Nigeria: des jihadistes prennent le contrôle d'une importante base militaire

L'armée nigériane a subi de très lourdes pertes ces dernières années face aux combattants d'Iswap, branche dissidente du groupe Boko Haram (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 16 janvier 2021

Nigeria: des jihadistes prennent le contrôle d'une importante base militaire

  • «Nous avons subi une attaque des +terroristes+ d'Iswap. Ils ont envahi la base de Marte après d'intenses combats»
  • L'armée nigériane a effectué de nombreux raids sur plusieurs bases jihadistes ces dernières semaines

KANO: Des jihadistes présumés affiliés au groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) ont pris le contrôle de la base militaire de Marte, dans le Nord-Est du Nigeria, vendredi soir, ont rapporté samedi des sources militaires sous le couvert de l'anonymat. 

De nombreux combattants sont arrivés à bord de camions militarisés et ont attaqué cette base de la région du lac Tchad, dont ils ont toujours le contrôle, selon ces sources militaires concordantes, malgré une opération militaire actuellement en cours.  

« Nous avons subi une attaque des +terroristes+ d'Iswap. Ils ont envahi la base de Marte après d'intenses combats », a fait savoir un officier ayant requis l'anonymat, « notre priorité est désormais de reprendre le contrôle de la base, et une opération est actuellement en cours ». 

« Nos troupes ont essuyé des pertes humaines et en équipement, mais nous sommes toujours en train de recueillir des informations précises », a indiqué une seconde source militaire, également sous couvert d'anonymat.   

L'armée nigériane a subi de très lourdes pertes ces dernières années face aux combattants d'Iswap, branche dissidente du groupe Boko Haram qui sème la terreur dans le Nord-Est du Nigeria depuis plus de 10 ans.  

Iswap, affilié à l'Etat islamique (EI) a fait sécession de Boko Haram en 2016 et s'est retranché essentiellement dans la zone du lac Tchad, région frontalière et stratégique entre le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et le Niger. 

La semaine dernière, des combattants avaient déjà mené une attaque sur la base de Marte, mais celle-ci avait échoué et le commandement de l'armée avait décidé d'un plus important déploiement dans la zone.  

L'armée nigériane, qui assure depuis l'arrivée au pouvoir du président Muhammadu Buhari avoir repris contrôle du Nord-Est du Nigeria malgré la multiplication des attaques, a effectué de nombreux raids sur plusieurs bases jihadistes ces dernières semaines. 

L'armée nigeriane a adopté une stratégie de « super camps militaires » qui rassemblent ses troupes dans quelques points précis, dans une région immense, où les infrastructures sont pauvres, voire inexistantes. 

Les populations et les ONG dénoncent régulièrement cette tactique, qui laisse des pans entiers du territoire hors de contrôle et des millions de personnes dans l'insécurité, sans protection de l'Etat et sans accès à l'aide humanitaire.  

Le conflit entre les forces armées nigérianes et Boko Haram a fait 35 000 morts et déplacé environ deux millions de personnes de leurs foyers depuis 2009. 


Kirghizstan: un référendum étend les les pouvoirs du président

Le président du Kirghizistan Sadyr Japarov lors d'un défilé à la suite de sa cérémonie d'inauguration à Bichkek le 28 janvier 2021 (Photo, AFP)
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  • Les électeurs du Kirghizstan ont approuvé à une large majorité une réforme constitutionnelle accordant de plus larges pouvoirs au président et autorisant l'actuel chef de l'Etat, Sadyr Japarov, à briguer un second mandat
  • Le système politique sur lequel les Kirghiz devaient se prononcer rapprocherait le Kirghizstan de ses voisins aux régimes autoritaires ou de la Russie

BICHKEK: Les électeurs du Kirghizstan ont approuvé à une large majorité une réforme constitutionnelle accordant de plus larges pouvoirs au président et autorisant l'actuel chef de l'Etat, Sadyr Japarov, à briguer un second mandat, selon les résultats préliminaires d'un reférendum tenu dimanche. 

