L'accord Fatah-Hamas, passage obligé pour la reprise des relations avec Biden

Un homme armé, appartenant au mouvement Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, monte la garde à côté d'un graffiti de feu Yasser Arafat lors d'une visite du chef du bureau politique du Hamas au camp de Ain el-Helweh, le plus grand camp de réfugiés palestiniens du Liban, près de la ville côtière de Sidon, au sud, le 6 septembre 2020. (Mahmoud ZAYYAT / AFP)
Un homme armé, appartenant au mouvement Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, monte la garde à côté d'un graffiti de feu Yasser Arafat lors d'une visite du chef du bureau politique du Hamas au camp de Ain el-Helweh, le plus grand camp de réfugiés palestiniens du Liban, près de la ville côtière de Sidon, au sud, le 6 septembre 2020. (Mahmoud ZAYYAT / AFP)
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Publié le Vendredi 12 février 2021

L'accord Fatah-Hamas, passage obligé pour la reprise des relations avec Biden

  • L'accord entre le Fatah et le Hamas pour la tenue des premières élections palestiniennes en près de quinze ans est un passage obligé afin de relancer les relations avec les Etats-Unis
  • L'Autorité palestinienne, contrôlée par le parti laïc Fatah de Mahmoud Abbas, siège en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967

GAZA : L'accord entre le Fatah et le Hamas pour la tenue des premières élections palestiniennes en près de quinze ans est un passage obligé afin de relancer les relations avec les Etats-Unis et, à terme, des pourparlers avec Israël, estiment des analystes.

Après de nombreux reports et rumeurs, le président palestinien Mahmoud Abbas a signé le 15 janvier, quelques jours avant l'entrée en fonction du nouveau président américain Joe Biden, un décret pour des élections législatives et présidentielle en mai et en juillet.

Les factions palestiniennes, en premier lieu les ténors du Hamas et du Fatah, ont fait un pas vers ces scrutins mardi à la faveur d'un accord conclu au Caire sur les mécanismes cruciaux à leur tenue. Parmi eux: la mise sur pied d'un "tribunal électoral" pour superviser le processus et arbitrer d'éventuels griefs quant aux résultats.

Il s'agit d'éviter le scénario des dernières législatives en 2006, lorsque la contestation des résultats avait entraîné des affrontements sanglants entre les deux camps et scindé les Territoires palestiniens en deux grandes administrations.

L'Autorité palestinienne, contrôlée par le parti laïc Fatah de Mahmoud Abbas, siège en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967. Les islamistes du Hamas d'Ismaël Haniyeh règnent sur la bande de Gaza, territoire sous blocus israélien.

Ces deux voix n'ont pas réussi à contrecarrer l'administration de Donald Trump qui a reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël, plaidé pour l'annexion de pans de la Cisjordanie et oeuvré à la normalisation des relations entre l'Etat hébreu et plusieurs pays arabes.

Or la victoire de Joe Biden a poussé M. Abbas à s'engager dans des élections et à lancer un dialogue "sérieux" avec le Hamas, pour renouveler la légitimité des institutions palestiniennes, estime Ashraf Abou al-Houl, spécialiste du dossier palestinien au quotidien égyptien al-Ahram.

Les pressions internationales pour relancer des pourparlers de paix entre Palestiniens et Israéliens ne se "concrétiseront pas sans une unité préalable des Palestiniens", dit-il à l'AFP, ajoutant que l'Egypte et la Jordanie ont multiplié les "efforts" pour favoriser le rapprochement Fatah/Hamas.

D'autant que la normalisation des relations entre Israël et des pays arabes ces derniers mois a accentué la pression sur les Palestiniens pour parler d'une voix unie, ce qui passe par des élections, estime M. Houl.

L'OLP en vue 

Après ces élections, les Palestiniens prévoient d'intégrer le Hamas au sein de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), structure reconnue par les accords d'Oslo comme représentant officiellement tous les Palestiniens.

"Le Hamas veut être un mouvement reconnu internationalement au sein de l'OLP et être un partenaire de l'Autorité palestinienne (...) car ce n'est qu'avec l'unité que nous pourrons contrecarrer les plans des Israéliens", a indiqué à l'AFP un haut responsable du Hamas.

Pour Mohamed Masharqa, directeur du Centre pour le progrès arabe, un institut d'analyse basé à Londres, le Hamas n'a pas d'autre option que des élections pour être "reconnu autrement que comme une organisation terroriste".

"Les deux camps sentent bien que leur légitimité est en jeu. Ils ont donc besoin d'élections pour la renouveler mais elles accoucheront encore d'un pouvoir bicéphale, entre Gaza et Ramallah", ville-siège de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie, estime l'analyste Abdel Salam Aqal.

Selon lui, la réconciliation Hamas/Fatah est cruciale pour le succès électoral du parti mais aussi celle au sein même du Fatah, entre le camp du président Abbas et celui du frondeur Mohammed Dahlane, exilé aux Emirats arabes unis.

Et les analystes rivalisent de scénarios concernant les listes électorales.

Le Hamas et le Fatah présenteront-ils une liste commune? M. Dahlane reviendra-t-il dans les bonnes grâces du Fatah? Fera-t-il liste commune avec Marwan Barghouthi, le plus populaire chez les Palestiniens selon les sondages mais écroué en Israël pour meurtres?

Ce dernier a reçu la visite en prison jeudi du ministre palestinien des Affaires civiles Hussein al-Cheikh. Les deux hommes ont parlé des élections, a indiqué le ministre dans un communiqué, sans préciser si M. Barghouthi comptait se présenter.

