Allemagne : des néonazis jugés pour des projets d'attentats contre des mosquées

Les accusés sont escortés par des officiers de justice pour l'ouverture d'un procès contre douze hommes accusés d'avoir construit et soutenu une organisation terroriste, le  "Groupe S", le 13 Avril 2021. (AFP)
Les accusés sont escortés par des officiers de justice pour l'ouverture d'un procès contre douze hommes accusés d'avoir construit et soutenu une organisation terroriste, le "Groupe S", le 13 Avril 2021. (AFP)
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Publié le Mardi 13 avril 2021

Allemagne : des néonazis jugés pour des projets d'attentats contre des mosquées

  • Les accusés, âgés de 33 à 62 ans et qui avaient formé à partir de septembre 2019 le groupuscule «Gruppe S.», répondent devant la Haute Cour régionale de Stuttgart de la création d'une organisation terroriste et du soutien qu'il lui ont apporté
  • L'objectif de ce mouvement était de provoquer «un état proche de la guerre civile» en menant des actions visant à provoquer «un renversement de l'ordre politique»

STUTTGART: Douze membres d'un groupuscule néo-nazi comparaissent depuis mardi devant la justice allemande, accusés d'avoir ourdi des attentats contre des mosquées et des responsables politiques dans un contexte de menace accrue de l'extrême droite en Allemagne.

Les accusés, âgés de 33 à 62 ans et qui avaient formé à partir de septembre 2019 le groupuscule "Gruppe S.", répondent devant la Haute Cour régionale de Stuttgart de la création d'une organisation terroriste et du soutien qu'il lui ont apporté.

L'objectif de ce mouvement était de provoquer "un état proche de la guerre civile" en menant des actions visant à provoquer "un renversement de l'ordre politique", selon l'accusation, qui assure que les accusés ont "des opinions ouvertement national-socialistes (nazies, ndlr)".

Concrètement, les membres du groupe comptaient attaquer des mosquées afin de "blesser et tuer" des fidèles musulmans lors de la prière du vendredi, selon le Parquet de Karlsruhe, compétent en matière d'affaires de terrorisme.

Le "Gruppe S.", qui communiquait essentiellement par des chats sur internet, prévoyait également de s'en prendre à deux responsables des Verts allemands, dont leur co-dirigeant Robert Habeck.

50 000 euros 

Pour mener à bien leurs funestes desseins, ils avaient prévu de se procurer des armes en réunissant la somme de 50 000 euros. 

La police a d'ailleurs découvert des armes lourdes et des munitions au cours de perquisitions dans les logements des membres du groupe qui évoquaient aussi un possible attentat contre le Reichstag, le bâtiment qui abrite la chambre des députés.

Les membres du groupuscule se sont réunis à trois reprises pour des exercices de maniement des armes et de tirs et pour élaborer leurs projets avant d'être arrêtés.

Certains des accusés, aux âges et profils divers, se sont présentés dans le prétoire le visage dissimulé derrière un masque médical, une capuche enfoncée jusqu'au dessus des yeux. 

Ils ont pris place sur le banc des accusés, séparés les uns des autres par des panneaux de verre en raison de la pandémie.

Témoin protégé 

L'acte d'accusation s'appuie essentiellement sur les conversations menées par messagerie et sur les déclarations d'un témoin protégé qui a pris part à des réunions de "Gruppe S.".

Cet homme uniquement désigné par l'initiale "u" avait livré des informations capitales aux enquêteurs ce qui leur avait permis de découvrir l'existence de ce groupuscule.

L'un des deux "cerveaux", Werner S., en détention provisoire à Augsbourg, fait l'objet d'une autre procédure judiciaire. Selon la radio publique régionale SWR, il a proposé jusqu'à 50 000 euros à un membre de la mafia italienne pour qu'il tue un témoin.

Les audiences se déroulent sous haute sécurité et devraient durer au moins jusqu'au mois d'août.

Onze des 12 accusés sont en détention provisoire depuis leur interpellation le 14 février 2020 alors qu'ils avaient prévu de se retrouver une nouvelle fois pour discuter de leur passage à l'acte.

La mouvance d'extrême droite est actuellement considérée par le Renseignement intérieur comme la principale menace pesant sur la sécurité de l'Etat.

Longtemps négligée au profit de la lutte contre le terrorisme islamiste, elle est dans le collimateur des autorités depuis l'attentat manqué en octobre 2019 contre une synagogue à Halle, qui avait fait deux morts.

