La communauté arabe et musulmane exprime sa sympathie aux victimes des tirs au Colorado

Des fleurs sur les clôtures entourent le supermarché où le tireur Ahmad al-Aliwi al-Issa a ouvert le feu et abattu 10 personnes. (Getty Images via AFP)
Des fleurs sur les clôtures entourent le supermarché où le tireur Ahmad al-Aliwi al-Issa a ouvert le feu et abattu 10 personnes. (Getty Images via AFP)
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Publié le Jeudi 25 mars 2021

La communauté arabe et musulmane exprime sa sympathie aux victimes des tirs au Colorado

  • L’annonce de l’identité du tireur a déclenché une réaction violente sur les réseaux sociaux contre l’extrémisme arabe et musulman
  • «J'attends que la gauche initie son prochain hashtag et sa tournée de presse dénonçant avec véhémence le racisme contre les Blancs»

CHICAGO: Les dirigeants de la communauté arabe et musulmane du Colorado ont exprimé mardi leur sympathie aux familles des 10 victimes d'une fusillade de masse et ont condamné le suspect, identifié comme un immigrant syro-américain de 21 ans souffrant de problèmes de santé mentale.

Ahmad al-Aliwi al-Issa, originaire d'Arvada, dans le Colorado, a été inculpé de 10 chefs d'accusation de meurtre pour les fusillades qui ont touché des clients âgés de 20 à 65 ans et un policier de Boulder, tué alors qu’il accourait sur le lieu où les coups de feu étaient tirés.

L’annonce de l’identité du tireur a déclenché une réaction violente sur les réseaux sociaux contre l’extrémisme arabe et musulman.

Lors d'une conférence de presse mardi, la police de Boulder a déclaré que M. Al-Issa est entré dans le supermarché King Soopers, dans le sud de la ville, à 14 heures 40 lundi, et a commencé à tirer au hasard sur les clients. Ils enquêtent toujours sur le mobile des meurtres.

Les dirigeants du Colorado Muslim Leadership Council, qui représente 26 organisations musulmanes de l'État, ont déclaré à Arab News: «Le Colorado Muslim Leadership Council et ses organisations affiliées pleurent avec notre communauté. Nous avons le cœur lourd et nous nous tenons aux côtés des survivants. Nous continuerons de nous souvenir et de pleurer les victimes innocentes de ce crime horrible et insensé.»

Les victimes identifiées sont: Danny Strong, 20 ans; Nevin Stanisic, 23 ans; Rikki Olds, 25 ans; Tralona Bartkowiak, 49 ans; Teri Leiker, 51 ans; Suzanne Fountain, 59 ans; Eric Talley, 51 ans; Kevin Mahoney, 61 ans; Lynn Murray, 62 ans, et Jody Waters, 65 ans.

Eric Talley, un officier de police vétéran de Boulder, était familier de la communauté arabe et musulmane, précisent des dirigeants.

La déclaration du Conseil ajoute: «Nous sommes dévastés par sa mort. Nous remercions les forces de l'ordre pour leur courage et leur engagement à appréhender le tireur. Nous demandons que le tireur soit poursuivi dans toute la mesure permise par la loi. Enfin, nous sommes impatients de collaborer avec les dirigeants du Colorado dans des actions visant à faire de notre État un endroit plus sûr pour tous.»

Les dirigeants du Conseil exhortent le public à soutenir les familles en faisant un don à l'Ordre fraternel de la police du Colorado State Lodge, au Colorado Healing Fund et à la Community Foundation of Boulder.

Selon les médias, le tireur a immigré aux États-Unis à l'âge de trois ans et a poursuivi ses études en génie informatique à la Metropolitan State University de Denver.

Il a été blessé à la jambe au cours de la fusillade avec les policiers arrivés sur place.

Sur les réseaux sociaux, M. Al-Issa s'est plaint de l'ancien président américain, Donald Trump, et de sa politique envers les musulmans, et a affirmé qu'il était victime du racisme et de l'islamophobie.

Plus de 60 000 réfugiés se sont installés dans le Colorado, dont environ 300 qui ont fui les violences en Syrie.

La police a déclaré que de nombreuses victimes de la fusillade se trouvaient dans le supermarché pour recevoir leur vaccin contre le coronavirus (Covid-19).

L’Américaine d’origine palestinienne Iman Jodeh, élue l’année dernière premier membre musulman de la législature de l’État du Colorado, a exprimé ses condoléances aux familles des victimes et appelé à une réforme du contrôle des armes à feu.

«Nous, à Aurora, connaissons trop bien cette douleur. Nos camarades du Colorado à Boulder ont toute notre affection. Je sais que les mots peuvent sembler vains à la suite de la terreur, des traumatismes et de la mort. Au-delà des sentiments, je suis résolue à poursuivre le combat pour une réforme sensée des armes à feu», écrit-elle sur sa page Facebook.

