Nouveau massacre dans l'ouest du Niger, au moins 130 morts en six jours

La région de Tahoua se trouve à l'est de celle de Tillabéri, toutes deux proches de la frontière avec le Mali. Tahoua, vaste région désertique, est, plus au nord, également frontalière de l'Algérie. (AFP)
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Publié le Lundi 22 mars 2021

Nouveau massacre dans l'ouest du Niger, au moins 130 morts en six jours

  • L'intensification de ces attaques constitue le plus grand défi auquel va être confronté le nouveau chef de l'Etat Mohamed Bazoum, successeur de Mahamadou Issoufou, dont la victoire à la présidentielle a été confirmée dimanche par la Cour constitutionnelle
  • Le 2 janvier, entre les deux tours de l'élection présidentielle, 100 personnes avaient été tuées dans les attaques de deux villages de la commune de Mangaïzé

PARIS : Au moins 130 morts en six jours: les attaques de jihadistes présumés visant les civils s'intensifient dans l'Ouest du Niger proche de la frontière malienne, la dernière ayant frappé dimanche des villages de la région de Tahoua, tuant une soixantaine de personnes.

L'intensification de ces attaques constitue le plus grand défi auquel va être confronté le nouveau chef de l'Etat Mohamed Bazoum, successeur de Mahamadou Issoufou, dont la victoire à la présidentielle a été confirmée dimanche par la Cour constitutionnelle du Niger.

La dernière des attaques en date s'est produite dimanche lorsque des hommes armés à moto "ont tiré sur tout ce qui bouge" dans les villages de "Intazayene, Bakorat et Wistane", ainsi que "dans des campements environnants" de la région de Tahoua, a déclaré à l'AFP un élu local.

"Le bilan s'établit provisoirement à 60 morts", a déclaré une source des services de sécurité du Niger.

Selon Alfouzazi Issintag, maire de la commune de Tillia, sur le territoire de laquelle se trouvent les villages attaqués, "le nombre de victimes va au delà de 60 morts". "On est encore en train de découvrir des corps", a-t-il déclaré à l'AFP par téléphone ajoutant: "Ils ont tiré sur les gens et ils ont emporté le bétail".

La région de Tahoua se trouve à l'est de celle de Tillabéri, toutes deux proches de la frontière avec le Mali. Tahoua, vaste région désertique, est, plus au nord, également frontalière de l'Algérie.

La région de Tillabéri est située dans la zone dite "des trois frontières" entre Niger, Mali et Burkina Faso, régulièrement frappée par les groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l'Etat islamique (EI).

Le 15 mars, des jihadistes présumés y avaient mené plusieurs attaques contre des véhicules qui rentraient du grand marché hebdomadaire de Banibangou. Il avaient également pris pour cible un village, massacrant des habitants et incendiant des véhicules et des greniers à céréales. Bilan: 66 morts.

Le même jour, une attaque revendiquée par l'EI contre l'armée malienne dans cette zone "des trois frontières" avait tué 33 soldats.

La région de Tillabéri a été à ce jour la cible des attaques jihadistes les plus sanglantes de ce pays sahélien.

Le 2 janvier, entre les deux tours de l'élection présidentielle, 100 personnes avaient été tuées dans les attaques de deux villages de la commune de Mangaïzé, un des pires massacres de civils au Niger.

Un an auparavant, le 9 janvier 2020, 89 soldats nigériens étaient morts dans l'attaque du camp militaire de Chinégodar. Et un mois plus tôt, le 10 décembre 2019, ce sont 71 soldats nigériens qui avaient péri dans une attaque à Inates, une autre localité de la région de Tillabéri.

"Mode barbare" 

Ces deux attaques contre l'armée, qui avaient traumatisé le pays, avaient été revendiquées par les terroristes de l'EI.

Si la région de Tahoua est proche de la zone des "trois frontières", elle n'en fait pas partie, mais elle est également régulièrement prise à partie par les jihadistes.

La dernière attaque connue remonte à juin 2020. Au moins trois civils avaient été tués dans un raid contre un site abritant des réfugiés maliens à Intikane.

En octobre 2016, une attaque attribuée à des jihadistes avait fait 22 morts parmi des soldats stationnés dans un camp de réfugiés à Tazalit.

Elu chef de l'Etat le 21 février au second tour de la présidentielle, Mohamed Bazoum s'est engagé à lutter contre l'insécurité, un des plus grands défis du Niger, pays sahélien parmi les plus pauvres du monde, également confronté aux jihadistes du groupe nigérian Boko Haram dans sa partie Sud-Est. 

"Après le massacre de Banibangou, les terroristes ont sévi hier sur le même mode barbare contre les paisibles populations civiles de Intazayene et Bakorat", a déploré Mohamed Bazoum lundi dans un tweet pour présenter ses "condoléances émues aux parents des victimes".

Après les massacres du 15 mars, l'armée nigérienne a déployé des renforts dans la région de Tillabéri.

