Action en justice contre le ministère de l'Intérieur du Royaume-Uni, en cause : des enfants demandeurs d'asile

Les avocats ont déclaré que la nouvelle politique du ministère de l’Intérieur consistant à recruter ses propres travailleurs sociaux pour effectuer des évaluations de l’âge des jeunes les a conduits à être considérés à tort comme des adultes (AFP / Fichier Photo)
Les avocats ont déclaré que la nouvelle politique du ministère de l’Intérieur consistant à recruter ses propres travailleurs sociaux pour effectuer des évaluations de l’âge des jeunes les a conduits à être considérés à tort comme des adultes (AFP / Fichier Photo)
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Publié le Samedi 20 mars 2021

Action en justice contre le ministère de l'Intérieur du Royaume-Uni, en cause : des enfants demandeurs d'asile

  • Avocats: des enfants considérés à tort comme des adultes, menacés d'expulsion
  • Le placement d'enfants dans des services pour adultes est considéré comme un risque d'exploitation et de sécurité par les experts

LONDRES: Des enfants demandeurs d'asile en Grande-Bretagne ont été placés dans des logements pour adultes et menacés d'expulsion après avoir été à tort considérés comme adultes par le personnel du ministère de l'Intérieur, a-t-on appris. 

Les avocats ont déclaré que la nouvelle politique du département consistant à recruter ses propres travailleurs sociaux pour effectuer des évaluations de l’âge des jeunes les a conduits à être considérés à tort comme adultes. Une action en justice a été requise contre la politique du ministère. 

Les avocats ont déclaré que les agents d'immigration du ministère avaient faussement évalué certains enfants comme étant âgés de plus de 25 ans à leur arrivée en Grande-Bretagne. 

Au-delà de cet âge, les demandeurs d'asile ne sont soumis à aucune évaluation de leur âge. Ils sont dans certains cas placés en détention et risquent d’être expulsés du pays. 

En octobre 2020, un adolescent soudanais a été détenu à tort pendant plus d'un mois et menacé d'expulsion après avoir été considéré à tort comme adulte par les agents d'immigration du ministère de l'Intérieur. L’adolescent a été envoyé aux services pour l’enfance après une intervention judiciaire. 

Le placement d'enfants dans des services pour adultes est considéré comme un risque d'exploitation et de sécurité par les experts. « Placer ces enfants dans des environnements où ils courent manifestement un risque accru de subir des préjudices représente une violation importante du devoir de protection et promotion du bien-être des enfants », déclare Naomi Jackson, de Social Workers without Borders. 

Dans un autre cas récent, un enfant a été détenu pendant quatre jours, puis logé dans un hôtel avec d'autres adultes pendant plus d'un mois, avant d'être transféré aux autorités locales après l’intervention d’un organisme juridique caritatif. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


La moitié des démocraties dans le monde sont en déclin, selon un nouveau rapport

«La tendance générale est très sombre», explique Kevin Casas-Zamora, secrétaire général de l'organisation (Photo, AFP).
«La tendance générale est très sombre», explique Kevin Casas-Zamora, secrétaire général de l'organisation (Photo, AFP).
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  • Pour Kevin Casas-Zamora, le cas des États-Unis est particulièrement inquiétant
  • Sur les 173 pays couverts par le rapport, 52 des démocraties décomptées étaient en déclin

STOCKHOLM: La moitié des pays démocratiques connaissent une érosion de leur système politique, intensifiée par la guerre en Ukraine et la crise économique, selon un rapport publié mercredi le think-tank IDEA International, l'institut international pour la démocratie et l'assistance électorale.

"Nous voyons maintenant des facteurs extrêmement défavorables à la démocratie, qui sont intensifiés par les retombées de la crise économique enclenchée avec la pandémie et les conséquences économiques de la guerre en Ukraine", a déclaré à l'AFP Kevin Casas-Zamora, secrétaire général de l'organisation basée en Suède.

Selon lui, ce déclin peut se traduire par exemple par une remise en cause de la crédibilité d'élections, par des atteintes à l'État de droit ou encore par des entraves à l'espace civique.

Les démocraties dont l'érosion démocratique est la plus grave, que le rapport catégorise comme pays "en recul" et qui incluent les États-Unis depuis l'année dernière, ainsi que le Brésil, la Hongrie, la Pologne, l'Inde et l'île Maurice, sont passés de six à sept en 2022 avec l'ajout du Salvador.

Pour Kevin Casas-Zamora, le cas des États-Unis est particulièrement inquiétant.

Selon le rapport, le pays fait face à des problèmes de polarisation politique, de dysfonctionnements institutionnels et de menaces sur les libertés civiles.

"Il est maintenant clair que cette fièvre n'est pas redescendue avec l'élection d'un nouveau gouvernement", estime Monsieur Casas-Zamora.

