Liban: le bilan de la guerre s'élève à 570 morts depuis début mars 

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Publié le Mercredi 11 mars 2026

Liban: le bilan de la guerre s'élève à 570 morts depuis début mars 

  • 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi
  • A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 570 personnes, dont 86 enfants et 45 femmes, depuis que le pays a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, a annoncé mercredi le ministère de la Santé.

Selon la même source, 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi.

 

 

Frappes israéliennes sur le coeur de Beyrouth et sa banlieue

L'armée israélienne a visé tôt mercredi un quartier densément peuplé du coeur de Beyrouth, pour la deuxième fois depuis dimanche, tout en poursuivant son pilonnage des bastions du Hezbollah au Liban qui a fait 570 morts et des centaines de milliers de déplacés.

Le Liban a été entraîné le 2 mars dans la guerre régionale contre Téhéran lorsque le Hezbollah pro-iranien a lancé une attaque sur Israël, qui depuis mène une vaste campagne de frappes aériennes.

A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani.

Un photographe de l'AFP a vu les septième et huitième étages de l'immeuble dévastés, et des voitures endommagées au bas de la bâtisse.

"Nous nous sommes réveillés en état de panique (...) je courais dans la maison comme un fou, en cherchant mes trois enfants", raconte à l'AFP, Mohammad, propriétaire d'un entrepôt de produits alimentaires qui habite dans un immeuble mitoyen.

Le quartier est en ce moment inondé de déplacés, souligne-t-il : "au lieu d'abriter une famille, chaque appartement en abrite désormais dix".

Selon un premier bilan du ministère de la Santé, quatre personnes ont été blessées.

L'immeuble touché se trouve à proximité du siège de la plus haute instance de la communauté musulmane sunnite, Dar al-Fatwa.

"Je venais de fermer mon café et j'étais monté à la maison", dit à l'AFP Fawzi Asmar, les soirées se prolongeant en ce mois du Ramadan.

"Il y a eu une première frappe, j'ai couru dire à ma femme et mes enfants qu'il fallait s'abriter derrière un mur, et la deuxième frappe a eu lieu".

Dimanche déjà, une frappe avait visé le coeur de Beyrouth, où les déplacés de la banlieue sud et du sud du pays ont afflué.

Un hôtel du front de mer avait été visé. L'Iran a accusé Israël d'avoir "assassiné" quatre de ses diplomates en poste au Liban lors de cette frappe. Israël soutient avoir visé des Gardiens de la révolution iraniens, qui encadrent le Hezbollah.

Nouvel avertissement 

Mercredi matin, l'armée israélienne a de nouveau pilonné la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Ani, après avoir lancé un nouvel avertissement contre ce bastion du Hezbollah, déjà déserté par une grande partie de ses habitants.

Des images de l'AFPTV montrent une épaisse fumée noire s'élever de trois sites visés.

Durant la nuit déjà, la zone avait été violemment bombardée. Un correspondant de l'AFP a vu des bâtiments détruits, certains encore en feu, et des immeubles avoisinants sévèrement endommagés par les frappes.

Selon un nouveau bilan des autorités mercredi, 570 personnes ont été tuées par les opérations israéliennes depuis le 2 mars, et au moins 780.000 personnes déplacées, dont plus de 120.000 hébergées dans des centres d'accueil.

"La plupart ont fui précipitamment, presque sans rien", a expliqué mardi à Genève la représentante du HCR au Liban, Karolina Lindholm Billing.

Dans l'immense Cité sportive à Beyrouth, un camp de toile a été installé pour accueillir les déplacés.

"Nous avons fui à pied à deux heures du matin et avons passé la première nuit dehors", sur le front de mer, a raconté mardi à l'AFP Fatima Chehadé, une habitante de la banlieue sud âgée 35 ans, mère de quatre enfants dont un bébé.

Dans la plaine de la Békaa, dans l'est du Liban, une frappe sur une maison où se trouvaient des réfugiés syriens a fait sept morts mercredi, selon les autorités.

Près de la frontière avec Israël, des combattants du Hezbollah ont attaqué à plusieurs reprises des troupes israéliennes près des villes frontalières de Khiam et d'Odaisseh, a déclaré la formation libanaise dans un communiqué. Elle a également revendiqué mercredi des tirs de missiles sur le territoire israélien.

