L'Algérie veut « réévaluer » l'accord d'association avec l'Union Européenne

Le ministre des Affaires étrangères algérien Abdelkader Messahel en discussion avec la Haute Représentante aux Affaires étrangères de l’UE. (Francois WALSCHAERTS/AFP)
Le ministre des Affaires étrangères algérien Abdelkader Messahel en discussion avec la Haute Représentante aux Affaires étrangères de l’UE. (Francois WALSCHAERTS/AFP)
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Publié le Lundi 10 août 2020

L'Algérie veut « réévaluer » l'accord d'association avec l'Union Européenne

  • Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a demandé au ministre du Commerce Kamel Rezig de « procéder à une évaluation du dossier sur l'accord d'association avec l'Union européenne (UE) »
  • L’UE et l’Algérie préparent cet accord, qui prévoit l'entrée en vigueur d'une zone de libre-échange, depuis 2005, et il devrait être mis en place dès le 1er septembre 2020

ALGER: L'Algérie souhaite « réévaluer » son accord d'association avec l'Union européenne qui prévoit l'entrée en vigueur d'une zone de libre-échange (ZLE) le 1er septembre.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a demandé au ministre du Commerce Kamel Rezig de « procéder à une évaluation (...) du dossier sur l'accord d'association avec l'Union européenne (UE) qui doit faire l'objet d'une attention particulière, faisant valoir nos intérêts pour des relations équilibrées », selon un communiqué publié dimanche soir à l'issue d'un Conseil des ministres.

La mise en place de la ZLE est la cible de critiques de dirigeants politiques, d'économistes et de patrons algériens, qui dénoncent une balance commerciale Algérie-UE largement en défaveur de l'Algérie.

Dans un récent article, le quotidien francophone algérien Liberté a jugé que « l'Algérie est loin d'être au rendez-vous » pour le 1er septembre.

Il y a quelques mois, le ministre algérien du Commerce avait déclaré qu'il revenait « au gouvernement de trancher si nous devons procéder, en septembre prochain, au démantèlement tarifaire restant, ou pas ».

Les accords commerciaux signés par l'Algérie « ont maintenu, durant des années, l'économie nationale dans un état de dépendance et de consommation continue de tout ce qui est importé », déplorait alors M. Rezig, cité par la presse locale, lors d'un colloque en février dernier.

L'UE et l'Algérie préparent la création d'une ZLE depuis le 1er septembre 2005. Dans leur accord d'association, ils avaient prévu d'ouvrir leurs marchés de manière réciproque. L'accord prévoyait une période de transition de 12 ans accordée à l'Algérie pour éliminer progressivement ses droits de douane sur des produits industriels et une possibilité d’appliquer une libéralisation sélective concernant les produits agricoles. En 2012, cette période de transition a été allongée et portée à 15 ans, jusqu'au 1er septembre 2020, pour certains produits comme l'acier, les textiles, les produits électroniques et l'automobile. Mais l'Algérie a demandé à de nombreuses reprises de renégocier le texte, estimant que l'accord lui est largement défavorable.

L'économie algérienne est peu compétitive et n'est pas parvenue à exporter ses produits hors hydrocarbures, perdant de ce fait d'importantes recettes. L'UE est le principal partenaire commercial de l'Algérie. Ses exportations vers le pays maghrébin sont composées essentiellement d'équipements industriels et de transport, ainsi que de produits agricoles. De son côté, l'Algérie est le troisième exportateur de gaz vers l'UE, après la Russie et la Norvège.

Selon le président de l'Association nationale des exportateurs algériens, Ali Bey Nasri, l'Algérie a importé pour 283 milliards de dollars (240 milliards d'euros) de biens depuis l'UE entre 2005 et 2017. Le montant de ses exportations n'a atteint que 12 milliards de dollars, essentiellement des dérivés du pétrole, pour la même période.

M. Bey Nasri a estimé que la ZLE sera « un désastre pour l'économie nationale ». 

Outre ce déséquilibre commercial, l'Algérie regrette que l'UE ait négligé, selon elle, de respecter la partie de l'accord relative aux transferts de technologies et à la circulation des personnes. Elle demande également à l'Union européenne d'inciter les entreprises européennes à investir en Algérie.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.