Dimanche, après le dépouillement de plus de 75 % des bulletins de vote, la réforme constitutionnelle était en passe d'être approuvée avec près de 80 % des voix en sa faveur. 

La participation a été faible mais elle a franchi la barre de 30 % requise pour que le référendum soit approuvé, a déclaré le vice-Premier ministre Ulugbek Karmyshakov devant la presse. 

« Le référendum est validé », a-t-il déclaré. 

Le système politique sur lequel les Kirghiz devaient se prononcer rapprocherait le Kirghizstan, le plus pluraliste mais aussi le plus instable des pays de la région, de ses voisins aux régimes autoritaires ou de la Russie. 

La réforme constitutionnelle supprime notamment le mandat unique de six ans du président, introduit en 2010 après que deux chefs d'Etat successifs furent chassés par la rue sur fond de dérive clientéliste et autoritaire.  

A la place, le président pourra faire deux mandats de cinq ans et les pouvoirs du Parlement seront réduits, avec un nombre de députés réduit de 120 à 90. Les détracteurs du projet de nouvelle constitution l'ont qualifiée par dérision de « khan-stitution ». 

L'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) et la Commission de Venise du Conseil de l'Europe ont toutes deux déploré le manque de « consultations publiques significatives et inclusives et de débat au parlement » au sujet du texte. Les deux institutions disent aussi s'inquiéter « du rôle et des prérogatives trop importants du président » qu'il prévoit. 

M. Japarov, un populiste de 52 ans porté au pouvoir en octobre à la faveur d'un mouvement de contestation violent et élu en janvier président du pays, s'est depuis employé à évincer ses rivaux politiques. 

Deux de ses opposants lors du scrutin présidentiel, ainsi qu'un ancien Premier ministre ont été arrêtés dans les semaines qui ont suivi le vote. 

Le président russe Vladimir Poutine avait déclaré fin février, à l'occasion de la venue à Moscou de Sadyr Japarov, espérer que la réforme constitutionnelle renforcerait la stabilité et les relations bilatérales entre Moscou et Bichkek. 


L'Inde interdit l'exportation du remdesivir, utilisé pour traiter la Covid-19

Flacon de Remdesivir. (AFP)
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  • Le vaste pays connaît une flambée de contaminations ces dernières semaines, 152 000 nouveaux cas ont été recensés dimanche, portant le total à au moins 13,3 millions de personnes contaminées
  • Le remdesivir, fabriqué par le géant pharmaceutique américain Gilead, était un des premiers médicaments à montrer quelque effet pour écourter la période de rétablissement pour certains malades de la Covid-19

NEW-DELHI : L'Inde a interdit dimanche l'exportation du traitement antiviral remdesivir, utilisé pour traiter la Covid-19, alors que le pays connaît un nouveau record de contaminations quotidiennes.

Le vaste pays connaît une flambée de contaminations ces dernières semaines. 152 000 nouveaux cas ont été recensés dimanche, portant le total à au moins 13,3 millions de personnes contaminées.

Le ministère de la Santé a indiqué que la hausse des infections a entraîné un "bond soudain de la demande" de remdesivir.

"Il y a un potentiel de nouvelle hausse de la demande dans les jours à venir", et les exportations seront donc interdites "jusqu'à ce que la situation s'améliore", selon un communiqué du ministère.

Le remdesivir, fabriqué par le géant pharmaceutique américain Gilead, était un des premiers médicaments à montrer quelque effet pour écourter la période de rétablissement pour certains malades de la Covid-19.

Mais une étude soutenue par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi qu'il n'avait que "peu ou pas d'effet" sur la mortalité des patients.

