décisive de négociation. Il permet que la paix israélo palestinienne soit le premier pilier d’une nouvelle architecture de paix et de sécurité au Proche  et Moyen-Orient. Il crédibilise aussi la possibilité d’une plus grande intégration économique. 

Rien ne sera possible sans que les autorités israéliennes s’approprient pleinement notre ambition  renouvelée de parvenir enfin à la solution des deux Etats. Je sais leurs réticences et leurs  craintes. J’entends avec beaucoup de respect le peuple israélien, sa tristesse et sa fatigue, et je veux croire que les autorités israéliennes l’entendront également et sauront s’engager à leur  tour. Je sais que le peuple israélien et ses dirigeants peuvent en avoir la force.  

Je me souviens du jeune homme que j’étais, apprenant l’assassinat terrible d’Yitzhak Rabin, il  y a près de 30 ans, tué pour avoir voulu la paix. Au moment où la mort allait le ravir, le guerrier  héroïque de l’Etat d’Israël venait de prononcer ces mots : « J’ai fait la guerre aussi longtemps  qu’il n’y avait aucune chance de faire la paix ». Cette chance existe là aujourd’hui. 142 Etats  proposent cette paix, main tendue prête à être serrée.  

Alors, oui, le temps est venu d’arrêter la guerre à Gaza, les massacres, la mort, tout de suite.  L’urgence nous le commande. Le temps est venu pour Israël de vivre en paix et en sécurité, de  la Galilée à la Mer Rouge, par la mer Morte, par le lac de Tibériade, et par Jérusalem. Le temps est venu de ne plus discuter nulle part l’existence d’un Etat d’Israël et d’en faire une évidence.  

Le temps est venu de rendre justice au peuple palestinien et ainsi de reconnaître un Etat de  Palestine, frère et voisin, à Gaza et en Cisjordanie et par Jérusalem. Le temps est venu de chasser  de ces terres le visage hideux du terrorisme et de bâtir la paix. Oui, bâtir la paix, c’est ce qui  nous rassemble ici. Et telle est l’espérance qui peut se construire. Alors que pour certains  commence une année nouvelle, c’est un choix à faire et c’est notre devoir. La paix est beaucoup  plus exigeante, beaucoup plus difficile que toutes les guerres. 

Mais le temps est venu.

 

"Le temps est venu de libérer les (...) otages détenus par le Hamas. Le temps est venu d'arrêter la guerre, les bombardements à Gaza, les massacres et les populations en fuite", a-t-il énuméré. La libération de "tous les otages" et le cessez-le-feu sont des préalables à l'établissement d'une "ambassade auprès de l'Etat de Palestine", a confirmé Emmanuel Macron.

Il a demandé "à Israël de ne plus rien faire qui entrave" l'"aboutissement" des négociations en ce sens.

"Le temps est venu car l'urgence est partout. Le temps de la paix est venu, car nous sommes à quelques instants de ne plus pouvoir la saisir", a-t-il martelé.

"Certains diront trop tard, d'autres diront trop tôt", mais "nous ne pouvons plus attendre", a-t-il plaidé.

Le chef de l'Etat français, à l'initiative de ce processus diplomatique qui est accompagné par la reconnaissance d'un Etat palestinien par une dizaine d'autres pays, dont le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie, a assuré vouloir "ouvrir ce chemin de paix".

Selon lui, l'offensive israélienne à Gaza risque de "remettre en cause" les accords de paix déjà conclus par Israël avec des pays arabes.

A Israël et aux Etats-Unis, ainsi qu'à ses détracteurs en France, qui estiment qu'il récompense ainsi le mouvement islamiste palestinien Hamas pour ses attaques sanglantes du 7 octobre 2023 sur le sol israélien, Emmanuel Macron a assuré au contraire que "cette reconnaissance de l'État de Palestine est une défaite pour le Hamas comme pour tous ceux qui attisent la haine antisémite, nourrissent des obsessions antisionistes et veulent la destruction de l'Etat d'Israël".

Car ce futur Etat exclura le Hamas de sa gouvernance, a-t-il insisté, réaffirmant que, selon ce plan, une "mission internationale de stabilisation" serait chargée de sécuriser Gaza, avec "une administration de transition intégrant l'Autorité palestinienne". Objectif: "le démantèlement et le désarmement du Hamas".

