MBN passera-t-il de la parole aux actes sous Biden?

MBN, dont les chaînes d'information et de radio Alhurra et Radio Sawa sont respectivement en arabe pour «The Free One» et «Together», a été lancée en 2004 (File / AFP)
MBN, dont les chaînes d'information et de radio Alhurra et Radio Sawa sont respectivement en arabe pour «The Free One» et «Together», a été lancée en 2004 (File / AFP)
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Publié le Samedi 30 janvier 2021

MBN passera-t-il de la parole aux actes sous Biden?

  •  La semaine dernière, Victoria Coates a été licenciée de son poste de chef du Middle East Broadcasting Network (MBN) financé par le département d'État américain
  • Le limogeage de Coates amène le réseau en difficulté à son troisième président en un peu plus de trois ans. 

LONDRES: La semaine dernière, Victoria Coates a été licenciée de son poste de chef du Middle East Broadcasting Network (MBN) financé par le département d'État américain de l'administration du président américain Joe Biden, un poste qu'elle avait à peine occupé deux mois. 

Le limogeage de Coates amène le réseau en difficulté à son troisième président en un peu plus de trois ans. 

L'ancien diplomate Alberto Fernandez a succédé au chef de longue date Brian Conniff en 2017 jusqu'en juin 2020 et a été remplacé par Kelley Sullivan jusqu'à l'arrivée de Coates en décembre. 

Les portes tournantes de l'Agence américaine pour les médias mondiaux (USAGM), de Voice of America et des principaux bureaux de MBN montrent à quel point l'entreprise médiatique autoproclamée objective et indépendante ainsi que les chaînes Alhurra, Alhurra-Iraq et Radio Sawa de MBN subissent une influence politique,. 

Ce qui a commencé comme un réseau incontournable pour les journalistes en herbe voulant échapper à l'influence politique qui dominait la plupart des salles de rédaction du monde arabe, a lentement pris la même tournure. 

D'anciens reporters d'Alhurra évoquent à Arab News de manière anonyme la lourde autocensure à laquelle les chaînes sont soumises par leurs journalistes et producteurs quand des informations montrent les États-Unis sous un mauvais jour. 

Ils relatent également la lourde rhétorique pro-israélienne qui dominent leurs ondes, bien que leurs salles de rédaction soient remplies de journalistes arabes - principalement du Liban et de Palestine. 

Un journaliste, qui a travaillé à la chaîne pendant plus de 12 ans, note qu'ils n'étaient même pas autorisés à utiliser le terme «Nakba» à l'antenne - catastrophe en arabe - qui fait référence à la migration massive de Palestiniens en 1948 suite à l'occupation israélienne de peur de froisser son principal bailleur de fonds, le Congrès américain. 

Paradoxalement, avec une surveillance accrue de la diffusion, de nombreux producteurs reflétaient leurs propres points de vue dans la programmation. Le bureau d’Alhurra en Irak modelait le contenu en faveur des partis politiques soutenus par l’Iran dont beaucoup de ses employés sont membres. 

MBN, dont les chaînes d'information et de radio Alhurra et Radio Sawa sont respectivement en arabe pour «The Free One» et «Together», a été a été lancée par l'administration Bush en 2004 pour proposer une information objective libre et pour améliorer l'image des États-Unis dans le monde arabe. 

Selon le site Web du réseau, sa mission est de « fournir des nouvelles et des informations objectives, précises et pertinentes aux populations du Moyen-Orient sur la région, les États-Unis et le monde ». 

Cependant, le réseau a constamment violé les engagements de l'ancien président américain George W. Bush de «se frayer un chemin à travers la propagande haineuse» présente dans le paysage médiatique du Moyen-Orient. 

Alhurra a joui de popularité dans la région en se revendiquant porte-parole américain, en partie parce qu’il est indirectement financé par le Congrès par l’intermédiaire de l’USAGM, qui est une agence fédérale indépendante et la société mère de MBN. 

Le journaliste syrien Ahmad Al-Hoare déclare à Arab News : « Je suis depuis quelques années les chaînes d’Alhurra couvrant le monde arabe et en particulier la Syrie. À mon avis, bien qu'ils soient basés aux États-Unis, où les médias sont libres et indépendants, ils projettent clairement le contraire au public arabe, montrant un ordre du jour en faveur des intérêts américains ». Il ajoute que dans une large mesure, il croit que les réseaux Alhurra sont comme tous les autres télévisions, radios ou journaux affiliés au gouvernement. 

MBNBIO

Réseau de diffusion du Moyen-Orient 

Lancé en 2004 

Siège: Springfield, VA; États Unis 

Télévision et radio: Alhurra, Alhurra Iraq, Radio Sawa 

En ligne : alhurra.com. MaghrebVoices.com, IrfaaSawtak. 

Maison mère : United States Agency for Global Media 

Un autre téléspectateur, le cinéaste syro-norvégien Nizzar Al-Najjar, déclare qu’en regardant quelques minutes la couverture au Moyen-Orient de la télévision et du site Web d'Alhurra , il constate que les États-Unis qui accusent les médias du Moyen-Orient d'être le porte-parole de leur gouvernement ne sont pas différents de toute plate-forme médiatique subjective. 

Cela était particulièrement en évidence lorsque  Alhurra  a couvert le scandale de torture dans la prison d’Abou Ghraib en Irak pendant le deuxième mandat de Bush. 

