Le Royaume-Uni réduit la taille de son armée et veut l'adapter aux «menaces du futur»

En novembre, Boris Johnson avait annoncé un investissement dans la défense d'un montant sans égal depuis 30 ans, avec l'ambition de devenir «la première puissance navale en Europe» (Photo, AFP).
En novembre, Boris Johnson avait annoncé un investissement dans la défense d'un montant sans égal depuis 30 ans, avec l'ambition de devenir «la première puissance navale en Europe» (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 23 mars 2021

Le Royaume-Uni réduit la taille de son armée et veut l'adapter aux «menaces du futur»

  • Les Royal Marines deviendront une nouvelle unité baptisée «Future Commando Force» (FCF) qui sera chargée d'opérations maritimes et de contrer des menaces étatiques
  • Selon le ministre, l'armée doit «devenir plus présente et active (...) et jouer un rôle au-delà de ce que nous considérons traditionnellement comme la guerre»

LONDRES: Le gouvernement britannique a annoncé lundi une baisse des effectifs de ses forces armées dans le cadre de son plan de modernisation des capacités militaires britanniques, qui vise à les adapter aux «menaces du futur».

Ce plan a été présenté au moment où le Royaume-Uni cherche à se forger une nouvelle place sur la scène internationale à la suite de sa sortie de l'Union européenne, mais aussi à répondre à des relations qui se dégradent avec la Russie et la Chine.

Il «marque une évolution de la mobilisation de masse vers la rapidité de l'âge de l'information, la préparation et la pertinence nécessaires pour se confronter aux menaces du futur», a expliqué le ministre de la Défense Ben Wallace devant les députés, critiquant des précédentes réformes laissant les troupes «débordées et sous équipées».

Il a confirmé les informations des médias britanniques faisant état de baisses d'effectifs de l'armée, qui passeront de 76 500 actuellement à 72 500 d'ici 2025, sans départs contraints.

En revanche, les investissements seront renforcés dans des technologies comme les drones ainsi que dans les «cyber-guerres» ou celles dans l'espace. Ce dernier secteur recevra des financements de 6,6 milliards de livres sur quatre ans (7,7 milliards d'euros) pour mettre en place notamment un réseau de satellites de surveillance et reconnaissance.

Le ministère de la Défense compte disposer de davantage de navires et de sous-marins. 

Les Royal Marines deviendront une nouvelle unité baptisée «Future Commando Force» (FCF) qui recevra plus de 200 millions de livres (232 millions d'euros) d'investissements directs au cours de la prochaine décennie. Elle sera chargée d'opérations maritimes et de contrer des menaces étatiques.

Sur terre, sera déployée une brigade d'opérations spéciales «capable d'opérer discrètement dans des environnements à haut risque et d'être rapidement déployable à travers le monde».

Menaces «méconnaissables»

Ce plan traduit sur le plan militaire la revue stratégique annoncée la semaine dernière, qui érige la Russie en menace majeure, qualifie la Chine de «concurrent systémique» et prévoit un relèvement du plafond de l'arsenal nucléaire britannique, une première depuis la chute de l'Union soviétique.

L'objectif du gouvernement est d'adapter l'armée britannique aux nouvelles menaces. Le ministre a en particulier cité les actes agressifs venant d'acteurs étatiques, qui se trouvent dans une «zone grise» en dessous du seuil de conflit ouvert, comme les cyberattaques.

Selon le ministre, l'armée «n'est plus une force de dernier recours mais doit devenir plus présente et active (...) et jouer un rôle au-delà de ce que nous considérons traditionnellement comme la guerre».

En novembre, le Premier ministre conservateur Boris Johnson avait annoncé un investissement dans la défense d'un montant sans égal depuis 30 ans, avec l'ambition de devenir «la première puissance navale en Europe». 

Il avait fait état de dépenses supplémentaires de 24,1 milliards de livres (28 milliards d'euros) sur quatre ans par rapport au budget de 2019. Ainsi, le Royaume-Uni compte investir 190 milliards de livres (221 milliards d'euros) dans la défense dans les quatre années qui viennent, soit 2,2% de son PIB.

En marge d'une visite sur un site du géant britannique de la défense BAE Systems, dans le nord-ouest de l'Angleterre, Boris Johnsons a souligné que le pays avait «besoin de forces armées fortes, robustes», affirmant vouloir «investir sur le long terme, non seulement à des fins militaires» mais aussi pour de «bonnes raisons économiques».


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.