Quand la Covid encourage la reconversion aux arts culinaires

Accueillant près de 4 000 élèves « en année normale », l'école compte doubler ce chiffre dans les cinq ans dans les locaux de Rungis équipés de matériaux dernier cri (Photo, AFP).
Accueillant près de 4 000 élèves « en année normale », l'école compte doubler ce chiffre dans les cinq ans dans les locaux de Rungis équipés de matériaux dernier cri (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 04 avril 2021

Quand la Covid encourage la reconversion aux arts culinaires

  • Si les restaurants sont fermés, la pâtisserie se porte bien
  • La pandémie et l'isolement ont poussé certains à franchir le pas et se reconvertir dans «ce métier de l'avenir qui permet la diplomatie du bonheur»

RUNGIS: En toque blanche et masquée, Mina Deydier s'applique à réaliser une pâte feuilletée à l'école culinaire Lenôtre. « Je réapprends à marcher », confie cette cadre parisienne, en reconversion pour ouvrir un restaurant en Nouvelle-Zélande.  

Fondée il y a 50 ans par le pâtissier Gaston Lenôtre, cette première école professionnelle affiche, malgré la crise de la Covid, de nouvelles ambitions dans le site flambant neuf à Rungis, à deux pas du plus grand marché de produits frais au monde.

Si les restaurants sont fermés, la pâtisserie se porte bien. Et la pandémie et l'isolement ont poussé certains à franchir le pas et se reconvertir dans « ce métier de l'avenir qui permet la diplomatie du bonheur », estime Olivier Voarick, directeur général de Lenôtre. 

Après 30 ans dans la finance, Mina Deydier, 50 ans, a envie de changer de vie avec un « projet personnel » : ouvrir avec son mari un restaurant en Nouvelle-Zélande. « La cuisine française, ça s'exporte partout ! »

« Oui, chef »

Pour cette mère de quatre enfants, la Covid a été « une opportunité » de se poser et réfléchir à ce qui est essentiel : « bien se nourrir et revenir aux bases ». « J'aurais pu rester dans ma zone de confort, mais il faut réapprendre à marcher, à dire ‘oui chef’. Je reste humble. C'est un plaisir ». 

« Je n'ai jamais autant appris en une journée. J'étais dans les ratios de finances, dans mes tableaux, je ressortais et j'avais mal à la tête. Là je suis fatiguée, mais comme si j'avais fait du bon sport », assure-t-elle. 

Après avoir travaillé dans le milieu associatif, Camille Lefrere, 20 ans, vient « réaliser (son) rêve » de devenir pâtissière.  

« Le télétravail a accentué la solitude et m'a fait comprendre que je ne pouvais pas passer ma vie derrière un bureau, être inactive pendant si longtemps, ce n'était vraiment plus possible », confie-t-elle.  

Depuis le début de son apprentissage le 1er mars, elle a appris entre 20 et 30 pâtisseries.

« C'est la passion qui amène là des gens qui ont fait du design, de la finance, qui ont été très loin dans leurs études (...) Cela me bluffe, c'est assez incroyable de sauter le pas à 30-45 ans », souligne Jean-Christophe Jeanson, formateur en pâtisserie et l'un des sept MOF (meilleur ouvrier de France) qui enseignent à l'école Lenôtre.

« Je préfère quelqu'un qui a envie plutôt que quelqu'un qui sait, on a un bien meilleur résultat », souligne-t-il.

Sur une ardoise dans le laboratoire pâtisserie, les définitions de « margarine », « blanchir », « sorbet », « berlingot » ou « cannelé » aident les novices à se mettre dans le bain. Au bout de six mois, ils seront capables d'inventer leur propre dessert.

« Expérience bien française »

« On accompagne différemment les différents profils. Avant les examens, s'il y a des profils pas très éveillés qui maîtrisent mal les cuissons, on fait du sur mesure. Le but c'est éviter l'échec au maximum », explique Guillaume Galy, formateur en cuisine salée.

Accueillant près de 4 000 élèves « en année normale », l'école compte doubler ce chiffre dans les cinq ans dans les locaux de Rungis équipés de matériaux dernier cri, et inaugurés lundi.

Le déménagement de Plaisir, à plus de 40 km à l'ouest de Paris, à Rungis sert aussi à rendre l'école plus attractive pour les étrangers qui, avant la pandémie, représentaient 30% des étudiants, souligne Nathalie Bellon-Szabo, présidente du groupe Lenôtre. Aller à Rungis à l'aube et choisir ses produits, « c'est une expérience bien française », souligne-t-elle.  

Lenôtre a inauguré en décembre une boutique à Shanghaï et est en train d'ouvrir une école en franchise à Bangkok. 

« C'est compliqué dans la restauration en ce moment, mais pas dans la pâtisserie, ni dans la boulangerie », souligne Bellon-Szabo en ajoutant que le chiffre d'affaires dans les boutiques Lenôtre a augmenté « entre 8 et 15% ». Et « quand tout va repartir, on cherchera du monde dans le domaine de la restauration ».


