2022: Mélenchon ne donnera pas de consigne de vote en cas de duel Macron/Le Pen

Jean-Luc Mélenchon, président du groupe parlementaire La France Insoumise. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon, président du groupe parlementaire La France Insoumise. (AFP)
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Publié le Dimanche 07 mars 2021

2022: Mélenchon ne donnera pas de consigne de vote en cas de duel Macron/Le Pen

  • Le leader insoumis a nié avoir mis «un signe égal» entre les deux candidats lors du second tour de la présidentielle de 2017, comme il lui est souvent reproché
  • «Les Français voient bien que, sur tout un tas de sujets, nous avions eu raison avant tout le monde et ça nous accorde une légitimité»

PARIS : Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a indiqué dimanche qu'il ne donnerait pas de consigne de vote en cas de duel Macron/Le Pen au second tour de la présidentielle de 2022, même si tous deux ne sont «clairement pas la même chose».

«L'un est d'extrême centre, c'est-à-dire libéral complètement échevelé, très autoritaire. Et l'autre on ne sait pas très bien ce qu'elle veut, car maintenant la voilà repeinte en Européenne très allante, elle dit que l'islam c'est une religion comme les autres, et ce pauvre Darmanin qui dit aussitôt vous êtes trop molle... C'est devenu un objet flou Mme Le Pen, mais nous savons bien qui elle est, c'est l'extrême droite traditionnelle», a estimé M. Mélenchon sur France 3.

Le chef de l'Etat et la présidente du Rassemblement national ne sont donc «pas pareils». «Pour autant je ne reprendrai jamais l'initiative de dire faites ceci, faites cela» en cas de duel Macron/Le Pen, a-t-il souligné, «parce que les consignes n'ont aucun poids aujourd'hui, il faut vivre avec son époque !», a ajouté M. Mélenchon qui a déjà lancé, comme Mme Le Pen, sa candidature pour 2022.

Le leader insoumis a nié avoir mis «un signe égal» entre les deux candidats lors du second tour de la présidentielle de 2017, comme il lui est souvent reproché.

Il avait alors refusé de donner une consigne à ses électeurs, indiquant simplement que, pour sa part, il irait voter, et pas pour le Front national.

Jean-Luc Mélenchon, qui a précisé avoir récolté «presque 200 signatures de parrainages d'élus» en vue de sa candidature, a fustigé les sondages «pas sérieux» qui placent «un an avant» l'échéance Emmanuel Macron et Marine Le Pen au coude-à-coude, un duel «mis en scène par M. Macron» tandis que Mme Le Pen n'a qu'à «attendre».

Mais avec des électeurs de gauche qui affirment ne vouloir voter ni pour l'un ni pour l'autre, «la situation va se rouvrir et devenir plus volatile, ce qui va rajouter des épisodes au feuilleton», a-t-il prédit.

Il a dit comprendre la position de ces électeurs, l'expliquant par la répression du mouvement des «gilets jaunes» et l'évocation par Emmanuel Macron de Pétain et Maurras, «deux figures de l'antisémitisme et de trahison de la patrie», a-t-il souligné.

Interrogé sur France Inter/franceinfo/Le Monde sur une possible fin du front républicain, le numéro deux du RN Jordan Bardella a estimé que «ces anathèmes qui ont été alimentés pendant de nombreuses années» à l'égard de son parti «n'ont plus lieu d'être aujourd’hui». 

«Les Français voient bien que, sur tout un tas de sujets, nous avions eu raison avant tout le monde et ça nous accorde une légitimité», a-t-il fait valoir. 

Un nouveau sondage Harris Interactive publié dimanche place Emmanuel Macron au coude-à-coude avec Marine Le Pen à l'issue du premier tour, avec 25% d'intentions de vote chacun si Xavier Bertrand était le candidat de droite (troisième avec 15%), contre 26% à la présidente du RN et 24% au chef de l'Etat il y a un mois.

Dans le cas où Valérie Pécresse serait la candidate de droite (12%), Emmanuel Macron obtiendrait 26% et Marine Le Pen 25%.

Dans chaque cas de figure, Jean-Luc Mélenchon arriverait quatrième à 11%.

 


France: 12 ans de réclusion pour une docteure partie en Syrie avec ses trois enfants

Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
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  • La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre"
  • La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans

PARIS: Une docteure en épidémiologie de 45 ans a été condamnée mercredi à Paris à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir rejoint avec ses trois enfants fin 2013 la Syrie où son mari combattait pour le groupe Etat islamique (EI).

La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre".

La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans. La cour a par ailleurs assorti la peine de prison d'un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Son mari Sylvain M. était poursuivi des mêmes crime et délit connexe. Présumé mort et jugé par défaut, il a été condamné à la peine maximale de 20 ans de réclusion, conformément aux réquisitions du ministère public.

Pour Camille F., l'avocate générale avait requis 15 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté des deux tiers et d'un suivi socio-judiciaire.

"C'est une peine lourde, j'en conviens", a souligné le président en s'adressant à l'accusée, ajoutant que la cour ne "doutait pas" de sa réinsertion.

Camille F., 45 ans, avait quitté la France avec son mari et leurs trois enfants en 2011 pour s'installer dans un pays musulman, la Jordanie, alors qu'elle occupait un poste d'ingénieur à l'institut de radioprotection et sureté nucléaire.

Ils étaient mariés depuis 2005. Lui s'était converti à l'islam pour rapidement se radicaliser. Camille F. avait eu un cheminement personnel plus long dans sa conversion puis sa pratique de la religion musulmane.

Installés ensuite en Egypte, Sylvain M. était parti combattre en Syrie à l'été 2013 et Camille F, alors enceinte de leur quatrième enfant, l'avait rejoint avec les trois enfants, âgés de 10, 7 et 2 ans.

Après le décès de Sylvain M. au combat, Camille F. s'était remariée avec un haut fonctionnaire syrien, avec qui elle a eu son cinquième enfant. La docteure est restée en Syrie, sous les bombardements.

Elle a été rapatriée en France en octobre 2022, son second mari étant décédé en février 2019.


Erdogan met en garde contre toute menace visant Chypre-Nord après un accord entre la France et Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
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  • "Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale"
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN)

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote.

"Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale", a déclaré le chef de l'Etat turc devant les député de son parti au parlement turc.

 

 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.