Au Quai Branly, Jean Nouvel habille de magie une collection prestigieuse

Dans ce musée des "arts premiers" voulu par Jacques Chirac dont le fondateur du groupe Fimalac était proche, 36 oeuvres rares ont été installées dans une galerie dominant en mezzanine les salles d'exposition permanentes. Cette collection avait déjà fait l'objet d'une exposition en 2016 au Quai Branly.   L'inauguration était prévue à l'automne dernier avant d'être reportée en raison du Covid-19. (AFP).
Dans ce musée des "arts premiers" voulu par Jacques Chirac dont le fondateur du groupe Fimalac était proche, 36 oeuvres rares ont été installées dans une galerie dominant en mezzanine les salles d'exposition permanentes. Cette collection avait déjà fait l'objet d'une exposition en 2016 au Quai Branly. L'inauguration était prévue à l'automne dernier avant d'être reportée en raison du Covid-19. (AFP).
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Publié le Jeudi 25 mars 2021

Au Quai Branly, Jean Nouvel habille de magie une collection prestigieuse

  • Dans ce musée des "arts premiers" voulu par Jacques Chirac dont le fondateur du groupe Fimalac était proche, 36 oeuvres rares ont été installées dans une galerie dominant en mezzanine les salles d'exposition permanentes
  • Des "auras", vitrines conçues par les ateliers de l'architecte Jean Nouvel, entourent de halos magiques de puissants masques et statuettes africains et océaniens

PARIS: Des "auras", vitrines conçues par les ateliers de l'architecte Jean Nouvel, entourent de halos magiques de puissants masques et statuettes africains et océaniens : la collection offerte par le milliardaire et mécène Marc Ladreit de Lacharrière a rejoint de manière permanente le Musée du Quai Branly.


Dans ce musée des "arts premiers" voulu par Jacques Chirac dont le fondateur du groupe Fimalac était proche, 36 oeuvres rares ont été installées dans une galerie dominant en mezzanine les salles d'exposition permanentes. Cette collection avait déjà fait l'objet d'une exposition en 2016 au Quai Branly.


L'inauguration était prévue à l'automne dernier avant d'être reportée en raison du Covid-19.


Baignée de clair-obscur, c'est une expérience de contemplation qui attend le visiteur. Sur des socles revêtus de bois, des élégantes enveloppes translucides en PMMA (polyméthacrylate de méthyle, sorte de plexiglas) entourent les plus belles oeuvres, épousant leurs formes en les laissant respirer. A hauteur d'homme, on peut en faire le tour, ce qui permet de mieux pénétrer dans le mystère de leur signification, derrière le jeu subtil des reflets.


Le concept d'"aura" est défini selon les dictionnaires comme "l'atmosphère spirituelle", "la résonance d'une oeuvre" ou "l'émanation entourant un être". C'est tout cela à la fois qui entoure ces objets, chacun chargé d'un sens --religieux, social, naturel-- qui s'est perdu. L'"aura" les laisse vibrer au lieu de les enfermer derrière une cloison vitrée comme dans une exposition traditionnelle. 


Selon Jean Nouvel, c'est comme si "la protection (le plexiglas) était émue par la fascination qu'exercent sur elle les statues". 


Pour le président du musée, Emmanuel Kasarhérou, "ce principe de halo constitue une authentique prouesse technique et une première mondiale. Elle marque un nouvel âge de la muséographie qui fait place à l’œuvre dans toutes ses dimensions physiques et spirituelles, à rebours de certains mirages du tout-numérique".


"Il a fallu une mécanique d'une complexité incroyable pour installer les statues dans ces vitrines. Sans que rien ne se voie! La vitrine tient sur elle-même", souligne, admiratif, M. Kasarhérou.


Le Prix Pritzker 2008, dont la réalisation de ce musée en bord de Seine est une oeuvre phare, explique sa conception de ce nouvel espace: "les oeuvres d'art sont là pour habiter un lieu, et le lieu doit devenir une sorte de balcon pour elles". 

