Cyberattaques en France: accuser la Russie est une «absurdité», affirme le Kremlin

«La Russie n'a jamais eu, n'a pas, et ne peut avoir le moindre rapport avec la cybercriminalité quelle qu'elle soit», a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov (Photo, AFP).
«La Russie n'a jamais eu, n'a pas, et ne peut avoir le moindre rapport avec la cybercriminalité quelle qu'elle soit», a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 16 février 2021

Cyberattaques en France: accuser la Russie est une «absurdité», affirme le Kremlin

  • Moscou a toujours démenti avoir mené des attaques informatiques contre ses rivaux occidentaux, en Europe comme aux Etats-Unis
  • L'attaque présentait «de nombreuses similarités avec des campagnes antérieures du mode opératoire Sandworm», généralement attribué au renseignement militaire russe

PARIS : Après la révélation d'une cyberattaque ayant touché des entités françaises pendant plusieurs années, la Russie a balayé les soupçons mardi, tandis que la société visée, Centreon, s'est défendue en rejetant la faute sur des développeurs tiers.

L'affaire a été dévoilée lundi par l'Agence française de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) dans une note technique.

Le gardien français de la sécurité informatique y révélait que «les premières compromissions identifiées» dataient de fin 2017 et qu'elles s'étaient poursuivies jusqu'en 2020, alors que l'entreprise visée compte parmi ses clients plusieurs groupes et institutions français de premier plan. Le logiciel Centreon sert de tour de contrôle des systèmes informatiques, afin de repérer pannes et autres problèmes.

Si elle se limite à une expertise technique, sans formuler d'accusation, l'Anssi notait tout de même que l'attaque en question présentait «de nombreuses similarités avec des campagnes antérieures du mode opératoire Sandworm», généralement attribué au renseignement militaire russe.

Le Kremlin a réagi mardi en jugeant «absurde» de considérer que la Russie puisse être derrière une telle cyberattaque.

Moscou a toujours démenti avoir mené des attaques informatiques contre ses rivaux occidentaux, malgré la multiplication des accusations en ce sens, en Europe comme aux Etats-Unis, après le piratage de nombreuses institutions et entreprises.

«La Russie n'a jamais eu, n'a pas, et ne peut avoir le moindre rapport avec la cybercriminalité quelle qu'elle soit», a martelé devant la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le mystère s'est encore épaissi lorsque Centreon, qui compte parmi ses clients des mastodontes comme Airbus et Total ou le ministère de la Justice, a de son côté assuré que la brèche de sécurité identifiée ne concernait pas une version commercialisée de son logiciel.

Les clients de Centreon muets

On ignore donc à ce stade qui sont les entités victimes, ou même si elles sont nombreuses.

Selon Centreon, seule une version open-source (libre et gratuite) et ancienne de sa solution, associée à «un module additionnel développé par un opérateur tiers», a pu être visée par les compromissions.

«Nous ne savons pas ce que c'est que ce module, mais il est absent des codes et plateformes produits par Centreon et la ligne de code sur laquelle il vient opérer est absente des solutions Centreon depuis 2015», a affirmé auprès de l'AFP l'entreprise, qui a évoqué une «modification sauvage» de sa solution.

«Ce ne sont pas les utilisateurs commerciaux qui sont touchés», a ajouté le groupe, semblant écarter la possibilité pour ses principaux clients d'avoir été concernés par l'attaque.

Centreon conseille donc aux utilisateurs d'une version libre de son logiciel de vérifier si elle est postérieure à 2015 et de se méfier des «intégrateurs tiers».

La version libre de ce logiciel est utilisée sur quelque «200 000 postes», et la version commerciale par «720 clients», selon l'entreprise.

«Nous demandons à l'Anssi des éclaircissements sur ses méthodes d'investigation et sur les modifications apportées à nos solutions open source», a plaidé un porte-parole de Centreon, dénonçant une «mise en cause extrêmement dommageable» pour son groupe.

Contactés mardi par l'AFP, de nombreux clients de Centreon (dont EDF, Bosch, Total, Thales, Atos ou le ministère de la Justice) restaient muets quant au fait d'avoir été ou non affectés par cette attaque. Plusieurs préféraient ne pas commenter.

Air France a assuré ne pas avoir été touché par la brèche, tout comme la Fondation de France et Action contre la Faim, qui dit avoir fait des vérifications.

Le parquet de Paris a, quant à lui, indiqué qu'aucune enquête n'avait été ouverte à ce stade.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.