Mode féminine: des fleurs pour le défilé Dior, des smokings chez Saint Laurent

Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • À la Fashion Week de Paris, Jonathan Anderson pour Dior a présenté une collection féminine automne-hiver 2026 très florale, inspirée par la nature et réinterprétant l’héritage de la maison
  • Anthony Vaccarello a célébré ses dix ans à Saint Laurent avec des smokings féminins structurés, dentelles sombres et silhouettes épurées, affirmant une vision moderne et libératrice de la femme

PARIS: La semaine de la mode parisienne est entrée dans le vif du sujet mardi avec un deuxième défilé féminin de Jonathan Anderson pour Dior, très floral, et des smokings pour femmes et dentelles sombres par Anthony Vaccarello pour Saint Laurent.

Sous un soleil radieux, le défilé Dior s'est tenu dans le jardin des Tuileries, où le bassin de l'Octogone, aux eaux fleuries de nénuphars, était entouré d'une passerelle vitrée et couverte dans le vert caractéristique des chaises du lieu, dont la version miniature a servi d'invitation.

L'actrice française Isabelle Adjani, le réalisateur espagnol Pedro Almodovar ou le chanteur et producteur américain Pharrell Williams étaient notamment présents sous la verrière.

Malgré un contexte international tendu, il n'y aura "pas d'annulation, pas de modification", avait assuré lundi à l'AFP Pascal Morand, président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode (FHCM), deux jours après le lancement d'une attaque israélo-américaine sans précédent contre l'Iran.

Les organisateurs de cette semaine de la mode féminine dédiée à l'automne-hiver 2026 restent toutefois "très attentifs à la situation, en lien avec la préfecture", avait-il ajouté.

- "Styliste jardinier" -

Chez Dior, "la +grammaire+ de la Maison est vraiment installée, avec un prêt-à-porter ayant presque des accents +Couture+ et une narration extrêmement cohérente", a souligné après le show Pierre Groppo, rédacteur en chef mode et lifestyle de Vanity Fair France.

Emblématique de la maison, "le tailleur Bar est là mais retravaillé", avec basques à effet boule et jupes - très courtes - à godet, et les mannequins, des "princesses un peu primesautières", a-t-il détaillé à l'AFP, qualifiant le show de "post-romantique".

"C'est frais parce que très végétal", lié à l'amour de Christian Dior pour la nature, a-t-il affirmé, citant des "détails lotus ou floraux" dessinés par un styliste "qui serait devenu jardinier", avant de lancer: "c'est une collection qui a de la sève".

Pour Jeanne Le Bault, rédactrice en chef mode du magazine Marie Claire, Jonathan Anderson "a conservé l'esprit Dior mais l'a réinterprété à la lumière des sensibilités contemporaines, entre classicisme élégant et détails novateurs dans la coupe et les superpositions".

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Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)

En résumé, c'est "une collection qui célèbre l'héritage Dior tout en le rendant plus frais, fluide et inspiré par la nature", selon elle.

Souvent présenté comme l'un des enfants prodiges de la mode, Jonathan Anderson, ancien directeur artistique de Loewe, est devenu en juin 2025 le premier styliste depuis Christian Dior à superviser les trois lignes de la maison phare de LVMH.

- Dix ans -

Autre moment fort de la journée, le défilé Saint Laurent par Anthony Vaccarello, son directeur artistique depuis 2016, s'est tenu dans le cadre magique des jardins du Trocadero avec la Tour Eiffel en toile de fond, devant l'actrice française Charlotte Gainsbourg et la chanteuse de K-pop Rosé.

Pour célébrer ses dix ans à la tête de la maison française, le créateur belge de 44 ans, à la vision novatrice et pointue, a signé un "manifesto" reprenant en 49 looks l'essentiel de sa vision de la mode, où s'impose la dentelle, dans une palette de couleurs réduite.

"Depuis ses débuts, une simplicité de silhouette - comme tracée de quelques coups de crayon - définit l'idéal Saint Laurent", écrit le styliste dans sa note d'intention, pour qui des "pièces épurées, dénuées de détails superflus" composent un "ethos fondateur".

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Saint Laurent – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)

Vestes de smoking très structurées pour un "sentiment libérateur d'aisance et de liberté", chignons serrés, escarpins ultra-pointus, et des mannequins - dont Bella Hadid - aux moues boudeuses mais décidées: la femme Vaccarello s'affirme.

La Fashion Week se poursuit mercredi, avec notamment les défilés de Courrèges, Balmain - pour lequel officiera pour la première fois Antonin Tron, qui a remplacé l'emblématique Olivier Rousteing -, Dries van Noten, Stella McCartney et Tom Ford.

En soirée, les fashionistas assisteront au dernier défilé du créateur belge Pieter Mulier pour Alaïa, avant son départ pour Versace, annoncé début février.


