Dernières heures de tractations pour tenter de sortir de l'impasse politique

Short Url
Publié le Mercredi 08 octobre 2025

Dernières heures de tractations pour tenter de sortir de l'impasse politique

  • Nouvelle dissolution de l'Assemblée après celle de l'été 2024, départ du président... Tous les scénarios sont évoqués depuis la démission surprise lundi matin de Sébastien Lecornu
  • Une annonce qui a précipité la France dans une crise politique sans précédent et ravive les inquiétudes des investisseurs quant à la situation politique et budgétaire du pays

PARIS: Le Premier ministre démissionnaire français Sébastien Lecornu tente mercredi d'ultimes pourparlers pour tenter de sortir le pays de l'impasse politique, au dernier jour fixé par le président Emmanuel Macron, qui voit lui-même se multiplier les appels à la démission.

Nouvelle dissolution de l'Assemblée après celle de l'été 2024, départ du président... Tous les scénarios sont évoqués depuis la démission surprise lundi matin de Sébastien Lecornu, seulement 14 heures après avoir dévoilé son gouvernement.

Une annonce qui a précipité la France dans une crise politique sans précédent et ravive les inquiétudes des investisseurs quant à la situation politique et budgétaire du pays.

Chargé d'ici mercredi soir de composer une coalition, le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République consulte au pas de charge pour ce qui s'apparente à une mission de la dernière chance.

Après s'être entretenu mardi avec les responsables de la droite et du centre, ainsi que les présidents des deux chambres du Parlement, il doit rencontrer mercredi matin les socialistes, qui lorgnent sur le poste de chef de gouvernement, puis les écologistes.

Mais les chances de compromis sont minces. Le Rassemblement national (extrême droite) a décliné l'invitation tout comme La France insoumise (gauche radicale), qui tous deux réclament des législatives anticipées.

Le chef de l'Etat a déjà fait savoir par son entourage qu'il "prendrait ses responsabilités" en cas d'échec mercredi, laissant planer la menace d'une nouvelle dissolution de l'Assemblée actuellement divisée en trois blocs sans majorité nette (gauche, centre et droite, extrême droite).

"La démission n'existe pas" 

M. Macron a jusqu'ici toujours exclu de démissionner, comme le demande sans relâche la gauche radicale.

La pression est toutefois montée d'un cran avec des appels émanant de proches dont son ancien Premier ministre Edouard Philippe (2017-2020), candidat déclaré à la présidentielle.

Cet allié traditionnel a lâché une bombe en l'exhortant à organiser "une élection présidentielle anticipée" après l'adoption d'un budget pour 2026, évoquant un Etat qui n'est selon lui "pas tenu".

M. Lecornu, qui a dit qu'en toute hypothèse il ne prendrait pas la tête du prochain gouvernement, est le quatrième locataire de Matignon depuis la dissolution surprise décidée - et perdue - par M. Macron au printemps 2024.

"On ne va pas faire durer ce que nous vivons depuis six mois pendant 18 mois encore (jusqu'à la présidentielle de 2027, ndlr), c'est beaucoup trop long", a lancé M. Philippe.

La veille, un autre ex-chef du gouvernement, jadis proche d'Emmanuel Macron, Gabriel Attal, avait sèchement pris ses distances avec le président, dont il ne comprend "plus les décisions", sans pour autant l'appeler à écourter son mandat.

"La question de la démission n'existe pas", Emmanuel Macron restera en place "jusqu'à la dernière minute de son mandat", a répondu mardi la porte-parole démissionnaire du gouvernement, Aurore Bergé.

Pour espérer arracher un compromis, M. Lecornu a convenu de "concentrer" les discussions mercredi sur le budget pour 2026 et l'avenir de la Nouvelle-Calédonie, archipel français du Pacifique sud.

Ultime concession, il a "ouvert la porte" à une "suspension" de la réforme des retraites, une mesure phare du deuxième quiquenat Macron décriée par la gauche et les syndicats.

La ministre démissionnaire Elisabeth Borne s'est elle-même dite mardi ouverte à une "suspension" de cette réforme, qu'elle avait fait adopter au moyen du vote bloqué quand elle était Première ministre.

 


Sophie Adenot, "une fierté française" et "un horizon pour les petites filles", selon Macron

Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Short Url
  • Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie dans l’espace, lors d’une opération de maintenance de l’ISS
  • Emmanuel Macron et plusieurs responsables politiques ont salué cet exploit comme une « fierté française » et une journée historique

PARIS: Le président Emmanuel Macron a salué mardi la sortie dans l'espace de Sophie Adenot, qualifiant l'événement de "fierté française" et voyant dans l'astronaute "le visage de tous les possibles".

"En devenant la première Française à sortir dans l'espace, Sophie Adenot incarne une fierté française autant qu'un horizon pour les petites filles qui rêvent d'infini", a-t-il écrit sur X, parlant de "l'heure des pionnières".

D'autres personnalités politiques se sont également exprimées comme Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, qui a félicité sur X l'astronaute et colonel de l'armée de l'air dont la sortie marque une "journée historique".

Plus tôt dans la journée, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a salué les "savoir-faire collectifs de haut niveau" nécessaires à l'opération, et le rôle de la France: "première nation spatiale européenne".

"Immense fierté", a simplement commenté Bruno Retailleau, le candidat des Républicains (LR) à la présidentielle.

Sophie Adenot, en mission dans la Station spatiale internationale (ISS), est devenue mardi la première astronaute française à sortir dans l'espace pour réaliser une opération délicate visant à remplacer une antenne de communication entre l'ISS et la Terre.


