Le comité d'urgence de l'OMS convoqué en avance pour débattre des variants

Vaccin de la Covid-19. (AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 14 janvier 2021

Le comité d'urgence de l'OMS convoqué en avance pour débattre des variants

  • Le comité d'experts, présidé par le français Didier Houssin, se réunira jeudi 14 janvier et des recommandations pour l'OMS et les pays membres seront publiées à l'issue de la réunion, précise le communiqué
  • Les variants britannique et sud-africain du coronavirus, particulièrement contagieux, s'étendent désormais à au moins une cinquantaine de pays, dans un monde submergé par une nouvelle vague de contaminations

GENEVE : Le comité d'urgence de l'Organisation mondiale de la santé va se réunir jeudi, avec deux semaines d'avance, pour discuter notamment de variants du nouveau coronavirus beaucoup plus contagieux, qui inquiètent les autorités dans le monde entier.

Le comité se retrouve normalement tous les trois mois, mais «cette fois-ci le directeur général a convié les membres deux semaines plus tôt que le calendrier prévu pour étudier des sujets qui nécessitent un débat urgent. Il s'agit des récents variants et de l'usage de certificats de vaccination et de tests pour les voyages internationaux», explique un communiqué de l'OMS publié mercredi soir à Genève.

Le comité d'experts, présidé par le français Didier Houssin, se réunira jeudi 14 janvier et des recommandations pour l'OMS et les pays membres seront publiées à l'issue de la réunion, précise le communiqué.

C'est ce comité qui, lors de sa seconde réunion le 30 janvier 2020, avait conseillé au directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, de déclarer une urgence de santé publique de portée internationale, le plus haut échelon d'alerte en matière d'épidémie. Ce qu'il avait fait.

Les variants britannique et sud-africain du coronavirus, particulièrement contagieux, s'étendent désormais à au moins une cinquantaine de pays, dans un monde submergé par une nouvelle vague de contaminations que confinements, couvre-feux et campagnes de vaccination ne parviennent pas à endiguer.

Selon l'OMS, le nombre de pays et territoires où se trouve dorénavant le variant repéré initialement en Grande-Bretagne s'élève à 50 et il est de 20 pour le variant identifié en Afrique du Sud, mais l'organisation juge cette évaluation fort probablement sous-estimée. Ces variant ne peuvent être identifiés que par le séquençage de leur code génétique, une analyse qui n'est pas possible partout.

Une troisième mutation, originaire de l'Amazonie brésilienne et dont le Japon a annoncé dimanche la découverte, est actuellement analysée et pourrait impacter la réponse immunitaire, selon l'OMS qui évoque dans son bulletin hebdomadaire «un variant inquiétant».

 


Iran: Un compte Twitter de Khamenei menace Trump pour venger Soleimani

Une photo fournie par le bureau du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le 8 janvier 2021, le montre en train de prononcer un discours télévisé à l'occasion du 43e anniversaire de la révolte de 1978 à Qom qui a déclenché la révolution iranienne. L'Iran n'est pas pressé de voir les États-Unis revenir à un accord nucléaire de 2015 avec les grandes puissances après la prise de fonction de Joe Biden ce mois-ci, a déclaré son chef suprême. (Khamenei.IR/AFP)
Le visuel publié sur le compte @khamenei_site
Short Url
  • "La vengeance est inévitable. Le meurtrier de Soleimani et celui qui a ordonné le meurtre doivent subir la vengeance", indique le message en persan publié jeudi peu avant minuit par @khamenei_site
  • Ces propos, tenus par le passé par le numéro un iranien, sont accompagnés d'un photomontage montrant Donald Trump jouant sur un golf en bord de mer que survole un aéronef

TÉHÉRAN : Un Donald Trump jouant au golf sous l'ombre menaçante d'un aéronef: un compte Twitter lié au guide suprême iranien publie un appel à la vengeance pour l'assassinat du général Qassem Soleimani semblant viser son commanditaire, l'ancien président américain.

"La vengeance est inévitable. Le meurtrier de Soleimani et celui qui a ordonné le meurtre doivent subir la vengeance", indique le message en persan publié jeudi peu avant minuit par @khamenei_site, compte d'un site internet de l'ayatollah Ali Khamenei.

Ces propos, tenus par le passé par le numéro un iranien, sont accompagnés d'un photomontage montrant Donald Trump jouant sur un golf en bord de mer que survole un aéronef de forme triangulaire dont on ne voit que l'ombre projetée sur le green.

