Législatives en Côte d'Ivoire: espoir d'un retour à une vie politique apaisée

Des femmes participent au rassemblement de campagne parlementaire de Côte d'Ivoire dans le quartier populaire de Yopougon, une banlieue d'Abidjan, le 3 mars 2021. (Issouf Sanogo / AFP)
Des femmes participent au rassemblement de campagne parlementaire de Côte d'Ivoire dans le quartier populaire de Yopougon, une banlieue d'Abidjan, le 3 mars 2021. (Issouf Sanogo / AFP)
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Publié le Samedi 06 mars 2021

Législatives en Côte d'Ivoire: espoir d'un retour à une vie politique apaisée

  • Pour la première fois depuis dix ans, l'ensemble des principaux acteurs politiques participeront à ces législatives, alors que l'opposition avait boycotté la présidentielle du 31 octobre 2020
  • Pour son retour, le FPI, force motrice d'une coalition appelée Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), a passé une alliance électorale avec son rival historique, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI)

ABIDJAN : Les électeurs de Côte d'Ivoire ont commencé à voter samedi pour choisir leurs députés, un scrutin qui, à l'issue d'une campagne sans incident majeur, suscite l'espoir d'un retour à une vie politique apaisée, quatre mois après une présidentielle agitée.

Les 22.000 bureaux ont ouvert à 08H00 (GMT et locales) pour l'élection de 255 députés dans 205 circonscriptions, sans grande affluence dans un premier temps dans ceux visités par des journalistes de l'AFP à Abidjan.

Au bureau d'une école du quartier administratif du Plateau, Micheline Irielou, commerçante de 43 ans, a été l'une des premières à accomplir son devoir électoral.

"On est fatigués", a-t-elle dit. "On n'a pas à manger, dans mon quartier on n'a pas l'eau et c'est pour ça que je suis venue voter, pour que ça change".

A Yopougon, commune populaire d'Abidjan qui compte le plus grand nombre d'électeurs de Côte d'Ivoire - près de 500.000 sur 7,4 millions - la septuagénaire N'Dri Tanoh s'est dite "contente, contente d'avoir accompli mon devoir civique". "Je veux que le vote se déroule dans le calme et la paix".

Pour la première fois depuis dix ans, l'ensemble des principaux acteurs politiques participeront à ces législatives, alors que l'opposition avait boycotté la présidentielle du 31 octobre 2020, marquée avant et après le scrutin par des violences ayant fait 87 morts et près de 500 blessés.

La campagne pour ces élections législatives s'est déroulée dans le calme, ce dont s'est réjouie la Commission électorale indépendante (CEI).

"De l'avis quasi unanime des différentes parties prenantes au processus, la campagne s'est déroulée sur l'ensemble du territoire national de manière paisible, malgré quelques incidents, au demeurant mineurs et marginaux", a indiqué vendredi la CEI.

Ce scrutin marque le grand retour dans le jeu électoral du Front populaire ivoirien (FPI) de l'ex-président Laurent Gbagbo.

Le FPI boycottait tous les scrutins depuis l'arrestation de M. Gbagbo en avril 2011 à Abidjan et son transfèrement à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, après des violences post-électorales ayant fait quelque 3.000 morts.

Pour son retour, le FPI, force motrice d'une coalition appelée Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), a passé une alliance électorale avec son rival historique, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ex-président Henri Konan Bédié.

Le PDCI, ancien parti unique, a été créé par le "père de l'indépendance" Félix Houphouët-Boigny, dont Laurent Gbagbo était le principal opposant, ce qui lui avait valu d'être emprisonné à plusieurs reprises.

Non au "pouvoir absolu"

Le PDCI et le FPI, qui avaient boycotté la présidentielle, ne reconnaissent toujours pas la réélection d'Alassane Ouattara à un troisième mandat controversé.

Mais ils veulent aujourd'hui la majorité à l'Assemblée pour empêcher "la consolidation d'un pouvoir absolu" de M. Ouattara et de son parti, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Le RHDP s'affiche comme le "seul" à pouvoir présenter des candidats dans toutes les circonscriptions, promettant "une vague orange", la couleur du parti, pour poursuive "les réformes" du chef de l'Etat.

Aux dernières législatives, en décembre 2016, le RHDP alors allié au PDCI, avait remporté la majorité absolue avec 167 sièges.

En outsider face au RHDP et à l'alliance PDCI-EDS s'est formée une autre alliance entre l'ancien Premier ministre de M. Gbagbo, Pascal Affi N'Guessan, et les formations d'un ex-ministre, Albert Mabri Toikeusse, et de l'ex-chef des "Jeunes patriotes" Charles Blé Goudé, qui a longtemps été un des piliers de la galaxie des partisans de Laurent Gbagbo.

MM. Gbagbo et Blé Goudé ont été acquittés de crimes contre l'humanité par la CPI en 2019 et vivent toujours en Europe, M. Blé Goudé à La Haye et M. Gbagbo à Bruxelles. L'ex-président y réside depuis sa libération conditionnelle par la CPI en janvier 2019, dans l'attente d'un éventuel appel de la procureure de la CPI, Fatou Bensouda.

Ses partisans attendent avec impatience son retour, que l'intéressé a récemment annoncé sur Facebook pour "bientôt".

Le président Ouattara s'est déclaré favorable, au nom de "la réconciliation nationale", à ce retour qui se fait toutefois attendre.

 


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.