Pyongyang lance deux missiles balistiques dans la mer du Japon

Le « Taepodong », un missile balistique de longue portée qui fait la fierté du régime, durant un défilé militaire à Pyongyang. (Photo, AFP)
Le « Taepodong », un missile balistique de longue portée qui fait la fierté du régime, durant un défilé militaire à Pyongyang. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 25 mars 2021

Pyongyang lance deux missiles balistiques dans la mer du Japon

  • Le lancement d'engins de ce type, s'il est confirmé, constituerait un défi pour l'administration du président américain Joe Biden
  • Les missiles ont parcouru une trajectoire de 450 kilomètres et atteint une attitude maximale de 60 kilomètres

SEOUL : La Corée du Nord a lancé jeudi deux missiles dans la mer du Japon et Tokyo a déclaré qu'il s'agissait de missiles balistiques, dont le tir constitue une violation de résolutions de l'ONU.

Le lancement d'engins de ce type, s'il est confirmé, constituerait un défi pour l'administration du président américain Joe Biden.

Le tir de jeudi a d'abord été annoncé à Séoul, où l'état-major interarmes sud-coréen a déclaré dans un communiqué que deux « projectiles non identifiés » avaient été lancés dans la mer du Japon, appelée « mer de l'Est » en Corée.

L'état-major a indiqué que le tir avait eu lieu depuis la province de Hamgyong du Sud, située dans le centre-est de la Corée du Nord.

Les missiles ont parcouru une trajectoire de 450 kilomètres et atteint une attitude maximale de 60 kilomètres, a déclaré l'état-major sud-coréen, qui n'a pas spécifié précisément de quel type d'engin il s'agissait.

L'état-major a ajouté que l'armée sud-coréenne avait « renforcé sa posture de surveillance, en coordination rapprochée avec les Etats-Unis », principal allié de la Corée du Sud.

La Maison Bleue, le palais présidentiel sud-coréen, a annoncé une réunion imminente du conseil de sécurité nationale.

 « Missiles balistiques »

Au Japon, autre allié régional des Etats-Unis, le Premier ministre Yoshihide Suga a été catégorique : il a déclaré que les projectiles lancés jeudi étaient des missiles balistiques.

« La Corée du Nord a lancé deux missiles balistiques », a affirmé à des journalistes M. Suga, selon lequel le dernier tir de missile balistique de la Corée du Nord remontait à il y a près d'un an, le 29 mars 2020.

« Cela menace la paix et la sécurité de notre pays et de la région. C'est aussi une violation de la résolution de l'ONU », a déclaré le chef du gouvernement japonais.

Plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies interdisent au pouvoir de Pyongyang la poursuite de ses programmes d'armements nucléaires et de missiles balistiques.

Mais la Corée du Nord, bien que frappée par de multiples sanctions internationales, a rapidement développé ces dernières années ses capacités militaires sous la direction de son leader Kim Jong Un.

Elle a procédé à plusieurs essais nucléaires et testé avec succès des missiles balistiques capables d'atteindre les Etats-Unis.

La Corée du Nord avait lancé deux missiles dimanche peu après une visite à Séoul du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken et du secrétaire à la Défense Lloyd Austin. Il s'agissait du premier tir nord-coréen connu depuis l'arrivée à la Maison Blanche du président Joe Biden.

Mais des responsables américains avaient indiqué par la suite qu'il s'agissait de deux missiles de courte portée, non balistiques. Ces responsables avaient donc minimisé l'importance des tirs en expliquant que ces engins étaient classés « dans la catégorie des activités militaires normales du Nord ».

Ces tirs « ne sont pas sanctionnés par les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU contre le programme de missiles balistiques » de Pyongyang, avait précisé un responsable américain sous couvert de l'anonymat.

Le président Biden lui-même avait déclaré à des journalistes à propos des tirs de dimanche: « Selon le département de la Défense, c'est quelque chose d'ordinaire ».

