De Rome à Madrid, le voyage d'une experte pour authentifier un Caravage présumé

Le Caravage, craie sur papier par Ottavio Leoni, vers 1621, Florence, bibliothèque Marucelliana. (Shutterstock)
Le Caravage, craie sur papier par Ottavio Leoni, vers 1621, Florence, bibliothèque Marucelliana. (Shutterstock)
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Publié le Vendredi 09 avril 2021

De Rome à Madrid, le voyage d'une experte pour authentifier un Caravage présumé

  • Une décision prise par le gouvernement espagnol sur la base d'un rapport du Prado mettant en lumière «des preuves documentées et stylistiques suffisantes» pour envisager que l’œuvre soit de Michelangelo Merisi da Caravaggio
  • Comme pour toute attribution d'un tableau à un grand maître, la question peut toutefois diviser le monde de l'art

MADRID : Dès qu'elle a vu une photo du tableau, Maria Cristina Terzaghi n'a eu aucun doute: il s'agissait d'un Caravage. Elle est donc montée dans un avion de Rome à Madrid pour aider à authentifier l'oeuvre dont la vente a été bloquée jeudi par le gouvernement espagnol.

Assise dans un café de la capitale espagnole, la spécialiste du maître italien du clair-osbcur (1571-1610) raconte à l'AFP ce qu'elle a elle-même baptisé "l'opération Caravage".

Quelques heures avant qu'une maison d'enchères madrilène ne la mette à prix pour à peine 1.500 euros, le ministère espagnol de la Culture a bloqué jeudi la vente de cette huile sur toile, appelée "Le couronnement d'épines" et considérée jusqu'alors comme l'œuvre d'un peintre issu de l'école de l'Espagnol José de Ribera.

"J'ai vu le tableau via une image envoyée sur WhatsApp par des amis antiquaires qui ont compris immédiatement qu'il pouvait s'agir d'un tableau très important et voulaient savoir ce que j'en pensais", déclare cette professeure à l'université Roma Tre.

Pensant au début à un Battistello, l'un des disciples du Caravage, elle finit par "se rendre compte" que cet "Ecce homo" était une oeuvre "du maître lui-même". "Mais je ne pouvais pas dire que c'était Le Caravage sans le voir".

C'est alors que la direction du grand musée madrilène du Prado l'appelle pour lui demander son avis.

Arrivée mercredi à Madrid, elle voit le tableau dans la maison d'enchères qui devait le mettre sur le marché.

"Je n'ai plus eu de doute (...) c'était évident pour moi, c'était une œuvre du Caravage", dit-elle, en se disant confortée par "le fait que d'autres y croyaient" au Prado et que Madrid a "interdit son exportation, ce qui pour moi est peut-être le résultat le plus important".

Une décision prise par le gouvernement espagnol sur la base d'un rapport du Prado mettant en lumière "des preuves documentées et stylistiques suffisantes" pour envisager que l’œuvre soit de Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Le Caravage.

"Le temps qu'il faudra" pour l'authentifier 

Selon Maria Cristina Terzaghi, tout coïncide: "la tête du Christ", la brillance de son torse, "la tridimensionnalité des trois figures décalées dans une sorte de fondu presque cinématographique", la couleur du manteau du Christ, les dimensions du tableau.... 

Comme pour toute attribution d'un tableau à un grand maître, la question peut toutefois diviser le monde de l'art.

Contacté par l'AFP jeudi, Eric Turquin, expert reconnu par toutes les maisons de vente françaises, n'a lui "pas du tout été convaincu par la photo". "Je ne vois pas la main de Caravage dans ce tableau. Le sujet est certes caravagesque, et il a été probablement peint entre 1600 et 1620 par un bon peintre, mais pas Caravage", a-t-il jugé. 

Le travail d'authentification "durera le temps qu'il faudra" et "tous les experts y participeront évidemment" en vue "d'obtenir des résultats, aussi proches que possible de la vérité", souligne Maria Cristina Terzaghi. 

"De toute évidence, l'attribution (d'une peinture) est quelque chose de très personnel, c'est une science qui n'est pas une science exacte, et à ce titre tout le monde a une opinion différente, mais chaque opinion nous aide à comprendre quelque chose de plus sur la peinture", poursuit-elle.


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
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  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.


Un rare manuscrit du Coran exposé à La Mecque

Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
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  • Le manuscrit figure parmi les principales attractions de l’exposition, mettant en lumière le soin accordé par les musulmans au Saint Coran à travers les siècles

LA MECQUE : Un rare manuscrit du Saint Coran attire les visiteurs de l’exposition « Iqra », organisée par la Présidence des Affaires religieuses de la Grande Mosquée et de la Mosquée du Prophète, au complexe du King Abdulaziz Endowment.

Ce manuscrit constitue l’une des principales attractions de l’exposition, illustrant l’attention et le respect portés par les musulmans au Saint Coran à travers les âges.

L’exposition présente un exemplaire rare du Saint Coran réalisé il y a plus de 1 000 ans par le célèbre calligraphe Ali bin Hilal, connu sous le nom d’Ibn Al-Bawwab. 

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Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA)

Le manuscrit est exposé aux côtés d’un index scientifique et d’une analyse de sa calligraphie et de ses enluminures, permettant aux visiteurs d’en découvrir la valeur historique et artistique, tout en retraçant l’évolution de la calligraphie arabe et de l’ornementation islamique au fil des siècles.

Le manuscrit est considéré comme l’un des plus rares manuscrits islamiques en raison de son exceptionnelle valeur scientifique, artistique et historique. Seuls deux exemplaires connus subsistent dans le monde, témoignant de la place éminente qu’occupe le Saint Coran à travers l’histoire islamique.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com