Des chiens formés pour traquer la Covid avec la sueur humaine

Un chien renifleur est entraîné par un membre de la gendarmerie française pour détecter le coronavirus à Libourne le 29 janvier 2021 dans le cadre d'une opération conjointe entre le CHU de Bordeaux et la société de santé animale CEVA pour fournir une méthode permettant l'utilisation de chiens entraînés pour lutter contre la propagation de la pandémie de Covid-19 causée par le nouveau coronavirus.  (PHILIPPE LOPEZ / AFP)
Un chien renifleur est entraîné par un membre de la gendarmerie française pour détecter le coronavirus à Libourne le 29 janvier 2021 dans le cadre d'une opération conjointe entre le CHU de Bordeaux et la société de santé animale CEVA pour fournir une méthode permettant l'utilisation de chiens entraînés pour lutter contre la propagation de la pandémie de Covid-19 causée par le nouveau coronavirus. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)
Short Url
Publié le Samedi 30 janvier 2021

Des chiens formés pour traquer la Covid avec la sueur humaine

  • L'objectif est d'apporter une "solution complémentaire" à l'heure où "on a besoin d'une offre de dépistage élargie, rapide et non invasive", souligne Thierry Pistone, infectiologue au Centre hospitalier universitaire
  • Après six à huit semaines de formation à raison de quatre matinées par semaine, l'aptitude des chiens devra encore être démontrée au cours d'une étude clinique au CHU avant un éventuel déploiement de l'outil

LIBOURNE: Et si les chiens devenaient des "alliés" dans la traque du virus ? D'habitude, Eliot piste des malfaiteurs ou des personnes disparues mais, depuis un mois, ce malinois s'entraîne aussi à détecter la Covid dans la sueur humaine, dans le cadre d'une étude dans le Sud-Ouest de la France.

L'objectif est d'apporter une "solution complémentaire" à l'heure où "on a besoin d'une offre de dépistage élargie, rapide et non invasive", souligne Thierry Pistone, infectiologue au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux, qui s'est associé avec Ceva santé animale, 1er laboratoire vétérinaire français (5e mondial) dans ce projet présenté vendredi à la presse.

Comme Eliot, le labrador Marvel et trois autres bergers malinois et allemand, tous membres de brigades canines de la gendarmerie et des sapeurs-pompiers, s'entraînent depuis le 4 janvier à Libourne, près de Bordeaux, à leur nouveau "jeu" : repérer des compresses de transpiration prélevée pendant 10 minutes sous les aisselles de personnes positives à la Covid-19, en début d'infection. 

C'est ainsi que chaque jour ou presque, des échantillons de sueur arrivent du CHU pour être présentés à la truffe des chiens dressés au centre de formation installé par Ceva sur son siège de Libourne. "Ils détectent des matières organiques de dégradation issues de l'infection", dénuées d'expression virale, précise Dr Pierre-Marie Borne, référent chez Ceva.

Au signal "Au cone!", les chiens se mettent au travail. Après Eskiss, spécialiste de la détection de "stups", armes et munitions, le malinois Eliot plonge à son tour le museau dans une rangée de cones en métal. 

Soudain, il marque devant deux de ces entonnoirs, la queue remuante: à l’intérieur, se trouvent deux échantillons distincts de sueur prélevée sur des patients positifs. "C'est bien !", félicite son maître avant de lui présenter en récompense une friandise et son jouet préféré. Il y a encore quelques jours, ce chien de piste-défense de la gendarmerie était lancé sur les traces d'une personne disparue.

Cibler le dépistage 

Baptisé Cynocov, ce projet, soutenu par la région Nouvelle-Aquitaine, s’appuie sur la méthode Nosaïs-Covid19 développée par le Pr Dominique Grandjean de l’Ecole nationale vétérinaire de Maisons-Alfort (près de Paris), qui vient enrichir l'immense "bibliothèque olfactive" du chien, déjà utilisé pour la détection de certains cancers. 

"En moyenne, les chiens arrivent à détecter 95% des cas positifs à la Covid-19", dit le Pr Grandjean. Cette méthode est notamment testée en Corse, île française de Méditerranée, et selon les porteurs du projet, "40 pays travaillent sur le sujet".

Après six à huit semaines de formation à raison de quatre matinées par semaine, l'aptitude des chiens devra encore être démontrée au cours d'une étude clinique au CHU avant un éventuel déploiement de l'outil.

Objectif: mettre à l'épreuve leur performance sur différents types de prélèvements renvoyant à différents terrains de la maladie, soit leur capacité à appréhender des formes graves ou non graves, les sujets contagieux ou moins contagieux, symptomatiques et asymptomatiques, mais aussi ceux infectés par un variant. 

En cas de succès, "l'outil sera principalement utilisé pour faire de la présélection" de personnes suspectes afin de "cibler les besoins en dépistage de confirmation" par le test de référence naso-pharyngé RT-PCR, explique Dr Pierre-Marie Borne, chez Ceva.