"La France est prête à contribuer" à cette mission, a-t-il dit.

Accusé par le Premier ministre israélien de ne pas en faire assez contre l'antisémitisme en France, Emmanuel Macron a fermement dénoncé "la barbarie du Hamas" lors du 7-Octobre, "une blessure encore vive pour l'âme israélienne comme pour la conscience universelle".

"Jamais nous ne cesserons le combat existentiel contre l'antisémitisme", a-t-il encore déclaré.


Deux tiers de la France en alerte canicule maximale, décrue des températures à l'horizon

A winegrower protects himself from the sun under an umbrella as he works in Burgundy vineyards in Gevrey-Chambertin, central-eastern France, on May 28, 2026 as a heatwave hits France. (AFP)
A winegrower protects himself from the sun under an umbrella as he works in Burgundy vineyards in Gevrey-Chambertin, central-eastern France, on May 28, 2026 as a heatwave hits France. (AFP)
  • La France reste fortement touchée par une canicule exceptionnelle, avec 61 départements toujours en vigilance rouge, même si une baisse progressive des températures est attendue à partir de l'ouest
  • La vague de chaleur perturbe les services publics et l'économie : hôpitaux sous tension, événements annulés ou reportés, coupures d'électricité et impacts sanitaires croissants en France et ailleurs en Europe

PARIS: Deux tiers de la France restent vendredi écrasés par une canicule d'ampleur exceptionnelle à l'échelle européenne, mais quelques départements sortent du niveau d'alerte maximale et une baisse progressive des températures pointe à l'horizon.

Avec 61 départements en vigilance rouge vendredi, la canicule reflue légèrement après le pic de l'épisode atteint la veille.

Onze de ces départements devraient passer en vigilance orange vendredi à 22H00, selon Météo-France, et treize autres seront rétrogradés samedi à 06H00.

"L'air le plus chaud va progressivement se décaler vers l'Est du pays", explique Météo-France, ajoutant que "de l'air plus frais commence à gagner par l'ouest et le nord-ouest".

Le préfet de police de Paris a averti qu'il était possible que des événements festifs prévus ce week-end, notamment la Marche des fiertés samedi, soient annulées par arrêté, alors que le système hospitalier est "saturé".

Une Marche des fiertés à Lyon prévue samedi a déjà été reportée à septembre, et les courses "We run" à Paris du week-end ont été annulées. Plusieurs milliers de personnes étaient attendues.

D'ici là, plus de 850.000 collégiens passent dès vendredi les épreuves du brevet. Si certains oraux du baccalauréat ont été reportés de quelques jours pour faire face à la vague de chaleur historique, le brevet des collèges est bien maintenu, avec le français au programme vendredi matin.

Les collégiens pourront, "évidemment", "à tout moment, au cours de l'épreuve, aller se rafraîchir, de l'eau sera distribuée", a affirmé jeudi sur France 2 le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray.

Emmanuel Macron a assuré jeudi qu'un "gros travail a été fait" par la France contre le réchauffement climatique, mais qu'on "ne s'adapte pas à un pic" qui n'a "jamais eu d'équivalent dans notre histoire".

La chaleur ne se limite pas aux frontières de l'Hexagone, et ce sont au moins 101 millions d'Européens qui ont enduré des températures supérieures à 35°C jeudi.

Comme la Suisse, le Royaume-Uni a battu son record de chaleur pour un mois de juin, tandis que le service d'ambulances londonien a enregistré son "record historique d'interventions pour des urgences vitales" mercredi.

- "Mortalité en hausse" -

Les conséquences sanitaires commencent à émerger: au moins 212 décès pouvant être attribués à la vague de chaleur ont été recensés de dimanche à mercredi en Espagne, contre 98 à la même période 2025, selon des données publiées par l'Institut de santé Carlos III à Madrid.

De son côté, le maire de Paris Emmanuel Grégoire a évoqué une "mortalité en hausse", sans précision chiffrée, dans la capitale française où le thermomètre a franchi mercredi pour la quatrième fois en 150 ans les 40°C.

Les infrastructures souffrent également des températures, et 50.000 foyers étaient privés d'électricité, notamment dans les Yvelines (33.000), Hauts-de-Seine (7.400) et Gironde (5.700), selon le gestionnaire Enedis, qui a activé sa force d'intervention rapide électricité (FIRE).