Selon lui, cela se traduit notamment par des niveaux incontrôlables de polarisation et des tentatives de "compromettre la crédibilité des résultats électoraux sans aucune preuve de fraude".

Il estime que les États-Unis ont également fait "un pas en arrière visible" en matière de droits sexuels et reproductifs, "ce qui est très exceptionnel, car la plupart des pays, (...), progressent en termes d'élargissement des droits sexuels et reproductifs".

Plus d'autoritarisme

Sur les 173 pays couverts par le rapport, 52 des démocraties décomptées étaient en déclin.

En revanche, 27 pays se sont tournés vers l'autoritarisme, soit plus du double de ceux qui se sont tournés vers la démocratie.

Presque la moitié des régimes autoritaires ont également intensifié leur répression en 2022, l'Afghanistan, le Bélarus, le Cambodge, les Comores et le Nicaragua ayant quant à eux connu un "déclin général".

En Asie, où seulement 54% de la population vit dans une démocratie, l'autoritarisme se renforce, tandis que le continent africain reste "solide" face à l'instabilité, malgré le grand nombre de défis auxquels il doit faire face.

En Europe, près de la moitié des démocraties du continent, soit 17 pays, ont souffert d'une érosion démocratique ces cinq dernières années.

"Les démocraties peinent à équilibrer efficacement des environnements marqués par l'instabilité, l'anxiété. Le populisme continue de gagner du terrain dans le monde alors que l'innovation et la croissance stagnent ou déclinent", souligne le rapport.

Il note également des "tendances troublantes", même dans des pays avec des niveaux moyens ou élevés de standards démocratiques.

Ces cinq dernières années, les progrès ont stagné dans tous les indices des études du think tank, certains revenant au même niveau que dans les années 90, selon le rapport.

"Les systèmes démocratiques ont vraiment dégringolé ces deux dernières décennies et cela est devenu une question brûlante à notre époque", explique Monsieur Casas-Zamora.

Pourtant, il y a aussi des signes de progrès:

Le rapport indique ainsi que des populations se rassemblent pour pousser leur gouvernement à répondre aux demandes du 21e siècle, des droits de reproductifs en Amérique Latine aux protestations de la jeunesse pour le climat tout autour du globe.

"Mais aussi dans des pays comme l'Iran où les gens sont sortis dans la rue pour demander la liberté, l'égalité et la dignité", ajoute Monsieur Casas-Zamoras.

"Il y a quelques lueurs d'espoir, mais la tendance générale reste sombre".


Selon le Pentagone, l'arsenal nucléaire chinois triplera d'ici 2035

Le général Pat Ryder, porte-parole du Pentagone (Photo, AFP).
Le général Pat Ryder, porte-parole du Pentagone (Photo, AFP).
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  • Cet agrandissement de l'arsenal nucléaire chinois pourrait être une source d'instabilité, selon le général Pat Ryder
  • Cet arsenal est toutefois toujours loin derrière celui des États-Unis et de la Russie

WASHINGTON: L'arsenal nucléaire chinois est en voie de plus que tripler d'ici à 2035 pour atteindre 1.500 têtes nucléaires, a indiqué le Pentagone dans un rapport diffusé mardi qui a aussi souligné l'amélioration constante de l'armée de l'air chinoise.

Washington a identifié Pékin comme son principal défi militaire et le rapport annuel sur l'armée chinoise souligne une progression des forces à la fois nucléaires et conventionnelles.

"Le ministère de la Défense estime que le stock (chinois) de têtes nucléaires opérationnelles a dépassé 400", indique le rapport. "Si la Chine continue d'accroître son stock nucléaire à ce rythme, elle aura selon toute probabilité un stock d'environ 1.500 ogives" d'ici à 2035.

Cet agrandissement de l'arsenal nucléaire chinois pourrait être une source d'instabilité, selon le général Pat Ryder, porte-parole du Pentagone.

"Plus il y a prolifération, plus c'est inquiétant, plus cela déstabilise la région", a-t-il dit mardi à des journalistes.

Cet arsenal est toutefois toujours loin derrière celui des États-Unis et de la Russie, qui possèdent chacun plusieurs milliers de têtes nucléaires.

Pékin, qui travaille aussi à moderniser les missiles balistiques qui pourraient transporter ces têtes nucléaires, en a testé 135 en 2021, "plus que le reste du monde" si l'on ne compte pas ceux tirés lors de conflits militaires, affirme le rapport.

Et l'armée de l'air chinoise progresse à grands pas, "rattrapant rapidement les forces aériennes occidentales".

Un haut responsable militaire a précisé avant la publication du rapport que l'armée de l'air chinoise essayait de "progresser rapidement sur tous les fronts", notamment l'équipement, les pilotes et le reste du personnel.

Le rapport estime aussi que la Chine mène "des actions plus coercitives et agressives dans la région indo-pacifique", terme employé par l'administration américaine pour désigner une réalité changeante d'alliances en Asie-Pacifique.

