Mineur tué à Bondy pour «un différend»: deux frères en garde à vue

Un panneau qui dit: «Hier ... nous avons tous perdu un enfant», à Bondy, en Seine-Saint-Denis, banlieue nord-est de Paris le 27 février 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 27 février 2021

Mineur tué à Bondy pour «un différend»: deux frères en garde à vue

  • L'assaillant «a vu mon fils qui était debout, il lui a donné une balle au thorax (…) Le dernier mot qu'il (Aymen) m'a dit c'est +papa j'ai mal+», a confié le père
  • Le coach s'est dit «consterné», «abattu», «en colère» car la vie de l'adolescent « s'est arrêtée un vendredi

BONDY: Deux frères, âgés de 17 et 27 ans, se sont présentés à la police samedi et ont été placés en garde à vue pour l'assassinat d'un adolescent de 15 ans à Bondy (Seine-Saint-Denis), tué d'une balle dans un centre de loisirs, pour un simple « différend » aux motifs indéterminés, selon le parquet. 

La mort par balle d'Aymen dans une maison de quartier de la banlieue de Paris, a choqué dans une région déjà marquée en début de semaine par la mort de deux adolescents de 14 ans, dans des rixes entre jeunes dans deux villes de l'Essonne. 

Cette fois, cependant, « il apparaît qu’un différend opposait la victime et ses agresseurs depuis près d’un an sans que l’origine ne soit, pour l'heure, connue », a rapporté le parquet de Bobigny dans un communiqué.  

Les deux frères, « identifiés par des témoins », se sont présentés aux services enquêteurs samedi matin, ajoute-t-il. 

Selon les premiers éléments de l'enquête, une première altercation avait opposé la victime et deux individus vendredi. Les animateurs de la maison de quartier Nelson Mandela à Bondy étaient alors intervenus pour les séparer.  

Puis le père de l'adolescent était venu chercher son fils mais une seconde altercation l'avait opposé aux deux frères restés à proximité, selon le communiqué.  

Vers 17 heures, « les deux individus circulant à bord d’un scooter revenaient sur place. Le passager arrière porteur d’une arme à feu se dirigeait devant la porte d'entrée de l'espace Nelson Mandela, glissait le canon dans l'entrebâillement de la boîte aux lettres (...) et faisait usage de son arme, blessant mortellement le jeune mineur », atteint à la poitrine, a précisé le parquet.  

Le père de l'adolescent, Ahmed Kaid, était présent. 

« Au moment où il (l'assaillant) a +attrapé+ la porte, la directrice elle m'a dit +c'est lui c'est lui+, il ne faut pas ouvrir la porte », a-t-il témoigné au micro de France 3.  

L'assaillant « a vu mon fils qui était debout, il lui a donné une balle au thorax (…) Le dernier mot qu'il (Aymen) m'a dit c'est +papa j'ai mal+ », a confié le père, qui a vu son fils mourir dans ses bras.  

« Une vraie balle »  

« On s'est dit que c'était des balles à blanc pour jouer là (...) Mais non c'était une vraie balle », a également relaté le père, sur BFM TV.  

Le jeune garçon était réputé assidu au cours de boxe, avant les restrictions sanitaires dues à la pandémie de Covid-19. Dans un message posté sur Facebook, son entraîneur au club de Bondy, Christophe Hamza, le décrit comme « un bon garçon, volontaire et téméraire ».   

Le coach s'est dit « consterné », « abattu », « en colère » car la vie de l'adolescent « s'est arrêtée un vendredi, à l'heure à laquelle il était censé s'entraîner à la boxe ». 

M. Hamza a rappelé que les « clubs sont fermés depuis des mois » et que les « enfants tournent en rond », dans cette ville populaire située à moins d'une vingtaine de kilomètres au nord-est de Paris. 

Un ami de la victime âgé d'une quinzaine d'années, Hassan, a parlé d'un adolescent qui « rigolait tout le temps » et « voulait toujours faire rire ses copains ». Ce genre de drame, « on ne voit ça dans les films et maintenant on voit ça en réalité, ça fait très mal au cœur », a dit le jeune garçon.  

Dans un communiqué posté sur Twitter, le maire de Bondy Stephen Hervé (LR), a évoqué « un drame atroce », survenu dans le bâtiment municipal servant de centre de loisirs.  

Il a salué « l'exemplarité des animateurs qui ont fait leur maximum pour protéger les jeunes qui fréquentent la structure ». 