L'activité économique est elle aussi perturbée, avec par exemple le célèbre fabricant de cocottes en fonte émaillée Le Creuset qui a suspendu sa production dans l'Aisne de mercredi après-midi jusqu'à lundi.

Les  canicules à répétition  sont  un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion d'énergies fossiles par les humains.

"Inévitablement, nous allons expérimenter plus de ce que l'on vient de vivre ces derniers jours", a prévenu mercredi Jim Skea, le président du Giec, groupe d'experts sur le climat travaillant pour le compte de l'ONU.

Le réchauffement dans certaines régions ou les océans va au-delà des prévisions des scientifiques, a-t-il expliqué.


Macron et Meloni vont mettre en scène leur "bonne entente" sur la Côte d'Azur

La Première ministre italienne Giorgia Meloni (à gauche) et le président français Emmanuel Macron posent lors de l’accueil officiel dans le cadre du sommet du G7, à Évian, dans l’est de la France, le 15 juin 2026. (AFP)
La Première ministre italienne Giorgia Meloni (à gauche) et le président français Emmanuel Macron posent lors de l’accueil officiel dans le cadre du sommet du G7, à Évian, dans l’est de la France, le 15 juin 2026. (AFP)
  • Le sommet d’Antibes marque un réchauffement des relations entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni après plusieurs années de tensions, avec la volonté affichée de renforcer la coopération franco-italienne sur les dossiers européens et internationaux
  • Paris et Rome veulent approfondir leurs partenariats stratégiques dans la défense, l’espace, l’énergie et l’industrie, notamment autour du système SAMP/T, des satellites européens et du nucléaire civil

ANTIBES: Emmanuel Macron et Giorgia Meloni se retrouvent jeudi à Antibes, sur la Côte d'Azur, pour le premier sommet franco-italien depuis 2020, un rendez-vous très attendu destiné à donner un nouvel élan à la relation entre les deux voisins après une série de dissonances.

Ce sera aussi le premier rendez-vous de ce genre depuis l'entrée en vigueur en 2021 du Traité du Quirinal, qui a rehaussé la relation bilatérale au niveau de celle entre Paris et Berlin, et surtout depuis l'entrée en fonction de Giorgia Meloni, issue du parti post-fasciste Frères d'Italie, en octobre 2022.

Initialement envisagé sur deux jours en avril à Toulouse, le sommet se résumera à quelques heures jeudi après-midi, avec des entretiens, des signatures d'accords et une conférence de presse, avant un dîner de travail.

Mais l'ambiance promet d'être détendue dans le décor raffiné de la Villa Eilenroc, auguste demeure du 19e siècle surplombant la Méditerranée, qui accueillera les discussions après une visite au musée Picasso d'Antibes.

Oubliés les piques, accrocs et crises entre les deux dirigeants politiquement antagonistes mais déterminés à prendre chacun la lumière sur la scène européenne?

L'Elysée, balayant "l'écume et le commentaire" sur ces tensions, n'a qu'un mot d'ordre, le "retour aux fondamentaux de la relation franco-italienne".

- "Sur les deux joues" -

Et elle ne manque pas d'atouts, avec plus de 100 milliards d'euros d'échanges de biens en 2025 et de multiples coopérations, de la défense à l'énergie en passant par l'espace.

L'heure est donc ces derniers mois à la bonne entente, d'autant plus que Giorgia Meloni a pris, après une lune de miel très appuyée, ses distances avec Donald Trump au prix d'échanges acerbes ces derniers jours.

"Meloni a misé sur l'alliance avec Donald Trump", mais leur passe d'armes "démontre que les nationalistes et les nationalismes ne parviennent pas à s'allier", dit à l'AFP Sergio Fabbrini, professeur de relations internationales à l'Université Luiss de Rome. La cheffe du gouvernement italien est donc "contrainte de revenir dans le giron de l'Union européenne", dans la poursuite de sa tentative "d'apaisement des tensions" avec le reste des 27.

Pour Marc Lazar, spécialiste de l'Italie à Sciences Po Paris, ils vont donc "s'embrasser sur les deux joues comme du bon pain, elle va arrêter de faire la gueule quand elle voit Macron et vice-versa".