Une vague de haine antimusulmans et antiarabes publiée sur les réseaux sociaux, qualifie le tireur de «terroriste» et de «djihadiste».

Dans un tweet, le théoricien du complot et écrivain de droite, Mike Cernovich, déclare: «Le terroriste de Boulder, dans le Colorado, était connu du FBI avant la fusillade. Le FBI a choisi de ne pas agir, comme dans le cas du tireur de la boîte de nuit Pulse (à Orlando, en Floride). Le FBI doit être immédiatement dissous.»

En outre, dans un tweet, Errol Webber, un Afro-Américain candidat au poste de gouverneur en Californie, écrit: «Les dix personnes abattues et tuées dans le Colorado étaient blanches. Le tueur, un djihadiste musulman originaire de Syrie. J'attends que la gauche initie son prochain hashtag et sa tournée de presse dénonçant avec véhémence le racisme contre les Blancs.»

Errol Webber fait référence au meurtre de masse de huit femmes le 16 mars par un homme armé dans plusieurs spas et salons de massage à Atlanta. Des responsables à travers l'Amérique ont dénoncé ce massacre comme un exemple de la montée du racisme antiasiatique, notant que six des victimes étaient asiatiques.

Le président américain, Joe Biden, s'est dit «dévasté» par le carnage, la septième fusillade de masse à avoir lieu dans le pays cette année.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump et le président taïwanais envisagent de se parler

Donald Trump a assuré mercredi qu'il parlerait au président taïwanais Lai Ching-te, une perspective immédiatement saluée par les autorités de l'île, pour ce qui serait une première depuis 1979. (AFP)
Donald Trump a assuré mercredi qu'il parlerait au président taïwanais Lai Ching-te, une perspective immédiatement saluée par les autorités de l'île, pour ce qui serait une première depuis 1979. (AFP)
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  • La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949
  • Elle plaide pour une solution pacifique tout en se réservant la possibilité de recourir à la force

TAIPEI: Donald Trump a assuré mercredi qu'il parlerait au président taïwanais Lai Ching-te, une perspective immédiatement saluée par les autorités de l'île, pour ce qui serait une première depuis 1979.

Ces déclarations d'intention interviennent juste après une visite à Pékin du président américain, au terme de laquelle il a déclaré avoir "beaucoup parlé" de ce dossier hautement inflammable avec son homologue chinois Xi Jinping.

"Je parlerai avec (Lai). Je parle avec tout le monde", a déclaré Donald Trump à des journalistes qui l'interrogeaient sur cette possibilité, une ligne rouge pour Pékin. "Nous allons travailler (sur) le problème de Taïwan."

Le ministère des affaires étrangères de Taipei a répondu peu après que l'île était "déterminée à maintenir le statu quo dans le détroit de Taïwan", estimant que la Chine était "le perturbateur de la paix et de la stabilité" dans la région.

Lai serait "heureux de discuter de ces questions avec le président Trump", a ajouté son communiqué.

Peu après sa première élection en 2016 mais avant de prendre ses fonctions, Donald Trump avait accepté un coup de téléphone de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, suscitant l'ire de Pékin.

Mais jamais des présidents américains et taïwanais en exercice ne se sont parlés directement depuis que Washington a transféré ses relations diplomatiques de Taipei à Pékin, en 1979.

La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique tout en se réservant la possibilité de recourir à la force.

A Pékin, le locataire de la Maison Blanche avait mis en garde les dirigeants de l'île contre toute proclamation d'indépendance.

"Je n'ai pas envie que quelqu'un déclare l'indépendance et, vous savez, nous sommes ensuite censés faire 15.000 kilomètres pour faire la guerre", avait-il expliqué vendredi à Fox News.

Washington a approuvé fin 2025 la deuxième vente d'armes à Taïwan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour une valeur de 11,1 milliards de dollars.

Mais le président réserve sa réponse concernant la suite des livraisons souhaitées par Taipei. "Cela dépendra de la Chine. C'est un très bon atout de négociation pour nous", avait-il déclaré.

Lai Ching-te s'en est ému, relevant que "Taïwan se trouvait au coeur des intérêts mondiaux". Selon lui, "la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan ne seront jamais sacrifiées ni marchandées".


La menace de l'Iran sur les câbles sous-marins d'Ormuz: de quoi parle-t-on ?

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé lundi d'instaurer des "permis" pour autoriser l'utilisation des câbles sous-marins traversant le détroit d'Ormuz. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé lundi d'instaurer des "permis" pour autoriser l'utilisation des câbles sous-marins traversant le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Les réseaux de câbles FALCON et Gulf Bridge relient eux les pays du Golfe - dont l’Iran - à l'Inde et à l'Afrique de l'Est, remontant jusqu'à l'Egypte
  • Transitent par ces câbles, "n'importe quelles données que vous pouvez imaginer: vidéos, courriers électroniques, réseaux sociaux, transactions financières, communications gouvernementales"

PARIS: Les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé lundi d'instaurer des "permis" pour autoriser l'utilisation des câbles sous-marins traversant le détroit d'Ormuz. De quelles infrastructures s'agit-il exactement? Et comment ces menaces pourraient-elles se concrétiser?

