PARIS : Le développement d’AlUla s’impose comme un axe majeur de la coopération franco-saoudienne dans les domaines du patrimoine, de l’archéologie, de la culture, du tourisme et du développement durable, selon Jean-Yves Le Drian, président exécutif de l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA).
Jean-Yves Le Drian, qui est également envoyé personnel du président de la République française pour le Liban et ancien ministre, a décrit les relations entre Riyad et Paris comme particulièrement étroites, AlUla constituant un volet spécifique de cette coopération.
« Il y a un partenariat très fort entre l’Arabie saoudite et la France », a déclaré Le Drian lors d’un entretien avec Arab News en français, soulignant la solidité des relations entre les deux pays.

Il a rappelé le soutien de la France à l’Arabie saoudite, ainsi que la poursuite de leur coopération dans les domaines de la sécurité et sur d’autres questions stratégiques.
« Donc, nous avons une relation très forte », a-t-il déclaré, ajoutant que ce partenariat s’étendait à de grandes initiatives, notamment l’Exposition universelle prévue en Arabie saoudite en 2030.
Dans ce cadre plus large, le développement d’AlUla occupe une place particulière. Le partenariat franco-saoudien consacré à AlUla remonte à un accord intergouvernemental signé au palais de l’Élysée le 10 avril 2018, établissant un cadre de coopération pour le développement économique durable, touristique et culturel de la région.
Pour Le Drian, l’objectif n’est pas simplement d’accroître le nombre de visiteurs, mais de révéler toute la richesse d’un territoire exceptionnel.
« Faire en sorte que l’ensemble de cette richesse de ce site exceptionnel soit mise en valeur pour en faire un site de référence mondiale en matière touristique, en matière patrimoniale, en matière de développement raisonné, en matière de développement durable », a-t-il déclaré.
AlUla abrite un vaste ensemble de sites archéologiques, de vestiges historiques, de formations rocheuses spectaculaires et une oasis façonnée par des milliers d’années d’activité humaine. Son développement s’inscrit également dans le cadre plus large de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui accorde une place importante à la culture, au patrimoine et au tourisme.

Le Drian a estimé que le partenariat franco-saoudien à AlUla produisait déjà des résultats concrets, tout en reconnaissant que le travail à accomplir restait considérable.
« On a encore beaucoup, beaucoup de travail », a-t-il déclaré.
Parmi les avancées récentes figure la Villa Hegra, un lieu culturel institutionnel inauguré à AlUla à la fin de 2025. Le Drian a indiqué qu’elle devait rejoindre les grands lieux culturels français prestigieux à l’international, à l’image de la Villa Médicis à Rome.
« Ce sera du même niveau, mais c’est une collaboration entre l’Arabie saoudite et la France », a-t-il déclaré.
La coopération culturelle s’est également développée avec le Centre Pompidou. Le Drian a cité une exposition présentant des œuvres de Pablo Picasso comme un exemple de la manière dont ce partenariat contribue à renforcer l’attractivité culturelle et touristique d’AlUla.
Il a qualifié cette exposition d’« élément attractif » pour « la force culturelle et touristique que peut représenter cette région ».
La dimension archéologique du partenariat est tout aussi importante. Des équipes saoudiennes et françaises mènent d’importants travaux de recherche archéologique à AlUla et dans la région voisine de Khaybar, contribuant à approfondir la connaissance de l’histoire et des civilisations anciennes de la région.

Le Drian a décrit l’ampleur de cette coopération en des termes particulièrement forts.
« Et puis nous avons développé un ensemble de recherches archéologiques qui font qu’aujourd’hui c’est à AlUla que se trouve le hub archéologique le plus important du monde en ce moment, sur une initiative conjointe entre l’Arabie saoudite et la France, dont nous avons là une expérience assez unique », a-t-il déclaré.
Les recherches couvrent différentes périodes de l’histoire d’AlUla, de sa préhistoire aux anciens royaumes de Dadan et des Nabatéens, ainsi que des périodes plus récentes, notamment l’époque islamique.
Les travaux archéologiques menés notamment à Dadan continuent d’apporter de nouveaux éléments sur l’histoire préislamique de la région, tandis que les partenariats avec des musées et des expositions ont contribué à faire connaître le patrimoine d’AlUla auprès d’un public international.
Le développement d’AlUla s’accompagne parallèlement d’efforts visant à préserver son patrimoine archéologique et naturel, la durabilité et la préservation constituant des éléments importants de la stratégie touristique globale.
Les ambitions de développement restent considérables, AlUla étant appelée à devenir une destination internationale majeure tout en contribuant au tourisme, à l’emploi et à l’économie saoudienne.

Le partenariat réunit ainsi préservation culturelle, tourisme et développement durable. Le Drian estime que les progrès accomplis jusqu’à présent montrent l’orientation prise.
« Nous sommes contributeurs partenaires avec la Commission royale, avec le prince Badr évidemment, mais aussi avec la CEO, Abeer Alakel, directrice de la Commission royale, pour faire en sorte que ce partenariat soit exceptionnel, soit unique », a déclaré Le Drian.
« Et il l’est. »
Alors qu’AlUla entre dans les prochaines étapes de son développement, le partenariat franco-saoudien devrait continuer à jouer un rôle central dans la transformation de la région. Son importance dépasse les seules infrastructures touristiques, en faisant de l’archéologie, de la culture et du patrimoine des piliers essentiels d’un modèle de développement à long terme.
Pour les deux pays, AlUla est ainsi devenue une expression visible de leur relation stratégique, avec l’archéologie, la culture, le patrimoine et le développement durable au cœur du partenariat.