Dès la fin 2022, la relation avait viré à l'orage autour d'un bateau de migrants que Rome refusait d'accueillir, contraignant Paris à le faire.

En février encore, Emmanuel Macron invitait l'Italienne à cesser de "commenter ce qui se passe chez les autres", après la mort en France d'un militant identitaire. "Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés", avait-il lancé sans ménagement.

- Missiles et satellites -

Mais les deux pays ont intérêt à s'entendre. "C'est une relation d'évidence (...) Nous avons besoin l'un de l'autre", concède l'Elysée, quand, côté italien, on insiste sur l'"importance stratégique" de la "coordination entre Rome et Paris" sur les dossiers européens et internationaux en ces temps de chambardement géopolitique.

Sur l'Ukraine d'abord, les positions convergent même si la Première ministre exclut d'y envoyer des soldats en cas d'accord de paix avec la Russie afin de donner des gages de sécurité à Kiev.

Les deux pays réfléchissent aussi ensemble à la force multinationale qui pourrait succéder au Liban à la Finul dont le mandat expire à la fin de l'année.

"Beaucoup de ministères travaillent main dans la main, dans un très bon esprit, malgré les divergences politiques", relève Marc Lazar.

Les deux délégations - huit ministres de chaque côté outre les deux dirigeants - vont signer une feuille de route sur la défense, qui mettra notamment l'accent sur le système franco-italien de défense anti-aérienne SAMP/T, livré à l'Ukraine, avec l'idée de "développer une offre souveraine européenne" en la matière.

Paris et Rome travaillent aussi sur une mégafusion entre les poids lourds européens des satellites Airbus, Thales et Leonardo. Une attention particulière sera accordée à Antibes à ce "projet de consolidation" baptisé Bromo, relève l'Elysée.

L'Italie, qui veut relancer son programme nucléaire, travaille également avec la France sur de petits réacteurs modulaires SMR. Des investissements seront en outre annoncés lors d'un Forum économique franco-italien au Cannet.


La canicule se poursuit, 50 millions de Français voient rouge

Dans son bulletin actualisé de 06H00, Météo France a annoncé la levée de la vigilance rouge canicule dans 11 départements de l'Ouest ce soir. Tous les départements de la façade atlantique ainsi que la Manche, les Côtes-d'Armor et les Hautes-Pyrénées repasseront en orange à partir de 22H00. (AFP)
Dans son bulletin actualisé de 06H00, Météo France a annoncé la levée de la vigilance rouge canicule dans 11 départements de l'Ouest ce soir. Tous les départements de la façade atlantique ainsi que la Manche, les Côtes-d'Armor et les Hautes-Pyrénées repasseront en orange à partir de 22H00. (AFP)
  • Avec 72 départements en vigilance rouge, jeudi pourrait être le pic de l'épisode caniculaire que connaît la France depuis le début de semaine
  • Les températures devraient à nouveau monter à des niveaux "exceptionnellement élevés", après avoir atteint jusqu'à 43,8°C à Palluau (Vendée) mercredi, selon Météo-France

LILLE: "Ça devient épuisant, à la fois pour le corps et pour le mental": la lassitude gagne les Français toujours confrontés à une canicule historique, qui pourrait atteindre jeudi un nouveau pic, avant un début d'amélioration attendu en soirée sur la façade atlantique.

Avec 72 départements en vigilance rouge, jeudi pourrait être le pic de l'épisode caniculaire que connaît la France depuis le début de semaine.

Les températures devraient à nouveau monter à des niveaux "exceptionnellement élevés", après avoir atteint jusqu'à 43,8°C à Palluau (Vendée) mercredi, selon Météo-France.

Du Sud-Ouest au Nord-Est, 51,1 millions de Français sont jeudi en vigilance rouge, dont 5,6 millions de personnes de 75 ans et plus, selon un décompte de l'AFP.

Quelque 3.500 établissements scolaires sont fermés jeudi et 10.000 ont aménagé leurs horaires, essentiellement des écoles primaires, a déclaré le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray sur France 2.

"J'ai beau aérer tôt le matin et le soir, j'ai l'impression que la chaleur s'accumule chez moi au fil des jours, jusque dans les murs en fait. Ça devient épuisant, à la fois pour le corps et pour le mental", témoigne Arthur, un ingénieur de 28 ans qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, à Rennes.

