Géorgie: des dizaines de manifestants d'opposition interpellés sur fond de crise politique

Nika Melia, dirigeant du MNU, parti de l'ex-président en exil Mikheïl Saakachvili à Tbilissi le 17 février 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 19 février 2021

Géorgie: des dizaines de manifestants d'opposition interpellés sur fond de crise politique

  • Des centaines de protestataires se sont réunis devant le Parlement de ce pays du Caucase pour soutenir les appels à de nouvelles élections de l'opposition
  • Nika Melia est accusé d'avoir organisé des «violences de masse» lors des manifestations d'envergure qui ont secoué pendant près d'une semaine le pays en 2019

TBILISSI: Des dizaines de manifestants d'opposition exigeant des élections législatives anticipées ont été interpellés vendredi en Géorgie, au lendemain de la démission du Premier ministre sur fond de crise politique. 

Des centaines de protestataires se sont réunis devant le Parlement de ce pays du Caucase pour soutenir les appels à de nouvelles élections de l'opposition, qui dénonce les législatives d'octobre, selon elle entachées de fraudes. 

Plusieurs manifestants ont été frappés par la police et emmenés dans des ambulances, selon des images diffusées par la chaîne Formula TV. 

« L'arbitraire de la police n'a pas de limites. Ils ont recours à la répression malgré les appels de l'opposition en faveur d'une désescalade de la confrontation politique », a réagi auprès des journalistes Levan Khabeïchvili, l'un des responsables du principal parti d'opposition, le Mouvement national uni (MNU).  

Cette manifestation fait suite à la démission jeudi du Premier ministre Guiorgui Gakharia, qui a quitté ses fonctions pour protester contre la décision d'un tribunal d'ordonner le placement en détention provisoire de Nika Melia, dirigeant du MNU, parti de l'ex-président en exil Mikheïl Saakachvili. 

Nika Melia est accusé d'avoir organisé des « violences de masse » lors des manifestations d'envergure qui ont secoué pendant près d'une semaine le pays en 2019 et encourt neuf ans de prison. L'intéressé rejette ces accusations et dénonce la « répression visant l'opposition ». 

Retranché dans le siège de son parti à Tbilissi, il est soutenu par la quasi-totalité des formations d'opposition. 

L'opposition réclame des législatives anticipées depuis les élections contestées d'octobre, remportées de justesse par le Rêve géorgien, parti fondé par l'ex-Premier ministre Bidzina Ivanichvili, l'homme le plus riche du pays, suspecté de contrôler le pouvoir en sous-main. 

L'Union européenne et les Etats-Unis se sont inquiétés de l'escalade de la crise politique en Géorgie, une ex-république soviétique habituée aux turbulences et aux luttes de pouvoir. 


Instagram teste l'option de masquer les « likes » pour faire baisser la pression sociale

Les logos d'Instagram et de Facebook. (Photo, AFP)
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  • Après plusieurs tests où certaines personnes ne voyaient plus le nombre de « likes » (« j'aime ») recueillis par les contenus, Instagram a annoncé mercredi une nouvelle expérimentation
  • Les utilisateurs décideront eux-mêmes ce qui « fonctionne le mieux » pour eux

SAN FRANCISCO : Like ou pas like? Instagram n'a toujours pas tranché l'épineuse question de l'affichage des « likes » sous les photos et vidéos, liée aux effets potentiellement délétères de la quête de validation des utilisateurs sur les réseaux.

Après plusieurs tests où certaines personnes ne voyaient plus le nombre de « likes » (« j'aime ») recueillis par les contenus, la populaire application de Facebook a annoncé mercredi une nouvelle expérimentation, où les utilisateurs décideront eux-mêmes ce qui « fonctionne le mieux » pour eux.

Ils « pourront ainsi décider d’activer l’option qui leur convient davantage, qu'il s'agisse de choisir de ne pas voir le nombre de likes sur les publications d'autrui, de désactiver les likes sur ses propres publications ou encore de conserver l’expérience originale », détaille un communiqué.

En 2019, Instagram a caché les « likes » pour un petit groupe de personnes, mais les résultats ont été mitigés: certains cobayes ont dit ressentir moins de pression, mais l'indicateur a manqué à d'autres, soucieux de savoir quels contenus marchent bien et d'identifier les tendances populaires.

Les utilisateurs concernés ne pouvaient plus voir combien de « likes » recevaient les posts des autres. Ils avaient toujours accès au nombre de « likes" sur leurs propres posts, mais en cliquant sur une page différente.

« Nous faisons cette expérience parce que nous souhaitons que nos utilisateurs se concentrent sur les photos et les vidéos partagées, pas sur le nombre de likes qu'ils recueillent », avait déclaré un porte-parole d'Instagram en juillet 2019. « Nous ne voulons pas qu'Instagram donne l'impression d'être une compétition. »

Une étude conduite en 2018 aux Etats-Unis par le Pew Research Center a montré que 72% des adolescents du pays utilisaient Intagram et que près de 40% d'entre eux se sentaient obligés de ne partager que les contenus ayant rassemblé beaucoup de « likes » ou de commentaires.

