La Ligue arabe applaudit l'issue des pourparlers libyens

La Ligue arabe a salué le consensus auquel sont parvenues les deux délégations de la Chambre des représentants libyenne et le Haut Conseil d’État de la Libye (Photo, AP).
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Publié le Mardi 26 janvier 2021

La Ligue arabe applaudit l'issue des pourparlers libyens

  • Le communiqué a salué l’accord entre les délégations lors des réunions chapeautées par l’Égypte à Hurghada
  • L’organisation continue de soutenir, dit-elle, tout effort national déployé par les Libyens vers un règlement politique global

LE CAIRE: La Ligue arabe a applaudi l’entente à laquelle sont parvenues les deux délégations de la Chambre des représentants libyenne et du Haut Conseil d’État de la Libye lors d’une réunion organisée par le Maroc à Bouznika.

La réunion a eu lieu dans le but de fusionner les institutions libyennes et les postes clés de l'État fragmentées, conformément à l’accord-cadre régi de l'accord politique libyen signé à Skhirat.

La Ligue a déclaré dans un communiqué être convaincue que les «progrès significatifs» réalisés lors des discussions contribueront à résoudre la crise libyenne, et à faire avancer les initiatives de règlement parrainées par l'ONU. Parmi les objectifs, une nouvelle autorité exécutive, des institutions libyennes unifiées, l’exécution du cessez-le-feu, et entamer les préparatifs des élections présidentielles et législatives.

L’organisation continue de soutenir, dit-elle, tout effort national déployé par les Libyens vers un règlement politique global.

Le communiqué a de plus salué l’accord entre les délégations qui représentaient la Chambre des représentants libyenne et le Haut Conseil d’État de la Libye lors des réunions chapeautées par l’Égypte à Hurghada. Les parties ont discuté des dispositions constitutionnelles préalablement à la tenue d'élections d'ici la fin de l'année.

Les délégations ont conclu samedi les deux sessions de dialogue à Bouznika.

Au cours des pourparlers, qui ont eu lieu les 22 et 23 janvier, les deux parties se sont entendues sur la formation et la désignation de «groupes d’action restreints» responsables de la procédure concernant l’attribution des postes de direction du pays. Selon le communiqué, ils doivent produire des formulaires de candidature que les candidats pourront soumettre conformément aux conditions et critères convenus.

Les comités recevront les candidatures le 26 janvier à partir de midi, et ce jusqu'au 2 février.

Selon le communiqué, les principaux postes de l'État comprennent le gouverneur et le vice-gouverneur de la Banque centrale de Libye, le chef et l'adjoint de l'Autorité de contrôle administratif, le chef et l'adjoint de la Cour des comptes, le chef et l'adjoint de l'Autorité de lutte contre la corruption et le chef du Haut-commissariat aux élections et les membres.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Iran: nouvel accident, «terroriste», au centre nucléaire de Natanz

Image satellite fournie par Maxar Technologies le 28 janvier 2020, qui montre un aperçu de l'installation nucléaire iranienne de Natanz, au sud de la capitale Téhéran. (AFP)
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  • C'est dans cette même usine qu'avaient été mises en service la veille de nouvelles cascades de centrifugeuses interdites par l'accord sur le nucléaire iranien de 2015
  • Les médias iraniens n'ont diffusé aucune photo ni vidéo du centre de Natanz après ce sabotage pour lequel le communiqué de M. Saléhi, qui qualifie l'attaque de "futile", n'incrimine aucun groupe ni Etat directement

TEHERAN : Le complexe nucléaire de Natanz, dans le centre de l'Iran, a subi dimanche un nouvel "accident", qualifié d'acte de "terrorisme" par Téhéran, qui promet de poursuivre sur la voie d'un "développement éclatant" de l'énergie atomique.

L'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) a d'abord annoncé dans la matinée une "panne de courant" --vite qualifiée de suspecte par un député conservateur-- dans son usine d'enrichissement d'uranium du complexe Chahid Ahmadi-Rochan de Natanz, l'un des centres névralgiques du programme nucléaire de la République islamique.

C'est dans cette même usine qu'avaient été mises en service la veille de nouvelles cascades de centrifugeuses interdites par l'accord sur le nucléaire iranien de 2015.

Un communiqué du chef de l'OIEA Ali-Akbar Saléhi, diffusé par la télévision d'Etat, annonce en début de soirée que l'"accident" est en fait un acte de "terrorisme antinucléaire" mais sans fournir le moindre détail sur la nature exacte de cette attaque ni sur ses conséquences. 