La question des retraites se (ré)invite dans la rentrée politique

Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • Les retraites s’imposent au cœur de la campagne présidentielle, avec des propositions allant d’un recul de l’âge légal à 65-67 ans à son maintien ou sa baisse
  • Le gouvernement envisage aussi de limiter la revalorisation des pensions des retraités les plus aisés pour réaliser des économies budgétaires

PARIS: Report de l'âge de départ à la retraite ou pas ? Jusqu'à 67 ans ? Plutôt des économies sur les pensions des plus aisés ? Les retraites se sont imposées ces derniers jours comme le premier thème d'une rentrée politique cruciale dans la perspective de la présidentielle.

Alors que le président Emmanuel Macron a dû suspendre sa réforme des retraites pour maintenir une certaine stabilité gouvernementale en fin de deuxième quinquennat, ce sujet explosif a été plus ou moins explicitement confié aux bons soins du futur locataire de l'Élysée.

Tous les candidats déclarés à l'élection d'avril et mai prochains ont un projet de réforme ou y travaillent.

- "Différences" -

Parmi eux, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui n'avait pu mener à bien à Matignon la première réforme des retraites voulue par le chef de l'État - par points et avec une augmentation de l'âge pivot - en 2020, en raison du Covid, défend un report de l'âge légal au delà des 64 ans votés en 2024 et suspendus depuis.

Pour maintenir l'équilibre financier du système, "la seule solution raisonnable est d'allonger la durée de vie active en repoussant l'âge de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans", avait déclaré le maire du Havre en septembre 2021.

Comprise comme un projet de report à 67 ans, soit presque cinq ans de plus qu'à l'heure actuelle, la mesure colle à Édouard Philippe comme l'emblème d'un programme qu'il n'a pas encore présenté.

Lundi, en annonçant qu'il soutiendrait le maire du Havre, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a affirmé qu'il espérait "le convaincre" de revenir sur cette mesure impopulaire.

- "Réflexion" -

La question des retraites s'est également imposée dans les discussions au sein du camp de l'actuelle favorite des sondages, Marine Le Pen.

Allié du Rassemblement national depuis les législatives anticipées de 2024, Éric Ciotti (UDR) a espéré dimanche "une évolution" du RN sur le relèvement de l'âge légal de départ.

Pour lui, non seulement "il faudra travailler plus longtemps" mais il souhaite aussi "ajouter un étage de capitalisation" au système actuel par répartition.

Or Marine Le Pen défendait encore avant l'été un retour aux 62 ans, voire 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, et ouvrait seulement la porte à une part de capitalisation "volontaire".

Une ligne qui ne convainc pas non plus le président du parti Jordan Bardella, dont les positions sur le sujet étaient plus proches de celles de l'UDR.

"Je sais que c'est un sujet qui, chez eux, est en cours de réflexion et qui, je l'espère, marquera une évolution par rapport aux positions passées", a affirmé Éric Ciotti.

- "Tous les retraités"-

Quant au gouvernement, plongé dans l'élaboration d'un budget 2027 dont l'adoption s'annonce plus que délicate dans une Assemblée fracturée à quelques mois de l'échéance présidentielle, il a relancé l'idée d'un gel partiel des pensions pour les plus aisés afin de freiner les dépenses.

S'il a promis de "préserver les retraités les plus modestes", le ministre des Finances Roland Lescure touche à un sujet sensible, sur lequel nombre de ses prédécesseurs se sont cassé les dents.

Les retraités votant davantage que les actifs, la question d'une moindre revalorisation des pensions est systématiquement rejetée par tous les camps politiques d'opposition.

Cette mesure de désindexation pourrait faire économiser plusieurs milliards d'euros, selon les modalités retenues. Reste à savoir quel seuil de pension serait défini et si l'opposition parlementaire laisserait passer cette nouvelle tentative.

Pas du côté de La France insoumise en tout cas. "Le gouvernement nous dit qu'on peut faire 6 milliards d'euros d'économies", a pesté mardi le député Manuel Bompard. "Si vous décidez de ne pas indexer la pension de retraite des personnes qui gagnent plus de 2.500 euros nets de retraite, vous avez une recette à peu près de 1,5 milliard d'euros", a-t-il argué, alertant sur une mesure qui toucherait en réalité "tous les retraités".


Canicule: vigilance orange levée dans les six derniers départements concernés

Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Short Url
  • Les six derniers départements en vigilance orange canicule repassent au jaune, mettant fin au 5e épisode caniculaire depuis mai
  • Encore chaud mercredi, le temps se rafraîchira nettement jeudi avec pluies et orages

PARIS: Les six derniers départements en vigilance orange canicule (Ardèche, Bouches-du-Rhône, Drôme, Gard, Var et Vaucluse) sont redescendus en jaune mardi matin, a indiqué Météo-France dans son bulletin de 06H00, marquant ainsi la fin du cinquième épisode caniculaire depuis mai.

"Sur la plupart des départements de la région PACA, sur la Corse ainsi que sur les départements rhodaniens, les conditions caniculaires caractérisées par la vigilance orange +Canicule+ auront duré environ trois semaines", précise l'institut météorologique.

"Cet après-midi de mardi sera encore chaude avec souvent de 34 à 37°C avant une nuit de mardi à mercredi plus fraîche que la précédente hors zones littorales", indique Météo-France dans son dernier point.

"L'après-midi de mercredi sera encore chaude avant une nette baisse des températures jeudi s'accompagnant d'une dégradation pluvieuse et orageuse", prévoit encore l'organisme.