Un événement littéraire dans le quartier historique de Djeddah

L’événement du livre à Al-Balad, quartier historique de Djeddah, est l’un des rendez-vous culturels les plus marquants du Ramadan. (X/@JeddahAlbalad)
L’événement du livre à Al-Balad, quartier historique de Djeddah, est l’un des rendez-vous culturels les plus marquants du Ramadan. (X/@JeddahAlbalad)
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  • Plus de 30 maisons d’édition arabes proposent nouveautés, livres rares et romans dans le quartier historique d’Al-Balad
  • L’initiative vise à encourager la lecture et dynamiser la scène culturelle pendant le Ramadan

DJEDDAH : L’événement littéraire à Al-Balad, dans le quartier historique de Djeddah, s’impose comme l’une des manifestations culturelles les plus emblématiques du Ramadan, faisant revivre l’histoire et la culture au cœur de la ville.

Organisé par le Ministère saoudien de la Culture en coopération avec le Jeddah Historic District Program, l’événement réunit plus de 30 maisons d’édition locales, du Golfe et du monde arabe, venues d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Liban, du Koweït et d’autres pays arabes.

Les visiteurs peuvent y découvrir une sélection variée d’ouvrages : nouveautés, livres d’occasion et rares, ainsi que des romans.

L’événement se poursuit jusqu’au 9 mars et accueille le public chaque jour après la prière du Maghrib jusqu’à 2 heures du matin.

Situé derrière Bab Jadid, il occupe un emplacement stratégique au cœur du quartier historique de Djeddah, un quartier animé et riche en activités.

Le gouvernement saoudien met l’accent sur l’organisation d’initiatives littéraires afin de promouvoir la lecture au sein de la société. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Jim Carrey récompensé d'un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière

L’acteur canadien Jim Carrey, qui a reçu un César d’honneur, pose avec son trophée lors de la 51ᵉ cérémonie des César au Palais de l’Olympia à Paris, le 26 février 2026. (AFP)
L’acteur canadien Jim Carrey, qui a reçu un César d’honneur, pose avec son trophée lors de la 51ᵉ cérémonie des César au Palais de l’Olympia à Paris, le 26 février 2026. (AFP)
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  • L’acteur canado-américain Jim Carrey a reçu un César d’honneur pour sa carrière éclectique entre comédie et drame, qu’il a célébré avec un discours entièrement en français, soulignant ses ancêtres français
  • Figure emblématique de Hollywood, Carrey est connu pour ses comédies cultes des années 1990 comme Dumb and Dumber et Ace Ventura, ses rôles dramatiques acclamés

PARIS: L'acteur canado-américain Jim Carrey a reçu jeudi un César d'honneur récompensant une carrière éclectique oscillant entre comédie et drame, un prix qu'il a accueilli dans un discours intégralement en français.

"Comment était mon français? Presque médiocre non ?", s'est amusé l'acteur de 64 ans en recevant son trophée, rappelant qu'il comptait un Français parmi ses ancêtres, "il y a environ 300 ans".

Figure singulière du cinéma américain, il est l'un des visages les plus connus de Hollywood, malgré une certaine prise de distance avec le cinéma ces dernières années.

Pour le célébrer, la 51e cérémonie des César s'est ouverte par un long sketch de Benjamin Lavernhe.

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Jim Carrey reçoit son César d’honneur lors de la 51ᵉ cérémonie des César à Paris, célébrant sa carrière entre comédie et drame. (AFP)

Le sociétaire de la Comédie-Française, choisi comme maître de cérémonie, a électrisé la salle dans un show haut en couleur revisitant le film "The Mask", l'un des plus mythiques de la filmographie de Jim Carrey.

Génie comique, capable de modeler son visage à l'infini pour singer à peu près n'importe qui, il a parfois été comparé à Jerry Lewis, voire Charlie Chaplin.

Il a débuté dans le stand-up avant de rencontrer le succès dans les années 1990, grâce à des comédies devenues cultes comme "Dumb and Dumber" ou "Ace Ventura".

En 1998, il s'essaie au drame avec succès dans "The Truman Show", en homme ordinaire dont la vie n'est qu'une gigantesque mise en scène pour un programme télé.

Sa performance lui vaut un Golden Globe. Il en décroche un second l'année suivante pour son rôle dans "Man on the Moon" de Milos Forman.

L'un des plus grands rôles de sa carrière lui est offert en 2004 par le réalisateur français Michel Gondry -- venu lui rendre hommage jeudi sur la scène de l'Olympia --, dans le drame romantique "Eternal Sunshine of the Spotless Mind", aux côtés de Kate Winslet.

Sa carrière s'est ensuite poursuivie avec plusieurs succès commerciaux internationaux comme "Le Drôle de Noël de Scrooge" ou la franchise "Sonic", avant qu'il ne prenne du recul avec le 7e art à partir du début des années 2020.