Pakistan: les arts martiaux au secours des femmes hazaras

Quelque 4 000 personnes pratiquent le karaté au sein de 25 clubs dans la province du Baloutchistan (Photo, AFP).
Quelque 4 000 personnes pratiquent le karaté au sein de 25 clubs dans la province du Baloutchistan (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 11 avril 2021

Pakistan: les arts martiaux au secours des femmes hazaras

  • Des centaines de femmes d'ethnie hazara apprennent à maîtriser ces techniques caractéristiques du karaté
  • Ce sport est devenu très populaire au sein de cette communauté marginalisée au Pakistan

QUETTA: Elles enchaînent coups de pied et coups de coude. Des centaines de femmes d'ethnie hazara apprennent à maîtriser ces techniques caractéristiques du karaté, un sport devenu très populaire au sein de cette communauté marginalisée au Pakistan.

Dans la ville de Quetta (ouest), les Hazaras, de confession majoritairement chiite, sont contraints de se terrer dans deux enclaves placées sous haute sécurité.

Aisément repérables à leurs traits asiatiques marqués, qui font d'eux des cibles faciles pour des extrémistes sunnites les considérant comme des hérétiques, ils ont subi des dizaines d'attaques depuis 2001 au Pakistan comme en Afghanistan voisin.

Les femmes sont aussi souvent l'objet de harcèlement sexuel, un phénomène banal dans les marchés et les transports publics.

« Nous ne pouvons pas empêcher les explosions de bombes avec le karaté, mais avec les techniques d'autodéfense j'ai appris à me sentir en confiance », avoue Nargis Batool, 20 ans.

« Tout le monde ici sait que je vais au club. Personne n'ose me dire quoi que ce soit, pendant que je suis dehors », ajoute-t-elle.

« Nous ne pouvons pas empêcher les explosions de bombes avec le karaté, mais avec les techniques d'autodéfense j'ai appris à me sentir en confiance », avoue Nargis Batool, 20 ans (Photo, AFP).

Compétitions

Quelque 4 000 personnes pratiquent le karaté au sein de 25 clubs dans la province du Baloutchistan, dont Quetta est la capitale, selon Ishaq Ali, le chef de la fédération provinciale de Wushu Kung Fu, qui chapeaute ce sport.

Deux clubs de la ville, qui accueillent chacun environ 250 personnes, ont indiqué que la majorité de leurs clients étaient des femmes hazaras.

Plusieurs d'entre elles participent à des compétitions, avec l'espoir de gagner un peu d'argent.

Le sport féminin reste une pratique encore peu développée au Pakistan, un pays conservateur où les familles elles-mêmes l'interdisent souvent.

Mais quelques exceptions à la règle existent. « En général, les femmes ne peuvent pas faire d'exercice dans notre société (...) mais au nom de l'auto-défense ou de leur famille, elles y sont autorisées », explique Fida Hussain Kazmi, un professeur d'art martial.

Deux clubs de Quetta, qui accueillent chacun environ 250 personnes, ont indiqué que la majorité de leurs clients étaient des femmes hazaras (Photo, AFP).

Deux championnes nationales, Nargis Hazara et Kulsoom Hazara, qui ont gagné des médailles dans des compétitions internationales, ont aussi joué un rôle d'exemple.

Kazmi, 41 ans, dit avoir entraîné des centaines de femmes au fil des ans, après avoir été formé auprès d'un professeur chinois à Lahore (est).

Il offre deux heures d'entraînement six fois par semaine pour un tarif de 500 roupies (2,75 euros), mais donne des cours gratuitement aux femmes qui ont perdu un proche dans des violences extrémistes.

« La communauté hazara est confrontée à plusieurs problèmes (...), mais avec le karaté, nous commençons à nous sentir en sécurité », affirme Syeda Qubra, une étudiante de 18 ans, qui a perdu son frère dans un attentat à la bombe en 2013.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.