Préparant l'après-Tokyo, le CIO va reconduire Thomas Bach

Thomas Bach, président du Comité international olympique (Photo, AFP).
Thomas Bach, président du Comité international olympique (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 10 mars 2021

Préparant l'après-Tokyo, le CIO va reconduire Thomas Bach

  • Avant de se prononcer à partir de 15H30 (14H30 GMT), les 103 membres de l'instance olympique éplucheront le bilan de l'Agenda 2020, feuille de route de Thomas Bach
  • A l'actif de l'ancien champion olympique d'escrime, une sécurisation à long terme des intérêts du CIO, de ses ressources financières à l'organisation des Jeux olympiques et l'explosion des coûts.

LAUSANNE: En pleine préparation des JO de Tokyo, le Comité international olympique devrait reconduire mercredi pour quatre ans son président Thomas Bach, dont le mandat tumultueux concentre tous les enjeux du sport mondial.

Principal objet de la 137e session du CIO, prévue à Athènes et finalement tenue en visioconférence, le scrutin ne réserve qu'une inconnue : seul en lice, le Bavarois de 67 ans sera-t-il réélu à l'unanimité ? 

Avant de se prononcer à partir de 15H30 (14H30 GMT), les 103 membres de l'instance olympique éplucheront le bilan de l'Agenda 2020, feuille de route de Thomas Bach adoptée après son accession à la présidence en 2013, dont « 85% » des propositions ont été mises en œuvre.

A l'actif de l'ancien champion olympique d'escrime, une sécurisation à long terme des intérêts du CIO, de ses ressources financières à l'organisation des Jeux olympiques, menacée par la raréfaction des candidatures et l'explosion des coûts.

Outre le retentissant accord signé en 2014 avec la chaîne américaine NBC, lui confiant pour 7,65 milliards de dollars (6,43 milliards d'euros) les droits TV des Jeux jusqu'en 2032, l'instance basée à Lausanne a plus que doublé les recettes de son programme « TOP » de sponsoring international.

Côté accueil des Jeux, rompant avec la mise en concurrence publique des candidats selon un calendrier immuable, Thomas Bach a pour la première fois attribué deux éditions en septembre 2017, soit les JO-2024 à Paris et ceux de 2028 à Los Angeles.

L'ombre du dopage russe

Privilégiant les sites déjà dotés des installations requises, l'instance olympique vient d'accorder le statut de « candidat préférentiel » pour les JO-2032 à la ville australienne de Brisbane, bien que le Qatar soit lui aussi sur les rangs.

Et pourtant, même après huit ans de mandat, Thomas Bach « le malchanceux » n'a pas encore « présidé des Jeux véritablement irréprochables », soulignait dimanche le site spécialisé Inside The Games.

Certes, la préparation chaotique des JO de Rio en 2016, entre chantiers inachevés et destruction violente de favelas, a plutôt conforté l'Allemand dans sa volonté d'éviter à l'avenir les constructions pharaoniques.

Mais s'y est ajouté le rocambolesque feuilleton du dopage russe, qui a éclaboussé rétrospectivement les JO-2014 de Sotchi, puis ceux de Rio et de Pyeongchang en 2018, avec des décisions contradictoires du CIO, de l'Agence mondiale antidopage et du Tribunal arbitral du sport.

Pour demeurer « le gouverneur du sport mondial », l'instance doit désormais composer avec une multitude de structures, relève Jean-Loup Chappelet, professeur émérite à l'Université de Lausanne et le spécialiste de l'olympisme.

Le CIO y a ajouté en 2018 son propre bébé, la jeune Agence de contrôles internationale (ACI, ou ITA), chargée des analyses antidopage des JO et d'une quarantaine de fédérations internationales, et qui doit retester d'ici mi-2021 les échantillons des Jeux de Sotchi.

Pékin déjà contestée

Enfin, alors que les JO-2020 de Tokyo devaient célébrer la reconstruction du Japon après le tsunami de 2011 et l'accident nucléaire de Fukushima, la pandémie de Covid-19 a transformé en cauchemar sanitaire le plus grand rassemblement pacifique au monde.

Si les Jeux ont été décalés d'un an, du 23 juillet au 8 août prochains, Thomas Bach doit à chaque sortie convaincre qu'ils auront bien lieu, et tenter d'insuffler de l'enthousiasme à la perspective de ces épreuves sous cloche.

Avant même le rendez-vous tokyoïte, s'ébauchent déjà les autres chantiers de l'instance olympique, à commencer par le maintien de sa « neutralité politique », l'amélioration de son impact climatique ou la féminisation des instances.

Depuis plusieurs mois, les appels à boycotter les Jeux d'hiver de Pékin en 2022 se multiplient en raison de la répression chinoise contre la minorité musulmane des Ouïghours.

Pour le CIO, ce débat coïncide avec une refonte en cours de l'article 50 de la charte olympique, qui bannit pour l'heure toute « démonstration ou propagande politique, religieuse ou raciale ».

Pour Jean-Loup Chappelet, l'instance olympique pourrait « affirmer la liberté d'expression des athlètes, sauf sur le podium et le terrain », ouvrant ainsi la voie à des protestations individuelles en Chine.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.