Pour Hossam al-Dajani, professeur de sciences politiques à l'université islamique de Gaza, le scénario le plus probable est "une fédération entre Ramallah et Gaza", avec le camp Abbas pour piloter la politique étrangère en Cisjordanie et le Hamas aux "services" à la population dans la bande de Gaza.


L'armée jordanienne annonce avoir intercepté cinq missiles iraniens

L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes. (AFP)
L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes. (AFP)
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  • L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume
  • L'attaque n'avait pas fait de victimes

AMMAN: L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes.

"Les missiles ont été détectés, interceptés et abattus conformément aux plans de défense", a déclaré un porte-parole de l'armée jordanienne cité dans un communiqué, en pleine reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran.

 

 


Le ministre saoudien des Affaires étrangères appelle à tenir les colons responsables des violences en Cisjordanie

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
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  • Le prince Faisal ben Farhane appelle à mettre immédiatement fin aux attaques

ROME : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a appelé mercredi à prendre des mesures pour tenir les colons israéliens responsables des violences commises contre les Palestiniens, avertissant que la poursuite des attaques et l'expansion des colonies illégales compromettaient les perspectives d'une solution à deux États.

S'exprimant lors d'une réunion de haut niveau consacrée au dialogue interreligieux à Rome, le prince Faisal a demandé la cessation immédiate des attaques dans la Cisjordanie occupée, affirmant qu'elles étaient menées sous la protection ou avec le soutien des forces de sécurité israéliennes.

Il a salué les mesures adoptées par plusieurs États, notamment l'interdiction des importations en provenance des colonies israéliennes, les sanctions visant les personnes responsables de graves violations des droits humains, ainsi que les restrictions de voyage imposées aux colons impliqués dans des actes de violence.

Le prince Faisal a appelé à renforcer davantage les mécanismes de responsabilité, estimant que ces violations ne devaient pas rester impunies, car elles compromettent les perspectives de paix et portent atteinte aux droits des Palestiniens à la vie, à la sécurité, à la dignité et à l'autodétermination, selon l'Agence de presse saoudienne.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de préoccupation internationale croissante face aux violences en Cisjordanie occupée, à la suite d'affrontements survenus le 24 juillet entre des habitants du village de Tal, au sud-ouest de Naplouse, et des colons israéliens, qui ont fait quatre morts palestiniens et deux morts israéliens.

Depuis lors, les forces israéliennes ont mené de vastes opérations militaires, des arrestations et des démolitions de maisons à travers la Cisjordanie.

Les Nations unies ont à plusieurs reprises mis en garde contre des niveaux records de violences commises par des colons, tandis que plusieurs gouvernements occidentaux, dont le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et des États membres de l'Union européenne, ont imposé des sanctions à des colons extrémistes et à des organisations accusées d'être impliquées dans des attaques contre des Palestiniens.

Le prince Faisal a également réaffirmé le rejet par l'Arabie saoudite de toute tentative visant à modifier le statut historique et juridique de Jérusalem ainsi que de ses lieux saints musulmans et chrétiens.

Il a mis en garde contre les provocations répétées à la mosquée Al-Aqsa et les attaques visant les sites religieux, estimant que de tels actes alimentaient les tensions religieuses et réduisaient encore les chances de parvenir à une paix durable.

Dans son intervention, le prince Faisal a déclaré qu'une sécurité durable ne pourrait être assurée tant que les Palestiniens seraient privés de leurs droits légitimes.

La réunion, présidée par le vice-président du Conseil italien et ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a réuni les membres de l'Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États ainsi que des partenaires internationaux afin d'examiner le rôle du dialogue interreligieux dans l'avancement du processus de paix.

Le prince Faisal a affirmé que l'Arabie saoudite poursuivrait sa coopération avec les États-Unis, l'Autorité palestinienne et ses partenaires internationaux pour mettre en œuvre le plan de paix global soutenu par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies et la Déclaration de New York, notamment à travers des initiatives visant à promouvoir le dialogue entre les fidèles de différentes religions. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Liban enquête sur une rencontre entre un influent banquier et Netanyahu

La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
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  • Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington
  • Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire.

Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington, provoquant un tollé au Liban.

Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet.

M. Sehnaoui, décrit par sa compagne comme un "chrétien sioniste", prône la normalisation des relations israélo-libanaises, alors que les deux pays, techniquement toujours en état de guerre, mènent depuis avril des négociations sous égide américaine pour une issue à leur conflit.

Son établissement, la Société Générale de Banque au Liban (SGBL) fait partie des plus grandes banques libanaises, accusées d'avoir joué un rôle dans l'effondrement économique du pays à partir de 2019. M. Sehnaoui possède également des parts dans des médias.

Un responsable judiciaire qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le procureur général avait demandé aux forces de sécurité d'ouvrir une enquête sur la photo d'Axios "pour établir son authenticité".

"Les mesures légales appropriées seront prises si c'est le cas", a-t-il ajouté.

De leur côté, plusieurs avocats libanais ont saisi la justice, réclamant des poursuites contre M. Sehnaoui pour ses contacts avec Israël et son Premier ministre, a-t-il indiqué.

Une autre photo publiée par M. Netanyahu sur X montre M. Sehnaoui derrière lui.

En avril, M. Sehnaoui était apparu dans une vidéo dans laquelle Mme Ortagus annonçait qu’il avait fait un don au musée de l’Holocauste aux Etats-Unis et le présentait comme un "chrétien sioniste".

Le banquier est dans le viseur des enquêteurs français depuis avril.

Ils suspectent la SGBL et sa filiale française Banque Richelieu France, dont M. Sehnaoui est président non exécutif, d'avoir participé, avec d'autres établissements, à des transferts d'actifs vers l'Europe pendant et après le début de la crise financière de 2019.