Israël a enjoint à plusieurs reprises les habitants d'évacuer une vaste zone du sud, s'étendant de la frontière jusqu'au fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

 

 


L'armée iranienne dit vouloir désormais frapper des cibles économiques dans la région

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
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  • "L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya
  • Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois

TEHERAN: L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran.

"L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, selon un communiqué diffusé par la télévision d'Etat.

Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois.

 

 


Erdogan: "Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle n'embrase complètement la région"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
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  • Le président Recep Tayyip Erdogan appelle à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient avant qu’elle n’embrase toute la région et affirme que la diplomatie peut encore ramener les parties à la table des négociations
  • Le président turc met aussi en garde Iran contre des actions « provocatrices », après l’interception d’un second missile tiré depuis son territoire et entré dans l’espace aérien turc

ANKARA: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mercredi à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient "avant qu'elle n'embrase complètement la région", lors d'un discours devant son groupe parlementaire.

"Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle ne s'aggrave et n'embrase complètement la région. Si la diplomatie a une chance, c'est tout à fait possible. Nous poursuivons patiemment nos efforts pour ramener les parties à la table des négociations", a affirmé le chef de l'Etat turc.

"Nous sommes tous conscients que si cette guerre insensée, anarchique et illégale se poursuit, les pertes humaines et matérielles s'aggraveront, et le coût pour l'économie mondiale ne fera que croître", a-t-il ajouté.

"En tant que peuples de la région, nous ne devons pas laisser un conflit dont nous sommes déjà victimes nous infliger de nouvelles souffrances", a-t-il souligné.

En revanche, lundi, le président turc avait mis en garde l'Iran contre toute "action provocatrice" après l'interception d'un second missile tiré depuis l'Iran dans l'espace aérien turc.

"Malgré nos avertissements clairs, des actions extrêmement inappropriées et provocatrices continuent d'être entreprises, mettant en péril l'amitié de la Turquie" envers l'Iran, avait-il  affirmé.


Le Conseil des ministres saoudien condamne les attaques iraniennes et affirme le droit du Royaume à se défendre

La session du Conseil des ministres, présidée par le prince héritier Mohammed bin Salmane par visioconférence. (SPA)
La session du Conseil des ministres, présidée par le prince héritier Mohammed bin Salmane par visioconférence. (SPA)
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  • Les ministres ont également salué la performance des défenses aériennes du Royaume qui ont intercepté et détruit des missiles

RIYAD : Le Conseil des ministres d’Arabie saoudite a fermement condamné mardi les attaques iraniennes visant le Royaume, les États du Golfe et d’autres pays de la région, affirmant qu’elles menacent la sécurité régionale et violent le droit international.

La session du Conseil, présidée par le prince héritier Mohammed bin Salmane par visioconférence, a réaffirmé le droit de l’Arabie saoudite de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger sa sécurité, sa souveraineté et son intégrité territoriale.

Les ministres ont également salué la performance des défenses aériennes du Royaume qui ont intercepté et détruit des missiles et des drones ayant tenté de viser des sites et des installations dans le pays.

Le prince héritier a informé le Conseil des récents entretiens téléphoniques qu’il a eus avec les dirigeants de plusieurs pays dans le cadre de consultations en cours sur les évolutions régionales et leurs répercussions sur la stabilité régionale et internationale.

Dans une déclaration à l'agence de presse saoudienne, le ministre de l’Information Salmane bin Yousef Al-Dossari a indiqué que le Conseil avait également examiné les efforts de l’Arabie saoudite pour renforcer la coordination et la coopération avec ses partenaires du Golfe et du monde arabe afin de faire face aux défis régionaux actuels.

Le Conseil a salué les déclarations issues des récentes réunions entre le Conseil de coopération du Golfe et l’Union européenne, ainsi que celles de la Ligue arabe, qui ont condamné les attaques iraniennes. 

Le Conseil a également évoqué la prochaine Journée du drapeau saoudien, célébrée le 11 mars, la décrivant comme un symbole de l’histoire du Royaume, de son identité nationale et de ses principes fondateurs.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com