C'est surtout le cas autour de Taïwan, île revendiquée par Pékin comme faisant partie de son territoire.

Une visite de l'île par la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi, en août, a accentué les tensions, la Chine conduisant en réaction ses exercices militaires les plus agressifs autour de l'île depuis les années 1990.

La tension a depuis baissé, mais le haut responsable militaire a indiqué que l'activité chinoise autour de Taïwan, même si elle a décru, restait plus importante qu'auparavant, et constituait une source d'inquiétude.


Assaut du Capitole: Le chef d'une milice d'extrême droite reconnu coupable de «sédition»

Stewart Rhodes a été condamné mardi (Photo, Reuters).
Stewart Rhodes a été condamné mardi (Photo, Reuters).
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  • Ce jour-là, une foule de partisans du président républicain Donald Trump avaient semé le chaos et la violence dans le siège du Congrès
  • Comme d'autres groupes radicaux, cette milice a été séduite par le discours anti-élites de Donald Trump

WASHINGTON: Le fondateur des Oath Keepers, Stewart Rhodes, et un autre membre de cette milice d'extrême droite, sont devenus mardi les premiers participants à l'assaut du Capitole à être reconnus coupables de "sédition".

Après deux mois d'un procès très suivi, les douze jurés ont en revanche écarté ce chef d'inculpation extrêmement rare, passible de 20 ans de prison, pour trois autres membres de ce groupe radical.

Ils ont tous été condamnés pour obstruction à une procédure officielle et seront fixés sur leur peine au printemps 2023.

Ce verdict nuancé, prononcé après trois jours de délibérations, représente une victoire pour les procureurs qui enquêtent depuis bientôt deux ans sur l'attaque du 6 janvier 2021.

Ce jour-là, une foule de partisans du président républicain Donald Trump avaient semé le chaos et la violence dans le siège du Congrès, au moment où les élus certifiaient la victoire de son rival démocrate Joe Biden à la présidentielle.

Depuis ce coup de force, près de 900 personnes ont été arrêtées et une centaine ont écopé de peines de prison, notamment les auteurs de violences contre les policiers. Mais, jusqu'ici, personne n'avait été reconnu coupable de "sédition".

Ce chef d'inculpation, qui émane d'une loi adoptée après la guerre de Sécession pour réprimer les derniers rebelles sudistes, implique d'avoir planifié l'usage de la force pour s'opposer au gouvernement. Il se distingue de l'insurrection, au caractère plus spontané.

Difficile à prouver, il a été très peu utilisé: la dernière condamnation pour sédition a été prononcée en 1998 contre des militants islamistes responsables d'un attentat à la bombe contre le World Trade Center à New York cinq ans plus tôt.

«Persécution»

Pendant le procès, les procureurs ont montré que Stewart Rhodes avait commencé à rallier ses troupes dès novembre 2020. "On ne va pas s'en sortir sans guerre civile", leur écrivait-il deux jours après la présidentielle sur une messagerie cryptée.

Dans les semaines suivantes, il a, selon eux, dépensé des milliers de dollars pour acheter des appareils de vision nocturne, des armes et des munitions, et a stocké cet arsenal dans un hôtel de la banlieue de Washington.

Le 6 janvier, casqués et vêtus de tenue de combat, plusieurs membres des Oath Keepers avaient marché sur le Capitole. Certains avaient formé une colonne pour s'y introduire et avaient fait demi-tour après avoir reçu du gaz irritant. D'autres avaient pénétré dans son enceinte en formation militaire.

Stewart Rhodes était lui resté à l'extérieur, mais selon les procureurs, il avait dirigé ses troupes avec une radio "comme un général sur le champ de bataille".

À la barre des témoins, ce tribun, reconnaissable à son cache-œil noir, a nié "avoir planifié" cette attaque et a soutenu que la "mission" des Oath Keepers était d'assurer la sécurité de la manifestation convoquée par Donald Trump pour dénoncer de prétendues "fraudes électorales".

Soutenant avoir été mis devant le fait accompli, il a estimé "stupide" que Kelly Meggs, qui dirige la section de Floride des Oath Keepers et a, lui aussi, été reconnu coupable de sédition, soit entré dans le Capitole.

"Cela a ouvert la porte à notre persécution politique, et voyez où nous en sommes", a notamment déclaré Stewart Rhodes.

Ancien diplômé en droit de l'université Yale, ce quinquagénaire au parcours sinueux a fondé les Oath Keepers en 2009, en recrutant d'anciens soldats ou policiers, initialement pour lutter contre l'État fédéral jugé "oppressif".

Comme d'autres groupes radicaux, cette milice a été séduite par le discours anti-élites de Donald Trump et a totalement adhéré aux allégations de fraudes électorales brandies -- contre toute évidence -- par le républicain.