La quête effrénée de « likes » « enferme les ados dans une fausse bulle de perfection » qui leur renvoie l'image qu'ils ne sont « pas à la hauteur », a expliqué Michaël Stora, psychologue et président de l'Observatoire français des mondes numériques, en octobre dernier.

Ce nouveau test, mené au niveau mondial, doit permettre de « comprendre si le fait de donner davantage de contrôle à chaque utilisateur, pour construire l'expérience qui lui convient, aide à réduire la pression d'une manière pertinente », conclut Instagram.


Le Canada accorde la résidence permanente pour 90 000 étudiants et travailleurs étrangers

Une vue de la ville de Vancouver, Canada. (Photo, AFP)
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  • La mesure doit permettre au Canada d'atteindre son objectif d'accueillir plus de 400 000 immigrants en 2021
  • « La pandémie a mis en lumière l'incroyable contribution des nouveaux arrivants », affirme le ministre de l'Immigration

OTTAWA : Le Canada va accorder le statut de résident permanent à 90 000 étudiants et travailleurs étrangers présents sur son territoire et qui ont notamment aidé à soigner des malades pendant la pandémie, a annoncé mercredi le ministre de l'Immigration.

Le programme, en vigueur à partir du 6 mai, s'adresse aux travailleurs ayant au moins un an d'expérience au Canada dans le domaine de la santé ou une profession jugée essentielle, ainsi qu'aux étudiants étrangers y ayant obtenu un diplôme d'études supérieures ces quatre dernières années, a dit le ministre Marco Mendicino lors d'une conférence de presse.

La mesure doit permettre au Canada d'atteindre son objectif d'accueillir plus de 400 000 immigrants en 2021 et de compenser la chute du nombre de personnes accueillies en 2020, en raison de la pandémie et de la fermeture des frontières.

« La pandémie a mis en lumière l'incroyable contribution des nouveaux arrivants. Ces nouvelles politiques permettront à ceux qui ont un statut temporaire de planifier leur avenir au Canada, de jouer un rôle clé dans notre reprise économique et de nous aider à mieux reconstruire », a déclaré M. Mendicino.

 


Covid-19: le renseignement américain n'écarte pas l'hypothèse du labo chinois

La thèse de la fuite de l'Institut de virologie de Wuhan avait été défendue avec force par l'administration américaine sous la présidence de Donald Trump. (Photo, AFP)
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  • « La communauté du renseignement ne sait pas exactement où, quand, ni comment le virus de la Covid-19 a été transmis initialement »
  • « Ce qui est clair pour nous et nos experts, c'est que les dirigeants chinois n'ont pas été complètement francs ou transparents dans leur coopération » avec l'OMS

WASHINGTON : Les services de renseignement américains n'écartent toujours pas l'hypothèse de l'accident de laboratoire pour expliquer l'apparition à Wuhan, en Chine, de la pandémie de Covid-19, ont indiqué mercredi leurs responsables.

« La communauté du renseignement ne sait pas exactement où, quand, ni comment le virus de la Covid-19 a été transmis initialement », a déclaré la directrice du renseignement, Avril Haines, devant une commission du Sénat.

Elle a mentionné les « deux théories » expliquant l'origine du coronavirus: un contact humain avec des animaux infectés ou l'accident de laboratoire.

« Nous en sommes là », a-t-elle ajouté. « Mais nous continuons à travailler sur cette question, nous rassemblons des informations et nous faisons tout notre possible pour vous donner le plus de confiance possible » dans les explications sur l'origine de la pandémie.

« Nous faisons tout ce que nous pouvons et nous utilisons toutes les ressources à notre disposition pour faire toute la lumière là-dessus », a renchéri le directeur de la CIA, William Burns.

Mais « ce qui est clair pour nous et nos experts, c'est que les dirigeants chinois n'ont pas été complètement francs ou transparents dans leur coopération » avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur l'origine du coronavirus, a-t-il ajouté.

Les services de renseignement coopèrent avec d'autres agences gouvernementales et les universités pour tenter de déterminer la provenance exacte du virus, a précisé le général Paul Nakasone, chef de l'agence de renseignement militaire, la NSA.

Dans leur rapport publié fin mars, les experts internationaux de l'OMS avaient jugé « extrêmement improbable » la théorie selon laquelle le coronavirus aurait pu s'échapper de l'Institut de virologie de Wuhan, la ville du centre de la Chine où la Covid-19 a fait son apparition fin 2019. 

Mais le directeur de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a demandé quelques jours plus tard à poursuivre l'enquête sur cette hypothèse, notant que les experts internationaux lui « avaient fait part de leurs difficultés à accéder aux données brutes » pendant leur séjour en Chine.

La thèse de la fuite de l'Institut de virologie de Wuhan avait été défendue avec force par l'administration américaine sous la présidence de Donald Trump, se fondant sur les informations des services de renseignement. La Chine a toujours nié cette possibilité.