Alhurra a été la première chaîne d'information arabe à diffuser une interview dans laquelle Bush a présenté ses excuses au monde arabe, beaucoup au Moyen-Orient y voyant une confirmation que la chaîne a un programme pro-américain. 

La chaîne diffuse uniquement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, et non aux États-Unis où elle a son siège. Pourtant, la décision de Bush de présenter ses premières excuses via Alhurra était impopulaire auprès de nombreux citoyens américains - ainsi que de nombreux autres dans le monde arabe.  

Parmi les controverses plus récentes, citons le choix du président Donald Trump de Michael Pack pour PDG de l'USAGM, qui a démissionné moins d'un an après avoir été informé qu'il serait démis de ses fonctions par le nouveau président Joe Biden. 

Pack a été accusé d'avoir politisé l'agence conformément aux demandes de Trump, alors qu'il dissolvait des conseils de surveillance structurés pour fonctionner avec une indépendance éditoriale. Voice of America, la société sœur de MBN, a également révoqué ses directeurs Robert Reilly et Elizabeth Robbins. 

«Le fait que M. Pack ait pris cette mesure drastique au cours de sa première semaine de travail est choquant, et nous sommes profondément préoccupés par le fait qu'il prenne la tête d'une agence principale avec l'intention de donner la priorité aux caprices politiques de l'administration Trump sur la protection et la promotion de rapports indépendants,  ce qui est un pilier de la liberté et de la démocratie », ont déclaré à l'époque Eliot Engel, président du Comité des affaires étrangères de la Chambre, et Nita Lowey, présidente du Comité des crédits de la Chambre. 

Hormis la débâcle d'Abou Ghraib, la liste des scandales reste longue. L'agence de presse à but non lucratif ProPublica a publié un rapport accablant en 2008 qui fait la lumière sur le démarrage tumultueux du réseau. 

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Victoria Coates a été licenciée la semaine dernière de son poste de directrice du Middle East Broadcasting Network, financé par le département d'État américain (Photo, Fournie) 

L’un d’eux était le journaliste d’Alhurra, Ahmad Amin, qui couvrait une conférence des négationnistes de l’Holocauste à Téhéran et faisait des commentaires incendiaires sur les Juifs. 

Un autre était la chaîne diffusant des images inédites du discours du secrétaire général du Hezbollah, terroriste désigné par les États-Unis, Hassan Nasrallah, dans lequel il dénonçait les États-Unis et Israël et menaçait ce dernier. 

MBN a relancé ses organes de presse en novembre 2018 dans le but d'introduire une nouvelle programmation sur ses plates-formes, avec des studios ultramodernes basés à Dubaï. Nart Bouran, alors vice-président senior de l’information, de la programmation et de la transformation de l'entreprise, déclare à Arab News qu'Alhurra a la possibilité de « présenter des valeurs médiatiques ou journalistiques appropriées que d'autres pourraient revendiquer (mais) que nous mettrons réellement en œuvre ». 

Bouran est parti en février 2020, et peu de temps après, Pack a été nommé à la tête de l'USAGM, où les controverses sont rapidement revenues sur le réseau tout simplement incapable de faire une pause. 


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
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  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

 

 


Le Liban accuse Israël de violer le cessez-le-feu tout juste entré en vigueur

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  • Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump, l'armée libanaise dénonçant aussitôt des violations de la part d'Israël dans le sud du pays.

Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi). Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran. De nombreux tirs de célébration ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement, selon des journalistes de l'AFP.

Des images de l'AFPTV ont montré des personnes retournant dans la banlieue sud de la capitale libanaise, particulièrement ciblée ces dernières semaines, certaines agitant le drapeau jaune du Hezbollah ou portant des portraits de son ancien chef, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Nous sommes fatigués de la guerre et nous voulons la sécurité et la paix", a dit à l'AFP à Beyrouth Jamal Chehab, une femme au foyer de 61 ans, saluant l'accord de trêve.

Mais quelques heures plus tard, l'armée libanaise a évoqué "un certain nombre de violations de l'accord, plusieurs actes d'agression israéliens ayant été recensés, sans compter les bombardements sporadiques qui ont touché plusieurs villages". Elle a appelé les personnes déplacées par les combats à s'abstenir de retourner immédiatement dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a averti qu'elle maintenait son déploiement terrestre dans cette région, et a demandé à la population de ne pas revenir sur la rive sud du fleuve Litani.

Malgré ces mises en garde, des journalistes de l'AFP ont vu des embouteillages monstres se former au nord du Litani, motocyclistes et automobilistes patientant pendant des heures pour pouvoir franchir le dernier pont, lourdement endommagé par un bombardement israélien, reliant le sud du Liban au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir "bombardé un rassemblement de soldats israéliens près de la ville de Khiam", dans le sud-est du Liban, "en réponse à la violation du cessez-le-feu par l'armée d'occupation".

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a rapporté des bombardements contre cette localité et le village voisin de Debbine, ainsi que d'"intenses activités de drones" dans la même région.

Donald Trump a annoncé jeudi qu'Israël et le Liban s'étaient mis d'accord sur un cessez-le-feu de dix jours, ajoutant qu'il s'efforçait d'organiser la toute première rencontre à la Maison Blanche entre le président du Liban Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.