Covid-19: la RDC salue deux "produits congolais", l'OMS prudente

Une vue générale de Lumumbashi, République Démocratique du Congo (RDC) le 13 janvier 2021. Lubumbashi, deuxième plus grande ville de RDC et sa capitale économique par l'activité minière, fait face à une montée de la criminalité urbaine depuis mis en place un couvre-feu national le 18 décembre 2020 à titre préventif pour arrêter la propagation du COVID-19. (Samir Tounsi/AFP)
Une vue générale de Lumumbashi, République Démocratique du Congo (RDC) le 13 janvier 2021. Lubumbashi, deuxième plus grande ville de RDC et sa capitale économique par l'activité minière, fait face à une montée de la criminalité urbaine depuis mis en place un couvre-feu national le 18 décembre 2020 à titre préventif pour arrêter la propagation du COVID-19. (Samir Tounsi/AFP)
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Publié le Vendredi 22 janvier 2021

Covid-19: la RDC salue deux "produits congolais", l'OMS prudente

  • "Le médicament Manacovid est fabriqué à base des plantes médicinales locales", affirme celui qui se présente comme son inventeur
  • Le "Manacovid" se vend en pharmacie sans ordonnance à Kinshasa à raison de 110 dollars le flacon, une somme astronomique dans un pays où les 2/3 de la population vit avec moins de deux dollars par jour

KINSHASA, RD Congo : Le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi a récemment salué deux "produits congolais" face au nouveau coronavirus, suscitant une réaction prudente de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"Le vaccin est un passage obligé. Mais nous privilégions aussi le traitement curatif. Je crois que nous avons deux produits qui promettent en tout cas par les premiers résultats qu’ils montrent. Ce sont des produits congolais. Nous allons en faire la promotion", avait déclaré le chef de l’État le 11 janvier.

L'un de ces produits, le "Manacovid" se vend en pharmacie sans ordonnance à Kinshasa à raison de 110 dollars le flacon, avait constaté dès décembre une journaliste de l'AFP. Une somme astronomique dans un pays où les 2/3 de la population vit avec moins de deux dollars par jour.

"Le médicament Manacovid est fabriqué à base des plantes médicinales locales", affirme celui qui se présente comme son inventeur, Étienne-Flaubert Batangu Mpesa, du centre de recherche pharmaceutique de Luozi (CRPL), dans la province du Kongo-Central.

Le Manacovid a reçu une "autorisation de mise sur le marché" d'une durée de cinq ans, selon un document officiel consulté par l'AFP.

Dans une lettre du 7 janvier, le ministre congolais de la Santé, Eteni Longondo a salué les résultats "des essais cliniques réalisés" dans un hôpital.

Le ministère de la Santé "vous accompagnera pour la suite du processus", ajoute le ministre à l'intention du découvreur du Manacovid.

L'OMS a accueilli ces annonces avec prudence. L'agence onusienne "n'a pas encore été formellement approchée par l'inventeur du produit ou par les autorités congolaises", a indiqué jeudi à l'AFP la direction Afrique de l'OMS, basée à Brazzaville.

"Cependant, suite à la déclaration (...) du président Tshisekedi au début de ce mois, nous avons entrepris de rassembler des informations à ce sujet", a ajouté cette source. "Nous avons également alerté le Comité régional d'experts sur la médecine traditionnelle pour la Covid-19, qui a été mis en place par l'OMS et le CDC (Center of Desease Control) Afrique l'année dernière".

"Les essais cliniques sont essentiels pour fournir des preuves scientifiques sur la sécurité, l'efficacité et la qualité de tous les médicaments, que l'approche soit traditionnelle ou moderne", souligne l'OMS.

Un autre produit, nommé "Articovid", à base de la plante artémisia, a été présenté à la presse congolaise la semaine dernière par son découvreur, Jérôme Munyangi, qui se présente comme "médecin et chercheur". 

M. Munyangi veut saisir le ministère de la Santé "pour son autorisation de mise sur le marché ou pour son homologation".

En mars 2020, le président malgache Andry Rajoelina, avait fait la promotion d’une tisane locale à base d'artemisia, Covid organics, supposée combattre le Covid-19. 

En mai, l'OMS avait mis en garde contre toute tentation de promouvoir sans test scientifique la potion vantée par Andry Rajoelina. La tisane Covid Organics a également été envoyée dans plusieurs pays, essentiellement africains, dont certains l'ont jugée peu fiable.

La RDC a enregistré 21.597 cas de Covid-19, avec 647 décès depuis mars 2020, selon les derniers chiffres officiels.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"