Gilead a signé l'an dernier des accords d'octroi de licences avec des fabriquants de médicaments génériques établis en Inde, au Pakistan et en Egypte qui les autorisent à fabriquer le remdesivir afin de les distribuer dans 127 pays, la plupart à faible revenu.

Sept sociétés en Inde - le plus grand producteur mondial de médicaments génériques - sont autorisées à fabriquer le remdesivir. Elles peuvent produire mensuellement jusqu'à 3,88 millions de doses injectables, selon le ministère.

L'Etat le plus riche d'Inde, le Maharashtra, le plus touché par la flambée épidémique actuelle, envisage un confinement total, et ce potentiellement dès lundi.

Depuis un confinement de plusieurs mois l'an dernier - l'un des plus stricts au monde -, l'Inde a évité de nouvelles restrictions trop contraignantes, craignant de plomber encore plus une économie déjà sinistrée.

Mais les autorités locales ont imposé de nouvelles restrictions, jusqu'à un couvre-feu nocturne et un confinement le week-end dans le Maharashtra.

Le ministre en chef de New Delhi, la capitale indienne, a déclaré samedi que son gouvernement n'était pas favorable à un confinement, mais envisagerait cette mesure si les lits d'hôpitaux venaient à manquer.

Selon lui, 65% des nouveaux malades sont âgés de moins de 45 ans.

L'Inde a également ralenti ses exportations de vaccins, plusieurs Etats ayant prévenu ces derniers jours que leurs stocks arrivaient à épuisement.


Le pape célèbre la messe avec des prisonniers et des réfugiés

La messe s'est déroulée dans l'église Santo Spirito in Sassia, à deux pas du Vatican, devant une assemblée réduite comptant environ 80 personnes en raison des restrictions liées à la pandémie de coronavirus (Photo, AFP)
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  • Le pape François a célébré une messe en compagnie de prisonniers, de réfugiés et de personnels de santé
  • Le pape a rappelé que les premiers chrétiens vivaient dans le partage et que l'idée même de propriété privée leur était étrangère

ROME: Le pape François a célébré dimanche une messe dans une église voisine du Vatican en compagnie de prisonniers, de réfugiés et de personnels de santé à l'occasion de la fête de la Divine Miséricorde. 

La messe s'est déroulée dans l'église Santo Spirito in Sassia, à deux pas du Vatican, devant une assemblée réduite comptant environ 80 personnes en raison des restrictions liées à la pandémie de coronavirus. 

L'an dernier, le pape y avait célébré une messe sans fidèles à l'occasion de cette fête instituée en 2000 par le pape Jean Paul II. 

Cette année dans l'assemblée figuraient des détenus de deux prisons de Rome ainsi que d'un centre de détention pour jeunes, des réfugiés venus de Syrie, du Nigeria et d'Egypte et également du personnel infirmier d'un hôpital voisin dont des religieuses. 

Dans son homélie, le chef spirituel du 1,3 milliard de catholiques dans le monde a souligné l'importance pour les chrétiens de ne pas rester indifférents à ceux qui les entourent. 

« Sœur, frère, tu veux une preuve que Dieu a touché ta vie ? Vérifie si tu te penches sur les blessures des autres », a dit le pape. 

« Ne restons pas indifférents. Ne vivons pas une foi à moitié, qui reçoit mais ne donne pas, qui accueille le don mais ne se fait pas don. Nous avons été touchés par la miséricorde, devenons miséricordieux », a-t-il ajouté. 

Le pape a rappelé que les premiers chrétiens vivaient dans le partage et que l'idée même de propriété privée leur était étrangère : « Ce n'est pas là du communisme, mais le pur christianisme ». 

Agé de 84 ans et vacciné contre la Covid-19 avant son voyage en Irak début mars, le pape François ne portait pas de masque de protection durant la messe, de même que ceux qui ont effectué les lectures de la Bible.   

Toutes les autres personnes présentes dans l'église, y compris les enfants de choeur et les autres prêtres, avaient le visage couvert d'un masque.