Quels câbles passent par Ormuz ? 

Une section de l’AAE-1 (Asie, Afrique, Europe), vaste infrastructure sous marine qui relie des points allant de Hong Kong à l'Italie et à la France, passe par le détroit d'Ormuz.

Les réseaux de câbles FALCON et Gulf Bridge relient eux les pays du Golfe - dont l’Iran - à l'Inde et à l'Afrique de l'Est, remontant jusqu'à l'Egypte.

Transitent par ces câbles, "n'importe quelles données que vous pouvez imaginer: vidéos, courriers électroniques, réseaux sociaux, transactions financières, communications gouvernementales", explique à l'AFP Alan Mauldin, directeur de la recherche au sein de la société spécialisée TeleGeography.

Le potentiel de perturbation mondiale de la menace iranienne serait limité, selon Alan Mauldin, car les données qui circulent entre l'Asie et l'Europe sur l’AAE-1 ne passent pas par le détroit d'Ormuz mais par une autre liaison.

Et "tous les pays du Golfe qui utilisent des câbles sous-marins qui traversent le détroit d'Ormuz disposent de plusieurs autres options", ajoute l'expert.

Néanmoins, "la capacité des réseaux terrestres pourrait ne pas suffire à gérer un reroutage complet du trafic" si les connexions sous-marines du Golfe étaient coupées, remarquait en mars l'expert dans un blog.

Et le Qatar, qui est le point terminal de la branche de l'AAE-1 dans le Golfe, pourrait être particulièrement affecté.

Quelle menace pèse sur ces câbles ? 

"On est dans un espace géographique restreint, dans un détroit, avec des eaux peu profondes, une mer fermée. C'est particulièrement propice à des opérations de harcèlement.

Par des capacités habitées (bateaux, sous-marins) ou non-habitées (drones, missiles), donc à proximité d'une côte qui, pour l'instant, reste libre de tout mouvement", analyse Eric Lavault, ancien officier de la marine française.

D'ailleurs, observe-t-il, les forces américaines n'ont pas été en mesure d'empêcher l'Iran, qui conserve "un solide potentiel militaire", de lancer des opérations depuis sa longue côte.

Les autorités iraniennes pourraient donc empêcher les opérations de maintenance, la pose de nouveaux câbles, sans compter que si ces câbles sont volontairement ou involontairement endommagés, il faudra les réparer, énumère Eric Lavault.

Partout dans le monde, les câbles sous-marins sont régulièrement endommagés, la plupart du temps par accident par exemple avec les ancres de navires. TeleGeography recense environ 200 incidents par an. Et une flotte de réparation dédiée est en alerte.

Mais ces navires de réparation ont besoin d'autorisations pour pénétrer dans les eaux d'un pays. Lors de leurs opérations, ils restent immobiles sur zone pendant un certain temps, vulnérables à de potentielles attaques.

Un seul navire de ce type appartenant à la société e-Marine, basée aux Emirats arabes unis, se trouve actuellement dans le Golfe, selon Alan Mauldin, limitant les possibilités de réparation tant que le détroit d'Ormuz est bloqué.

Est-ce conforme au droit ?

A ce stade, les déclarations iraniennes restent floues. S'agit-il de mettre en place des péages? Des permis? Qui serait concerné entre les poseurs de câbles, les propriétaires, les exploitants et les utilisateurs?

"Compte tenu des problèmes de longue date avec l'Iran, tous les câbles qui passent par le détroit d'Ormuz, ont été posés dans les eaux omanaises" mais Téhéran, dont les côtes sont de l'autre côté du détroit, revendique "la souveraineté absolue sur le fond et le sous-sol de sa mer territoriale", soulignait Alan Mauldin dans sa note de mars.

Et "l'Iran joue sur le droit international", souligne Eric Lavault. Car si ce pays a signé la convention de Nations Unies de Montégo Bay de 1982 (CNUDM) qui codifie le droit de la mer, il ne l'a jamais ratifiée, remarque-t-il.

En principe, "ils n'ont pas le droit d'exiger des péages" aux navires ni aux câbles.

La CNUDM autorise la pose de câbles et d'oléoducs dans les zones économiques exclusives des Etats, qui s'étendent jusqu'à 200 milles nautiques (370 kilomètres) de leurs côtes.

"L'Etat côtier n'a normalement pas le droit de s'y opposer", rappelle Eric Lavault pour qui "c'est une fois de plus un pilier fondamental du droit international qui se fissure".


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.