BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 570 personnes, dont 86 enfants et 45 femmes, depuis que le pays a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, a annoncé mercredi le ministère de la Santé.
Selon la même source, 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi.
Frappes israéliennes sur le coeur de Beyrouth et sa banlieue
L'armée israélienne a visé tôt mercredi un quartier densément peuplé du coeur de Beyrouth, pour la deuxième fois depuis dimanche, tout en poursuivant son pilonnage des bastions du Hezbollah au Liban qui a fait 570 morts et des centaines de milliers de déplacés.
Le Liban a été entraîné le 2 mars dans la guerre régionale contre Téhéran lorsque le Hezbollah pro-iranien a lancé une attaque sur Israël, qui depuis mène une vaste campagne de frappes aériennes.
A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani.
Un photographe de l'AFP a vu les septième et huitième étages de l'immeuble dévastés, et des voitures endommagées au bas de la bâtisse.
"Nous nous sommes réveillés en état de panique (...) je courais dans la maison comme un fou, en cherchant mes trois enfants", raconte à l'AFP, Mohammad, propriétaire d'un entrepôt de produits alimentaires qui habite dans un immeuble mitoyen.
Le quartier est en ce moment inondé de déplacés, souligne-t-il : "au lieu d'abriter une famille, chaque appartement en abrite désormais dix".
Selon un premier bilan du ministère de la Santé, quatre personnes ont été blessées.
L'immeuble touché se trouve à proximité du siège de la plus haute instance de la communauté musulmane sunnite, Dar al-Fatwa.
"Je venais de fermer mon café et j'étais monté à la maison", dit à l'AFP Fawzi Asmar, les soirées se prolongeant en ce mois du Ramadan.
"Il y a eu une première frappe, j'ai couru dire à ma femme et mes enfants qu'il fallait s'abriter derrière un mur, et la deuxième frappe a eu lieu".
Dimanche déjà, une frappe avait visé le coeur de Beyrouth, où les déplacés de la banlieue sud et du sud du pays ont afflué.
Un hôtel du front de mer avait été visé. L'Iran a accusé Israël d'avoir "assassiné" quatre de ses diplomates en poste au Liban lors de cette frappe. Israël soutient avoir visé des Gardiens de la révolution iraniens, qui encadrent le Hezbollah.
Nouvel avertissement
Mercredi matin, l'armée israélienne a de nouveau pilonné la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Ani, après avoir lancé un nouvel avertissement contre ce bastion du Hezbollah, déjà déserté par une grande partie de ses habitants.
Des images de l'AFPTV montrent une épaisse fumée noire s'élever de trois sites visés.
Durant la nuit déjà, la zone avait été violemment bombardée. Un correspondant de l'AFP a vu des bâtiments détruits, certains encore en feu, et des immeubles avoisinants sévèrement endommagés par les frappes.
Selon un nouveau bilan des autorités mercredi, 570 personnes ont été tuées par les opérations israéliennes depuis le 2 mars, et au moins 780.000 personnes déplacées, dont plus de 120.000 hébergées dans des centres d'accueil.
"La plupart ont fui précipitamment, presque sans rien", a expliqué mardi à Genève la représentante du HCR au Liban, Karolina Lindholm Billing.
Dans l'immense Cité sportive à Beyrouth, un camp de toile a été installé pour accueillir les déplacés.
"Nous avons fui à pied à deux heures du matin et avons passé la première nuit dehors", sur le front de mer, a raconté mardi à l'AFP Fatima Chehadé, une habitante de la banlieue sud âgée 35 ans, mère de quatre enfants dont un bébé.
Dans la plaine de la Békaa, dans l'est du Liban, une frappe sur une maison où se trouvaient des réfugiés syriens a fait sept morts mercredi, selon les autorités.
Près de la frontière avec Israël, des combattants du Hezbollah ont attaqué à plusieurs reprises des troupes israéliennes près des villes frontalières de Khiam et d'Odaisseh, a déclaré la formation libanaise dans un communiqué. Elle a également revendiqué mercredi des tirs de missiles sur le territoire israélien.
Israël a enjoint à plusieurs reprises les habitants d'évacuer une vaste zone du sud, s'étendant de la frontière jusqu'au fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.