Un contingent de 1 200 soldats de l'armée tchadienne, réputée la plus aguerrie de la région, a également été déployé dans la zone des trois frontières, dans le cadre du "G5 Sahel"  regroupant cinq pays - Mauritanie, Mali, Burkina, Niger et Tchad - qui s'efforcent depuis 2017 de coopérer dans la lutte antijihadiste. 

Comme ses voisins le Mali et le Burkina Faso, également très touchés par les exactions des groupes jihadistes, le Niger bénéficie aussi du soutien de l'opération française antijihadiste Barkhane, qui compte 5 100 hommes déployés au Sahel. 


Brésil: suspension de la vaccination avec l'AstraZeneca des femmes enceintes

Ces suspensions interviennent alors que l'utilisation du vaccin AstraZeneca a été restreinte dans la plupart des pays de l'UE en raison des très rares cas de thromboses qu'il peut provoquer, entretenant une défiance importante dans le grand public.(AFP)
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  • Selon le journal Folha De S.Paulo, le ministère de la Santé enquête sur la mort à Rio de Janeiro d'une femme enceinte ayant reçu le vaccin d'AstraZeneca, une information encore non confirmée à l'AFP par les autorités
  • On ignorait si cette femme avait reçu une ou deux doses du vaccin

RIO DE JANEIRO: De nombreux Etats brésiliens, dont ceux de Sao Paulo et Rio de Janeiro, ont annoncé avoir suspendu mardi la vaccination des femmes enceintes avec le sérum anti-Covid d'AstraZeneca, suivant la recommandation de l'agence régulatrice Anvisa, après un "incident".

Selon le journal Folha De S.Paulo, le ministère de la Santé enquête sur la mort à Rio de Janeiro d'une femme enceinte ayant reçu le vaccin d'AstraZeneca, une information encore non confirmée à l'AFP par les autorités. On ignorait si cette femme avait reçu une ou deux doses du vaccin.

Selon le site d'information G1, ce sont plus de la moitié des Etats brésiliens (17 sur 27) qui ont suspendu les vaccinations des futures mères.

Ces suspensions interviennent alors que l'utilisation du vaccin AstraZeneca a été restreinte dans la plupart des pays de l'UE en raison des très rares cas de thromboses qu'il peut provoquer, entretenant une défiance importante dans le grand public.

Lundi soir, l'Anvisa avait recommandé "la suspension immédiate" de la vaccination avec AstraZeneca pour les femmes enceintes. L'agence régulatrice avait argué dans un communiqué que son utilisation pour des femmes enceintes ne figurait pas parmi les indications formulées par le laboratoire.

"Cette recommandation résulte de la vigilance constante d'incidents lors de la vaccination anticovid dans tout le pays", a seulement précisé l'Anvisa, sans mentionner de décès suspect à Rio.

Le secrétariat à la Santé de la mairie de Rio de Janeiro a de son côté annoncé la suspension de la vaccination de femmes enceintes "par précaution, jusqu'à ce que l'enquête du ministère sur un incident soit conclue". 

Le vaccin d'Oxford/AstraZeneca est l'un des trois utilisés au Brésil actuellement, avec le CoronaVac, du laboratoire chinois Sinovac, et plus récemment celui de Pfizer/BioNTech. Celui d'AstraZeneca représente 26% des doses injectées. 

La vaccination, qui a débuté tardivement, à la mi-janvier, se poursuit à un rythme encore lent dans ce pays de 212 millions d'habitants où plus de 420 000 personnes sont mortes de Covid-19.

À ce jour, quelque 32 millions de Brésiliens ont reçu une première dose, soit 15% de la population, et 15 millions la deuxième (7%).


L'Allemagne interdit temporairement à Facebook d'utiliser les données de WhatsApp

Cette photo prise le 5 octobre 2020 montre le logo du réseau social américain Facebook et du service de messagerie mobile WhatsApp sur les écrans d'un smartphone et d'une tablette à Toulouse, dans le sud-ouest de la France. (Photo, AFP)
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  • Le régulateur indique dans un communiqué avoir «émis une ordonnance interdisant à Facebook Ireland de traiter les données personnelles de WhatsApp dans la mesure où cela est fait à ses propres fins»
  • «Les critiques formulées dans le monde entier à l'encontre des nouvelles conditions d'utilisation devraient inciter à repenser fondamentalement le mécanisme de consentement, une fois de plus», a estimé le régulateur allemand

BERLIN: Une autorité allemande de protection des données personnelles a ordonné mardi à Facebook de suspendre durant trois mois l'utilisation des données que mettrait à sa disposition le service de messagerie WhatsApp dans le cadre de la modification controversée de ses conditions de confidentialité.

Le régulateur indique dans un communiqué avoir «émis une ordonnance interdisant à Facebook Ireland de traiter les données personnelles de WhatsApp dans la mesure où cela est fait à ses propres fins».