"Plusieurs fois par jour, j’ai l'impression que mon cerveau tourne au ralenti. Si c'était autorisé, je crois que je pourrais venir dormir à mon travail, où le bureau est climatisé", ajoute-t-il.

"Il faut prendre sa peine en patience", estime Bénédicte War, une Lilloise de 49 ans, avant de reconnaître avoir hâte que cette vague de chaleur se termine, "pour pouvoir revivre un petit peu".

Températures "jamais connues" 

Dans son bulletin actualisé de 06H00, Météo France a annoncé la levée de la vigilance rouge canicule dans 11 départements de l'Ouest ce soir. Tous les départements de la façade atlantique ainsi que la Manche, les Côtes-d'Armor et les Hautes-Pyrénées repasseront en orange à partir de 22H00.

A partir de 16H00, les Côtes-d'Armor, l'Ille-et-Vilaine et la Manche passeront en vigilance orange orages, suivis par les Pyrénées-Atlantiques, les Landes, la Gironde, le Lot-et-Garonne, la Dordogne, les Hautes-Pyrénées et le Gers à 18H00.

A Strasbourg, dans la famille de Sophie, tout le monde dort depuis mardi soir "en mode camping", dans la même chambre, pour bénéficier de l'unique climatiseur mobile.

"Avec 31 degrés dans l'appartement, c'est très compliqué. Le weekend dernier, je ne m'endormais pas avant 02H00 du matin", explique à l'AFP cette mère de 46 ans qui a souhaité rester anonyme.

Chaque jour, la France plonge un peu plus dans l'inconnu. Avant l'épisode actuel, jamais plus de 20 départements n'avaient été placés simultanément en vigilance rouge canicule depuis la création de ce dispositif en 2004, dans le sillage de la canicule historique d'août 2003.

Mercredi a été la journée la plus chaude jamais enregistrée en France, selon Météo-France, effaçant le précédent record établi seulement la veille.

"On n'est qu'au début de l'histoire", craint sur la Grand'Place de Lille Amandine Rogeau, 42 ans, qui s'inquiète de températures qu'elle n'a "jamais connues".

La ministre de la Santé Stéphanie Rist a lancé mercredi soir sur France 2 un "cri du coeur": "Je voudrais que tout le monde (...) se mobilise pour les personnes qui sont isolées. Si vous êtes vous-même à côté de quelqu'un qui est isolé, allez voir votre voisin, demandez-lui s'il va bien".

"L'impact de la chaleur arrive cinq à dix jours après le début de la canicule", a-t-elle également rappelé, alors que le pays vit jeudi son cinquième jour consécutif de vigilance rouge.

Risque de feux de forêts 

Le maire de Paris Emmanuel Grégoire a rapporté jeudi une "mortalité en hausse" dans la capitale à cause de la canicule, sans donner de chiffres, et appelé "solennellement" à la prudence, y compris les plus jeunes.

La préfecture du Pas-de-Calais a fait état mercredi soir de trois décès "constatés à domicile, pour lesquels la canicule est susceptible d'avoir eu un effet".

Quatre noyades ont été recensées en France par la gendarmerie mercredi, dans des piscines à Simard (Saône-et-Loire) et Saint-Estève (Pyrénées-Orientales), dans une rivière à Saint-Pavace (Sarthe) et au bord d’une plage à Noirmoutier (Vendée).

Les températures entraînent aussi un épisode de pollution à l'ozone dans plusieurs départements du nord, de l'est et de l'ouest du pays, placés en niveau d'alerte mercredi et jeudi. Les préfectures y ont réduit la vitesse autorisée sur les routes.

La panne d'électricité qui a touché le Finistère, provoquée par des incidents sur les infrastructures liés aux fortes chaleurs et ayant touché près de 120.000 foyers, est désormais terminée, a annoncé jeudi la préfecture.

Pour la première fois de l'année, deux départements, la Haute-Garonne et les Deux-Sèvres, ont basculé mercredi en "danger très élevé" de feux de forêts.

La canicule touche aussi d'autres pays européens: les températures devraient dépasser 35 degrés pour plus de 100 millions de personnes jeudi en Europe, selon un calcul de l'AFP.