La tournée dans la région de MM. Blinken et Austin avait pour objectif de discuter avec les alliés des Etats-Unis de questions de sécurité liées en particulier au potentiel de la Corée du Nord en matière d'armement nucléaire et de missiles à longue portée.

« Théorie démente »

Pendant leurs visites à Séoul et à Tokyo, les deux responsables américains ont insisté à plusieurs reprises sur l'importance d'une dénucléarisation de la Corée du Nord.

En réponse, Choe Son Hui, première vice-ministre nord-coréenne des Affaires étrangères, a sévèrement attaqué « le nouveau régime » en place aux Etats-Unis, sans jamais nommer le président Biden.

Depuis son commencement, la nouvelle administration n'a fait qu'exposer « sa théorie démente de 'la menace de la RPDC' et sa rhétorique sans fondement sur une « dénucléarisation complète », a déclaré cette haute responsable, utilisant l'acronyme du nom officiel du pays, la République populaire démocratique de Corée.

La présidence de Donald Trump avait donné lieu dans un premier temps à des échanges d'insultes et de menaces de guerre nucléaire entre MM. Trump et Kim, puis à une extraordinaire lune de miel diplomatique marquée par les sommets historiques de Singapour et de Hanoï entre les deux dirigeants.

Ces relations n'avaient toutefois pas conduit à des avancées vers une dénucléarisation de la Corée du Nord. Le sommet de Hanoï en février 2019 avait échoué sur la question de l'allègement des sanctions réclamé par Pyongyang en échange d'éventuelles mesures de désarmement.

Le lancement de jeudi « signale le début d'une pression de Pyongyang sur Washington pour des discussions sur le nucléaire », a déclaré à l'AFP Yoo Ho-yeol, professeur émérite d'études nord-coréennes à l'Université de Corée.

Des responsables américains ont déclaré que l'administration Biden avait tenté depuis son arrivée d'entrer en contact avec Pyongyang par plusieurs canaux mais qu'elle n'avait pas obtenu de réponse.

 


Le roi Charles à New York pour célébrer les liens entre Royaume-Uni et Etats-Unis

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
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  • Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis
  • Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans

NEW YORK: Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis à un moment de tensions entre les deux alliés historiques.

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche.

Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans. Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, sera présent.

"Cette tragédie a été un moment fondateur pour l'Amérique, et votre douleur, votre choc a été ressenti de par le monde", a déclaré mardi le souverain devant les parlementaires américains.

"Nous nous sommes alors tenus à vos côtés. Et nous sommes aujourd'hui a vos côtés pour se souvenir de ce jour qui ne devra jamais être oublié", a ajouté Charles III à la tribune du Congrès, avant d'appeler Washington à rester fidèle à ses alliés occidentaux et lancé quelques critiques voilés à l'attention de Donald Trump.

Winnie l'ourson 

Il rencontrera ensuite des secouristes du 11-Septembre et des familles de victimes, avant d'aller visiter un projet de ferme urbaine.

Pendant ce temps, Camilla va célébrer le 100e anniversaire de Winnie l'ourson à la bibliothèque municipale de New York en offrant un jouet à l'effigie de Petit Gourou, un autre personnage de cet univers.

Le roi doit ensuite participer à un événement économique centré sur la coopération entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, en présence d'investisseurs et de patrons d'entreprises.

Donald Trump a laissé planer mi-avril la menace d'un retrait des Etats-Unis de l'accord conclut avec Londres sur les droits de douane, arme économique favorite d'un président américain résolument protectionniste.

Le milliardaire républicain est agacé par la réticence du gouvernement britannique à aider Washington dans sa guerre contre l'Iran menée avec Israël.

En fin de journée, Charles III se rendra à une réception pour son association d'aide à la jeunesse, The King's Trust. Le couple royal reviendra à Washington jeudi avant de se rendre sur le territoire britannique des Bermudes.