"Quand on sait qu'il va falloir faire bientôt du dépistage de personnes a priori asymptomatiques dans toutes sortes d'espaces - écoles, Ehpad, aéroports, ce type d'outils qui offre au moins un critère de suspicion fort, va permettre en terme d'acceptabilité et de réactivité de faciliter ce processus", estime Pr Denis Malvy, chef du service maladies infectieuses et tropicales au CHU.

Pour le professeur, également membre du conseil scientifique, ces chiens sont "presque nos alliés dans la production d'un outil de dépistage qui aura", espère-t-il, "sa place dans la nécessité de gérer cette urgence sanitaire".


Risque de feux de forêt : la Gironde repasse en vigilance rouge

Une ligne pare-feu, une zone de rupture de la végétation, aménagée par des habitants près de Lège-Cap-Ferret, à l’ouest de Bordeaux, le 29 juillet 2026, lors des incendies de forêt en Gironde, dans le sud-ouest de la France. (AFP)
Une ligne pare-feu, une zone de rupture de la végétation, aménagée par des habitants près de Lège-Cap-Ferret, à l’ouest de Bordeaux, le 29 juillet 2026, lors des incendies de forêt en Gironde, dans le sud-ouest de la France. (AFP)
Short Url
  • La Gironde repasse en vigilance rouge face au risque de feux de forêt, avec des températures pouvant atteindre 38 °C et de nouvelles restrictions pour prévenir les incendieS
  • Le mégafeu de Saumos, désormais maîtrisé mais toujours sous surveillance, a ravagé 42 000 hectares, détruit 240 maisons et entraîné l’évacuation de plus de 220 000 personnes

BORDEAUX: La Gironde, où 42.000 hectares ont brûlé en raison d'un mégafeu "fixé" le 1er août, est repassée samedi midi en vigilance rouge pour les risques de feux de forêt, le quatrième niveau sur une échelle de cinq, a annoncé la préfecture.

La décision, prise "au regard de l'évolution météorologique défavorable", avec des pointes de chaleur avoisinant les 38°C dans le Sud-Ouest selon Météo-France, "entraîne le renforcement des mesures de prévention et de restriction", précise la préfecture dans un communiqué. Les manifestations festives, sportives et culturelles sont notamment interdites dans les "espaces exposés" des "communes à dominante forestière".

Dans l'ensemble du département, plusieurs activités susceptibles de provoquer des incendies sont interdites : utiliser un chalumeau pour débroussailler ou des lanternes volantes, brûler des déchets verts, tirer des feux d'artifice, sauf ceux d'initiative publique depuis une plage, en dehors des zones exposées et en direction du large.

L'incendie déclenché le 22 juillet à Saumos, à l'ouest de Bordeaux, a brûlé 42.000 hectares - une superficie correspondant à quatre fois celle de Paris -, détruit 240 maisons et contraint à l'évacuation de plus de 220.000 personnes. Ce mégafeu, le plus dévastateur depuis 1949, est considéré comme "maîtrisé" par les autorités, mais reste sous surveillance étroite.


Indemnité carburant pour "grands rouleurs": la date limite de dépôt reportée à fin août

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s’exprime lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s’exprime lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • La demande pour l’indemnité carburant de 100 euros est prolongée jusqu’au 31 août 2026 pour les travailleurs modestes grands rouleurs
  • L’aide concerne notamment les actifs avec un revenu fiscal par part inférieur ou égal à 16 880 euros, sous conditions de distance parcourue

PARIS: La date limite de dépôt d'un dossier pour demander l'indemnité carburant de 100 euros destinée aux travailleurs modestes grands rouleurs est reportée au 31 août, selon un arrêté publié samedi au Journal officiel.

Le dispositif, réservé aux ménages modestes, avait été annoncé le 22 avril par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, en réponse aux conséquences sur les prix à la pompe de la guerre au Moyen-Orient. Puis, le gouvernement avait précisé le 21 mai que cette indemnité, prévue au départ de 50 euros, serait finalement de 100 euros.

Cette aide est destinée aux actifs dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 16.880 euros et qui effectuent chaque jour au moins 15 kilomètres pour aller travailler (30 kilomètres aller-retour) ou plus de 8.000 kilomètres par an dans le cadre de leur activité professionnelle (en incluant les trajets domicile-travail).

Selon le décret du ministère de l'Action et des comptes publics publié samedi, les travailleurs concernés peuvent en faire la demande jusqu'au 31 août 2026, contre le 30 juillet annoncé précédemment, via l'ouverture d'un formulaire en ligne sur le site des impôts (impots.gouv.fr).

Ce soutien public au secteur représente en moyenne 20 centimes d'euros par litre de carburant.