Les médias iraniens n'ont diffusé aucune photo ni vidéo du centre de Natanz après ce sabotage pour lequel le communiqué de M. Saléhi, qui qualifie l'attaque de "futile", n'incrimine aucun groupe ni Etat directement.

Faisant référence aux discussions en cours à Vienne pour tenter de faire revenir les Etats-Unis dans l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien et de lever les sanctions imposées par Washington contre Téhéran depuis que les Etats-Unis sont sortis de ce pacte en 2018, M. Saléhi estime que l'action contre Natanz "reflète (...) l'échec des opposants (à ces) négociations".

Selon lui, elle relève aussi de "la défaite des opposants (à un) développement éclatant de l'industrie nucléaire" en Iran qui, promet-il, continuera de "poursuivre sérieusement (son) expansion" dans ce domaine.

Plus tôt, le porte-parole de l'OIEA avait déclaré à la télévision d'Etat qu'un "accident" d'origine inconnue "dans une partie du circuit électrique de l'usine d'enrichissement à Chahid-Ahmadi-Rochan" avait provoqué "une panne de courant". 

"Heureusement, nous n'avons eu ni mort, ni blessé, ni pollution. Il n'y a pas de problèmes particuliers", avait-il ajouté.

Rapidement, le député Malek Chariati, porte-parole de la Commission parlementaire de l'énergie, avait évoqué sur Twitter un incident "très suspect de sabotage ou d'infiltration".

"Cyber-opération israélienne" 

"On estime que le défaut dans le circuit électrique de Natanz (est) le résultat d'une cyber-opération israélienne", a tweeté Amichai Stein, un journaliste de la radiotélévision publique israélienne.

Début juillet 2020, une usine d'assemblage de centrifugeuses perfectionnées à Natanz avait été gravement endommagée par une mystérieuse explosion. Les autorités ont conclu à un "sabotage" d'origine "terroriste" mais n'ont pas encore fait connaître les résultats de leur enquête.

L'agence officielle Irna avait alors mis en garde Israël et les Etats-Unis contre toute action hostile. 

Le président Hassan Rohani a inauguré à distance samedi la nouvelle usine d'assemblage de centrifugeuses de Natanz, en même temps qu'il donnait l'ordre de mettre en service ou de tester trois nouvelles cascades de centrifugeuses.

Ces nouvelles centrifugeuses offrent à l'Iran la possibilité d'enrichir plus vite et en plus grande quantité de l'uranium, dans des volumes et à un degré de raffinement interdits par l'accord conclu en 2015 à Vienne entre la République islamique et la communauté internationale.

Les Etats-Unis ont dénoncé cet accord unilatéralement en 2018, sous la présidence de Donald Trump, rétablissant dans la foulée les sanctions américaines qui avaient été levées en vertu de ce pacte.

Discussions à Vienne 

En riposte, l'Iran s'est affranchi depuis 2019 de la plupart des engagements clés pris à Vienne pour restreindre ses activités nucléaires.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique et M. Rohani a répété samedi que toutes les activités nucléaires de son pays étaient purement "pacifiques".

Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui voit dans la République islamique une menace existentielle contre son pays, accuse Téhéran de chercher à se doter en secret de l'arme atomique.

"Un accord avec l'Iran qui ouvrirait la voie aux armes nucléaires (...) ne serait d'aucune façon contraignant pour nous", a affirmé mercredi M. Netanyahu à propos des discussions de Vienne.

Le Premier ministre israélien est un ennemi de la première heure de l'accord de Vienne, dont il a toujours affirmé qu'il n'offrait pas de garanties de sécurité suffisantes pour Israël, où le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin est arrivé dimanche pour discuter du dossier nucléaire iranien.

Un éminent physicien nucléaire iranien et vice-ministre de la Défense, Mohsen Fakhrizadeh, a été assassiné mi-novembre près de Téhéran. L'Iran a attribué cette attaque à Israël.