Cette visite d'Etat de plusieurs jours devait aider à recoller les morceaux d'une "relation spéciale" fissurée par les désaccords politique entre Donald Trump et le Premier ministre travailliste Keir Starmer à propos de la guerre en Iran.

En cette année qui marque le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance, par laquelle des colonies britanniques sont devenues les Etats-Unis d'Amérique, le président républicain a affiché sa fascination pour la monarchie en recevant le chef d'Etat britannique avec tous les honneurs: militaires en tenue d'apparat, fanfare, 21 coups de canon et survol de la Maison Blanche par des avions de combat.


Le chef du Pentagone va s'expliquer sur la guerre en Iran devant les députés américains

 Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
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  • Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains soient régulièrement informés
  • Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début d'un conflit qui s'enlise, malgré un cessez-le-feu prolongé par Donald Trump.

Le chef du Pentagone, très critiqué par l'opposition démocrate, fera face aux questions des membres de la Commission des forces armées de la Chambre des représentants aux côtés de Dan Caine, le chef d'état-major américain.

Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains d'entre-eux soient régulièrement informés avec des renseignements classés secret défense.

Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate, alors que les conséquences économiques de la guerre se font sentir dans le monde entier et jusque dans l'opinion américaine avec une hausse des prix à la pompe.

"Le ministre Hegseth va enfin se présenter devant la Commission des forces armées de la Chambre cette semaine, a salué la députée démocrate Maggie Goodlander. Il est temps qu'il réponde d'une guerre lancée par choix".

Donald Trump et son gouvernement ont multiplié les déclarations contradictoires sur les buts de guerre de Washington et sur les manières de mettre fin au conflit.

Demande d'enquête 

Les négociations pour y mettre fin piétinent, alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines. En attendant, Téhéran exerce un quasi-blocage de la navigation au détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que Washington a mis en place un blocus des ports iraniens.

La marine américaine a déployé trois de ses porte-avions dans la région, une première depuis plus de vingt ans.

La conduite de la guerre par Pete Hegseth irrite depuis le début les élus de l'opposition démocrate, qui ont lancé six procédures visant à le démettre de ses fonctions, sans réel espoir d'y parvenir.

Nombre de parlementaires, y compris des républicains, regrettent aussi que l'exécutif américain n'ait pas consulté davantage le Congrès avant de déclencher ce conflit, alors que la Constitution exige son accord pour formellement "déclarer" la guerre.

Les démocrates ont plusieurs fois échoué à faire passer une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump en Iran.

Plus d'une dizaine d'entre eux ont aussi demandé la semaine dernière l'ouverture d'une "enquête formelle et immédiate" sur la mort de six soldats américains au Koweït dans les premiers jours du conflit, estimant que le ministre a "induit le public en erreur sur les circonstances de l'attaque".

Au total, 13 militaires américains ont été tués depuis le 28 février, et 400 ont été blessés.

Explosion du budget 

Les parlementaires pourraient aussi interroger Pete Hegseth sur le coût de la guerre, tant d'un point de vue strictement budgétaire que sur l'utilisation à grande échelle de missiles aux stocks limités, certains craignant un épuisement critique d'armements stratégiques.

L'audition porte officiellement sur la demande de l'exécutif américain d'augmenter de 42% le budget américain de la défense, déjà faramineux, pour le porter à 1.500 milliards de dollars en 2027, l'équivalent du produit intérieur brut (PIB) de l'Indonésie ou des Pays-Bas.

L'audition de mercredi pourrait aussi porter sur la vague de départ dans les plus hauts postes du Pentagone, ou sur l'utilisation de l’intelligence artificielle au sein des forces armées.

L'entreprise Anthropic est en conflit avec le ministère de la Défense pour avoir refusé que ses outils d'IA soient utilisés pour la surveillance de masse des citoyens américains et pour rendre des armes totalement autonomes.


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.