Architecte de la stratégie d'influence régionale de l'Iran, le général Qassem Soleimani était le chef de la Force Qods, chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique.

Il a été éliminé le 3 janvier 2020 à Bagdad par une frappe de drone américain ordonnée par Donald Trump. Ce dernier a quitté ses fonctions mercredi pour laisser la place à son successeur Joe Biden, et s'est retiré dans son golf de Mar-a-Lago en Floride (Sud-Est des Etats-Unis).

Le guide suprême a promis et répété que la mort de Soleimani serait vengée. Le 1er janvier, lors d'une cérémonie à la mémoire de l'officier, le chef de l'Autorité judiciaire iranienne, Ebrahim Raïssi, avait déclaré que ses assassins ne seraient "nulle part en sécurité sur cette terre".

"Ne pensez pas que quelqu'un comme le président de l'Amérique, qui apparaît comme un assassin ou qui a ordonné un assassinat, peut s'en tirer (...) Jamais", avait-il dit.

"La vengeance peut avoir lieu à tout moment", affirme le compte Twitter du site du guide iranien.

Le 9 janvier, Twitter avait supprimé un message publié par un des comptes Twitter de M. Khamenei interdisant l'importation de vaccins contre le Covid-19 fabriqués aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, en jugeant qu'on ne pouvait pas faire confiance à ces deux pays.

Le réseau social avait estimé que ce tweet enfreignait "spécifiquement la politique (de Twitter) sur les informations trompeuses sur le Covid-19".


A l'ère de l'infox, les «fact-checkers» proposés pour le Nobel de la paix

Chaque année, des centaines de noms sont proposés pour la prestigieuse distinction. Parmi les autres candidatures connues pour 2021 figure Donald Trump qui a pour sa part popularisé l'expression «fake news» (Photo, AFP).
Short Url
  • Dans la pratique, l'élue a avancé la candidature de l'International Fact-Checking Network (IFCN), un réseau de plusieurs dizaines de médias et d'organisations actives dans la vérification des faits
  • Joe Biden avait exhorté ses compatriotes à rejeter la manipulation des faits, dans une référence à son prédécesseur Donald Trump, qui a nié pendant des semaines le résultat de l'élection présidentielle

OSLO: Faisant valoir que «la première victime d'une guerre, c'est la vérité», une députée norvégienne a annoncé jeudi avoir proposé la candidature des «fact-checkers», les vérificateurs des faits, au prix Nobel de la paix.

«Nous vivons à une époque où combattre les mensonges est tellement important que @JoeBiden l'a mentionné dans son discours» d'investiture, a expliqué Trine Skei Grande, ex-présidente du parti Libéral, actuellement au pouvoir en Norvège au sein d'une coalition.

«Cette année, j'ai proposé les vérificateurs des faits au prix Nobel de la paix. Ils ont besoin de notre soutien», a-t-elle ajouté sur Twitter.

Dans la pratique, l'élue, qui a notamment été ministre de la Culture puis de l'Education entre 2018 et 2020, a avancé la candidature de l'International Fact-Checking Network (IFCN), un réseau de plusieurs dizaines de médias et d'organisations actives dans la vérification des faits.

Dans un courriel à la communauté mondiale des «fact-checkers», le directeur de l'IFCN, Baybars Örsek, a fait part du «sentiment énorme d'humilité et de fierté» régnant à la tête de l'organisation, après l'annonce que sa candidature était avancée.

«Si nous sommes conscients qu'il s'agit d'une étape très préliminaire dans un voyage sans égal, c'est un grand témoignage du travail de notre mouvement», a-t-il écrit.

L'Institut Nobel accepte toutes les candidatures valides envoyées avant la date-limite du 31 janvier, sans qu'il faille y voir une quelconque reconnaissance de sa part.

Chaque année, des centaines de noms sont proposés pour la prestigieuse distinction. Parmi les autres candidatures connues pour 2021 figure... l'ex-président américain Donald Trump qui a pour sa part popularisé l'expression «fake news».   

Des dizaines de milliers de personnes (parlementaires et ministres de tous les pays, anciens lauréats, certains professeurs d'université, etc.) sont habilitées à soumettre une candidature au Nobel de la paix.

Mercredi, Joe Biden avait exhorté ses compatriotes à rejeter la manipulation des faits, dans une référence à son prédécesseur Donald Trump, qui a nié pendant des semaines le résultat de l'élection présidentielle.