Johannes Caspar, chef de l'Autorité de protection des données de Hambourg, où est basé le siège de la filiale allemande du réseau social américain, estime que cette décision «vise à préserver les droits et libertés des millions d'utilisateurs qui donnent leur consentement aux conditions d'utilisation dans toute l'Allemagne».

Dans une réaction transmise à l'AFP, WhatsApp assure que cette ordonnance «est basée sur une incompréhension fondamentale» des nouvelles règles et qu'elle n'aura donc «aucun impact sur la poursuite du déploiement de la mise à jour».

Résultant d'une procédure d'urgence, la demande de suspension est valable trois mois et le régulateur de Hambourg annonce soumettre l'affaire au Comité européen de la protection des données, organe compétent au sein de l'UE pour faire respecter les règles parmi les Vingt-sept.

WhatsApp, le service de messagerie de Facebook, a présenté il y a plusieurs mois de nouvelles règles de confidentialité accusées par ses détracteurs d'élargir la collecte des données des deux milliards d'utilisateurs.

Après avoir déjà décalé de plusieurs mois leur entrée en vigueur, WhatsApp a annoncé début mai qu'il retardait de nouveau leur application stricte.

L'annonce des changements avait provoqué la colère de nombreux utilisateurs, inquiets à l'idée que la messagerie ne partage davantage de données avec sa maison mère Facebook.

«Les critiques formulées dans le monde entier à l'encontre des nouvelles conditions d'utilisation devraient inciter à repenser fondamentalement le mécanisme de consentement, une fois de plus», écrit encore le régulateur allemand.

Il souligne qu'il ne s'agit pas seulement de protéger la vie privée des utilisateurs mais aussi d'éviter l'utilisation des données «pour influencer les décisions des électeurs afin de manipuler les choix démocratiques», citant la proximité des élections législatives du 26 septembre en Allemagne où WhatsApp compte près de 60 millions d'utilisateurs.

WhatsApp avait défendu ces nouvelles règles, assurant qu'elles n'affectaient pas la confidentialité des messages échangés avec amis et famille, mais étaient avant tout destinées à aider les entreprises à mieux communiquer avec leurs clients via la plateforme, notamment pour leur permettre d'y vendre directement leurs produits.

Dans sa réaction mardi au jugement, le service explique que les allégations du régulateur allemand sur le partage des données avec Facebook sont «erronées»: «votre acceptation des nouvelles conditions de service n'étend pas la capacité de WhatsApp à partager les données des utilisateurs avec sa société mère Facebook», assure un porte-parole.


Opération antijihadiste au Burkina: une vingtaine de «terroristes» tués, des bases détruites

Malgré l'annonce de nombreuses opérations de ce type, les forces de sécurité burkinabè peinent à enrayer la spirale de violences jihadistes (Photo, AFP).
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  • Le 5 mai, «les forces armées nationales ont lancé une opération d'envergure dans les régions du Nord et du Sahel afin de déloger les groupes armés terroristes qui y sévissent»
  • Malgré l'annonce de nombreuses opérations de ce type, les forces de sécurité burkinabè peinent à enrayer la spirale de violences jihadistes

OUAGADOUGOU: Au moins une vingtaine de jihadistes ont été tués et quatre bases « terroristes » détruites depuis le lancement le 5 mai d'une opération antijihadiste dans les régions du Nord et du Sahel du Burkina Faso, a annoncé mardi l'armée burkinabè. 

Le 5 mai, « les forces armées nationales ont lancé une opération d'envergure dans les régions du Nord et du Sahel afin de déloger les groupes armés terroristes qui y sévissent », a indiqué l'état-major dans un communiqué, ajoutant que cette opération vise également « à rassurer les populations ».

Dénommée Houné - Dignité en langue peule - cette opération, toujours en cours, « mobilise les unités conventionnelles et spéciales de l'armée de terre, de l'armée de l'air et de la gendarmerie nationale ».

Elle va « s'étaler sur plus d'un mois » et a déjà « permis de neutraliser plus d'une vingtaine de terroristes » et de détruire « quatre bases ou positions des groupes armés », a expliqué une source sécuritaire de haut rang.

« Des moyens de communication, de l'armement, des munitions et des moyens roulants ont été récupérés par les forces armées », a précisé cette source.

Malgré l'annonce de nombreuses opérations de ce type, les forces de sécurité burkinabè peinent à enrayer la spirale de violences jihadistes.

Samedi, trois civils ont été tués à Tin-akoff, dans la région du Nord du Burkina Faso, où le même jour, un engin improvisé a explosé au passage d'une unité du détachement militaire de Mansila, qui effectuait une mission d'escorte. Bilan : trois soldats blessés.

Le Burkina Faso est confronté depuis plus de cinq ans à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières, attribuées à des groupes djihadistes, dont le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et l'Etat islamique au grand Sahara (EIGS).

D'abord concentrées dans le nord du pays, elles ont ensuite visé la capitale et d'autres régions, notamment l'Est, faisant depuis 2015 quelque 1 300 morts et contraignant plus d'un million de personnes à fuir leurs foyers.