En plein été, Gabriel Attal omniprésent sur le terrain et à portée des critiques

Gabriel Attal (2e à droite), secrétaire général du parti centriste français Renaissance et candidat à la prochaine élection présidentielle, serre la main de policiers municipaux lors d'une visite de campagne à Vannes, dans l'ouest de la France, le 25 juillet 2026. (Photo : AFP)
Gabriel Attal (2e à droite), secrétaire général du parti centriste français Renaissance et candidat à la prochaine élection présidentielle, serre la main de policiers municipaux lors d'une visite de campagne à Vannes, dans l'ouest de la France, le 25 juillet 2026. (Photo : AFP)
Short Url
  • Gabriel Attal mène une campagne estivale active pour rattraper Édouard Philippe et présenter ses priorités pour 2027
  • Ses propositions sur les institutions et l’immigration provoquent de fortes critiques de ses opposants

PARIS: Gabriel Attal multiplie les interviews et les déplacements au cœur de l'été pour tenter de rattraper son retard sur son rival Édouard Philippe dans la campagne présidentielle et se retrouve sous le feu des critiques nourries de ses adversaires.

Le Finistère, la Loire-Atlantique, la Haute-Savoie, Le Morbihan, les Yvelines, la Vendée...

Ce jeudi, il s'est rendu sur un marché à Châteaurenard dans les Bouches-du-Rhône pour parler salaires, sécheresse, conditions de travail avec des agriculteurs.

L'ancien Premier ministre occupe le terrain politique, quasiment déserté par les autres candidats en ce début août.

"Oui, moi effectivement j'ai décidé de passer mon été auprès des Français. Parce que je considère que, quand on sollicite le suffrage des Français, quand on est candidat à l'élection présidentielle, il ne peut pas y avoir de vacances. On doit être en permanence au contact des Français pour les écouter", a lancé jeudi le patron de Renaissance sur RTL, dans une pique à ses adversaires. Et en premier lieu au candidat d'Horizons, Édouard Philippe, qui le devance dans les sondages, et a pris trois semaines de vacances.

Le patron de Renaissance, qui déplore qu'il n'y ait pas "eu de campagne en 2022", avec la guerre en Ukraine et un Emmanuel Macron sortant qui s'est représenté très tard, dit vouloir "que la France ait la campagne présidentielle qu'elle mérite et un vrai débat en vue de 2027".

Celui qui a pris ses distances avec le président de la République égrène ses mesures et ses priorités au fil des déplacements et des interviews: valeur travail, salaires, gestion de l'eau, frontières, gens du voyage... et se retrouve par ricochet dans le viseur de ses concurrents.

Une interview notamment a fait tiquer: celle parue dans le Journal du dimanche, média dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

Gabriel Attal y dévoile une partie de son projet, promettant "la plus grande réforme institutionnelle depuis 1958", avec "une nouvelle organisation territoriale" pour faire du maire "l'élu le plus puissant", une révision du système de nomination des postes stratégiques de l'administration, une baisse du nombre de députés de 577 à 350, la suppression de 100.000 postes de fonctionnaires, la suppression des remises automatiques de peine ou encore "des quotas limitatifs" pour l'immigration.

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, en campagne mais pas officiellement déclaré, y a vu "un autoritarisme subversif et surexcité" et le "vestige d'un sarkozo-macronisme historique", comparant même Gabriel Attal à un "étudiant en droit constitutionnel qui se rêve Premier consul".

- "Ébahissement" -

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure avoue avoir eu "le même ébahissement en lisant Gabriel Attal qui a choisi le JDD de Bolloré pour se lancer dans un concours de démagogie".

"Il faut parler à tout le monde et décider de ne plus apparaître dans des médias Bolloré n'est pas une bonne stratégie. Un candidat à l’Élysée doit parler à tous les Français", rétorque à l'AFP l'entourage de Gabriel Attal.

Les plus vives critiques sont venues du leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, l'accusant de vouloir "achever" l’État "au profit d'un système de nomination-copinage généralisé".

Et le tribun a remué le couteau dans la plaie quand Gabriel Attal s'est déplacé sur un campement illicite de gens du voyage en Vendée pour évoquer le sujet hautement inflammable de ces installations illégale.

Le patron de Renaissance a notamment proposé qu'"un délit de maintien illicite" soit créé et que les pouvoirs des préfets soient "renforcés" pour accélérer les évacuations en cas d'occupations illégales.

"Il n'est pas venu régler un problème, mais l'envenimer. À quoi bon ce show?", a pourfendu Jean-Luc Mélenchon.

L'entourage de l'ancien Premier ministre souligne que ce déplacement résulte "de nombreuses alertes d'élus locaux" sur ces installations illicites, qui touchent "l'intégralité du territoire français". "Il était légitime et pertinent pour un candidat à la présidentielle de s'en saisir", ajoute la même source.

Au risque pour cet ancien militant du PS de paraître vouloir concurrencer Édouard Philippe par sa droite ?

"Quand vous regardez les sondages, je suis le seul candidat en dehors des extrêmes à avoir aujourd'hui une dynamique", assure Gabriel Attal sur RTL.

Et son entourage de noter que "la stratégie de se déployer tout l'été fonctionne, sinon pourquoi nos opposants perdraient leur temps à réagir?"