Téhéran appelle Séoul à libérer ses fonds gélés par les sanctions américaines

Le premier vice-président iranien Eshaq Jahanguiri, le 16 mai 2017 (Photo, AFP)
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  • «Nous appelons le gouvernement coréen à libérer les ressources financières de l'Iran dans les plus brefs délais», a déclaré le premier vice-président iranien Eshaq Jahanguiri
  • L'Iran était l'un des principaux fournisseurs de pétrole de la Corée du Sud jusqu'à ce que Séoul cesse ses achats en 2018 après la décision des Etats-Unis de sortir de l'accord international sur le nucléaire iranien

TÉHÉRAN: Le premier vice-président iranien Eshaq Jahanguiri a exigé dimanche que Séoul débloque des fonds iraniens de plusieurs milliards d'euros gelés en raison des sanctions américaines en accueillant à Téhéran le Premier ministre sud-coréen Chung Sye-kyun. 

« Nous appelons le gouvernement coréen à libérer les ressources financières de l'Iran dans les plus brefs délais », a déclaré M. Jahanguiri, dans une conférence de presse commune avec M. Chung. 

La visite de M. Chung survient après que l'Iran a libéré vendredi un pétrolier battant pavillon sud-coréen saisi en janvier par les forces iraniennes alors que Téhéran pressait Séoul de débloquer plusieurs milliards d'euros gelés en raison des sanctions américaines. 

Téhéran avait accusé Séoul de retenir « en otage » sept milliards de dollars de fonds (5,7 milliards d'euros) appartenant à l'Iran, mais a nié à plusieurs reprises que l'arraisonnement du pétrolier soit liée à cette question. 

L'Iran était l'un des principaux fournisseurs de pétrole de la Corée du Sud jusqu'à ce que Séoul cesse ses achats en 2018 après la décision des Etats-Unis, sous la présidence de Donald Trump, de sortir de l'accord international sur le nucléaire iranien. 

La visite du Premier ministre sud-coréen intervient également au moment où des discussions ont lieu à Vienne entre Téhéran et les autres Etats parties à l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) pour tenter de réintégrer les Etats-Unis à ce pacte et de lever les sanctions imposées depuis 2018 par Washington contre la République islamique. 


Egypte: huit ans de prison dans une affaire de harcèlement sexuel de mineures

L'affaire avait éclaté en juillet dernier lorsque le compte Instagram "Assault Police" ("Police du harcèlement") avait publié des dizaines de témoignages accusant M. Zaki d'être un prédateur sexuel.(AFP)
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  • Ahmed Bassem Zaki, âgé d'une vingtaine d'années et ancien étudiant de la prestigieuse Université américaine du Caire (AUC), a été condamné à sept ans de prison pour le harcèlement des trois mineures et à un an pour possession de drogue
  • Emanant surtout d'anciennes camarades, les récits --captures d'écran à l'appui-- décrivaient d'innombrables scènes de chantage sexuel, d'agressions et de viol

LE CAIRE : Un tribunal égyptien a condamné dimanche à huit ans de prison un ancien étudiant pour harcèlement sexuel de trois mineures et possession de drogue, dans une affaire qui avait déclenché une vague d'indignation sur les réseaux sociaux en Egypte.

Ahmed Bassem Zaki, âgé d'une vingtaine d'années et ancien étudiant de la prestigieuse Université américaine du Caire (AUC), a été condamné à sept ans de prison pour le harcèlement des trois mineures et à un an pour possession de drogue.

Il a la possibilité de faire appel, selon une source judiciaire. 

En décembre, le jeune homme avait déjà été condamné à trois ans de prison par le tribunal des Affaires économiques, chargé des infractions liées au numérique, pour harcèlement sexuel envers deux femmes, par téléphone et en envoyant des photos à caractère sexuel à l'une d'elle et en contactant l'autre de façon répétée sans son consentement.

L'affaire avait éclaté en juillet dernier lorsque le compte Instagram "Assault Police" ("Police du harcèlement") avait publié des dizaines de témoignages accusant M. Zaki d'être un prédateur sexuel.

Emanant surtout d'anciennes camarades, les récits --captures d'écran à l'appui-- décrivaient d'innombrables scènes de chantage sexuel, d'agressions et de viol.

Arrêté le 4 juillet, M. Zaki a avoué avoir agressé et fait chanter six plaignantes, dont une mineure.

Les révélations sur M. Zaki ont remis sur le devant de la scène la question du harcèlement en Egypte, où les internautes s'étaient réappropriés, cette fois en nombre, le hashtag du mouvement #Metoo.

Si l'Egypte a connu d'autres vagues d'indignation face au harcèlement, aucune n'a eu d'impact décisif dans ce pays où l'immense majorité des femmes interrogées en ont été victimes, selon l'ONU.