Le secteur culturel saoudien attire 500 M$ d’IDE et 1 700 investisseurs étrangers, selon Al-Falih

Le rédacteur en chef d'Arab News, Faisal J. Abbas, avec le ministre de l'investissement, Khalid Al-Falih, et Faisal Alibrahim, ministre saoudien de l'économie et de la planification. (AN)
Le rédacteur en chef d'Arab News, Faisal J. Abbas, avec le ministre de l'investissement, Khalid Al-Falih, et Faisal Alibrahim, ministre saoudien de l'économie et de la planification. (AN)
Short Url
Publié le Mardi 30 septembre 2025

Le secteur culturel saoudien attire 500 M$ d’IDE et 1 700 investisseurs étrangers, selon Al-Falih

  • Le secteur culturel saoudien a attiré 500 millions de dollars d’investissements étrangers et 1 700 investisseurs internationaux
  • Le Royaume veut tripler la contribution économique du secteur culturel d’ici 2030

RIYAD: Le secteur culturel d’Arabie saoudite a attiré 500 millions de dollars d’investissements directs étrangers (IDE) et 1 700 investisseurs non-saoudiens, a révélé l’un des principaux ministres du Royaume.

Prenant la parole lors de la première Conférence sur l’investissement culturel à Riyad, le ministre de l’Investissement Khalid Al-Falih a souligné l’accélération de la transformation du Royaume en un pôle culturel mondial.

« Nous avons aujourd’hui plus de 50 000 investisseurs en Arabie saoudite — nationaux et internationaux — classés comme investisseurs dans les domaines culturels et créatifs », a-t-il déclaré.

Lors du premier panel de la conférence, modéré par le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, le ministre a exposé la croissance rapide de l’économie culturelle.

« Je peux vous dire qu’il y a six ou sept ans, nous partions de zéro. Aujourd’hui, nous avons dépassé les 500 millions de dollars d’IDE dans le secteur culturel rien que l’an dernier. La croissance s’accélère, à deux chiffres », a-t-il précisé.

Il a également souligné qu’une part significative de ces investissements provenait de l’étranger :

« Je suis heureux d’annoncer que nous comptons 1 700 investisseurs internationaux dans les domaines de la culture, de la création, des arts, de l’événementiel, du divertissement et de tout ce que nous englobons dans cette large définition de la culture. »

Organisée par le ministère de la Culture au Centre culturel du roi Fahd, la conférence a attiré des investisseurs, des leaders culturels et des décideurs du monde entier. L’événement vise à positionner le Royaume comme une destination majeure pour l’investissement culturel, un pilier clé de la Vision 2030 pour la diversification économique.

Le ministre Al-Falih a présenté l’investissement culturel comme essentiel à l’identité et à l’attractivité du pays :

« Un pays sans âme, c’est un pays qui n’existe pas. Personne ne voudra venir le visiter. » Il a ajouté que « Riyad et le Royaume sont devenus des centres culturels », citant le Riyadh Season comme exemple emblématique.

Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du Programme de la qualité de vie de la Vision 2030, qui vise à enrichir l’offre culturelle, les loisirs et le cadre de vie général.

Dans le même esprit, le ministre de l’Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a souligné la priorité stratégique du secteur :

« Pour le Royaume, il s’agit d’un élément clé de la première vague de diversification économique à laquelle nous assistons », a-t-il déclaré.

Le ministre a révélé que le secteur culturel emploie déjà environ 235 000 personnes, avec pour objectif de tripler sa contribution à l’économie d’ici 2030, en s’appuyant largement sur les exportations.

Les deux ministres ont présenté un modèle de croissance collaboratif. Al-Falih a décrit une approche en triangle : les investisseurs privés, le soutien public, l’investissement direct de l’État, ainsi que l’implication de la société civile.

Il a indiqué que 40 opportunités d’investissement culturel ont déjà été développées et sont disponibles sur la plateforme Invest Saudi.

Faisal Alibrahim a souligné que, dans les premières années de la Vision 2030, les dépenses culturelles ont été aussi importantes, voire plus importantes que les postes budgétaires traditionnels.

Il a également lié le développement culturel à l’image du Royaume à l’international :

« Les gens se souviennent de la générosité, et aujourd’hui, ils constatent une amélioration de l’expérience utilisateur dans les interactions avec le Royaume. »

Le ministre a insisté sur la nécessité d’impliquer des entrepreneurs, pas seulement des grands groupes. Il a cité la Corée du Sud comme modèle, rappelant comment sa diversification rapide a dopé ses exportations culturelles, un levier de soft power qui a même poussé des Saoudiens à apprendre la langue.