L'édile a lancé un « appel général au calme et à la raison », tout en jugeant indispensable « une présence renforcée » des forces de police pendant plusieurs semaines dans sa ville. Selon la mairie, une cellule de soutien avait été mise en place « pour les témoins et l'entourage de la victime, profondément choqués ». 


France : un ex-ministre admet avoir été à un déjeuner organisé dans un appartement

Un ancien ministre du président français Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, (AFP)
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  • Le repas était un "déjeuner professionnel" avec un journaliste politique très connu, Alain Duhamel, "parce qu'on m'a garanti que c'était légal, dans une pièce isolée d'un appartement"
  • "C'est un appartement privé et pas un restaurant, on me l'a présenté comme un business club. Nous étions moins de six, aucune règle n'a été enfreinte"

PARIS : Un ancien ministre du président français Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, a reconnu samedi avoir participé à un déjeuner organisé par un cuisinier mis en cause pour des repas qui violeraient les règles anti-Covid, tout en se défendant d'avoir enfreint la loi.

Le repas était un "déjeuner professionnel" avec un journaliste politique très connu, Alain Duhamel, "parce qu'on m'a garanti que c'était légal, dans une pièce isolée d'un appartement", a déclaré à l'AFP l'eurodéputé Les Républicains (droite, opposition), après avoir donné ces informations au site d’information Mediapart.

"C'est un appartement privé et pas un restaurant, on me l'a présenté comme un business club. Nous étions moins de six, aucune règle n'a été enfreinte", a insisté M. Hortefeux, jugeant "très dérangeant l'amalgame avec ces soirées" illégales pour lesquelles Christophe Leroy fait l'objet d'une information judiciaire.

Brice Hortefeux a occupé plusieurs fonctions ministérielles quand M. Sarkozy était à la tête de l'Etat (2007-2012), dont celles de ministre de l'Intérieur entre 2009 et 2011.

Le cuisinier Christophe Leroy et le collectionneur Pierre-Jean Chalençon, soupçonnés d'avoir organisé à Paris des repas luxueux clandestins alors que les restaurants sont fermés dans le cadre des mesures de lutte contre la Covid-19, ont été placés quelques heures en garde à vue vendredi.

La diffusion d'un reportage par la chaîne de télévision M6 la semaine dernière sur des dîners clandestins fastueux dans la capitale a déclenché une vive polémique, un des organisateurs, identifié comme étant Pierre-Jean Chalençon, affirmant avoir "dîné dans la semaine dans deux-trois restaurants clandestins" où il aurait croisé "des ministres". Il a ensuite plaidé l'humour.


Loi Climat: les députés suppriment un avantage fiscal sur le gazole routier pour 2030

Des manifestants participent à une manifestation appelée par plusieurs ONG et syndicats pour une "vraie" loi sur le climat, Place de la République à Paris. (AFP)
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  • L'Assemblée nationale a largement adopté cette mesure par 73 votes pour, six contre et neuf abstentions. Celle-ci prévoit la suppression par paliers jusqu'en 2030 de l'avantage fiscal dont bénéficie le gazole routier sur la TICPE
  • La majorité souhaite ainsi donner un coup d'accélérateur au renouvellement des flottes de poids lourds au bénéfice de camions roulant à l'hydrogène, au bio-gaz ou au bio-diesel

PARIS : Les députés ont programmé samedi la suppression d'un avantage fiscal sur le gazole routier à l'horizon 2030, malgré les mises en garde de la droite sur ses conséquences sur le secteur du transport routier, lors de l'examen du projet de loi "climat".

L'Assemblée nationale a largement adopté cette mesure par 73 votes pour, six contre et neuf abstentions. Celle-ci prévoit la suppression par paliers jusqu'en 2030 de l'avantage fiscal dont bénéficie le gazole routier sur la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques).

La majorité souhaite ainsi donner un coup d'accélérateur au renouvellement des flottes de poids lourds au bénéfice de camions roulant à l'hydrogène, au bio-gaz ou au bio-diesel. Avec un horizon: la fin de la vente des poids lourds à "énergie fossile" en 2040 voté dans l'hémicycle. 

Pour la droite, cet objectif pour 2030 relève du voeu pieux et risque d'avoir de sérieuses conséquences tant sociales qu'économiques sur un pavillon français déjà fragilisé par le dumping issu très majoritairement des pays de l'Est.

"Il faut arrêter ce 'camion bashing' depuis quelques années", a déclaré le LR Jean-Marie Sermier.

