Biden propose un plan d'investissement «audacieux»

« C'est ambitieux ! C'est audacieux ! Et nous pouvons le faire ! », a lancé depuis Pittsburgh le président américain Joe Biden. (Photo, AFP)
« C'est ambitieux ! C'est audacieux ! Et nous pouvons le faire ! », a lancé depuis Pittsburgh le président américain Joe Biden. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 01 avril 2021

Biden propose un plan d'investissement «audacieux»

  • $2000 milliards pour reconstruire les infrastructures, créer des « millions d'emplois », tenir tête à la Chine et lutter contre le changement climatique
  • La première phase de son programme « Build Back Better » (« Reconstruire mieux ») porte sur des investissements qui seraient étalés sur huit ans

PITTSBURG : Le président américain Joe Biden a proposé mercredi d'investir quelque 2 000 milliards de dollars dans les infrastructures, avec l'objectif affiché de créer des « millions d'emplois », tenir tête à la Chine et lutter contre le changement climatique.

« C'est ambitieux ! C'est audacieux ! Et nous pouvons le faire ! », a lancé depuis Pittsburgh le président, qui démontre, depuis son arrivé au pouvoir il y a moins de trois mois, sa volonté réformatrice.

« Cela permettra de créer l'économie la plus résistante, la plus forte et la plus innovante du monde », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité de "gagner" face à la Chine.

La première phase de son programme « Build Back Better » (« Reconstruire mieux ») porte sur des investissements qui seraient étalés sur huit ans et financés par une hausse de l'impôt sur les sociétés de 21% à 28%.

« Il ne s'agit pas de pénaliser qui que ce soit », a expliqué Joe Biden, martelant « croire au capitalisme américain » et n'avoir « rien » contre les millionnaires et les milliardaires.

Mais le locataire de la Maison Blanche s'est indigné qu'un pompier ou un enseignant paient 22% d'impôts sur le revenu et que des groupes comme Amazon ne paient aucun impôt au niveau fédéral. « Je vais mettre fin à cela », a-t-il tonné.

Son plan prévoit en particulier d'injecter 620 milliards de dollars dans les transports, permettant de moderniser plus de 32 000 kilomètres de routes et autoroutes, et de réparer quelque 10 000 ponts à travers les Etats-Unis.

Cette nouvelle offensive législative intervient peu après l'adoption par le Congrès d'un plan de relance centré sur la pandémie de Covid-19, lui aussi chiffré à près de 2 000 milliards de dollars.

Mais ce discours de Pittsburgh n'est que le point de départ d'une âpre bataille au Congrès dont l'issue est incertaine. La majorité démocrate y est en effet étroite et les tractations s'annoncent redoutables.

Déjà, de premières voix dissonantes sont venues de l'aile gauche du parti démocrate.

Pour l'élue de New York Alexandria Ocasio-Cortez, les sommes proposées sont tout simplement « insuffisantes ». « Il faut que l'enveloppe soit beaucoup plus importante », a-t-elle tweeté.

Pour le sénateur républicain du Wyoming John Barrasso, à l'inverse, ce projet n'est qu'un « cheval de Troie » pour permettre aux démocrates « de dépenser plus et d'augmenter les impôts ».

Seule certitude : les mois à venir mettront à l'épreuve les qualités de négociateur du président démocrate, ancien sénateur et fin connaisseur des rouages de Washington.

« Voitures électriques » 

Le plan prévoit d'amplifier « la révolution des véhicules électriques » avec, par exemple, le passage à l'électricité pour 20% des célèbres bus jaunes de ramassage scolaire.

Il vise aussi à rendre les nouvelles infrastructures plus résistantes aux évolutions liées au changement climatique.

Restaurer ou construire des routes, ponts, voies ferrées, ports et aéroports ? L'idée est bien sûr parlante pour le grand public, d'autant que nombre d'infrastructures aux Etats-Unis datent des années 1950 et que leur délabrement ne fait pas débat.

Mais dégager un consensus politique n'est pas une mince affaire.

Les deux prédécesseurs de Joe Biden, Donald Trump et Barack Obama, avaient eux aussi fait de grandes promesses sur ce thème. Elles sont restées lettre morte.

Erreur « dangereuse »

Ancien rival de Joe Biden dans les primaires démocrates et désormais ministre des Transports, Pete Buttigieg, qui sera en première ligne sur ce dossier, assure que tout sera différent cette fois, que les astres sont alignés.

« Je pense que nous avons une occasion extraordinaire d'avoir le soutien des deux partis pour voir grand et faire preuve d'audace sur les infrastructures », martèle le jeune ministre.

« Les Américains n'ont pas besoin qu'on leur explique que nous devons agir sur les infrastructures, et la réalité est que vous ne pouvez séparer la dimension climatique » de ce défi.

Si l'enthousiasme et le capital politique de Pete Buttigieg sont réels, la tâche s'annonce ardue.

Fait révélateur, la Chambre de commerce américaine, qui avait jusqu'ici salué nombre de décisions de Joe Biden, du retour dans l'accord de Paris sur le climat au plan de sauvetage de l'économie, a exprimé mercredi son net désaccord.