Selon la Banque de Corée, les exportations de propriété intellectuelle du pays (musique, cinéma, jeux) ont plus que triplé en dix ans, atteignant 9,85 milliards de dollars en 2024.

Avec plus de 38 panels sur deux jours, la Conférence sur l’investissement culturel marque une étape majeure dans la stratégie saoudienne visant à faire du secteur culturel un moteur économique et à renforcer sa présence culturelle sur la scène mondiale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Suez remporte à Oman un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau

Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
  • Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman
  • Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez"

PARIS: Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman, un des plus importants de son histoire, a-t-il annoncé lundi.

Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez", a déclaré le directeur général du groupe, Xavier Girre, lors d'un entretien à l'AFP.

 

 


Air France reprend ses vols directs entre Riyad et Paris

 Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
  • « L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris »
  • « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française »

RIYAD: Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale.

À compter de cette reprise, la compagnie française retrouvera son programme initial de trois vols hebdomadaires entre l'aéroport international King Khalid de Riyad et l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, conformément à son programme de la saison estivale 2026.

Cette reprise intervient dans un contexte de renforcement des échanges économiques, touristiques et culturels entre les deux pays. Elle marque également la volonté d'Air France de consolider sa présence sur le marché saoudien, considéré comme l'un des plus stratégiques de la région.

« L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris », a déclaré Raza Syed, Country Manager Arabie saoudite et Égypte d'Air France-KLM.

Il a souligné que cette reprise reflète l'engagement à long terme du groupe envers le Royaume et permettra aux voyageurs de bénéficier à nouveau de l'ensemble du réseau international d'Air France-KLM grâce aux correspondances proposées depuis Paris. « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française qui font la réputation d'Air France », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette reprise, Flying Blue, le programme de fidélité d'Air France et de KLM, lance une offre promotionnelle destinée aux voyageurs au départ du Royaume. Les passagers réservant leurs billets entre le 29 juin et le 13 juillet 2026 pourront cumuler trois fois plus de Miles, pour des voyages effectués jusqu'au 31 décembre 2026.

Horaires des vols

La liaison Riyad-Paris (AF685) sera assurée les mardis, jeudis et dimanches, avec un départ de Riyad à 8h45 et une arrivée à Paris à 14h25.

Le vol retour Paris-Riyad (AF684) opérera les lundis, mercredis et samedis, avec un départ de Paris à 23h20 et une arrivée à Riyad à 6h35 le lendemain.

Fondée en 1933, Air France emploie plus de 40 000 collaborateurs et, avec KLM et Transavia, fait partie du groupe Air France-KLM. Le groupe dessert plus de 300 destinations dans le monde grâce à une flotte de plus de 500 appareils et poursuit ses investissements dans la modernisation de sa flotte ainsi que dans la réduction de son empreinte environnementale.


La dette française dépasse les 3.500 milliards d'euros, en pleine préparation du budget 2027

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
  • La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue"
  • "Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB

PARIS: La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques.

La dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025, où elle était de 3.460,5 milliards d'euros, soit 115,7% du PIB. Elle avait alors baissé sur un trimestre mais continué à grimper par rapport à fin 2024, où elle était de 3.306,1 milliards et pesait 112,6% du PIB.

La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue".

"Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-t-il. "On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté", mais "depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne".

Entre 2019 et 2025, la France a connu "la plus forte progression, après celle de la Finlande," de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle.

"Ce qui l'explique, c'est le niveau du déficit", et "la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans", estime-t-il.

Premier poste de l'Etat 

Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.

"Notre position relative, par rapport aux autres pays, s'est nettement dégradée", renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.

Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l'Etat, devant celui de l'Education (hors pensions), rappelait récemment le ministre français de l'Economie Roland Lescure lors d'un colloque à la Cour des comptes, évoquant un "coût de la dette record".

Le service de la dette de l'Etat devrait ainsi atteindre 64 milliards d'euros en 2026, et "pourrait augmenter jusqu'à 100 milliards dans les années qui viennent", avait-il ajouté.

"Notre charge d'intérêts de la dette va mécaniquement augmenter" car "le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu'avant", souligne Mathieu Plane. "C'est très important d'être crédibles pour garantir un financement bon marché" des investisseurs.

Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s'est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.

Comité d'alerte 

Mais la tâche s'annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l'Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d'une chance sur deux (55%) de rater la cible des 118% du PIB en 2029.

Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement, en quête d'un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d'éviter les hausses d'impôts.

Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d'alerte des finances publiques. Ce Comité devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril.

Dans un contexte économique difficile, le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9%. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant). L'Insee, elle, table sur 0,7%.

Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publiques David Amiel a aussi missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027. Ils devraient rendre leurs conclusions début juillet.