"L'augmentation de la fiscalité qui découlera de l'adoption de cet article handicapera les entreprises françaises", s'est alarmé son collègue Vincent Descoeur.

Pour les députés LR qui ont déposé une ribambelle d'amendements de suppression, les transporteurs vont se retrouver mécaniquement dans une impasse car ils ne pourront basculer massivement vers des véhicules décarbonés en raison de la faiblesse de l'offre industrielle. 

Avec un parc de 600 000 camions qui doit être changé tous les six ans, il n'y a pas "de capacité industrielle de massifier la production pour produire suffisamment de camions", a fait valoir M. Sermier.

Le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari lui a opposé "les aides directes pour accompagner le secteur" vers un renouvellement de la flotte avec des engins "plus vertueux", et un écosystème industriel français "favorable" pour produire ces véhicules. 

Il a également promis une régulation sociale et politique "beaucoup plus efficace au niveau européen". 

Pour éviter toute distorsion de concurrence avec les pays voisins, la trajectoire sera précisée à l'issue de la présidence française du Conseil de l'Union européenne au premier semestre 2022, précise le projet de loi.


Gel: Castex promet «des enveloppes exceptionnelles», le Fonds des calamités «déplafonné»

Le Premier ministre Jean Castex à Colombier-Le-Cardinal. (AFP)
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  • Le gouvernement compte également «utiliser tous les moyens dont nous disposons en pareille circonstance, notamment par rapport aux charges», et va «réunir les banquiers, les assureurs et l'ensemble des acteurs qui vont pouvoir être mobilisés»
  • «À vous, agriculteurs qui, partout en France, avez lutté sans relâche, nuit après nuit, pour protéger les fruits de votre travail, je veux vous dire notre soutien plein et entier dans ce combat»

COLOMBIER-LE-CARDINAL : Le Premier ministre Jean Castex a promis samedi "des enveloppes exceptionnelles" pour aider les agriculteurs à faire face à l'épisode de gel qui a touché cette semaine 10 des 13 régions françaises, annonçant dans l'immédiat le déplafonnement du régime d'indemnisation des calamités agricoles.

Le gouvernement compte également "utiliser tous les moyens dont nous disposons en pareille circonstance, notamment par rapport aux charges", et va "réunir les banquiers, les assureurs et l'ensemble des acteurs qui vont pouvoir être mobilisés" pour répondre à cette crise, a-t-il ajouté après la visite d'une exploitation en Ardèche.

"À vous, agriculteurs qui, partout en France, avez lutté sans relâche, nuit après nuit, pour protéger les fruits de votre travail, je veux vous dire notre soutien plein et entier dans ce combat", a de son côté déclaré Emmanuel Macron dans un tweet.

"Tenez bon ! Nous sommes à vos côtés et le resterons", a ajouté le chef de l'Etat.

Le gel qui a couvert une large partie de la France cette semaine s'annonce comme l'un des pires des dernières décennies, de nombreuses cultures, vignes et vergers en particulier, ayant été frappées du nord au sud du pays.

Le régime des calamités agricoles, déclenché vendredi par le gouvernement, indemnise les pertes de récolte et les pertes de fonds causées par des variations anormales d'intensité d'un agent naturel climatique (sécheresse, inondation, gel...). 

Le Fonds des calamités agricoles est alimenté par une taxe de 5,5% sur les assurances obligatoires. Cette cotisation est plafonnée à 60 millions d'euros par an et l'Etat complète avec des subventions à hauteur des besoins en cas de sinistres climatiques importants.

"Il nous faudra aller au-delà en dégageant des enveloppes exceptionnelles motivées par cette situation exceptionnelle", a expliqué M. Castex lors de son déplacement, assurant que "le gouvernement, l'Etat assumera les responsabilités qui sont les siennes".

Face à des phénomènes climatiques qui "ont tendance à se répéter, on voit bien que tout ceci est lié au changement climatique qui est à l'oeuvre", a ajouté le Premier ministre. 

Il faudra selon lui "poursuivre et amplifier des actions structurelles" pour adapter à ce changement l'agriculture et l'ensemble de l'économie, à travers notamment la prochaine Politique agricole commune (PAC) européenne et le projet de loi sur le climat actuellement en discussion à l'Assemblée nationale.

"La France a besoin, et c'est aussi une question de souveraineté, d'une agriculture forte", a insisté Jean Castex à la fin de son intervention à Colombier-le-Cardinal.