«Chacun d'entre nous a le devoir et la responsabilité, en tant que citoyens, qu'Américains, et particulièrement en tant que dirigeants, (...) de défendre la vérité et de combattre les mensonges», avait souligné le nouveau président américain. 

Faisant référence en matière de lutte contre l'infoxl'IFCN compte, selon son site internet, 79 signataires certifiés à travers le monde. Outre le service de fact-checking de l'Agence France-Presse, on y retrouve celui du Washington Post, du Monde («Les Décodeurs»), de Reuters ou encore Africa Check.

Le Nobel de la paix sera attribué début octobre. L'an dernier, il avait couronné le Programme alimentaire mondial (PAM).


Le patient «1» du coronavirus en Europe s'exprime: «je n'ai infecté personne»

Une fois la Covid confirmée, M. Chu s'est retrouvé 25 jours en chambre d'isolement en réanimation au CHU de Bordeaux, entouré de soignants vêtus d'hyper-protections (Photo, AFP).
Short Url
  • A son retour en Gironde, dès qu'il a senti monter la fièvre et commencé à tousser, même si cela semblait un «gros rhume», il a «pensé à ce virus»
  • «Ce qui m’est arrivé, être le premier Européen touché par ce virus, est indépendant de ma volonté», il aurait bien aimé «expérimenter le vaccin le premier»

BORDEAUX: Le premier patient Covid d'Europeun conseiller commercial du monde du vin, hospitalisé il y a un an exactement à Bordeaux au retour de Chine, a raconté comment il «tremblait», de sa chambre d'isolement, en voyant «l'affolement du monde», et veut qu'on sache qu'il n'a «infecté personne».

«Je n’ai infecté personne. J’ai été le premier malade oui, mais je n’ai infecté personne», déclare dans une interview au quotidien Sud-Ouest de vendredi, Laurent Chu, Girondin de 49 ans originaire de Wuhan (Chine), où il s'était rendu pour le travail, et avait aussi vu sa famille.

«J’ai embrassé ma mère, mon frère. Nous avons partagé des repas ensemble, ils n’étaient pas inquiets, d’ailleurs ni les uns ni les autres n'ont contracté le virus», souligne-t-il. 

Il présume, «après avoir réfléchi et discuté avec les infectiologues sur (son) itinéraire», qu'il a attrapé le virus en gare de Wuhan. «J’avais pris le train, et la gare se trouve à côté du fameux marché où le virus a été détecté la première fois».

A son retour en Gironde, dès qu'il a senti monter la fièvre et commencé à tousser, même si cela semblait un «gros rhume», il a «pensé à ce virus». Et il a «fait sa valise», avant d'aller consulter. Tout a été désinfecté après son passage, les autres patients tracés et placés en quarantaine, mais aussi «ceux qui étaient avec moi dans l'avion, tous ceux qui m'ont approché».

Une fois la Covid confirmée, M. Chu s'est retrouvé 25 jours en chambre d'isolement en réanimation au CHU de Bordeaux, entouré de soignants vêtus d'hyper-protections.

«Le plus difficile, le plus insupportable a été cet emprisonnement, se souvient-il. Tous ces jours, sans voir dehors. La toux, la fièvre d’accord, c'était dur. Je regardais les infos, ça me faisait trembler. Je voyais l'affolement du monde, et moi, enfermé».

«Ils ne savaient pas comment me soigner», se souvient le »patient zéro» d'un virus alors encore mal connu. Paracétamol pour faire tomber la fièvre, mais aussi antibiotiques, Remdesivir. «Je savais qu’ils expérimentaient des traitements, mais je n’avais pas peur (...). j’ai subi des examens répétés, réguliers, j’étais scanné, observé... Mais seul».

S'il dit aujourd'hui aller bien, lui qui n'avait «jamais été malade jusque là», il avoue ne pas «être à l’intérieur de tous (ses) organes pour connaître les séquelles». Mais est ravi de «servir à quelque chose», via un accord avec l'Inserm pour six mois de suivi de ses données médicales.

«Ce qui m’est arrivé, être le premier Européen touché par ce virus, est indépendant de ma volonté. Je n’ai à en tirer ni de la honte, ni de la fierté… Je ne suis pas un champion de ski !», plaisante-t-il. Ajoutant tout de même qu'après avoir expérimenté des traitements, il aurait bien aimé «expérimenter le vaccin le premier».