Quelques mois auparavant, le meurtre par un néonazi, condamné depuis, d'un responsable politique conservateur défendant l'accueil des réfugiés en Allemagne, Walter Lübcke, avait profondément choqué le pays.

Moins d'un an plus tard, en février 2020, neuf jeunes, tous d'origine étrangère, avaient été tués à Hanau, près de Francfort, dans un attentat raciste perpétré par un homme impliqué dans la mouvance complotiste.

Les crimes et délits liés à l'extrême droite ont atteint en 2020 en Allemagne leur niveau le plus élevé depuis 2001, avec plus de 23 000 actes aux motivations racistes, antisémites ou dirigés contre le système démocratique.


Witkoff et Kushner au Pakistan dans l’incertitude autour de pourparlers avec l’Iran

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  • Des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran pourraient reprendre à Islamabad via des médiateurs pakistanais, malgré des désaccords sur la tenue de discussions directes
  • Sur le terrain, la situation reste fragile : trêve précaire au Liban, violences persistantes et blocage stratégique du détroit d’Ormuz qui continue d’impacter l’économie mondiale

ISLAMABAD: Une possible reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre se profile samedi, avec l'envoi de négociateurs des deux camps à Islamabad, sans garantie de discussions directes, deux semaines après l'échec d'une précédente tentative.

Parallèlement, la trêve au Liban, autre théâtre du conflit, semble toujours aussi précaire.

Déclenchée par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, la guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Islamabad, la capitale du Pakistan, attend depuis des jours une reprise des pourparlers américano-iraniens, entamés il y a deux semaines et interrompus au bout d'une quinzaine d'heures, même si le cessez-le feu a été unilatéralement prolongé sine die depuis par les Etats-Unis.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé vendredi soir à Islamabad, pour des entretiens avec de hauts responsables pakistanais.

Mais "aucune rencontre n'est prévue entre l'Iran et les Etats-Unis", a affirmé sur X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que les positions de son pays seraient transmises à la partie américaine vie les médiateurs pakistanais.

Les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront samedi au Pakistan en vue de pourparlers "avec des représentants de la délégation iranienne", a pourtant déclaré auparavant la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, assurant que cette rencontre était une demande de Téhéran.

Le vice-président JD Vance, qui conduisait la délégation américaine il y a deux semaines, ne devrait pas cette fois être du voyage mais pourrait les rejoindre ultérieurement en cas de progrès, a précisé Mme Leavitt.

Après le Pakistan, M. Araghchi doit poursuivre une tournée régionale qui le mènera à Oman et en Russie.

- "Vitale pour le monde" -

Pendant ce temps, le trafic maritime reste à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Les marchés mondiaux ont accueilli avec un enthousiasme très mesuré la perspective de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran. Le baril de WTI américain a reculé de 1,51% à 94,40 dollars et le Brent, référence internationale, a modéré sa hausse, clôturant à 105,33 dollars (+0,25%).

Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est déjà mis à rude épreuve.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de six tués et deux blessés vendredi par des frappes israéliennes dans le sud du pays.

L'armée israélienne a affirmé que ses soldats avaient tué six membres du Hezbollah lors d'une escarmouche, après avoir déclaré que le mouvement chiite pro-iranien avait abattu l'un de ses drones.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah de tenter de "saboter" le "processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban".

Le mouvement chiite, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités avec Israël le 2 mars, a pour sa part appelé l'Etat libanais à "se retirer des négociations directes avec Israël" et estimé que la prolongation de la trêve n'avait "pas de sens" au vu des "actes d'hostilité" persistants d'Israël.

- "Nous rentrons chez nous" -

L'armée israélienne a par ailleurs émis vendredi un appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l'annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L'agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d'une frappe israélienne sur Deir Aames.

Une négociation directe avec Israël "signifierait une reconnaissance de l'ennemi", explique à l'AFP Ahmad Choumari, 74 ans, qui après avoir hésité, a décidé de quitter la ville de Saïda où il s'était mis à l'abri et de regagner son village, à la faveur de la prolongation de la trêve.

"Nous rentrons chez nous", dit-il, entouré de sacs et de matelas, exprimant l'espoir "que le cessez-le-feu deviendra permanent".

Par ailleurs, la Finul, la force de l'ONU, a annoncé vendredi la mort d'un de ses Casques bleus indonésien blessé le 29 mars dans le sud.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.