Si elle approuve la volonté de faire des infrastructures une priorité, elle estime que le président démocrate se trompe "dangereusement" sur la façon de financer son programme.

« Nous sommes farouchement opposés aux hausses d'impôts proposées, qui ralentiront la reprise économique et rendront les Etats-Unis moins compétitifs sur la scène internationale, soit l'exact inverse des objectifs de ce plan. »

Dans un communiqué agressif et sans nuances, Donald Trump a, lui, accusé son successeur de proposer une stratégie de « capitulation économique totale ». Dénonçant une « monstruosité », il a estimé que la hausse de l'impôt sur les sociétés serait « un énorme cadeau » à la Chine.

« L'attaque cruelle de Joe Biden contre le rêve américain ne doit jamais devenir loi (...). Notre économie sera détruite ! », a-t-il conclu, reprenant une formule régulièrement utilisée en campagne lorsqu'il évoquait l'éventuelle victoire de son adversaire.

Preuve de sa volonté de placer le programme « Build back better » au cœur de son action, Joe Biden organisera jeudi à la Maison Blanche sa première réunion en présence de l'ensemble des membres de son gouvernement.

 


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.


Pétrole en repli, bourses d'Asie prudentes: le marché guette des signaux concrets d'apaisement au Moyen-Orient

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
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  • Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février
  • Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens

TOKYO: Les prix du pétrole sont repartis à la baisse vendredi en Asie, dans des marchés guettant les signaux tangibles sur de potentielles négociations entre Etats-Unis et Iran, tandis que Tokyo et Séoul reprenaient leur souffle au lendemain d'une envolée.

Recul du pétrole, prudence sur le Moyen-Orient

Vers 06H30 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, référence du marché américain, reculait de 1,49% à 93,28 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, cédait 1,11% à 98,29 dollars.

Les cours de l'or noir ont effacé leurs gains de la veille, le marché restant dans l'attente de signaux concrets sur de potentielles négociations entre l'Iran et les Etats-Unis.

Certes, le président américain Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

Donald Trump a en outre annoncé un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT.

Mais le marché doit composer avec des signaux contradictoires: le ministre américain de la Défense a ainsi dit jeudi que les Etats-Unis bombarderont à nouveau l'Iran si Téhéran "fait le mauvais choix".

L'Iran a menacé de bloquer la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier. Et l'armée libanaise a accusé vendredi Israël d'avoir commis des "actes d'agression" et des bombardements en violation de la trêve.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a par ailleurs indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

"Pour l'heure, le fait qu'aucune nouvelle série de pourparlers n'ait été programmée n'a qu'un impact modéré sur les marchés financiers (...) et le prix du pétrole reste inférieur à 100 dollars le baril",constate Kathleen Brooks, analyste de XTB.

"Toutefois, tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas pleinement opérationnel, le prix du pétrole continuera de s'échanger avec une prime substantielle", prévient-elle.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février.

Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

La monnaie américaine montait légèrement (+0,19%) à 159,47 yens pour un dollar, tandis que l'or se stabilisait à 4.789 dollars l'once.

"S'il existe effectivement une voie rapide et crédible vers une résolution, l'optimisme récent pourrait persister, confortant la perspective à moyen terme d'un affaiblissement du dollar", observe Lloyd Chan, de MUFG.

"En revanche, si la diplomatie échoue et que l'optimisme s'estompe, le dollar pourrait rester soutenu plus longtemps", portée par les tensions inflationnistes.

Les Bourses d'Asie soufflent

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points.

A Séoul, l'indice Kospi a lâché 0,55%. La Bourse de Taipei a reculé de 0,88%, Sydney de 0,09%. L'indice hongkongais Hang Seng cédait 1,13% vers 06H30 GMT.

Guettant les signaux contradictoires au Moyen-Orient, les places asiatiques reprenaient leur souffle et faisaient une pause après avoir bondi la veille, le Nikkei s'élevant même à un sommet record en clôture.

"Compte tenu du nouveau record historique atteint par le Nikkei (jeudi), la prudence pourrait de nouveau s'imposer à ces niveaux élevés de valorisation", prévenaient les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.

TSMC trébuche, les investisseurs prudents

Le géant taïwanais TSMC, premier sous-traitant mondial de semi-conducteurs, a publié jeudi un bénéfice net record pour le premier trimestre 2026, porté par la course effrénée au développement de l'intelligence artificielle (IA).

Il a vu pourtant son titre chuter de 2,64% vendredi à la Bourse de Taipei.

Ce repli reflète des prises de bénéfices, mais aussi l'inquiétude des investisseurs quant à la forte dépendance du groupe vis-à-vis d'un petit nombre de clients géants spécialisés dans l'IA.

"Les investisseurs sont amenés à se demander si une part trop importante des résultats de l'entreprise ne repose pas sur la capacité d'un groupe restreint d'+hyperscalers+ et de concepteurs de puces IA à maintenir leurs dépenses au rythme actuel", note Charu Chanana, de Saxo Markets. "Ce marché est difficile à impressionner".