Recherche du souffle 

Le génie de Jean Nouvel "a été de renoncer à la vitrine parallélépipédique pour lui préférer un souffle qui reprend les formes maîtresses de chaque oeuvre", souligne Yves Le Fur, directeur des collections du musée, qui a su trouver une place à chaque "aura". 


"Le souffle vital est un concept très fort dans la culture africaine", souligne M. Le Fur.


Des chefs d'oeuvre habités de fortes symboliques sont ainsi en majesté, comme une magnifique "Maternité assise Sénoufo", récupérée jadis en Côte d'Ivoire.


Une grande attention a été aussi accordée à la contextualisation des œuvres, priorité du nouveau président du musée né en Nouvelle-Calédonie: accessibles avec des QRcodes, des focus sont proposés avec des repères historiques.  


Marc Ladreit de Lacharrière a commencé à rassembler en 2005 cette collection. Il explique avoir voulu  qu'elle "ne soit pas coupée en morceaux en salles des ventes" à sa mort. "Jacques Chirac, a-t-il confié, qui m'a fait abandonner progressivement mon corset d'Occidental biberonné aux arts classiques, serait content d'être là aujourd'hui!".


Sa donation, faite en 2018, est la plus importante d’œuvres d’art africaines et océaniennes depuis 1945, d'une valeur de plus de 50 millions d’euros. Il va aussi financer durant cinq années des expositions temporaires, à hauteur de 200.000 euros par an. 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
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  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
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  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


À l’Institut du monde arabe, Andaloussiyat 2026 célèbre les musiques arabo-andalouses du Maroc

Festival Andaloussiyat 2026 — Une célébration des musiques arabo-andalouses du Maroc à l’Institut du monde arabe. (Photo: fournie)
Festival Andaloussiyat 2026 — Une célébration des musiques arabo-andalouses du Maroc à l’Institut du monde arabe. (Photo: fournie)
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  • Le festival Andaloussiyat 2026 met à l’honneur les musiques arabo-andalouses marocaines à Paris à travers concerts, ateliers et conférences
  • La tradition Al Ala, emblématique du Maroc, illustre un patrimoine musical vivant transmis depuis des siècles

PARIS: L’Institut du monde arabe met en lumière un héritage musical séculaire à travers la deuxième édition du festival Andaloussiyat, organisée du 29 mai au 3 juin 2026. Après une première édition, ce rendez-vous s’inscrit dans un cycle de trois ans visant à explorer les richesses des musiques arabo-andalouses du Maghreb. Pour cette édition, le Maroc est à l’honneur.

Née dès le VIII siècle de la rencontre entre les traditions musicales de l’Orient arabe et celles de la péninsule ibérique, la musique arabo-andalouse se distingue par sa profondeur poétique et sa complexité musicale. Au Maroc, elle trouve une expression particulièrement raffinée dans la tradition Al Ala, transmise de génération en génération par des maîtres musiciens et des orchestres prestigieux.

En partenariat avec l’Association des amateurs de la musique andalouse du Maroc (AAMAM), le festival réunit sur la scène parisienne des figures majeures de ce patrimoine vivant. Concerts, ateliers et conférences permettront au public de découvrir cette tradition dans toute sa richesse.

Le programme s’ouvre le 29 mai avec un concert d’Ali Rebbahi, suivi notamment par l’Association des Ambassadeurs de la Musique Andalouse Marocaine en France, les Haddarates de Chefchaouen, ainsi que l’Orchestre de Rabat dirigé par Mohamed Amine Debbi avec Bahaa Ronda. Le festival se clôturera le 3 juin avec une conférence consacrée à une anthologie de la musique Al Ala, suivie d’un concert de l’Orchestre Rawafid sous la direction d’Omar Metioui.

Au-delà des concerts, des ateliers de pratique animés par Qaïs Saadi offriront une immersion directe dans cet art musical. Avec Andaloussiyat, l’Institut du monde arabe confirme son rôle de passeur culturel entre les rives de la Méditerranée, célébrant une tradition toujours vivante.